Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

la vache qui rumine (annee a)

Saint Augustin, Jésus et la Samaritaine (3)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
 14. Le Seigneur lui parle de cette eau vive en termes plus clairs. Cette femme lui avait dit: "Etes-vous plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits; et lui-même en a bu, et ses enfants, et ses troupeaux?" En d'autres termes: vous ne pouvez me donner de cette eau vive, car vous n'avez pas de vase pour en puiser; sans doute celle que vous me promettez a sa source ailleurs. Pensez-vous donc valoir mieux que notre père, qui a creusé ce puits pour son usage et celui des siens? C'est le moment que le Seigneur lui explique ce qu'il entend par eau vive. "Jésus lui répondit: Quiconque boira de cette eau aura encore soif; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissante jusqu'à la vie éternelle". Ici le langage de Notre-Seigneur est plus clair: "Cette eau deviendra en lui une source jusqu'à la vie éternelle. Celui qui boira de cette eau n'aura jamais soif". Etait-il possible de marquer plus clairement que s'il promettait de l'eau, c'était une eau invisible, et non pas une eau visible; qu'il parlait selon l'esprit et non selon la chair?

15. Néanmoins cette femme comprend encore les choses dans un sens charnel; heureuse de penser qu'elle n'aurait plus soif, elle supposait que le Sauveur lui avait fait une pareille promesse dans le sens matériel: sans doute cette promesse se réalisera un jour, mais au jour de la résurrection des morts. La Samaritaine voulait la voir s'accomplir immédiatement. Aussi bien Dieu avait autrefois donné à son serviteur Elie de demeurer quarante jours sans éprouver ni faim, ni soif (1). Celui qui a pu accorder une pareille grâce pendant quarante jours, ne peut-il pas l'accorder toujours? Elle soupirait donc, ne voulant ni manquer d'eau, ni s'en procurer avec tant de fatigue. Venir continuellement à cette fontaine, s'en retourner chargée de la provision nécessaire pour subvenir à ses besoins; puis, cette provision épuisée, se voir de nouveau contrainte à revenir, c'était là son travail de tous les jours, parce que cette eau qui soulageait la soif -ne l'éteignait pas. Joyeuse de la promesse que lui fait le Christ de cette eau vive, elle demande au Seigneur de la lui donner.

16. Toutefois, n'oublions pas que le Sauveur lui promettait un don spirituel. Qu'est. ce à dire: "Celui qui boira de cette eau aura encore soif?" Parole véritable, si on l'applique à cette eau véritable encore, si un l'applique à ce dont elle était la figure. L'eau, au fond de ce puits, c'est la volupté du siècle dans sa ténébreuse profondeur. La cupidité des hommes, voilà le vase qui leur sert à y puiser. Leur cupidité les fait pencher vers ces profondeurs jusqu'à ce qu'ils en touchent le fond et y puisent le plaisir; mais toujours la cupidité marche et précède. Car celui qui ne fait pas d'abord marcher la cupidité ne peut arriver au plaisir. Supposez donc que la cupidité est le vase avec lequel on puise, et que l'eau que l'on doit tirer du puits c'est le plaisir lui-même, et le plaisir mondain que l'on goûte, c'est le boire, le manger, le bain, les spectacles, l'impureté; celui qui s'y adonne n'en sera-t-il plus désormais altéré? Donc Jésus dit avec raison: "Celui qui boira de cette eau aura encore soif"; mais si je lui donne de mon eau, "il n'aura jamais soif". Nous serons rassasiés, a dit le Prophète, "de l'abondance des biens de votre maison (2)". De quelle eau donnera donc le Sauveur, sinon de celle dont il est écrit: "En vous est la source de vie?" Comment, en effet, auront soif "ceux qui seront enivrés de l'abondance de votre maison (3)?"

17. Ce que promettait donc Notre-Seigneur, c'était la plénitude et la satiété dont le Saint-Esprit est l'auteur. La Samaritaine ne le comprenait pas encore, et dans son intelligence que répondait-elle? "Cette femme lui dit . "Seigneur, donnez-moi de cette eau, afin que je n'aie plus soif et que je ne vienne plus ici pour en tirer". Travail pénible auquel la contraignaient ses besoins et qui rebutait sa faiblesse. Si seulement elle entendait ces paroles: "Venez à moi, vous tous qui travaillez et qui êtes chargés, et je vous soulagerai (4)!" Car ce que lui promettait Jésus, c'était la délivrance de sa peine; mais elle ne le comprenait pas encore.

18. Aussi, pour lui donner l'intelligence, "Jésus lui dit: Va, appelle ton mari, viens ici". Qu'est-ce à dire: "Appelle ton mari?" Voulait-il lui donner de cette eau par l'entremise de son mari? Ou bien voulait-il, par l'intermédiaire de celui-ci, lui enseigner ce qu'elle ne comprenait pas encore? Peut-être parlait-il dans le même sens que l'Apôtre, lorsqu'il dit des femmes: "Si elles veulent apprendre quelque chose, qu'elles interrogent leurs maris dans leurs maisons?" Mais Paul fait aux femmes cette recommandation: "Qu'elles interrogent leurs maris dans leurs maisons", pour le cas où Jésus n'est pas là afin de les instruire lui-même; d'ailleurs l'Apôtre s'adressait aux femmes à qui il défendait de parler dans l'Église (5). Mais le Seigneur était là, et il parlait directement à la Samaritaine: y avait-il dès lors nécessité de se servir de son mari pour l'instruire? Etait-ce par l'intermédiaire de son mari qu'il parlait à Madeleine, au moment où celle-ci, assise à ses pieds, l'écoutait attentivement, et où Marthe, tout entière à la multitude des soins de son ministère hospitalier, murmurait cependant de la félicité de sa soeur (6)? Donc, mes frères, prêtons l'oreille et tâchons de comprendre ce que Notre-Seigneur dit à cette femme: "Appelle ton mari". Ce mari de notre âme, cherchons à le connaître. Pourquoi Jésus ne serait-il pas le véritable époux de notre âme? Puissiez-vous me bien comprendre! car ce que j'ai à dire ne peut être compris, même par les personnes attentives, que dans une faible mesure. Puissiez-vous me comprendre et l'intelligence de mes paroles sera peut-être l'époux de vos âmes.

19. Voyant que cette femme ne le comprenait pas, et voulant lui faire saisir sa pensée, Jésus lui dit: "Appelle ton mari". Tu ne comprends pas encore ce que je dis, parce que ton intelligence n'est pas encore ouverte; je parle selon l'esprit et tu m'entends selon la chair. Ce que je dis ne flatte ni les oreilles, ni les yeux, ni l'odorat, ni le goût, ni le sens du toucher; l'esprit seul le saisit, l'entendement seul peut en faire sa propriété. Or, cet entendement tu ne l'as pas encore; comment donc pourrais-tu comprendre mes paroles? "Appelle ton mari"; amène ici ton entendement. Car à quoi te servirait d'avoir seulement une âme? Il n'y aurait là rien de merveilleux, car les bêtes en ont aussi une. D'où vient ta prééminence sur elles? De l'entendement que tu as et qu'elles n'ont pas. Quel est donc le sens de ces paroles: "Appelle ton mari?" Tu ne m'entends pas, tu ne me comprends pas; je te parle du don de Dieu, tu penses à ton corps; tu ne veux plus que ton corps ait soif, je m'adresse à l'esprit: ton entendement n'y est pas, "appelle ton mari". Ne sois pas comme le cheval et le mulet, qui n'ont point d'intelligence (7). Donc, mes frères, avoir une âme et n'avoir point d'entendement, ou en d'autres termes l'avoir inutilement et n'en pas faire la règle de notre vie, c'est mener une vie de bête. Car il y a en nous quelque chose qui tient de la bête, et fait vivre notre corps; ce quelque chose, l'entendement doit le régir. Ainsi l'esprit doit imprimer une direction plus noble aux mouvements de l'âme quand elle se laisse influencer par le corps et qu'elle désire se précipiter sans mesure dans les plaisirs de la chair. Qui est-ce qui doit être appelé le mari? Celui qui se laisse conduire ou celui qui dirige? Evidemment, dans toute vie bien réglée, le guide de l'âme, c'est l'entendement qui fait partie de l'âme. Car il n'est pas différent d'elle-même, il en est une partie; comme l'oeil n'est pas chose différente du corps, mais en est une portion. Cependant, bien qu'il soit une portion du corps, l'oeil seul jouit de la lumière; les autres membres peuvent en recevoir les rayons. mais ils sont incapables de les percevoir, l'oeil seul en est pénétré et en jouit. Ainsi dans notre âme il est une faculté qui s'appelle entendement, Cette faculté appelée esprit, intelligence, reçoit les rayons d'une lumière supérieure. Or, cette lumière supérieure dont l'intelligence humaine se trouve éclairée, c'est Dieu. En effet, "il était la lumière véritable qui éclairé tout homme venant en ce monde (8)". Cette lumière, c'était le Christ, cette lumière s'entretenait avec la Samaritaine, mais cette femme était absente par son entendement; son intelligence ne pouvait être éclairée par cette lumière; elle était incapable, non pas d'en recevoir les rayons, mais de les percevoir. Aussi, comme pour lui dire: je veux éclairer quelqu'un, mais ce quelqu'un me manque, il lui adresse ces paroles: "Appelle ton mari", appelle ton entendement afin qu'il t'instruise et te gouverne. Représente-toi donc l'âme séparée de l'entendement sous l'emblème d'une femme, et l'entendement sous l'emblème de son mari. Toutefois le mari ne dirige bien sa femme qu'autant qu'il obéit lui-même à une direction venant de plus haut, Car le chef de la femme, c'est l'homme; et le chef de l'homme, c'est le Christ (9). Le chef de l'homme parlait avec la femme, et l'homme n'y était pas, et, comme si le Sauveur disait à la femme: Fais venir ton chef afin qu'il se soumette au sien, il prononce ces mots; "Appelle donc ton mari et viens ici avec lui", ou en d'autres termes: viens ici; mets-toi devant moi; tu es comme absente aussi longtemps que tu n'entends pas la voix de la vérité qui se trouve devant toi. Mets-toi devant moi, mais n'y viens pas seule; que ton mari s'y présente avec toi.

20. Mais comme cette femme n'a pas encore appelé son mari, elle n'entend pas, ses pensées demeurent charnelles. En effet, son mari est absent. "Je n'ai pas", dit-elle, "de mari". Cependant le Seigneur continue à lui parler en mystère. Véritablement cette femme n'avait pas alors de mari; mais, ainsi que tu le devines, elle vivait dans je ne sais quel commerce honteux et illégitime, dans le commerce non pas d'un mari, mais d'un adultère. Aussi le Seigneur lui répondit-il: "Tu as bien parlé, tu n'as pas de mari". Pourquoi donc me disiez-vous: "Appelle ton mari?" Remarque-le bien, Notre-Seigneur savait parfaitement qu'elle n'avait pas de mari. En voici la preuve: "Et il lui dit, etc." Aussi, pour ne vas laisser à cette femme la pensée qu'il lui avait répondu: "Tu as bien parlé, tu n'as pas de mari", uniquement parce qu'elle venait de l'en instruire, et non parce que la lumière de sa divinité le lui avait fait découvrir, il lui réplique: Voici ce que tu ne m'as pas dit: "En effet, tu as eu cinq maris et celui que tu as n'est point ton mari; ce que tu as dit est vrai".

21. Par là Notre-Seigneur nous contraint de chercher avec plus d'attention quelque sens caché touchant ces cinq maris. Plusieurs ont cru, non sans fondement et même avec une certaine probabilité, voir dans les cinq maris de cette femme les cinq livres de Moïse. En effet, ils étaient reçus des Samaritains et formaient leur loi comme celle des Juifs: voilà sans doute pourquoi la circoncision était en usage chez ces deux peuples; mais à cause de la difficulté que présentent les paroles sui. vantes "Et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari", nous pouvons plus aisément comprendre, ce me semble, que, sous l'emblème des cinq premiers maris, les cinq sens du corps sont désignés comme les époux de l'âme. Car à sa naissance, et avant d'avoir l'usage de son esprit et de sa raison, chaque homme n'a pour le régir que ses sens corporels. Ce qui tombe sous le sens de l'ouïe, de la vue, de l'odorat, du goût, du toucher, voilà chez le petit enfant tout l'objet de ses répugnances ou de ses désirs. Ce qui flatte ses sens, il le recherche, il repousse ce qui les blesse; car ce qui les flatte est plaisir,ce qui les blesse est douleur. C'est donc sous l'influence de ces cinq sens comme d'autant de maris que l'âme vit d'abord, parce que c'est par eux qu'elle est régie. Pourquoi leur donne-t-on le nom de maris? Parce qu'ils sont légitimes. C'est Dieu qui les a formés, c'est Dieu qui les a donnés à l'âme. Elle est infirme tant qu'elle demeure sous la loi des sens et qu'elle agit sous l'autorité de ces cinq maris; mais aussitôt que le temps est venu de délivrer la raison de leur influence, si l'âme se laisse diriger par une règle de conduite supérieure, et par les leçons de la sagesse, alors succèdent à l'empire et à l'influence des sens l'empire et l'influence d'un seul véritable et légitime mari, meilleur que les autres; et ce mari la gouverne mieux, la dirige, la cultive, la prépare dans le sens de l'éternité. Loin de nous imprimer une direction qui aboutisse à l'éternité, les sens ne nous portent que vers les choses du temps, soit pour nous les faire désirer, soit pour nous en inspirer le dégoût. Mais dès que l'entendement pénétré par la sagesse a pris le gouvernement de l'âme, il ne lui apprend plus uniquement à éviter les fossés et à suivre le chemin droit que les yeux indiquent à son âme débile, ou à écouter avec plaisir les sons mélodieux et à fermer les oreilles aux sons discordants, à se complaire aux odeurs agréables et à repousser les odeurs nauséabondes, à aimer le miel et à détester le vinaigre, à toucher avec plaisir ce qui est poli et à éprouver une sensation désagréable au contact des aspérités. Toutes ces connaissances, l'âme infirme en avait besoin. Dans quel sens l'entendement y ajoute-t-il sa direction? Il vient discerner, non plus le blanc du noir, mais le juste de l'injuste, le bien du mal, l'utile de l'inutile, la chasteté de l'impudicité, l'une pour l'aimer, l'autre pour la fuir; la charité de la haine, la première pour y demeurer, la seconde pour s'en garantir.

22. Chez cette femme, les cinq premiers maris n'avaient pas encore cette sorte de successeur; car, où l'entendement ne succède pas aux sens, là règne l'erreur, elle domine en maître. En effet, dès qu'elle commence à devenir capable de raisonner, l'âme se laisse conduire par la sagesse ou par l'erreur. Or, l'erreur ne gouverne pas, elle conduit aux abîmes. Après avoir subi l'empire de ses sens, cette femme était donc encore en butte à l'erreur, et l'erreur la ballottait comme aurait fait un vent violent. Cette erreur n'était pas un mari légitime, mais un adultère; c'est pourquoi le Seigneur lui répond: "Tu as dit avec justesse: Je n'ai pas de mari, car tu as eu cinq maris". Les cinq sens de ton corps ont été tes maîtres; tu es parvenue à l'âge de raison, mais non à la sagesse; tu es tombée dans l'erreur: aussi, "après ces cinq maris, celui que tu as maintenant n'est pas ton mari". Mais s'il n'était pas le mari, qu'était-il donc, sinon un adultère? "Appelle-le", non "l'adultère,", mais "ton mari", afin de m'entendre selon l'Esprit, et non selon l'erreur qui te donnerait de moi de fausses idées. En effet, c'était de la part de cette femme une erreur de penser à l'eau du puits de Jacob, quand c'était du Saint-Esprit que lui parlait le Seigneur. Pourquoi se trompait-elle, sinon parce qu'elle vivait avec un adultère, au lieu de vivre avec son mari légitime? Débarrasse-toi donc de cet adultère qui te corrompt: "va, et appelle ton mari". Appelle-le et reviens, et tu me comprendras.



1. 1 R 19, 8.
2. Ps 114, 5.
3. Ps 35, 10-9.
4. Mt 11, 28.
5. 1 Co 14, 34-35.
6. Lc 10, 39-40.
7. Ps 21, 9.
8. Jn 1, 9.
9. 1 Co 11, 3.

Saint Augustin, Jésus et la Samaritaine (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Jésus, baptisant par lui-même ou par ses disciples plus que Jean, et sachant que les Pharisiens prendraient de là occasion de le persécuter, s'en alla en Galilée et passa par Samarie. A six heures, il se trouva près d'un puits, et la fatigue du voyage l'y fit asseoir. Ce voyage figurait son Incarnation; sa fatigue, la faiblesse où il s'est réduit pour nous rendre forts; l'heure indiquait le sixième âge du monde, et le puits marquait la profondeur de nos misères. Une femme, image de l'Eglise des Gentils, vint puiser de l'eau et le rencontra. Après lui avoir demandé un peu d'eau pour se rafraîchir, le Sauveur offrit à cette femme une eau qui étancherait sa soif pour toujours; mais, avec des idées toutes charnelles, elle ne pensait qu'à un breuvage ordinaire, signe trop fidèle des voluptés mondaines, et non à cette boisson spirituelle qui est la vérité. Alors le Christ lui dit d'appeler son mari, c'est-à-dire d'employer toute son intelligence à l'écouter. Je n'en ai point. C'est vrai, car tu en as cinq, et celui que tu as n'est pas le tien; en d'autres termes, tu as eu pour guides tes sens corporels, et rien, sinon l'erreur, n'est venu les remplacer. Appelle donc ton intelligence à ton aide. Et elle l'appela, et elle comprit qu'à la venue du Messie toute séparation cesserait entre les Juifs et les Samaritains ou Gentils, et elle reconnut le Messie dans celui qui lui parlait, et elle crut en lui, et elle devint l'apôtre des Samaritains dont plusieurs crurent à ses paroles.

1. Ce n'est point chose nouvelle pour vous d'entendre dire que, pareil à l'aigle, Jean prend son vol dans les hauteurs, qu'il s'élance au-dessus des ténèbres de la terre, et fixe sur la lumière de la vérité des regards pleins d'assurance. (...) On vous a lu, et c'est ce que nous avons entre les mains pour en faire la matière de notre instruction, on vous a lu l'entretien de Jésus-Christ avec la Samaritaine auprès du puits de Jacob. En cet entretien se trouvent résumés de grands mystères; le Sauveur y fait allusion à de grandes choses, bien propres à nourrir les âmes affamées et à ranimer celles qui languissent.

2. Notre-Seigneur "ayant donc su que les Pharisiens avaient appris qu'il faisait un plus grand nombre de disciples et baptisait plus de personnes que Jean (bien que Jésus ne baptisât point par lui-même, mais par ses disciples), il quitta la Judée et alla de nouveau en Galilée". Ici pas n'est besoin de longs développements. Car, en nous arrêtant à ce qui est clair, nous nous trouverions enfermés dans un espace de temps trop étroit, lorsqu'il s'agirait d'exprimer et d'expliquer les passages obscurs. Si le Seigneur avait prévu que les Pharisiens, apprenant qu'il avait plus de disciples, et qu'il baptisait plus de personnes que Jean, en profiteraient pour leur salut et se rangeraient à sa suite pour devenir ses disciples et se faire baptiser par lui, certainement il n'aurait pas quitté la Judée, il y serait plutôt resté à cause d'eux. Toutefois, et ce n'était pas pour lui un mystère, ils savaient ce qu'il en était de lui; mais ils étaient animés à son égard d'un grand mauvais vouloir; ils avaient appris à le connaître, mais pour le poursuivre, au lieu de le suivre. Il quitta donc le pays: non pas que, même en y demeurant, il n'eût pu éviter d'être pris et tué par eux contre son bon vouloir; car il pouvait ne pas naître s'il l'avait voulu, mais parce qu'en total ce qu'il faisait comme homme, il avait dessein de servir d'exemple aux hommes qui devaient croire en lui. En effet, aucun serviteur de Dieu ne pèche en passant d'un lieu dans un autre, lorsqu'il voit que certaines gens le persécutent avec fureur, ou cherchent à l'entraîner au mal. Il craindrait néanmoins d'offenser Dieu en agissant de la sorte, s'il n'avait pour s'y autoriser l'exemple du Seigneur. Car cette conduite, le bon Maître l'a tenue dans l'intention de nous instruire, et non par un motif de crainte personnelle.

3. Peut-être quelqu'un s'étonnera-t-il de ce que l'Evangéliste ait dit: "Jésus baptisait plus de personnes que Jean", et qu'après ces paroles: "Jean baptisait", il ait ajouté: "Quoique Jésus ne baptisât pas par lui-même, mais par ses disciples?" Quoi donc? Etait-ce d'abord une assertion fausse, redressée ensuite par cette addition: "Quoique Jésus ne baptisât pas par lui-même, mais par ses disciples?" Ou plutôt, est-il également vrai que Jésus baptisait, et ne baptisait pas? Il baptisait parce qu'il purifiait les âmes, et il ne baptisait point parce qu'il ne répandait pas l'eau sur les corps. Les disciples prêtaient le concours de leur ministère corporel; pour lui, il les aidait de sa puissance. Comment, en effet, peut cesser de baptiser Celui qui ne cesse pas de purifier, et dont l'Evangéliste nous dit en répétant les paroles rapportées de Jean-Baptiste: "C'est celui-là qui baptise (1)?" Donc Jésus baptise encore, et tant qu'il y aura des hommes pour recevoir le baptême, c'est Jésus qui le leur donnera. Approchons-nous donc avec confiance du serviteur malgré son infériorité, parce qu'il a le Maître au-dessus de lui.

4. Mais, dira quelqu'un, à la vérité, le Christ confère le baptême en esprit, mais il ne le donne pas extérieurement: par là, quiconque reçoit visiblement et corporellement le sacrement de baptême, semble le tenir d'un autre que de lui. Veux-tu une preuve qu'il baptise non-seulement en esprit, mais encore avec l'eau? Ecoute l'Apôtre: "Comme Jésus-Christ", dit-il, "a aimé l'Eglise et s'est livré à la mort pour elle, afin de la sanctifier en la .purifiant dans le baptême de l'eau par la parole de vie, pour la faire paraître devant lui pleine de gloire, n'ayant ni tache, ni ride, ni rien qui y ressemble" (2). En la purifiant de quelle manière? "Dans le baptême de l'eau par la parole de vie". Qu'est-ce que le baptême du Christ? Un baptême d'eau uni à la parole. Ote l'eau, il n'y a plus de baptême; ôte la parole, le baptême n'existe plus.

5. Après ces préliminaires qui conduisent l'Evangéliste à l'entretien de Jésus-Christ avec la Samaritaine, voyons, le reste: il est rempli de vérités cachées et de gros mystères. "Il fallait", dit l'Ecrivain sacré, "qu'il passât par Samarie. Il vint donc en une ville du pays de Samarie, nommée Sichar, près de la terre donnée par Jacob à son fils Joseph. Là était la fontaine de Jacob". C'était un puits: tout puits est une fontaine; mais toute fontaine n'est pas un puits. Car dès qu'une eau sort de terre et qu'on la puise pour en faire usage, on l'appelle une fontaine; toutefois, s'il est facile de la voir et qu'elle se trouve â la surface de la terre, elle s'appelle simplement une fontaine. Si, au contraire, elle se voit dans les profondeurs de la terre, on l'appelle un puits, bien qu'alors le nom de fontaine puisse encore lui convenir.

6. "Jésus donc, fatigué du chemin, s'assit sur la fontaine. C'était vers la sixième heure". Déjà commencent les mystères. Ce n'est pas sans raison que Jésus se fatigue: ce n'est pas sans raison que nous voyons accablée de lassitude la vertu même de Dieu, celui qui calme nos fatigues, celui dont l'absence est pour nous une cause d'épuisement et dont la présence restaure nos forces. Cependant Jésus est fatigué, il est fatigué sur le chemin et il s'assied, il s'assied au bord d'un puits, et c'est à la sixième heure du jour. Autant de circonstances significatives, qui nous donnent à penser et nous indiquent quelque chose: elles nous rendent attentifs et nous engagent à frapper. Qu'il ouvre donc a vous et à moi, celui qui a daigné nous encourager à frapper, en nous disant: "Frappez, et il vous sera ouvert (3)". C'est pour toi, mon frère, que Jésus est fatigué du chemin. Nous voyons en Jésus, et la force et la faiblesse: il nous apparaît tout à la fois puissant et anéanti. Il est puissant, car "au commencement il était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu; au commencement était en Dieu". Veux-tu savoir quelle est la puissance de ce Fils de Dieu? "Toutes choses ont été faites par lui, et sans lui rien n'a été fait" Y a-t-il rien de plus fort que celui qui a fait toutes choses sans éprouver de lassitude? Veux-tu t'assurer qu'il a été faible? "Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous (4)". Par sa puissance, le Christ t'a créé; il t'a donné une nouvelle vie, en s'anéantissant; par sa puissance, il a fait ce qui n'était pas; en devenant faible, il a empêché ce qui était de périr. C'est en sa force qu'il nous donne l'être; c'est en son infirmité qu'il nous a attirés à lui.


1. Jn 1,33.
2. Ep 5,25-27.
3. Mt 7,7.
4. Jn 1,1-3 ; Jn 1,14

Catéchisme de l'Eglise Catholique, Les vertus théologales

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
1812 Les vertus humaines s’enracinent dans les vertus théologales qui adaptent les facultés de l’homme à la participation de la nature divine (cf. 2 P 1, 4). Car les vertus théologales se réfèrent directement à Dieu. Elles disposent les chrétiens à vivre en relation avec la Sainte Trinité. Elles ont Dieu Un et Trine pour origine, pour motif et pour objet.

1813 Les vertus théologales fondent, animent et caractérisent l’agir moral du chrétien. Elles informent et vivifient toutes les vertus morales. Elles sont infusées par Dieu dans l’âme des fidèles pour les rendre capables d’agir comme ses enfants et de mériter la vie éternelle. Elles sont le gage de la présence et de l’action du Saint Esprit dans les facultés de l’être humain. Il y a trois vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité (cf. 1 Co 13, 13).

 

Columbia Marmion, Pensons que le Père nous montre son Fils

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Pour le bien entendre, il faut le silence. Il faut souvent, comme Jésus à la transfiguration, se retirer dans un lieu solitaire, à part. On trouve Jésus partout, certes, même dans le tumulte des grandes cités, mais on ne l'entend bien que dans une âme apaisée et entourée de silence.

"Pendant qu'il priait" : c'est alors surtout qu'il se révèle à l'âme pour l'attirer à lui et la transfigurer en lui. À l'heure de l'oraison, pensons que le Père nous montre son Fils. Alors, nous l'écouterons.


Le Christ dans ses mystères IX. 4
cité in Les feux du désert, vol. 2, p. 301

S. Bernard, Contempler la gloire de la résurrection sur la montagne de l'espérance

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Plaçons dans notre coeur la montagne où monte le Seigneur avec Pierre, Jacques et Jean. (...) C'est la gloire de la résurrection que nous contemplons sur cette montagne de l'espérance. Pourquoi en effet le Seigneur est-il monté pour être transfiguré, sinon pour nous apprendre à nous élever par la pensée vers cette gloire qui, un jour, sera manifestée en nous ? (...) Oh ! qui me donnera de vous voir tous vous lever, vous tenir sur la hauteur et contempler l'allégresse dont le Seigneur doit vous combler un jour ! (...) Qui, parmi vous, à la pensée de la joie, du bonheur, de la plénitude, de la gloire réservée aux fils de Dieu, pour peu qu'il arrête son esprit à les considérer dans le silence de son coeur, ne s'écriera aussitôt dans l'émerveillement d'une profonde douceur :
"Seigneur ! quel bonheur d'être ici !"


Sermon pour l'Ascension 4
cité in Les feux du désert, vol. 2, p. 290

S. Jean Damascène, Pourquoi le Christ conduit-il les disciples sur une haute montagne ?

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Pourquoi le Christ conduit-il les disciples sur une haute montagne ? (...) C'est qu'il nous faut d'abord laisser à la terre les biens de la terre, vaincre ce corps voué à l'humiliation et tendre nos âmes vers une divine contemplation, la plus élevée de toutes, celle de l'amour. Nous pourrons alors fixer nos regards sur l'invisible.

Il faut aussi prier à l'écart : la prière trouve sa source dans le silence et la paix intérieure ; c'est là que se manifeste la gloire de Dieu. Car, lorsque nous fermerons les yeux et les oreilles, que nous nous trouverons au-dedans en présence de Dieu, lorsque libérés de l'agitation du monde extérieur nous serons à l'intérieur de nous-mêmes, alors nous verrons clairement en nos âmes le Royaume de Dieu.

Dans ce voyage vers Dieu qui tend à unir les fidèles à lui, l'oraison pour l'âme devient comme un hôte qui la nourrit et la fortifie de sa propre substance. Mais pour le Christ, dont l'âme sainte est unie au Verbe de Dieu, comment va-t-il prier ? (...) Ne veut-il pas nous apprendre que l'oraison abrite en son sein la gloire de Dieu ?

Homélie sur la Transfiguration, § 10
cité in Les feux du désert, vol. 2, p. 286

Dialogue de Photikè, Dans le silence jouir de la gloire du Seigneur

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Il ne faut ni aborder sans illumination les considérations spirituelles, ni, non plus, quand la bénignité du Saint-Esprit répand sur nous une lumière abondante, nous mettre à parler. Car, où est la pauvreté, elle attire l'ignorance, et si c'est une riche lumière, elle ne laisse pas parler. Alors, en effet, l'âme envirée de la charité veut, dans le silence de la voix, jouir de la gloire du Seigneur !


La science, par l'expérience, unit l'homme à Dieu sans porter l'âme à parler des choses (...). C'est pourquoi aussi, quelques-uns de ceux qui mènent dans la "philosophie" une vie solitaire ont le sens illuminé par elle, sans en venir à parler de Dieu.

Cité in Les feux du désert, vol 2, p. 284

 

Saint Clément d'Alexandrie, Toute notre vie doit être une liturgie sacrée

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    Vivant notre vie entière comme une fête, dans la certitude que Dieu est totalement présent partout, nous labourons en chantant, nous naviguons au son des hymnes, nous nous comportons à la manière des citoyens des cieux. (...) La prière est, si j'ose dire, un entretien intime avec Dieu. Même si nous murmurons doucement et que, sans remuer les lèvres, nous parlons en silence, nous crions intérieurement. Et Dieu prête constamment l'oreille à cette voie intérieure. Oui, le vrai spirituel prie toute sa vie. Toute sa vie est une liturgie sacrée.

PG 9.450 ss.

in Les feux du désert, vol. 2, p. 283

Jean Paul II, Discours aux évêques de France: La méta-tentation (6)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
7. Votre responsabilité s’étend en effet - comme chez les autres épiscopats, mais d’une manière diverse - au-delà de “votre” Église, au-delà de la France. Cela, vous devez l’accepter, et vous ne pouvez pas vous en affranchir. Là encore, il faut une vision vraiment universelle de l’Église et du monde, et particulièrement précise, je dirais “sans erreur”. Vous ne pouvez pas agir seulement en fonction des circonstances qui se sont jadis présentées devant vous et qui vous sont encore offertes. Vous devez avoir un “plan de solidarité” précis et exact, à l’égard de ceux qui ont un droit particulier à compter sur votre solidarité et à l’attendre de vous. Vous devez avoir les yeux largement ouverts vers l’Occident et vers l’Orient, vers le Nord et vers le Sud. Vous devez donner le témoignage de votre solidarité à ceux qui souffrent de la faim et de l’injustice, à cause de l’héritage du colonialisme ou de la répartition défectueuse des biens matériels. Mais vous devez aussi être très sensibles à tous les dommages qui sont faits à l’esprit humain: à la conscience, aux convictions religieuses, etc. N’oubliez pas que l’avenir de l’Évangile et de l’Église s’élabore peut-être de manière particulière là où les hommes subissent parfois, pour leur foi et pour les conséquences de la foi, des sacrifices dignes des premiers chrétiens. Vous ne pouvez pas garder le silence là-dessus face à votre société et à votre Église. Il faut en ce domaine une particulière solidarité du témoignage et de la prière commune!

Il y a là un chemin sûr pour renfoncer la crédibilité de l’Église dans votre pays, et il ne doit pas être délaissé. Vous êtes insérés en effet dans un système de vases communicants, même si, dans ce système, vous êtes indubitablement une composante particulièrement vénérable, particulièrement importante et influente. Cela crée beaucoup de devoirs! Le chemin vers l’avenir de l’Église en France - le chemin vers cette grande conversion, peut-être, dont évêques, prêtres et fidèles sentent le besoin - passe par l’acceptation de ces devoirs!

Mais face aux négations qui sont le fait de beaucoup, face aux désespoirs qui, à la suite des nombreuses vicissitudes historiques, semblent former le visage spirituel de la société contemporaine, ne vous reste-t-il pas toujours la même puissante ossature de l’Évangile et de la sainteté, qui constitue un patrimoine particulier de l’Église en France?

Le christianisme n’appartient-il pas de façon immanente au “génie de votre nation”?

La France n’est-elle pas toujours “la Fille aînée de l’Église”?


VISITE PASTORALE À PARIS ET LISIEUX

DISCOURS DE JEAN-PAUL II
AUX ÉVÊQUES DE FRANCE

Paris, 1 juin 1980

Jean Paul II, Discours aux évêques de France: La méta-tentation (5)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
 6. La question fondamentale que nous devons nous poser, nous, évêques sur lesquels pèse une responsabilité particulière en ce qui concerne la vérité de l’Évangile et la mission de l’Église, est celle de la crédibilité de cette mission et de notre service. En ce domaine, nous sommes parfois interrogés et jugés sévèrement: l’un d’entre vous n'écrivait-il pas: “Notre époque aura été dure à l’égard des évêques”? Et par ailleurs nous sommes prêts à nous juger nous-mêmes sévèrement, et à juger sévèrement la situation religieuse du pays et les résultats de notre pastorale. L’Église en France n’a pas été exempte de tels jugements: il suffit de se remémorer le célèbre livre de l’Abbé Godin: “France, pays de mission?”, ou encore l’affirmation bien connue: “L’Eglise a perdu la classe ouvrière”.

Ces jugements demandent toutefois que l’on observe une modération perspicace. Il faut aussi penser à long terme, car c’est essentiel pour notre mission. Maison ne peut pas nier que l’Église en France ait entrepris, et entreprenne, de grands efforts en vue “d’atteindre ceux qui sont loin”, surtout dans les milieux ouvriers et ruraux déchristianisés.

Ces efforts doivent conserver pleinement un caractère évangélique, apostolique et pastoral. Il n’est pas possible de succomber aux “défis de la politique”. Nous ne pouvons pas non plus accepter de nombreuses résolutions qui prétendent être seulement “justes”. Nous ne pouvons pas nous laisser enfermer dans visions d’ensemble qui sont en réalité unilatérales. Il est vrai que les mécanismes sociaux, et aussi leur caractéristique politique et économique, semblent confirmer ces visions d’ensemble et certains faits douloureux: “pays de mission”, “perte de la classe ouvrière”. Il semble toutefois que nous devons être prêts non seulement à l’autocritique, mais aussi à la “critique” des mécanismes eux-mêmes. L’Église doit être prête à défendre les droits des hommes au travail, dans chaque système économique et politique.

On ne peut surtout pas oublier la très grande contribution de l’Église et du catholicisme français dans le domaine missionnaire de l’Église par exemple, ou le domaine de la culture chrétienne. On ne peut pas accepter que ces chapitres soient clos! Bien plus, on ne peut accepter que, dans ces domaines, l’Église en France change la qualité de sa contribution et l’orientation qu’elle avait prise et qui mérite une crédibilité totale.

Il faudrait évidemment considérer ici toute une série de tâches élémentaires à l’intérieur de l’Église, en France même, par exemple la catéchèse, la pastorale de la famille, l’œuvre des vocations, les séminaires, l’éducation catholique, la théologie. Tout cela dans une grande synthèse de cette “crédibilité” qui est si nécessaire pour l’Église en France, comme partout d’ailleurs, et pour le bien commun de l’Église universelle.


VISITE PASTORALE À PARIS ET LISIEUX

DISCOURS DE JEAN-PAUL II
AUX ÉVÊQUES DE FRANCE

Paris, 1 juin 1980

Afficher plus d'articles

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>
RSS Contact