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C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez

Le carême avec sainte Bernadette - Chemin de carême avec les apparitions de Lourdes, de Mgr Perrier.

 

Avec Bernadette, vivre un carême authentique par Mgr Perrier

 

En 1858, à la demande du pape de l’époque, l’évêque de Tarbes, Mgr Laurence, avait demandé à ses curés d’organiser un Carême particulièrement intense au plan spirituel. Aux trois dimensions traditionnelles du Carême qui nous ont été rappelées à la Messe du mercredi des cendres – l’aumône, la prière et le jeûne – l’évêque ajoutait une autre recommandation : la prédication. Nous dirions aujourd’hui : la catéchèse des adultes ou la formation permanente.


Le pauvre curé de Lourdes, qui allait devenir célèbre par la suite, l’abbé Peyramale, n’avait pas réussi à trouver de prédicateur. Il avait écrit à son évêque pour lui demander ce qu’il convenait de faire. L’évêque a-t-il répondu ? Les archives sont silencieuses. Mais la Sainte Vierge a répondu. Elle est venue former Bernadette en lui inspirant confiance, en lui apprenant le signe de croix, en parlant avec elle, en lui demandant de venir régulièrement à la Grotte, en l’invitant aussi à prendre le chemin austère de la pénitence. Finalement, le 25 mars, jour de l’Annonciation, elle lui révèle son nom : « Je suis l’Immaculée Conception ».

 

Ce qui se passe à la Grotte rejaillit sur toute la paroisse. Le curé en est tout surpris, car il restera sceptique à l’égard des prétendues apparitions jusqu’à ce que la Dame ait dit son nom. Mais, comme il est honnête, il est obligé de constater que le carême de cette année-là, même sans prédicateur exceptionnel, réussit beaucoup mieux que celui des années précédentes.

 

Par Bernadette interposée, Marie a donc guidé la paroisse vers Pâques et vers la communion pascale qui, pour beaucoup de catholiques d’alors, était la seule communion de l’année. Bernadette qui, à 14 ans, désespérait de pouvoir jamais « faire sa Première Communion », communiera, elle aussi, à la Fête-Dieu suivante.


 
Quelles leçons tirer de cette coïncidence entre le temps des apparitions et le Carême ? Que le Carême est, dans l’année, le temps favorable pour l’approfondissement de la foi : ne le laissons pas filer. Que Marie nous conduit toujours à son Fils. Que le Carême doit nous faire redécouvrir tout autant l’eucharistie que le baptême. Que l’aide spirituelle peut nous arriver de là où nous ne l’attendions pas. Lourdes n’attendait rien de Bernadette et pourtant…


Tout au long des semaines de ce Carême, en suivant le calendrier des apparitions, nous pourrons découvrir de multiples points de contact entre ce temps liturgique et l’aventure de Bernadette. J’en signale un pour aujourd’hui. Il s’agit de la promesse.

 

Le serpent promet à la femme : «Vous ne mourrez pas. Vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux». A Jésus, le Tentateur promet «tous les royaumes de la terre avec leur gloire». Promesse alléchante, puisque le désir de la femme pourrait être satisfait immédiatement. Quant au Christ, le tentateur imagine qu’il est assoiffé de pouvoir, comme lui. Il essaie donc de le séduire par une promesse de pouvoir. Promesses alléchantes mais fallacieuses puisque la promesse de l’immortalité conduit à la mort et que la promesse de royauté aurait conduit le Christ à l’asservissement. Le Tentateur, en effet, avait mis une condition : que le Christ se prosterne devant lui. Evidemment, échec.

 

Marie aussi fait une promesse à Bernadette. «Je ne te promets pas d’être heureuse dans ce monde mais dans l’autre». L’autre monde n’est pas seulement celui qui s’ouvre au-delà de la mort. Il s’ouvre aujourd’hui, à condition que nous suivions le Christ qui marche vers Jérusalem. La clé qui ouvre la porte de l’autre monde, c’est la conversion aux Béatitudes, ce concentré de l’Evangile. Une fois ouverte, cette porte donne sur l’éternité.


 
Dans le monde actuel qui ne vit qu’au présent et n’aime pas trop l’effort, qui peut entendre la promesse de Marie ? Les apparitions de Lourdes comme le Carême nous posent la même question, celle de l’espérance à laquelle notre pape a consacré sa deuxième encyclique : où plaçons-nous notre espérance ? A quoi sommes-nous prêts pour entrer dans la grande espérance ? Marie et Bernadette ont aidé la paroisse de Lourdes en 1858. Qu’elles nous aident à vivre un Carême authentique : c’est ainsi que nous entrerons dans la vérité des apparitions ».

 

 

 

 

Le Carême avec Bernadette

 

Bernadette Soubirous a mené « de multiples combats spirituels, comme le Christ fut tenté par le diable après quarante jours de désert » et elle a tenu, « parce que la Vierge l’a accompagnée durant les quinze premiers jours : nous-mêmes, nous sommes accompagnés par l’Eglise, notre Mère », souligne Mgr Jacques Perrier, ancien évêque de Tarbes-Lourdes, offre une méditation sur le chemin du Carême, en s’inspirant du « Carême des Apparitions » vécu par sainte Bernadette, fêtée en ce 18 février.

 

 

Le Carême, en compagnie de Bernadette

 

Le 18 février, l’Eglise fête sainte Bernadette : Bernadette Soubirous, devenue Sœur Marie-Bernard, dans la congrégation des Sœurs de Nevers. Cette date du 18 février vaut, au moins, pour la France. Ailleurs, la date retenue est celle de son décès : le 16 avril. Ces dates sont significatives et, en y réfléchissant, elles peuvent nous aider à vivre le Carême.


Le 18 février est le jour de la troisième Apparition. C’est ce jour-là que, pour la première fois, la « Dame » parle à Bernadette. Elle ne lui dit pas son nom. Elle refuse de l’écrire malgré la plume et l’encrier que Bernadette lui tend. Mais elle lui fait une promesse : d’être heureuse, si ce n’est dans ce monde, du moins dans l’autre. Cela suffit à expliquer le choix du 18 février pour fêter Bernadette comme citoyenne du ciel.


Bernadette ne cherchera jamais dans cette promesse un alibi pour s’en tenir à une vie médiocre. A ceux qui lui disaient de ne pas s’en faire puisque, de toute façon, elle irait au ciel, elle répondait : oui, j’irai, « si je me le gagne ».


En 1858, le 18 février était un jeudi, jour sans classe à l’époque : Bernadette était libre de son temps pour aller à la Grotte. Mais ce jeudi était surtout le lendemain du Mercredi des Cendres. La promesse de la Vierge vient donc en tout début du Carême.


C’est dans le début de ce Carême, entre le 19 février et le 4 mars, que se produiront les douze Apparitions suivantes. Ce fut un temps d’épreuve pour Bernadette : hostilité des autorités civiles, absence de la « Dame » à deux reprises, invitation répétée à la pénitence, démarche infructueuse auprès du curé pour obtenir l’organisation d’une procession. Et la « Dame » n’avait toujours pas dit son nom. Elle ne le révèlera que le 25 mars, après trois semaines de vide.


Bernadette a donc mené, en ce Carême des Apparitions, de multiples combats spirituels, comme le Christ fut tenté par le diable après quarante jours de désert. Bernadette a tenu, parce que la Vierge l’a accompagnée durant les quinze premiers jours : nous-mêmes, nous sommes accompagnés par l’Eglise, notre Mère. Au terme, la « Dame » lui avait promis le bonheur : que ne ferait-on pas pour un vrai bonheur, définitif, même lointain ? De même, l’Eglise, dans sa liturgie, dès le premier dimanche de Carême, nous parle de résurrection et de « Pâque éternelle ». Elle nous dit : « Courage, prends la route ! »

 

Le 25 mars, jour de l’Annonciation, la « Dame » se déclare « l’Immaculée Conception ». C’est juste avant Pâques, car l’Immaculée Conception de Marie est un fruit de la Rédemption. Le 7 avril, mardi de Pâques, lors de la dix-septième Apparition, se produit le « miracle du cierge » : la flamme d’un gros cierge qu’elle tient entre ses deux mains rayonne à l’extérieur sans que Bernadette se brûle. Quel beau symbole de la vie chrétienne : rayonner autour de soi la lumière du Ressuscité ! « Vous êtes la lumière du monde. »

 

Or, c’est un mercredi de Pâques, 16 avril 1879, que Sœur Marie-Bernard accomplit sa propre pâque. Il est à peine plus de trois heures de l’après-midi. Après tant de souffrances, son visage apaisé rayonne de beauté. Comme on peut encore le constater en la voyant, dans sa châsse, au couvent Saint Gildard de Nevers.

 

Cela donne envie de fêter Bernadette deux fois : le 18 février, en début de Carême, et le 16 avril, dans la lumière de Pâques. 

 

Entre temps : 


Pour mettre dans tes pas mes pas trop hésitants,
S’il te plaît, Bernadette, prête-moi  tes sabots ! »

 

Dans cette émission En Quête d’Esprit, les invités s’interrogent sur le sens de la pénitence pendant le Carême. Au-delà des privations, l’émission montre comment ce temps invite à la conversion, à la liberté intérieure et à un recentrement sur l’essentiel, pour préparer le cœur à la joie de Pâques.

Avec Cutis cane, Porta fidei, le Père Jean-François Thomas, auteur de Méditations du Carême (Via Romana) et Nadia Piccarreta, auteur de Zachée, je viens vers toi. Vers le sacrement de la confession, (éditions Sacré Cœur). 

 

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