C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez
Il y a quelques années j'avais été nommé aumônier d'un campus universitaire. Mon dernier prédécesseur en date avait quitté son poste depuis déjà une dizaine d'années. Pendant une année, avec l'appui de l'archevêque, j'avais sollicité auprès des autorités universitaires un local pour pouvoir recevoir les étudiants dans l'enceinte même du campus. Malgré de belles promesses, je n'ai jamais pu en obtenir un. Et lorsqu'on m'avait objecté le "dogme" de la laïcité, j'avais répondu que s'ils ne voulaient pas d'un aumônier pour les étudiants, bientôt ils seraient obligés d'appeler les gendarmes. Et c'est ce qui est arrivé ... à peine une année plus tard. Oui, comment espérer avoir la Paix du Christ si on rejette le Règne du Christ?
Et pourquoi rejette-t-on le Règne du Christ? De quoi a-t-on peur? Non seulement Jésus n'a pas eu de gardes qui se sont battus pour qu'il ne soit pas livré aux Juifs, mais quand les Juifs voulaient s'emparer de lui pour en faire leur roi, il s'est enfui. Devant Pilate il affirme clairement: "Ma royauté ne vient pas de ce monde". Hérode, alors que Jésus n'était encore qu'un nourrisson, se sentait déjà menacé. Une hymne pour la fête de l'Épiphanie (Crudelis Herodes) dit à l'adresse d'Hérode et de tous ceux qui redoutent le règne du Christ:
La Royauté du Christ ne remet nullement en cause la séparation de l'Église et de l'État ni le principe de laïcité bien compris. On entre dans le Royaume du Christ librement, par le baptême. Le Royaume de Jésus ne s'oppose pas aux royaumes du monde. Il ne s'oppose qu'au royaume de Satan par le sang versé de l'Agneau vainqueur. Mais à ceux qui sont baptisés Jésus demande de témoigner sans peur jusqu'à verser leur propre sang, s'il le faut. Et l'Église demande aux États de pouvoir librement témoigner de sa foi.
Devant Pilate le Christ proclame qu’il est "venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité". Le devoir des chrétiens de prendre part à la vie de l’Église les pousse à agir comme témoins de l’Évangile et des obligations qui en découlent. Ce témoignage est transmission de la foi en paroles et en actes. Le témoignage est un acte de justice qui établit ou fait connaître la vérité:
Ainsi comprise, la solennité du Christ, Roi de l'Univers, est une invitation pressante à passer de l'apostasie au témoignage:
"Le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi; il désigne un témoignage qui va jusqu’à la mort. Le martyr rend témoignage au Christ, mort et ressuscité, auquel il est uni par la charité. Il rend témoignage à la vérité de la foi et de la doctrine chrétienne. Il supporte la mort par un acte de force. 'Laissez-moi devenir la pâture des bêtes. C’est par elles qu’il me sera donné d’arriver à Dieu' (S. Ignace d’Antioche, Rom. 4, 1). (...)
Oui, vraiment, si l'apostasie est la racine de tous les maux, la couronne des martyrs est le gage de la paix: