Dans l'annonce du banquet céleste, l'accent de certaines prédictions
apocalyptiques avait été mis sur l'excellence des mets pour montrer la générosité divine. Un autre courant de pensée attire davantage le regard sur la Sagesse divine : le livre des Proverbes
décrit le banquet offert à tous par cette Sagesse : La Sagesse a bâti sa maison, elle a taillé ses sept colonnes. Elle a abattu ses bêtes, préparé son vin ; elle a aussi dressé sa table. Elle
a dépêché ses servantes et lancé son invitation des hauteurs de la cité : Qui est simple, Qu'il passe par ici ! À l'homme court d'esprit elle dit : Venez, mangez de mon pain, et buvez de mon
vin que j'ai préparé ! Quittez la sottise, et vous vivrez ; marchez droit dans la voie de l'intelligence ! (9, 1-6).
L'invitation à manger le pain et à boire le vin de la Sagesse signifie donc une
invitation à accueillir cette sagesse dans sa pensée et dans sa vie. Il s'agit de quitter la sottise, pour trouver la vraie vie et se comporter de la manière la plus droite. L'invitation est
plus spécialement adressée aux simples, c'est-à-dire à ceux qui ne pourraient prétendre être déjà en possession de la sagesse. Le don de la Sagesse divine est offert à ceux que l'on serait
tenter de mépriser, car la générosité de l'amour divin veut combler par excellence les pauvres et les petits.
Dans le livre de l'Ecclésiastique, la Sagesse divine est présentée comme la source
de bienfaits qui promettent des repas abondants et enivrants : Elle enivre l'homme de ses fruits. Toute sa maison, elle la remplit de choses désirées. Ses greniers sont pleins de ses
produits (1, 16-17).
Cependant, elle ne se borne pas à répandre ses fruits en abondance. Elle-même se
donne en aliment et en breuvage : Venez à moi, vous qui me désirez, de mes produits rassasiez-vous. Car mon souvenir est plus doux que le miel, et ma possession plus douce que le rayon de
miel. Ceux qui me mangent auront encore faim, ceux qui me boivent auront encore soif (24, 19-21).
Dans les paroles adressées par Jésus à la Samaritaine il y a un accomplissement de
ce que l'Ancien Testament avait annoncé par les repas de la Sagesse. En outre, cet accomplissement des figures de l'ancienne alliance se vérifie dans l'eucharistie où le Christ, comme la
Sagesse divine, se donne lui-même à manger et à boire.
Eucharistie, sacrement de la vie nouvelle, ouvrage préparé au nom du Conseil de Présidence du Grand Jubilé de
lAn 2000, 1999, p. 98-99