Le même Apôtre prouve, en un autre endroit, que d'habitude les oeuvres de miséricorde sont le résultat de la vanité, au lieu d'être l'effet d'une charité solide. Parlant, en effet, de cette
charité fraternelle pour la faire connaître, il s'exprime ainsi: «Quand je distribuerais tous mes biens aux pauvres, et que je livrerais mon corps pour être brûlé, si je n'ai point la charité,
tout cela ne me sert de rien (1Co 13,3)». Peut-on faire tout cela sans avoir la charité? Sûrement, oui. Car ceux qui n'ont pas la charité, ont scindé l'unité. Cherchez parmi eux, et vous
en verrez beaucoup donner beaucoup aux pauvres; vous en verrez beaucoup disposés à mourir, puisque, la persécution ayant pris fin, ils se précipitent eux-mêmes dans les abîmes; il est sûr que,
pour tout cela, la charité ne les inspire nullement.
Revenons-en donc à la conscience, dont l'Apôtre parle en ces termes: «Ce qui fait notre gloire, c'est le témoignage de notre conscience (2Co 1,12)». Retournons à notre conscience, au
sujet de laquelle le même Apôtre a dit: «Que chacun examine bien ses propres actions, et, alors seulement, il aura de quoi se glorifier en lui-même, et non dans un autre (Ga 6,4)».
Que chacun de-nous examine donc ses propres actions, afin devoir si elles émanent de la vraie charité, si elles proviennent de la racine tout aimante de l'arbre des bonnes oeuvres. «Que chacun»,
dit Jean, «examine ses propres actions, et, alors seulement, il aura de quoi se glorifier en lui-même, et non dans un autre»; quand il recevra un bon témoignage, non de la part des étrangers,
mais de sa propre conscience.
(Commentaire de la Première Lettre de S. Jean 602)