Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

la vache qui rumine (annee a)

Paul VI, Profession de foi: L'Eglise, édifiée par Jésus-Christ (2)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Royaume de Dieu et civilisation

Nous confessons que le Royaume de Dieu commencé ici-bas en l’Eglise du Christ, n’est pas de ce monde (cf. Jn 18,36), dont la figure passe (cf. 1 Co 1,31), et que sa croissance propre ne peut se confondre avec le progrès de la civilisation, de la science ou de la technique humaines, mais qu’elle consiste à connaître toujours plus profondément les insondables richesses du Christ, à espérer toujours plus fortement les biens éternels, à répondre toujours plus ardemment à l’amour de Dieu, à dispenser toujours plus largement la grâce et la sainteté parmi les hommes.

 

 

Mais c’est ce même amour qui porte l’Eglise à se soucier constamment du vrai bien temporel des hommes.  Ne cessant de rappeler à ses enfants qu’ils n’ont pas ici-bas de demeure permanente (cf. He 13,14), elle les presse aussi de contribuer, chacun selon sa vocation et ses moyens, au bien de leur cité terrestre, de promouvoir la justice, la paix et la fraternité entre les hommes, de prodiguer leur aide à leurs frères, surtout aux plus pauvres et aux plus malheureux.

 

L’intense sollicitude de l’Eglise, épouse du Christ, pour les nécessités des hommes, leurs joies et leurs espoirs, leurs peines et leurs efforts, n’est donc rien d’autre que son grand désir de leur être présente pour les illuminer de la lumière du Christ et les rassembler tous en lui, leur unique Sauveur. Cette sollicitude ne peut signifier jamais que l’Eglise se conforme elle-même aux choses de ce monde, ni que diminue l’ardeur de l’attente de son Seigneur et du Royaume éternel.



Les vivants et les morts

Nous croyons à la vie éternelle.  Nous croyons que les âmes de tous ceux qui meurent dans la grâce du Christ, soit qu’elles aient encore à être purifiées au purgatoire, soit que dès l’instant où elles quittent leurs corps, Jésus les prenne au paradis comme il a fait pour le bon larron, sont le peuple de Dieu dans l’au-delà de la mort, laquelle sera définitivement vaincue le jour de la résurrection où ces âmes seront réunies à leur corps.

Nous croyons que la multitude de celles qui sont rassemblées autour de Jésus et de Marie au paradis forme l’Eglise du ciel, où dans l’éternelle béatitude elles voient Dieu tel qu’il est et où elles sont aussi (cf. 1 Jn 3,2), à des degrés divers, associées avec les saints anges au gouvernement divin exercé par le Christ en gloire, en intercédant pour nous et en aidant notre faiblesse par leur sollicitude fraternelle.

Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Eglise, et Nous croyons que dans cette communion l’amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l’écoute de nos prières, comme Jésus nous l’a dit : « Demandez et vous recevrez » (cf. Lc 10,9-10 ; Jn 16,24).

Paul VI, Profession de foi: L'Eglise, édifiée par Jésus-Christ (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
L'Eglise, édifiée par Jésus-Christ

Nous croyons à l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique, édifiée par Jésus-Christ sur cette pierre qui est Pierre. Elle est le Corps mystique du Christ, à la fois société visible instituée avec des organes hiérarchiques et communauté spirituelle, l’Eglise terrestre ; elle est le peuple de Dieu pérégrinant ici-bas et l’Eglise comblée des biens célestes ; elle est le germe et les prémices du Royaume de Dieu, par lequel se continuent, au long de l’histoire humaine, l’œuvre et les douleurs de la Rédemption et qui aspire à son accomplissement parfait au-delà du temps dans la gloire.

 

Au cours du temps, le Seigneur Jésus forme son Eglise par les sacrements qui émanent de sa plénitude.  C’est par eux qu’elle rend ses membres participants au mystère de la mort et de la résurrection du Christ, dans la grâce du Saint-Esprit qui lui donne vie et action.  Elle est donc sainte, tout en comprenant en son sein des pécheurs, parce qu’elle n’a elle-même d’autre vie que celle de la grâce : c’est en vivant de sa vie que ses membres se sanctifient ; c’est en se soustrayant à sa vie qu’ils tombent dans les péchés et les désordres qui empêchent le rayonnement de sa sainteté.  C’est pourquoi elle souffre et fait pénitence pour ces fautes, dont elle a le pouvoir de guérir ses enfants par le sang du Christ et le don de l’Esprit-Saint.

 

Héritière des divines promesses et fille d’Abraham selon l’Esprit, par cet Israël dont elle garde avec amour les Ecritures et dont elle vénère les patriarches et les prophètes ; fondée sur les apôtres et transmettant de siècle en siècle leur parole toujours vivante et leurs pouvoirs de pasteurs dans le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui ; perpétuellement assistée par le Saint-Esprit, elle a charge de garder, enseigner, expliquer et répandre la vérité que Dieu a révélée d’une manière encore voilée par les prophètes et pleinement par le Seigneur Jésus.

 

Nous croyons tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu, écrite ou transmise, et que l’Eglise propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par le magistère ordinaire et universel.  Nous croyons à l’infaillibilité dont jouit le successeur de Pierre quand il enseigne ex cathedra comme pasteur et docteur de tous les fidèles, et dont est assuré aussi le corps des évêques lorsqu’il exerce avec lui le magistère suprême.

 

L'unité et la catholicité de l'Eglise

Nous croyons que l’Eglise, fondée par Jésus-Christ et pour laquelle il a prié, est indéfectiblement une dans la foi, le culte et le lien de la communion hiérarchique.  Au soin de cette Eglise, la riche variété des rites liturgiques et la légitime diversité des patrimoines théologiques et spirituels et des disciplines particulières, loin de nuire à son unité, la manifestent davantage.

 

Reconnaissant aussi l’existence, en dehors de l’organisme de l’Eglise du Christ, de nombreux éléments de vérité et de sanctification qui lui appartiennent en propre et tendent à l’unité catholique, et croyant à l’action du Saint-Esprit qui suscite au cœur des disciples du Christ l’amour de cette unité, Nous avons l’espérance que les chrétiens qui ne sont pas encore dans la pleine communion de l’unique Eglise se réuniront un jour en un seul troupeau avec un seul pasteur.

 

Nous croyons que l’Eglise est nécessaire au salut, car le Christ, qui est seul médiateur et voie de salut, se rend présent pour nous dans son Corps qui est l’Eglise. Mais le dessein divin du salut embrasse tous les hommes ; et ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Evangile du Christ et son Eglise, mais cherchent Dieu sincèrement et, sous l’influence de la grâce, s’efforcent d’accomplir sa volonté reconnue par les injonctions de leur conscience, ceux-là, en un nombre que Dieu seul connaît, peuvent obtenir le salut.

 

Le Corps et le Sang du Seigneur

Nous croyons que la messe célébrée par le prêtre représentant la personne du Christ en vertu du pouvoir reçu par le sacrement de l’ordre, et offerte par lui au nom du Christ et des membres de son Corps mystique, est le sacrifice du Calvaire rendu sacramentellement présent sur nos autels.  Nous croyons que, comme le pain et le vin consacrés à la Sainte Cène ont été changés en son corps et en son sang qui allaient être offerts pour nous sur la croix, de même le pain et le vin consacrés par le prêtre sont changés au corps et au sang du Christ glorieux siégeant au ciel, et Nous croyons que la mystérieuse présence du Seigneur, sous ce qui continue d’apparaître à nos sens de la même façon qu’auparavant, est une présence vraie, réelle et substantielle.

 

Le Christ ne peut être ainsi présent en ce sacrement autrement que par le changement en son corps de la réalité même du pain et par le changement en son sang de la réalité même du vin, seules demeurant inchangées les propriétés du pain et du vin que nos sens perçoivent.

 

Ce changement mystérieux, l’Eglise l’appelle d’une manière très appropriée « transsubstantiation ». Toute explication théologique, cherchant quelque intelligence de ce mystère, doit pour être en accord avec la foi catholique, maintenir que, dans la réalité elle-même, indépendante de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d’exister après la consécration, en sorte que c’est le corps et le sang adorables du Seigneur Jésus qui, dès lors, sont réellement devant nous sous les espèces sacramentelles du pain et du vin, comme le Seigneur l’a voulu, pour se donner à nous en nourriture et pour nous associer à l’unité de son Corps mystique.

 

 L’unique et indivisible existence du Seigneur glorieux au ciel n’est pas multipliée, elle est rendue présente par le sacrement dans les multiples lieux de la terre où la messe est célébrée. Et elle demeure présente, après le sacrifice, dans le Saint Sacrement, qui est, au tabernacle, le cœur vivant de chacune de nos églises. Et c’est pour nous un devoir très doux d’honorer et d’adorer dans la sainte hostie, que nos yeux voient, la Verbe incarné qu’ils ne peuvent voir et qui, sans quitter le ciel, s’est rendu présent devant nous.

 

Paul VI, Profession de foi: Le péché, la Croix et le baptême

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Le péché, la Croix et le baptême

Nous croyons qu’en Adam tous ont péché, ce qui signifie que la faute originelle commise par lui a fait tomber la nature humaine, commune à tous les hommes, dans un état où elle porte les conséquences de cette faute et qui n’est pas celui où elle se trouvait d’abord dans nos premiers parents, constitués dans la sainteté et la justice, et où l’homme ne connaissait ni le mal ni la mort.

 

C’est la nature humaine ainsi tombée, dépouillée de la grâce qui la revêtait, blessée dans ses propres forces naturelles et soumise à l’empire de la mort, qui est transmise à tous les hommes, et c’est en ce sens que chaque homme naît dans le péché.

 

Nous tenons donc, avec le Concile de Trente, que le péché originel est transmis avec la nature humaine, « non par imitation mais par propagation », et qu’il est ainsi « propre à chacun ».

 

Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le sacrifice de la croix, nous a rachetés du péché originel et de tous les péchés personnels commis par chacun de nous, en sorte que, selon la parole de l’Apôtre, « là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5,20).

 

Nous croyons à un seul baptême institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la rémission des péchés.  Le baptême doit être administré même aux petits enfants qui n’ont pu encore se rendre coupables d’aucun péché personnel, afin que, nés privés de la grâce surnaturelle, ils renaissent « de l’eau et de l’Esprit-Saint » à la vie divine dans le Christ Jésus.

 

Paul VI, Profession de foi: Le Christ, L'Esprit Saint, la Vierge Marie

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
L'Esprit Saint, la Vierge Marie

Nous croyons en l’Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils.  Il nous a parlé par les prophètes, il nous a été envoyé par le Christ après sa Résurrection et son Ascension auprès du Père ; il illumine, vivifie, protège et conduit l’Eglise ; il en purifie les membres s’ils ne se dérobent pas à la grâce. Son action, qui pénètre au plus intime de l’âme, rend l’homme capable de répondre à l’appel de Jésus : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48).

 

Nous croyons que Marie est la Mère demeurée toujours vierge du Verbe incarnée, notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et qu’en raison de cette élection singulière elle a été, en considération des mérites de son Fils, rachetée d’une manière plus éminente, préservée de toute souillure du péché originel et comblée du don de la grâce plus que toutes les autres créatures.

 

Associée par un lien étroit et indissoluble aux mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, la Très Sainte Vierge, l’Immaculée, a été, au terme de sa vie terrestre, élevée en corps et en âme à la gloire céleste et configurée à son Fils ressuscité en anticipation du sort futur de tous les justes ; et Nous croyons que la Très Sainte Mère de Dieu, nouvelle Eve, Mère de l’Eglise, continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés.

Paul VI, Profession de foi: Le Christ, Dieu fait homme

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Le Christ, Dieu fait homme

Nous croyons en Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est le Fils de Dieu.  Il est le Verbe éternel, né du Père avant tous les siècles et consubstantiel au Père, homoousios to Patri, et par lui tout a été fait.

 

Il s’est incarné par l’œuvre du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie et s’est fait homme : égal donc au Père selon la divinité, et inférieur au Père selon l’humanité et un lui-même, non par quelque impossible confusion des natures mais par l’unité de la personne.

 

Il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité.  Il a annoncé et instauré le Royaume de Dieu et nous a fait, en lui, connaître le Père. Il nous a donné son commandement nouveau de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés.

 

Il nous a enseigné la voie des béatitudes de l’Evangile : pauvreté en esprit, douceur, douleur supportée dans la patience, soif de la justice, miséricorde, pureté du cœur, volonté de paix, persécution endurée pour la justice. Il a souffert sous Ponce Pilate, Agneau de Dieu portant sur lui les péchés du monde, et il est mort pour nous sur la croix, nous sauvant par son sang rédempteur.

 

Il a été enseveli et, de son propre pouvoir, il est ressuscité le troisième jour, nous élevant par sa résurrection à ce partage de la vie divine qu’est la vie de la grâce.

 

Il est monté au ciel et il viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les morts : chacun selon ses mérites - ceux qui ont répondu à l’amour et à la pitié de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu’au bout allant au feu qui ne s’éteint pas. Et son règne n’aura pas de fin.

 

Paul VI, Profession de foi: Un seul Dieu Père, Fils et Esprit Saint

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Un seul Dieu Père, Fils et Esprit Saint


Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, créateur des choses visibles comme ce monde où s’écoule notre vie passagère, des choses invisibles comme les purs esprits qu’on nomme aussi les anges, et créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle.

 

Nous croyons que ce Dieu unique est absolument un dans son essence infiniment sainte comme dans toutes ses perfections, dans sa toute-puissance, dans sa science infinie, dans sa providence, dans sa volonté et dans son amour.

 

Il est Celui qui est, comme il l’a révélé à Moïse (cf. Ex 3,14) ; et il est Amour, comme l’apôtre Jean nous l’enseigne (cf. 1 Jn 4,8) : en sorte que ces deux noms, Etre et Amour, expriment ineffablement la même divine réalité de Celui qui a voulu se faire connaître à nous, et qui, « habitant une lumière inaccessible » (cf. 1 Tm 6,16), est en lui-même au-dessus de tout nom, de toutes choses et de toute intelligence créée.

 

Dieu seul peut nous en donner la connaissance juste et plénière en se révélant comme Père, Fils et Esprit-Saint, dont nous sommes par grâce appelés à partager, ici-bas dans l’obscurité de la foi et au-delà de la mort dans la lumière éternelle, l’éternelle vie. Les liens mutuels constituant éternellement les trois personnes, qui sont chacune le seul et même Etre divin, sont la bienheureuse vie intime du Dieu trois fois saint, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir à la mesure humaine.

 

Nous rendons grâce cependant à la bonté divine du fait que de très nombreux croyants puissent attester avec Nous devant les hommes l’unité de Dieu, bien qu’ils ne connaissent pas le mystère de la Très Sainte Trinité. 

 

Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint-Esprit, personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour. Ainsi en les trois personnes divines, coaeternae sibi et coaequales, surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l’Etre incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours « doit être vénérée l’unité dans la trinité et la trinité dans l’unité ».


Benoît XVI, Message aux jeunes du monde à l'occasion de la XXIII° Journée Mondiale de la Jeunesse, 2008 (2)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

5 L’Esprit Saint, «Maître intérieur»

Chers jeunes, aujourd’hui encore l’Esprit Saint continue donc à agir avec puissance dans l’Église et ses fruits sont abondants dans la mesure où nous sommes disposés à nous ouvrir à sa force rénovatrice. C’est pourquoi il est important que chacun de nous Le connaisse, qu’il entre en relation avec Lui et qu’il se laisse guider par Lui. Mais à ce point, une question surgit naturellement: qui est l’Esprit Saint pour moi? Pour de nombreux chrétiens en effet, Il est encore le «grand inconnu». Voilà pourquoi, en nous préparant à la prochaine Journée mondiale de la Jeunesse, j’ai voulu vous inviter à approfondir votre connaissance personnelle de l’Esprit Saint. Dans la profession de foi, nous proclamons: «Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils» (Symbole de Nicée-Constantinople). Oui, l’Esprit Saint, esprit d’amour du Père et du Fils, est Source de vie qui nous sanctifie, «puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné» (Rm 5, 5). Cependant il ne suffit pas de le connaître; il faut L’accueillir comme le guide de nos âmes, comme le «Maître intérieur», qui nous introduit dans le Mystère trinitaire, parce que Lui seul peut nous ouvrir à la foi et nous permettre d’en vivre chaque jour en plénitude. C’est Lui qui nous pousse vers les autres, allumant en nous le feu de l’amour, et qui nous rend missionnaires de la charité de Dieu.

Je sais bien toute l’estime et tout l’amour envers Jésus que vous, les jeunes, vous portez dans votre cœur et combien vous désirez Le rencontrer et parler avec Lui. Rappelez-vous donc que c’est précisément la présence de l’Esprit en nous qui atteste, qui constitue et qui construit notre personne sur la Personne même de Jésus crucifié et ressuscité. Devenons donc familiers de l'Esprit Saint pour l’être aussi de Jésus.

6 Les Sacrements de la Confirmation et de l’Eucharistie

Alors, me direz-vous, comment nous laisser renouveler par l’Esprit Saint et comment grandir dans notre vie spirituelle? La réponse est, vous le savez, que cela est possible par les Sacrements, car la foi naît et se fortifie grâce aux Sacrements, en particulier ceux de l’initiation chrétienne: le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, qui sont complémentaires et inséparables (cf. Catéchisme de l’Église Catholique, n. 1285). Cette vérité sur les trois Sacrements qui sont à l’origine de notre être chrétien est sans doute négligée dans la vie de foi de nombreux chrétiens, pour lesquels ce sont des gestes accomplis dans le passé, sans incidence réelle sur le présent, comme des racines sans sève vitale. Il arrive qu’une fois la Confirmation reçue, des jeunes s’éloignent de la vie de foi. Il y a également des jeunes qui ne reçoivent même pas ce sacrement. C’est pourtant par les sacrements du Baptême, de la Confirmation et, de manière continuée, par l’Eucharistie, que l’Esprit Saint nous rend fils du Père, frères de Jésus, membres de son Église, capables de rendre un vrai témoignage envers l’Évangile, de goûter la joie de la foi.

Je vous invite donc à réfléchir sur ce que je vous écris. Il est particulièrement important aujourd’hui de redécouvrir le sacrement de la Confirmation et d’en retrouver la valeur pour notre croissance spirituelle. Que celui qui a reçu les sacrements du Baptême et de la Confirmation se souvienne qu’il est devenu «temple de l’Esprit»: Dieu habite en lui. Qu’il en soit toujours conscient et fasse en sorte que le trésor qui est en lui porte des fruits de sainteté. Que celui qui est baptisé, mais qui n’a pas encore reçu le sacrement de la Confirmation, se prépare à le recevoir en sachant qu’il deviendra ainsi un chrétien «accompli», parce que la Confirmation parfait la grâce baptismale (cf. CCC, nn. 1302-1304).

La Confirmation nous donne une force spéciale pour témoigner de Dieu et pour le glorifier par toute notre vie (cf. Rm 12, 1); elle nous rend intimement conscients de notre appartenance à l’Église, «Corps du Christ», dont nous sommes tous des membres vivants, solidaires les uns des autres (cf. 1 Co 12,12-25). Tout baptisé peut apporter sa contribution à l’édification de l’Église en se laissant guider par l’Esprit, grâce aux charismeschacun reçoit le don de manifester l’Esprit en vue du bien commun» (1 Co 12, 7). Et quand l’Esprit agit, il apporte dans l’âme ses fruits, qui sont «amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi» (Ga 5, 22). À ceux d’entre vous qui n’ont pas encore reçu le sacrement de la Confirmation, j’adresse une invitation cordiale à se préparer à l’accueillir, en demandant l’aide de leurs prêtres. C’est une occasion de grâce toute particulière que le Seigneur vous offre: ne la laissez pas passer! qu’Il donne, car «

Je voudrais encore ajouter une parole sur l’Eucharistie. Pour croître dans la vie chrétienne, il est nécessaire de se nourrir du Corps et du Sang du Christ: en effet, nous sommes baptisés et confirmés en vue de l’Eucharistie (cf. CCC, 1322; Exhort. apost. Sacramentum caritatis, n. 17). «Source et sommet» de la vie ecclésiale, l’Eucharistie est une «Pentecôte perpétuelle», parce que chaque fois que nous célébrons la Messe, nous recevons l’Esprit Saint, qui nous unit plus profondément au Christ et qui nous transforme en Lui. Chers jeunes, si vous participez fréquemment à la célébration eucharistique, si vous prenez un peu de votre temps pour l’adoration du Saint-Sacrement, alors, de la Source de l’amour qu’est l’Eucharistie, vous sera donnée la joyeuse détermination à consacrer votre vie à la suite de l’Évangile. Vous ferez en même temps l’expérience que là où nous ne réussissons pas par nos propres forces, l’Esprit Saint vient nous transformer, nous remplir de sa force et faire de nous des témoins remplis de l’ardeur missionnaire du Christ ressuscité.

7 La nécessité et l’urgence de la mission

Bien des jeunes regardent leur vie avec appréhension et se posent de nombreuses questions sur leur avenir. Et ils se demandent avec préoccupation: comment nous insérer dans un monde marqué par des injustices et des souffrances nombreuses et graves? Comment réagir face à l’égoïsme et à la violence qui semblent parfois l’emporter? Comment donner tout son sens à la vie? Comment faire en sorte que les fruits de l’Esprit que nous avons rappelés précédemment, «amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi» (n. 6), inondent notre monde blessé et fragile, le monde des jeunes en particulier? À quelles conditions l’Esprit vivifiant de la première création et surtout de la seconde création, ou rédemption, peut-il devenir l’âme nouvelle de l’humanité? N’oublions pas que plus le don de Dieu est grand – et celui de l’Esprit de Jésus est éminent – plus est grand le besoin du monde de le recevoir et donc grande et passionnante la mission de l’Église d’en donner un témoignage crédible. Et vous les jeunes, par la Journée mondiale de la Jeunesse, d’une certaine façon vous attestez votre volonté de participer à cette mission. À ce propos, il me tient à cœur de vous rappeler, chers amis, quelques vérités de base sur lesquelles méditer. Une fois encore, je vous répète que seul le Christ peut combler les aspirations les plus intimes du cœur de l’homme; Lui seul est capable d’humaniser l’humanité et de la conduire à sa «divinisation». Par la puissance de son Esprit, Il répand en nous la charité divine qui nous rend capables d’aimer notre prochain et prêts à nous mettre à son service. L’Esprit Saint éclaire, nous révélant le Christ mort et ressuscité; il nous indique la route pour devenir davantage semblables à Lui, à savoir pour être «expression et instrument de l’amour qui émane de lui» (Encycl. Deus caritas est, n. 33). Et celui qui se laisse guider par l’Esprit comprend que se mettre au service de l’Évangile n’est pas une option facultative, parce qu’il perçoit combien il est urgent de transmettre aussi aux autres cette Bonne Nouvelle. Cependant, il convient de le rappeler encore, nous ne pouvons être des témoins du Christ que si nous nous laissons guider par l’Esprit Saint, qui est «l’agent principal de l’évangélisation» (Evangelii nuntiandi, n. 75) et «le protagoniste de la mission» (Redemptoris missio, n. 21). Chers jeunes, comme l’ont rappelé à maintes reprises mes vénérés Prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II, annoncer l’Évangile et témoigner de sa foi est aujourd’hui plus que jamais nécessaire (cf. Redemptoris missio, n. 1). Certains pensent que présenter le précieux trésor de la foi aux personnes qui ne la partagent pas signifie être intolérants à leur égard, mais il n’en est pas ainsi, car proposer le Christ ne signifie pas l’imposer (cf. Evangelii nuntiandi, n. 80). D’ailleurs, cela fait deux mille ans que douze Apôtres ont donné leur vie afin que le Christ soit connu et aimé. Depuis lors, l’Évangile continue à se répandre au cours des siècles grâce à des hommes et à des femmes animés par le même zèle missionnaire. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, des disciples du Christ n’épargnent ni leur temps, ni leur énergie pour servir l’Évangile. Il faut que des jeunes se laissent embraser par l’amour de Dieu et qu’ils répondent généreusement à son appel pressant, comme tant de jeunes bienheureux et saints l’ont fait dans le passé, mais aussi à des époques plus récentes. En particulier, je vous assure que l’Esprit de Jésus vous invite aujourd’hui, vous les jeunes, à porter la belle nouvelle de Jésus aux jeunes de votre âge. L’indéniable difficulté des adultes à rejoindre de manière compréhensible et convaincante le monde des jeunes peut être un signe par lequel l’Esprit entend vous pousser, vous les jeunes, à prendre en charge cette tâche. Vous connaissez les idéaux, les langages, ainsi que les blessures, les attentes, et le désir du bien qu’ont les jeunes de votre âge. S’ouvre à vous le vaste monde des affections, du travail, de la formation, de vos souhaits, de la souffrance des jeunes... Que chacun de vous ait le courage de promettre à l’Esprit Saint d’amener un jeune à Jésus Christ, selon le moyen qui lui semble le meilleur, en sachant «rendre compte de l’espérance qui est en lui, avec douceur» (cf. 1 P 3, 15).

Mais pour atteindre ce but, chers amis, soyez saints, soyez missionnaires, parce qu’on ne peut jamais séparer la sainteté de la mission (cf. Redemptoris missio, n. 90). N’ayez pas peur de devenir des saints missionnaires comme saint François-Xavier, qui a parcouru l’Extrême Orient en annonçant la Bonne Nouvelle jusqu’à l’extrémité des ses forces, ou comme sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui fut missionnaire sans avoir quitté son Carmel: l’un comme l’autre sont «Patrons des Missions». Soyez prêts à mettre en jeu votre vie pour illuminer le monde avec la vérité du Christ; pour répondre avec amour à la haine et au mépris de la vie; pour proclamer l’espérance du Christ ressuscité en tout point de la terre.

8. Invoquer une «nouvelle Pentecôte» sur le monde

Chers jeunes, je vous attends nombreux en juillet 2008 à Sydney. Ce sera une occasion providentielle de faire pleinement l’expérience de la puissance de l’Esprit Saint. Venez nombreux, pour être un signe d’espérance et un soutien précieux pour les communautés de l’Église en Australie, qui se préparent à vous accueillir. Pour les jeunes du pays qui nous accueillera, ce sera une opportunité exceptionnelle d’annoncer la beauté et la joie de l’Évangile à une société à bien des égards sécularisée. L’Australie, comme toute l’Océanie, a besoin de redécouvrir ses racines chrétiennes. Dans l’exhortation post-synodale Ecclesia in Oceania, Jean-Paul II écrivait: «Par la puissance du Saint-Esprit, l'Église en Océanie se prépare à une nouvelle évangélisation des peuples qui aujourd'hui ont soif du Christ... La première priorité pour l’Église en Océanie, c'est de procéder à une nouvelle évangélisation» (n. 18).

Je vous invite à consacrer du temps à la prière et à votre formation spirituelle en cette dernière étape du chemin qui nous conduit à la XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesse, afin qu’à Sydney, vous puissiez renouveler les promesses de votre Baptême et de votre Confirmation. Ensemble, nous invoquerons l’Esprit Saint, demandant avec confiance à Dieu le don d’une Pentecôte renouvelée pour l’Église et pour l’humanité du troisième millénaire.

Que Marie, réunie en prière au Cénacle avec les Apôtres, vous accompagne durant ces mois et qu’elle obtienne pour tous les jeunes chrétiens une nouvelle effusion de l’Esprit Saint qui embrase vos cœurs. Rappelez-vous que l’Église a confiance en vous! Nous les Pasteurs, nous prions en particulier pour que vous aimiez et fassiez aimer Jésus toujours plus et que vous marchiez à sa suite fidèlement. Dans ces sentiments, je vous bénis tous avec une grande affection.

De Lorenzago, le 20 juillet 2007.

BENEDICTUS PP. XVI

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

Benoît XVI, Message aux jeunes du monde à l'occasion de la XXIII° Journée Mondiale de la Jeunesse, 2008 (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Chers jeunes,

 

 

 

1. La XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesse

 

Je me souviens toujours avec grande joie des différents moments que nous avons passés ensemble à Cologne en août 2005. À la fin de cette inoubliable manifestation de foi et d’enthousiasme, qui demeure gravée en mon esprit et en mon cœur, je vous ai donné rendez-vous pour la prochaine rencontre qui aura lieu à Sydney en 2008. Ce sera la XXIIIe Journée mondiale de la Jeunesse et elle aura pour thème: «Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins» (Ac 1, 8). Le fil conducteur de la préparation spirituelle pour le rendez-vous de Sydney est l’Esprit Saint et la mission. Si en 2006, nous nous sommes arrêtés pour méditer sur l'Esprit Saint comme Esprit de vérité, en 2007 nous avons cherché à découvrir plus profondément l’Esprit d'amour, pour nous acheminer ensuite vers la Journée mondiale de la Jeunesse de 2008, en réfléchissant sur l’Esprit de force et de témoignage, qui nous donne le courage de vivre l’Évangile et l’audace de le proclamer. Il est donc fondamental que chacun de vous les jeunes, dans sa communauté et avec ses éducateurs, puisse réfléchir sur le Protagoniste de l’histoire du salut qu’est l'Esprit Saint, ou Esprit de Jésus, pour parvenir aux buts élevés suivants: reconnaître la véritable identité de l'Esprit, d’abord en écoutant la Parole de Dieu dans la Révélation biblique; prendre conscience lucidement de sa présence continue, active, dans la vie de l’Église, en particulier en redécouvrant que l'Esprit Saint se présente comme “âme”, souffle vital de la vie chrétienne, grâce aux sacrements de l’initiation chrétienne – Baptême, Confirmation et Eucharistie; devenir ainsi capable de mûrir une compréhension de Jésus toujours plus approfondie et plus joyeuse, et en même temps de réaliser une mise en pratique efficace de l’Évangile à l’aube du troisième millénaire. Par ce message, je veux vous offrir une trame de méditation à approfondir durant cette année de préparation qui vous permettra de vérifier la qualité de votre foi dans l'Esprit Saint, de la retrouver si elle est perdue, de la fortifier si elle est affaiblie, de la goûter comme compagnie du Père et du Fils Jésus Christ, précisément grâce à l’action indispensable de l'Esprit Saint. N’oubliez jamais que l’Église, et même l’humanité qui vous entoure et qui vous attend dans l’avenir, compte beaucoup sur vous les jeunes, parce que vous avez en vous le don suprême du Père, l'Esprit de Jésus.

 

 

 

2. La promesse de l'Esprit Saint dans la Bible

 

L’écoute attentive de la Parole de Dieu en ce qui concerne le mystère et l’œuvre de l'Esprit Saint nous ouvre à de grandes et stimulantes connaissances, qui se résument dans les points suivants.

 

Peu avant son Ascension, Jésus dit à ses disciples: «Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis» (Lc 24, 49). Cela s’est réalisé le jour de la Pentecôte, lorsqu’ils étaient réunis en prière au Cénacle avec la Vierge Marie. L’effusion de l’Esprit Saint sur l’Église naissante fut l’accomplissement d’une promesse de Dieu beaucoup plus ancienne, annoncée et préparée tout au long de l’Ancien Testament.

 

En effet, dès les premières pages, la Bible évoque l’esprit de Dieu comme un souffle «qui planait au-dessus des eaux» (Gn 1, 2) et précise que Dieu insuffla dans les narines de l’homme un souffle de vie (cf. Gn 2, 7), lui donnant ainsi la vie elle-même. Après le péché originel, l’esprit vivifiant de Dieu se manifestera sous différentes formes dans l’histoire des hommes, suscitant des prophètes pour inciter le peuple élu à revenir vers Dieu et à observer fidèlement ses commandements. Dans la célèbre vision du prophète Ézéchiel, Dieu fait revivre par son esprit le peuple d’Israël, représenté par des «ossements desséchés» (cf. 37, 1-14). Joël prophétise une «effusion de l’esprit» sur tout le peuple, dont nul n’est exclu: «Après cela – écrit l’Auteur sacré –, je répandrai mon esprit sur toute créature... Même sur les serviteurs et sur les servantes je répandrai mon esprit en ces jours-là» (3, 1-2).

 

À la «plénitude des temps» (cf. Ga 4, 4), l’ange du Seigneur annonce à la Vierge de Nazareth que l’Esprit Saint, «puissance du Très-Haut», descendra sur elle et la prendra sous son ombre. Celui qu’elle enfantera sera donc saint et appelé Fils de Dieu (cf. Lc 1, 35). Selon l’expression du prophète Isaïe, le Messie sera celui sur qui reposera l’Esprit du Seigneur (cf. 11, 1-2; 42, 1). C’est précisément cette prophétie que Jésus reprit au début de son ministère public, dans la synagogue de Nazareth: « L'Esprit du Seigneur – dit-il devant ses auditeurs étonnés – est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l'onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur» (LcIs 61, 1-2). S’adressant aux personnes présentes, il s’appliquera à lui-même ces paroles prophétiques en affirmant: «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit» (Lc 4, 21). Et encore, avant sa mort sur la croix, il annoncera à plusieurs reprises à ses disciples la venue de l’Esprit Saint, le “Consolateur”, dont la mission sera de lui rendre témoignage, d’assister les croyants, de les enseigner et de les conduire vers la Vérité tout entière (cf. Jn 14, 16-17. 25-26; 15, 26; 16, 13). 4, 18-19; cf.

 

 

 

3. La Pentecôte, point de départ de la mission de l’Église

 

Au soir de sa résurrection, apparaissant à ses disciples, Jésus «répandit sur eux son souffle et il leur dit: “Recevez l'Esprit Saint”» (Jn 20, 22). Avec encore plus de force, l'Esprit Saint descendit sur les Apôtres le jour de la Pentecôte: «Soudain, il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent – lit-on dans les Actes des Apôtres – : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux» (2, 2-3).

 

L’Esprit Saint renouvela intérieurement les Apôtres, les revêtant d’une force qui leur donna l’audace d’annoncer sans peur: «Le Christ est mort et il est ressuscité!» Libérés de toute peur, ils commencèrent à parler avec assurance (cf. Ac 2, 29; 4, 13; 4, 29. 31). Ces pêcheurs craintifs de Galilée étaient devenus de courageux annonciateurs de l’Évangile. Même leurs ennemis ne comprenaient pas comment «des hommes quelconques et sans instruction» (Ac 4, 13) pouvaient faire preuve d’un tel courage et supporter avec joie les contrariétés, les souffrances et les persécutions. Rien ne pouvait les arrêter. À tous ceux qui cherchaient à les contraindre au silence, ils répondaient: «Quant à nous, il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu» (Ac 4,20). C’est ainsi qu’est née l’Église, qui, depuis le jour de la Pentecôte, n’a cessé de répandre la Bonne Nouvelle «jusqu'aux extrémités de la terre» (Ac 1, 8).

 

 

 

4. L’Esprit Saint, âme de l’Église et principe de communion

 

Mais pour comprendre la mission de l’Église, nous devons revenir au Cénacle où les disciples restèrent ensemble (cf. Lc 24, 49), priant avec Marie, la “Mère”, dans l’attente de l’Esprit promis. C’est de cette icône de l’Église naissante que toute communauté chrétienne doit en permanence s’inspirer. La fécondité apostolique et missionnaire n’est pas d’abord le résultat de méthodes et de programmes pastoraux savamment élaborés et “efficaces”, mais le fruit de l’incessante prière communautaire (cf. Paul VI, Exhort. apost. Evangelii nuntiandi,Ac 4, 32), et qu’elles soient disposées à témoigner de l’amour et de la joie que l’Esprit Saint répand dans le cœur des fidèles (cf. Ac 2, 42). Le Serviteur de Dieu Jean-Paul II écrivait qu’avant même d'être une action, la mission de l’Église est un témoignage et un rayonnement (cf. Encycl. Redemptoris missio, n. 26). C’est ce qui se passait au début du christianisme, quand les païens, écrit Tertullien, se convertissaient en voyant l’amour qui régnait entre les chrétiens: «Voyez – disent-ils – comme ils s’aiment» (cf. Apologétique, n. 39 § 7). n. 75). En outre, l’efficacité de la mission présuppose que les communautés soient unies, à savoir qu’elles aient «un seul cœur et une seule âme» (

 

En concluant ce rapide aperçu sur la Parole de Dieu dans la Bible, je vous invite à remarquer combien l’Esprit Saint est le don le plus grand que Dieu fait à l’homme, et donc le témoignage suprême de son amour pour nous, un amour qui s’exprime concrètement comme un «oui à la vie» que Dieu veut pour chacune de ses créatures. Ce «oui à la vie» prend sa forme la plus accomplie en Jésus de Nazareth et dans sa victoire sur le mal par la rédemption. À ce propos, n’oublions jamais que l’Évangile de Jésus, en raison même de l’Esprit, ne se réduit pas à une simple constatation, mais qu’il veut devenir «bonne nouvelle pour les pauvres, libération pour les prisonniers, retour à la vue pour les aveugles...». C’est ce qui s’est produit avec vigueur le jour de la Pentecôte, devenant pour l’Église une grâce et un devoir envers le monde, sa mission prioritaire.

 

Nous sommes les fruits de cette mission de l’Église par l’action de l’Esprit Saint. Nous portons en nous le sceau de l’amour du Père en Jésus Christ qu’est l’Esprit Saint. Ne l’oublions jamais, parce que l’Esprit du Seigneur se souvient toujours de chacun et qu’il veut, en particulier à travers vous les jeunes, susciter dans le monde le vent et le feu d’une nouvelle Pentecôte.

 

 

 

Saint Augustin, La résurrection de Lazare (6)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
24. "Ils enlevèrent donc la pierre, et Jésus, élevant les yeux en haut, dit: Mon Père, je vous rends grâces de ce que vous m'avez exaucé. Pour moi, je savais bien que vous m'exaucez toujours; mais je l'ai dit à cause du peuple qui m'entoure, afin qu'ils croient que vous m'avez envoyé. Ayant dit "ces mots, il cria à haute voix". Il frémit, il pleure, il crie à haute voix. Qu'il a de peine à se lever celui qu'oppresse le poids d'une, mauvaise habitude! Cependant il se lève; une grâce cachée lui rend intérieurement la vie; il se lève après avoir entendu ce grand cri,. Qu'arriva-t-il ensuite? "Il s'écria à haute voix: Lazare, viens dehors. Et soudain le mort sortit, ayant les mains et les pieds liés avec des bandes et le visage enveloppé d'un suaire". Tu t'étonnes qu'il ait marché les pieds liés, et tu n'es pas étonné qu'il soit ressuscité après quatre jours? En ces deux faits agissait la puissance de Dieu, et non les forces du mort. Il marcha, et il était encore lié; il était encore enveloppé, et cependant il sortit du tombeau qu'est-ce que cela signifie? Quand tu violes la loi, tu es étendu mort; et si tu la violes en choses graves, comme j'ai dit plus haut, tu es enseveli; quand tu confesses tes péchés, tu sors. Qu'est-ce, en effet, que sortir, sinon sortir d'un lieu caché et se montrer? Mais que tu confesses tes fautes, c'est Dieu qui le fait en te criant à haute voix, c'est-à-dire en t'appelant par une grande grâce. C'est pourquoi le mort qui s'avance encore lié, c'est le pécheur qui se confesse, mais qui est encore coupable; et pour que ses péchés soient remis, le Seigneur dit à ses ministres: "Déliez-le et laissez-le aller". Que veut dire: "Déliez-le et laissez-le aller? Ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel (Mt 16, 19)".

25. "Plusieurs donc d'entre les Juifs qui étaient vénus vers Marie et avaient vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui; mais quelques-uns d'entre eux s'en allèrent vers les Pharisiens, et leur dirent ce qu'avait fait Jésus". Tous ceux des Juifs qui étaient venus vers Marie ne crurent pas; et cependant il y en eut beaucoup pour croire. "Mais quelques-uns d'entre eux", soit de ceux qui s'étaient rassemblés, soit de ceux qui avaient cru, "s'en allèrent vers les Pharisiens et leur dirent ce qu'avait fait Jésus"; soit en leur annonçant ce prodige, pour les amener à croire eux-mêmes, soit plutôt pour le trahir et afin que les Pharisiens le poursuivissent. Mais n'importe par qui et de quelle manière la chose se fit, ce qui s'était passé fut rapporté aux Pharisiens.

26. "Les Pontifes et les Pharisiens assemblèrent le conseil, et ils disaient: Que faisons-nous?" Ils ne disaient pas: Croyons, car ces hommes perdus, songeaient bien plus à nuire à Jésus et à le perdre qu'à prévoir comment. ils éviteraient de périr eux-mêmes. Toujours est-il qu'ils craignaient et semblaient pourvoir à l'avenir. "Ils disaient" donc: "Que faisons-nous? car cet homme opère beaucoup de miracles; si nous le laissons ainsi, tous croiront en lui, et les Romains viendront, et ils nous extermineront, nous et notre ville". Ils craignaient de perdre les biens temporels, et ils ne pensaient pas à s'assurer la vie éternelle; et ainsi ont-ils perdu l'une et l'autre. Car, après la passion et la glorification du Seigneur, les Romains leur enlevèrent et leur ville qu'ils prirent d'assaut, et leur nation qu'ils transportèrent ailleurs, et à eux s'applique ce qui a été dit en un autre endroit: "Les enfants de ce royaume iront dans les ténèbres extérieures (Mt 8, 12)". Le sujet de leur crainte était que si tous croyaient en Jésus-Christ, il ne restât personne pour défendre la cité de Dieu et le temple contre les Romains; car ils pensaient que la doctrine de Jésus-Christ allait contre le temple et contre les lois de leurs pères.

27. "Mais l'un d'eux, Caïphe, le grand "prêtre de cette année, leur dit: Vous n'y connaissez rien, et vous ne considérez pas qu'il vous est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple, et que toute la nation ne périsse point. Or, il ne dit pas cela de lui-même, mais comme il était grand prêtre de cette année, il prophétisa". Par là, nous apprenons que même les hommes méchants peuvent par l'esprit de prophétie annoncer les choses à venir. Cependant l'Evangéliste attribue ce dernier fait à un mystère tout divin; car, dit-il, il était Pontife, c'est-à-dire grand prêtre. On peut se demander comment il est appelé Pontife de cette année, car Dieu n'avait établi qu'un seul grand prêtre qui, à sa mort, ne devait avoir qu'un seul successeur. Mais il faut croire que, par suite de l'ambition et des rivalités qui surgirent parmi les Juifs, il fut établi dans la suite qu'ils seraient plusieurs, et qu'ils exerceraient leurs fonctions à leur tour et chacun pendant une année. C'est ce qui est dit à propos de Zacharie: "Or il arriva, lorsque Zacharie remplissait en son rang les fonctions du sacerdoce devant Dieu, selon la coutume établie parmi les prêtres, que le sort décida qu'il offrirait l'encens dans le temple du Seigneur (Lc 1, 8-9)". Par là il paraît qu'ils étaient plusieurs, et qu'ils avaient leur tour. Car il n'était permis qu'au grand prêtre d'offrir l'encens (Ex 30, 7). Et peut-être pour la même année étaient-ils plusieurs qui remplissaient ces fonctions, auxquels d'autres succédaient pour l'année, et parmi eux, le sort désignait-il celui qui devait offrir l'encens? Que prophétisa donc Caïphe? "Que Jésus devait mourir pour la nation; et non-seulement pour la nation, mais aussi pour rassembler les enfants de Dieu qui étaient dispersés". Ces derniers mots ont été ajoutés par l'Evangéliste; car Caïphe, dans sa prophétie, n'a parlé que de la nation juive, où se trouvaient ces brebis dont le Seigneur dit lui-même: "Je n'ai été envoyé que vers les brebis perdues de la maison d'Israël (Mt 15, 24)". Mais l'Evangéliste savait qu'il y avait d'autres brebis qui n'étaient pas de ce bercail, et qu'il fallait réunir, aria qu'il n'y eût qu'un seul bercail et un seul pasteur (Jn 10, 16). Mais tout cela doit s'entendre par rapport à la prédestination; car ceux qui n'avaient pas encore cru, n'étaient encore ni les brebis ni les enfants de Dieu.

28. "A partir de ce jour, ils pensèrent donc à le mettre à mort. C'est pourquoi. Jésus n'allait plus en public parmi les Juifs; mais il s'en alla dans le pays qui est près du désert, en une ville appelée Ephrem, et là il demeurait avec ses disciples". Le motif de sa conduite n'était point la disparition de sa puissance. Certes, s'il l'eût voulu, il aurait vécu publiquement au milieu des Juifs, et ils ne lui auraient fait aucun mal; mais, dans cette faiblesse apparente de son humanité, il montrait à ses disciples l'exemple qu'ils devaient suivre: il leur prouvait que, pour les fidèles qui sont ses membres, il n'y aurait point de péché à se dérober aux yeux de leurs persécuteurs, et à éviter leur fureur criminelle, en se cachant, plutôt qu'à l'allumer davantage, en se présentant devant eux.

Saint Augustin, La résurrection de Lazare (5)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
19. Je vous ai montré la puissance du Christ, examinons ce qu'il a voulu nous faire entendre. Ce ne peut être qu'un grand coupable celui que représentent ces quatre jours de mort et de, sépulture. Pourquoi donc Jésus. Christ se trouble-t-il lui-même, sinon pour te montrer comme tu dois être troublé lorsque tu es chargé et accablé d'une si grande masse de péchés? Tu t'es examiné, tu t'es reconnu coupable et tu as dit en toi-même: J'ai fait cela, et Dieu m'a épargné; j'ai commis telle faute, et Dieu a différé de me punir; j'ai entendu l'Evangile, et je l'ai méprisé; j'ai reçu le baptême, et je suis retombé dans les mêmes fautes: que faire, où aller? comment m'échapper? Quand tu parles ainsi, déjà Jésus-Christ frémit en toi, car ta foi frémit, et dans la voix du frémissement, apparaît l'espérance de la résurrection. Si la foi est en nous, Jésus-Christ s'y trouve et frémit: si la foi est en nous, Jésus-Christ est en nous. L'Apôtre dit-il autre chose: "Jésus-Christ par la foi habite en nos coeurs (Ép 3, 17)?" Donc ta foi en Jésus-Christ, c'est Jésus-Christ dans ton coeur. De là vient qu'il dormait dans la barque, et ses disciples craignant de périr. victimes du naufrage qui les menaçait, s'approchèrent de lui et l'éveillèrent. Jésus-Christ se leva, commanda aux vents et aux flots, et il se fit un grand calme (Mt 8, 24-26). Ainsi en est-il de toi: les vents entrent dans ton coeur, pendant que tu navigues et que tu traverses la vie comme une mer pleine de tempêtes et de dangers. Les vents entrent dans ta barque; les flots l'agitent et la bouleversent. Quels sont ces vents? On t'adresse une injure, tu te laisses aller à la colère l'injure, c'est le vent; la colère, c'est le flot tu es en danger, car tu te disposes à répondre, tu te disposes à rendre malédiction pour malédiction; déjà la barque est sur le point de sombrer. Eveille Jésus-Christ qui dort, car si tu t'emportes, si tu te prépares à rendre le mal pour le bien, c'est que Jésus-Christ dort dans la barque. Le sommeil de Jésus-Christ dans ton coeur, c'est l'oubli de la foi, car si tu réveilles Jésus-Christ, c'est-à-dire si tu te rappelles les enseignements de la foi, que te dit Jésus-Christ au moment où il se réveille dans ton coeur? Des hommes m'ont dit: "Vous êtes possédé du démon (Jn 7, 20)"; et j'ai prié pour eux. Le maître reçoit une injure et il la supporte, et le serviteur se laissera aller à l'indignation! Mais tu veux te venger. Eh quoi! me suis-je moi-même vengé? Quand ta foi te parle de la sorte, elle commande aux vents et aux flots, et il se fait en toi un grand calme. De même donc que réveiller Jésus-Christ dans la barque, c'est y exciter la foi; de même dans le coeur de l'homme qu'oppressent une masse énorme d'iniquités et une longue habitude du péché, dans le coeur de l'homme qui a transgressé l'Evangile et méprisé les peines éternelles, que Jésus-Christ frémisse, que l'homme se condamne lui-même. Ecoute encore: Jésus-Christ a pleuré; que l'homme pleure sur lui-même. Pourquoi, en effet, Jésus-Christ a-t-il pleuré? N'est-ce point pour apprendre à l'homme à pleurer? Pourquoi a-t-il frémi et s'est-il troublé lui-même? N'est-ce point parce que la foi de l'homme, qui se déplaît à lui-même, à juste titre, doit frémir dans l'accusation de ses fautes, afin que l'habitude du péché cède à la violence de la pénitence?

20. "Et il dit: Où l'avez-vous déposé?" Eh quoi! vous avez su qu'il était mort, et vous ignorez où on l'a enseveli? Cela signifie que l'homme perdu de la sorte, Dieu ne le connaît pour ainsi dire pas. Je n'ai pas osé dire: Dieu ne le connaît pas; car, où est ce que Dieu ne connaît pas? mais j'ai dit: Il l'ignore pour ainsi dire. Et comment le prouver? Ecoute ce que le Seigneur doit dire au jour du jugement: "Je ne vous connais pas, retirez-vous de moi (Mt 7, 23)". Qu'est-ce à dire: "Je ne vous connais pas?" Je ne vous vois point dans ma lumière, je ne vous vois point dans cette justice que je connais. C'est pourquoi, comme s'il ne connaissait pas un pécheur de cette espèce, il dit:"Où l'avez-vous déposé?" C'est aussi dans le même sens que Dieu parla dans le paradis, quand l'homme eut péché: "Adam, où es-tu (Gn 3, 9)? Ils lui disent: Seigneur, venez et voyez. "Voyez", c'est-à-dire, ayez pitié. Le Seigneur voit, en effet, quand il fait miséricorde. C'est pourquoi le Psalmiste lui dit: "Voyez mon abaissement et ma peine, et pardonnez-moi tous mes péchés (Ps 24, 18)".

21. "Jésus pleura. Alors les Juifs dirent: Voilà comme il l'aimait". Qu'est-ce à dire il l'aimait? "Je ne suis pas venu", dit-il lui-même, "appeler les justes, mais les pécheurs à la pénitence (Mt 9, 13). Or, quelques-uns d'entre eux dirent: Celui qui a ouvert les yeux de l'aveugle ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne mourût point?" S'il n'a pas voulu faire qu'il ne mourût pas, c'est qu'il voulait faire quelque chose de plus, le retirer vivant du séjour de la mort.

22. "Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, vint vers le tombeau". Qu'il frémisse aussi en toi, si tu te prépares à revivre. A tout homme, accablé par une mauvaise habitude, il est dit: "Jésus vint vers le tombeau. Or, c'était une grotte, et une pierre avait été placée au-dessus". Le mort qui se trouve sous la pierre, c'est le pécheur sous la loi. Vous le savez, la loi donnée aux Juifs fut écrite sur la pierre (Ex 31, 18). Or, tous les pécheurs sont sous la loi; ceux qui vivent bien sont avec la loi. La loi n'est point établie pour le juste (1 Tm 1, 9). Que veulent donc dire ces paroles: "Ecartez la pierre?" Elles veulent dire: prêchez la grâce. Car l'apôtre Paul se dit ministre du Nouveau Testament, non de la lettre, mais de l'esprit. "Car", dit-il,,"la "lettre tue, et l'esprit vivifie (2 Co 3, 6)". La lettre qui tue est comme une pierre qui écrase. "Ecartez la pierre", dit-il, écartez le poids de la loi, prêchez la grâce. "Car, si la loi qui a été donnée pouvait vivifier, alors vraiment la justice viendrait de la loi. Mais la loi écrite a tout renfermé sous le péché, afin que la promesse fût, par la foi en Jésus-Christ, donnée en ceux qui croient (Ga 3, 21-22)"; donc, "écartez la pierre".

23. Marthe, la soeur de celui qui était mort, lui dit: "Seigneur, il sent déjà mauvais; car il est là depuis quatre jours. Jésus lui dit: Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire, de Dieu?" Qu'est-ce à dire, "tu verras la gloire de Dieu?" C'est-à-dire que ce mort enterré depuis quatre jours, et déjà tombé en putréfaction, il va le ressusciter. "Car tous ont péché et ont besoin de la gloire de Dieu (Rm 3, 23)", et, "là où a abondé le péché, la grâce aussi a surabondé (Rm 5, 20)".

Afficher plus d'articles

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>
RSS Contact