C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez
Si nous acceptons l'hypothèse que le IVe évangile est l'évangile du
chrétien parfait, de celui qui est pleinement initié, pourquoi Jean n'emploie-t-il jamais les mots grecs gnôsis et téléios? Comme nous l'avons vu, ces mots servent justement,
dans les lettres aux Corinthiens, Romains ou Hébreux, à définir cette situation chrétienne caractéristique. Il faut alors nous demander quels mots emploie Jean pour désigner l'état du disciple
qui est à l'écoute, et le cheminement qu'il doit faire. Je réclame donc votre attention sur trois mots essentiels. Un premier thème abordé par Jean reprend sa condition de disciple, et qui
correspond au téléios et à la gnôsis de Paul, c'est certainement le thème de la foi, le mot croire (
...) Jean finit son évangile en disant : Ces signes ont été
mis par écrit pour que vous croyiez (20, 31). La scène dominante de la crucifixion est racontée pour que vous aussi vous croyiez (19, 35). Jésus prie pour ceux qui croiront
(en lui) (17, 21). Donc tout le vocabulaire de la foi - qui n'est pas, selon moi, la foi initiale, mais une foi parfaite, approfondie, éprouvée - offre à Jean les mots capables d'indiquer le
cheminement et le point d'arrivée du chrétien.