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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR 2 968 Articles 1 000 656 Visites 2 502 274 Pages vues

ST. BERNARD DE CLAIRVAUX, PATRON ET MODÈLE POUR CEUX QUI LUTTENT CONTRE LES ANTIPAPES

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Saint Bernard de Clairvaux

 

 


Comme je l'ai mentionné au début de mon récent article sur Saint Vincent Ferrier, il y a eu beaucoup d'antipapes et de schismes dans l'Église auparavant, quand il y avait plus d'un pape et que certaines parties de l'Église se rangeaient du côté de l'un ou l'autre des prétendants. Et dans certaines de ces crises, Dieu a envoyé des saints pour nous donner un exemple de la manière dont il lui plaira que nous agissions dans des circonstances similaires.

 

Ces exemples des saints sont d'une grande valeur aujourd'hui, étant donné que l'Église a de nouveau deux papes : le pape Benoît XVI et le pape François. Par la foi divine, nous savons qu'il ne peut y avoir qu'un seul pape à la fois, et il y a donc à juste titre dans l'Église un désaccord sur qui est le vrai pape et qui ne devrait pas revendiquer la dignité de pape du tout ou plus.

 

Saint Bernard de Clairvaux, sur la question du discernement de qui est le vrai pape, avait beaucoup plus de sens et de grâce que Saint Vincent, si tant est que nous puissions comparer les saints. Mais Saint Bernard avait un cas plus facile à juger, puisqu'il ne s'appuyait PAS sur le témoignage personnel d'un ami cardinal, impliqué dans une élection contestée.

 

 

Le Schisme d'Anaclet II

 


La crise de l'époque de saint Bernard a éclaté à la mort du pape Honorius II, le 13 février 1130. Avant sa mort, le Pape avait émis un décret spécial, selon lequel son successeur serait élu par une commission de 8 Cardinaux, nommés par lui, au lieu de l'être par tous les Cardinaux. Après sa mort, alors que son corps n'était même pas encore enterré, le doyen de cette commission, Haimeric de Chartes, chancelier du pape et cardinal diacre de Santa Maria della Scala, le 14 au matin, convoqua les cardinaux favorables à la faction de la famille noble des Frangipani (Frangipaniers), à Saint Jean de Latran - où la dépouille mortelle du pape Honorius avait été déplacée - et ils élurent Giovanni Papereschi dei Guidoni, comme pape Innocent II. Il a été consacré évêque le même jour.

 

Les autres cardinaux, menés par Pietro Pierleoni, de la famille noble romaine rivale - l'une d'entre elles descendait de juifs convertis, mais faisait encore beaucoup d'affaires avec eux - convoquèrent les cardinaux non invités à la basilique de San Marco (aujourd'hui sur la Piazza Venezia) où, une fois élu, il prit le nom de pape Anaclet II.

 

Les Frangipani et les Pierleoni étaient rivaux pour la papauté depuis des décennies, la controverse n'était donc pas nouvelle et les passions entre eux n'étaient pas apaisées. Mais l'affaire juridique était simple : le pape élu selon les lois papales existant au moment de la mort du pape est le seul à avoir une revendication légitime. Si la loi spéciale du pape Honorius II n'avait pas existé, les deux élections auraient probablement été invalides, car tous les cardinaux électeurs n'avaient pas été invités à la même réunion.

 

Le Pape Innocent II

 

 

Le Pape Innocent II, n'étant pas un Frangepane, perdit bientôt plusieurs cardinaux électeurs qui avaient voté pour lui, et s'enfuit de Rome, sa position y étant intenable politiquement. Lui et ses partisans embarquèrent donc sur deux galères à Ostie et firent voile vers Pise, où il resta en exil pendant presque toute l'année 1130. Puis il s'embarqua pour Gênes et se rendit en Provence, où il se réfugia chez le célèbre abbé Suger de Saint Denis, son ami et allié à Paris.

 

À la demande de Suger, le roi de France, Louis VI, convoqua un concile à Étampes, afin de déterminer qui avait le droit légitime au trône papal - remarquez que le roi n'eut aucun scrupule à convoquer un concile imparfait pour obtenir une détermination légale dans la controverse - Et tous les évêques de France présents, ayant vu le comportement de saint Bernard de Clairvaux au précédent concile de Troyes en 1128, élurent le saint pour être le seul arbitre de la revendication légitime.

 

Et saint Bernard choisit Innocent II, car lui seul avait été élu selon la loi spéciale du pape Honorius II.

 

 

La mission de 9 ans de saint Bernard pour le vrai pape

 


C'est ici que commença la grande œuvre de saint Bernard pour la Sainte Mère l'Église. Car il ne lui suffisait pas d'avoir jugé qui était le vrai pape, il entreprit d'être le guerrier par excellence pour la cause du vrai pape, Innocent II. Ils se rendirent d'abord à Clermont, où un autre synode fut convoqué et où Innocent fut reconnu comme le vrai pape.

 


Lothaire III, empereur romain germanique

 


Avec le soutien des principaux ecclésiastiques d'Allemagne, Bernard persuade les princes allemands de se déclarer pour Innocent au Concile de Worms la même année. Il rencontre ensuite Lothaire de Supplinburg et accompagne le vrai pape à Liège, en Bourgogne, où Lothaire reçoit de ses mains la couronne des Allemands le 22 mars 1131 et prend le nom royal de Lothaire III.

 

Il accompagne ensuite le Pape à Paris et Clairvaux, puis à Reims, où se tient un autre concile, le 18 octobre 1131, qui proclame le Pape Innocent véritable successeur de Saint Pierre. Après le concile, le pape Innocent II couronna Louis VII, roi de France. Les représentants des cours des rois d'Angleterre, d'Aragon et de Castille, qui se sont également engagés pour Innocent.

 

Bernard se rend ensuite dans le duché d'Aquitaine, où il convainc le comte de Poitiers d'abandonner son soutien à Anaclet II.

 

En 1132, avec le soutien de Lothaire et de sa petite armée composée essentiellement de cavalerie impériale, le pape Innocent descendit en Italie avec saint Bernard pour reprendre Rome pour l'Église. Ayant réussi à entrer dans la ville, le pape Innocent couronne Lothaire empereur des Romains le 4 juin 1133. Mais avec le retour de l'empereur en Allemagne, le pape trouva les Romains hostiles et de plus en plus fidèles à l'antipape, Anaclet II, qui s'était enfermé dans la forteresse du château San Angelo, près du Vatican. Innocent se retire donc avec toute sa suite, y compris saint Bernard.

 

 


L'antipape Victor IV se soumet au pape Innocent II sur ordre de saint Bernard de Clairvaux.

 


Saint Bernard, ne voulant jamais abandonner, accompagna le pape à Pise, où un grand concile fut convoqué, auquel assistèrent les représentants de l'Espagne, de l'Angleterre, de la France, de l'Allemagne, de la Hongrie et les plus puissants seigneurs d'Italie. Ils se prononcent pour le pape Innocent II. Il ne restait plus que le royaume des Deux-Siciles et Rome elle-même dans l'allégeance de l'antipape.

 

Le conflit se poursuit pendant encore 5 ans, et l'antipape Anaclet II ne vit pas la fin du conflit : il mourut en schisme avec le vrai pape le 25 janvier 1138. Ses cardinaux ont élu un autre antipape pour lui succéder, Victor IV. Et saisissant l'opportunité d'une négociation, saint Bernard s'entretint avec lui et le convainquit de se rendre au pape Innocent II et de renoncer à toute prétention à la papauté.

 

Le schisme fut officiellement déclaré terminé en 1139, lorsque le pape Innocent II convoqua le deuxième concile du Latran et expliqua à l'ensemble de l'Église les faits juridiques de l'affaire. Anaclet fut déclaré antipape, et son souvenir est resté dans l'infamie.

 

 

Réflexion sur les leçons que nous donne saint Bernard

 


Saint Bernard n'était pas un "reconnaissez et résistez" ne faites rien (NDT: “recognize and resistdo nothing est une allusion à ceux qui depuis huit ans reconnaissent "le Pape François" tout en prétendant résister à ses hérésies). Il n'était pas plus intéressé par l'argent qu'il pouvait gagner dans son monastère en étant ami avec l'antipape, que par son devoir devant Dieu de soutenir le vrai pape. Il n'était pas non plus de ceux qui disaient "il n'y a pas de mécanisme dans l'Église" pour juger un antipape. Et il n'était certainement pas de ceux qui disent de quelqu'un ayant une prétention douteuse, que ceux qui s'opposent à une telle prétention sont des "extrémistes". Il n'était pas non plus de ceux qui prétendent qu'un schisme de l'Église ne doit être réglé que par le clergé, et non par une intervention politique des puissances souveraines.

 

Il n'était pas seulement en faveur des Synodes imparfaits, comme on les appelle aujourd'hui, il les a convoqués. Il n'était pas seulement en faveur de la solution militaire armée, mais il les menait au combat ! Il n'était pas inconscient des faits canoniques, il les acceptait et les prêchait. Il était si différent de presque tout le monde dans la hiérarchie sacrée d'aujourd'hui, qu'il est un exemple et un modèle à imiter par tous, cardinaux, évêques, prêtres, moines et laïcs.

 

Ainsi, la prochaine fois que vous entendrez quelqu'un dire qu'il n'y a rien que nous puissions faire pour débarrasser l'Église d'un antipape ou d'un hérétique, ou pour rétablir un vrai pape au pouvoir, rappelez-vous l'exemple de saint Bernard de Clairvaux et de sa guerre de neuf ans contre Anaclet II. Car Saint Bernard, un fils très pieux de la Sainte Vierge, un disciple très zélé de Jésus-Christ, patron des Templiers et partisan zélé de la Seconde Croisade, a tout fait !

 

 

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CREDITS : L'image du pape Innocent II est tirée de The Lives and Times of the Popes du Chevalier Artaud de Montor, New York : The Catholic Publication Society of America, 1911. Elle a été publiée à l'origine en 1842. L'illustration est basée sur les effigies Pontificum Romanorum de Dominicus Basa, Giovanni Battista Cavalieri (1580). - L'image de la soumission de Victor II provient de la Collection du Musée des Beaux-Arts de Dijon, par Antonio Pietro dei Pietri.

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