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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

Benoît XVI homme de l'année. En raison de ses homélies

dominicanus #Il est vivant !

Elles sont l'axe de son magistère ordinaire. Elles racontent l'aventure de Dieu dans l'histoire du monde. Elles lèvent le voile sur les "choses d’en-haut". Un guide de lecture de la prédication liturgique du pape actuel

 

 

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ROME, le 22 décembre 2010 – Le texte qui suit est la préface du volume – publié en Italie par les éditions Libri Scheiwiller et en vente depuis quelques semaines – qui réunit les homélies prononcées par Benoît XVI au cours de l'année liturgique qui vient de s’achever, l'année C du lectionnaire romain.

Troisième de la série, ce volume joint à chaque homélie du pape Joseph Ratzinger les lectures bibliques de la messe du jour, ainsi que les psaumes et antiennes des vêpres qu’il a célébrées.

Dans l’exhortation apostolique post-synodale "Verbum Domini", publiée le 30 septembre dernier et consacrée à la Parole de Dieu dans la vie de l’Église, un paragraphe, le 59e, traite justement du soin à apporter à l’homélie. Celle-ci est en effet la principale - sinon la seule - forme de communication de la bonne nouvelle chrétienne qui soit entendue chaque dimanche par des centaines de millions de baptisés dans le monde.

Dans l’art de l’homélie, indubitablement, Benoît XVI est un modèle extraordinaire.

Et ce livre en est la preuve :

Benedetto XVI, "Omelie di Joseph Ratzinger, papa. Anno liturgico 2010", edited by Sandro Magister, Libri Scheiwiller, Milan, 2010, pp. 420, euro 18.00.


Sandro Magister


"COMME LE PAPE LÉON LE GRAND, LE PAPE BENOÎT XVI PASSERA À L'HISTOIRE EN RAISON DE SES HOMÉLIES"

par Sandro Magister



Le missel romain des dimanches et fêtes est articulé en trois années, chacune étant centrée sur un Évangile : celui de Matthieu, celui de Marc et celui de Luc. La maison d’édition Libri Scheiwiller qui publie, année après année, les homélies de Benoît XVI, s’est conformée à cette succession. La période de trois années s’achève avec ce troisième volume de la série. Il réunit les homélies pontificales de l'année liturgique correspondant à l’évangile de Luc, qui a commencé avec le premier dimanche de l’Avent de 2009 et s’est étendue sur l’année 2010.

Les homélies de la messe et des vêpres sont un axe porteur de ce pontificat, que tout le monde n’a pas encore compris. Une bonne partie d’entre elles est rédigée par Joseph Ratzinger, d’autres sont des improvisations qui ont la spontanéité de la langue parlée. Mais il les médite et les prépare toujours avec un soin extrême, parce que, pour lui, elles ont une valeur unique qui les distingue de tout ce qu’il peut dire ou écrire par ailleurs. En effet les homélies sont une partie de l'action liturgique, ou plutôt, elles sont elles-mêmes liturgie, cette "liturgie cosmique" dont le pape a dit qu’elle était le "but ultime" de sa mission apostolique, "lorsque le monde dans son ensemble sera devenu liturgie de Dieu, adoration, et qu’il sera alors sain et sauf". Il y a beaucoup d’Augustin dans cette vision de Ratzinger, il y a la cité de Dieu dans le ciel et sur la terre, il y a le temps et l’éternel. Le pape voit dans la messe "l'image et l'ombre des réalités célestes" (Hébreux 8, 5). Ses homélies ont pour mission de soulever le voile.

Et en effet, lorsqu’on les relit, elles révèlent une vision du monde et de l’histoire pleine de significations nouvelles qui constituent d’ailleurs le cœur de la bonne nouvelle chrétienne, parce que "si Jésus est présent, il n’existe plus aucun temps dénué de sens et vide". L'Avent est "présence", "arrivée", "venue", a dit le pape dans son homélie d’inauguration de cette année liturgique. "Dieu est là, il ne s’est pas retiré du monde, il ne nous a pas laissés seuls" et, par conséquent, le temps devient "kairós", occasion unique, favorable, de salut éternel, et la création tout entière change de visage "si derrière elle, il y a lui et non pas le brouillard d’une origine incertaine et d’un avenir incertain".

Mais le temps de la "civitas Dei" n’est pas informe. Il a un rythme qui lui est donné par le mystère chrétien qui le remplit. Chaque messe, chaque homélie, tombe en un temps précis, dont le découpage fondamental se fait de dimanche en dimanche. Le "jour du Seigneur" a comme protagoniste celui qui est ressuscité le premier jour après le sabbat, devenu représentation de l'"octava dies" de la vie éternelle. La présence du Ressuscité dans le pain et le vin consacrés est réelle, très réelle, prêche sans cesse le pape. Pour le voir et le rencontrer, il suffit que les yeux de la foi s’ouvrent, comme ce fut le cas pour les disciples d’Emmaüs, qui reconnurent Jésus justement dans le sacrement de l'eucharistie, "à la fraction du pain".

"L'année liturgique est un grand chemin de foi", a rappelé le pape avant un Angélus, dans une de ces brèves méditations dominicales qu’il construit comme de petites homélies à partir de l’Évangile du jour. C’est comme marcher sur la route d’Emmaüs, en compagnie du Ressuscité qui rend les cœurs brûlants en expliquant les Écritures. De Moïse aux prophètes et à Jésus, les Écritures sont de l’histoire et avec elles le cheminement se fait histoire et l'année liturgique la parcourt à nouveau tout entière, autour de Pâques qui en constitue l’axe. Avent, Noël, Épiphanie, Carême, Pâques, Ascension, Pentecôte. Jusqu’à la seconde venue du Christ à la fin des temps. Ce qui fait de la liturgie chrétienne un "unicum" - et le pape ne cesse de le prêcher - c’est que son récit n’est pas seulement un souvenir. C’est une réalité vivante et présente. À chaque messe a lieu ce que Jésus annonça à la synagogue de Nazareth après avoir réenroulé le rouleau du prophète Isaïe : "Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Écriture" (Luc 4, 21).

Dans ses homélies, le pape Benoît XVI révèle également ce qu’est l’Église. Il le fait en se conformant à la plus ancienne profession de foi : "Je crois en l’Esprit-Saint, en la sainte Église catholique, en la communion des saints, en la rémission des péchés". La "communion des saints" c’est principalement celle des dons saints, elle est ce don saint et salvateur que Dieu nous fait dans l'eucharistie et c’est en le recevant que l’Église naît et grandit, dans l’unité sur toute la terre et avec les saints et les anges du ciel. La "rémission des péchés", c’est le baptême et l'autre sacrement du pardon, la pénitence. Si le "Credo" professe cela, alors vraiment l’Église n’est pas faite de sa hiérarchie, ni de son organisation, elle est moins encore une association spontanée d’hommes solidaires, mais elle est un pur don de Dieu, une création de son Saint Esprit, qui fait naître son peuple dans l’histoire, avec la liturgie et les sacrements. 

Il y a une image qui revient fréquemment dans les homélies du pape : "L’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau" (Jean 19, 34). Voici de nouveau le sang et l'eau, l'eucharistie et le baptême, l’Église qui naît de ce côté transpercé du Crucifié, nouvelle Ève née du nouvel Adam. Le recours aux images est un autre des traits distinctifs des homélies de Benoît XVI. À la cathédrale de Westminster, le 18 septembre 2010, il a fait lever les yeux de tous vers le grand Crucifix qui domine la nef, vers le Christ "accablé de souffrance, écrasé par la douleur, victime innocente dont la mort nous a réconciliés avec le Père et nous a donné de participer à la vie même de Dieu". Dans son sang précieux, dans l'eucharistie, l’Église puise la vie. Mais le pape a également ajouté, citant Pascal : "Dans la vie de l’Église, dans ses épreuves et ses tribulations, le Christ sera en agonie jusqu’à la fin du monde".

Dans la prédication liturgique de Benoît XVI les images tirées de la Bible et celles qui sont tirées de l’art ont constamment une fonction mystagogique, c’est-à-dire d’explication du mystère. L’étonnement provoqué par l'invisible que l’on entrevoit dans l’œuvre d’art visible renvoie à cette merveille encore plus grande qu’est le Ressuscité présent dans le pain et le vin, origine de la transformation du monde, afin que la cité des hommes, elle aussi, "devienne un monde de résurrection", une cité de Dieu.

Les homélies recueillies dans ce volume ont, pour la plupart, été prononcées par le pape pendant la messe, après la proclamation de l’Évangile. Mais il y en a également quelques unes qui l’ont été pendant les vêpres, avant le chant du "Magnificat". Les lieux où elles ont été prononcées sont extrêmement variés, en Italie et à l’étranger, dans des villages et dans des grandes villes : Rome, bien évidemment, mais aussi Castel Gandolfo, Malte, Turin, Fatima, Porto, Nicosie, Sulmona, Carpineto, Glasgow, Londres, Birmingham, Palerme. Un cas particulier : celui de l’homélie du quatrième dimanche de Carême, qui a été prononcée par le pape au cours d’un office liturgique œcuménique célébré dans l’église luthérienne de Rome.

Comme cela a déjà été fait pour les deux précédents recueils, on a ajouté en annexe quelques uns de ces petits bijoux de prédication mineure, portant sur les lectures de la messe du jour, que Benoît XVI offre aux fidèles et au monde entier le dimanche à midi avant l'Angélus ou, pendant le temps pascal, avant le Regina Cæli. 

On arrive ainsi à quelque quatre-vingts homélies, les unes longues et les autres courtes, qui sont rassemblées dans ce volume, couvrant presque la totalité de l'année liturgique : une preuve supplémentaire du soin que le pape Benoît XVI apporte à cette forme de son ministère. Le cardinal Angelo Bagnasco en a souligné la grandeur et il en a fait un modèle pour tous les pasteurs de l’Église, lorsqu’il a dit aux évêques qui forment le conseil permanent de la conférence des évêques d’Italie, le 21 janvier 2010 : "N’ayons pas peur de dire notre admiration pour cet art dont il fait preuve et ne nous lassons pas de l’indiquer à nous-mêmes et à nos prêtres comme une école de prédication élevée et extraordinaire". Comme le pape Léon le Grand, le pape Benoît XVI passera à l’histoire en raison de ses homélies.



L'homélie prononcée par Benoît XVI au cours de la messe de la nuit de Noël 2010, à la basilique Saint-Pierre de Rome :

> "Chers frères et soeurs..."


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

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