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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

annee sacerdotale

Cláudio Cardinal Hummes, La Conclusion de l’Année Sacerdotale

dominicanus #Année Sacerdotale

 


La Conclusion de l’Année Sacerdotale

 

 

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Chers Prêtres

L’Église est vraiment très heureuse de cette Année Sacerdotale et elle remercie le Seigneur d’avoir inspiré au Saint-Père sa promulgation. Toutes les informations qui arrivent ici à Rome sur les initiatives nombreuses et variées entreprises par les Églises locales dans le monde entier pour vivre cette année spéciale prouvent qu’elle a été bien reçue et – nous pouvons le dire – qu’elle a répondu à un vrai et profond désir des prêtres et de tout le peuple de Dieu. Le moment était venu de porter une attention particulière de reconnaissance et d’initiative en faveur du grand, diligent et irremplaçable presbyterium, ainsi que de chaque prêtre de l’Église.

Il est vrai que quelques prêtres, cependant proportionnellement très peu, ont commis d’horribles et très graves délits d’abus sexuels sur des mineurs, des faits que nous devons rejeter et condamner de manière absolue et intransigeante. Ils doivent en répondre devant Dieu et devant les tribunaux, même civils. Nous prions aussi pour qu’ils parviennent à la conversion spirituelle et au pardon de Dieu. Pour sa part, l’Église est décidée à ne pas cacher ni minimiser de tels crimes. Mais surtout nous sommes du côté des victimes et nous voulons les soutenir dans leur reconstruction et leurs droits bafoués.

Cependant, les délits de certains ne peuvent absolument pas être utilisés pour salir tout le corps ecclésial des prêtres. Qui s’y emploie commet une injustice criante. L’Église, en cette Année Sacerdotale, veut dire cela à la société humaine. N’importe quelle personne de bon sens et de bonne volonté le comprend.

Il fallait le dire. Mais revenons à vous, chers prêtres. Nous voulons vous dire encore une fois que nous reconnaissons ce que vous êtes et ce que vous faites dans l’Église et dans la société. L’Église vous aime, vous admire et vous respecte. Vous êtes même une joie pour notre peuple catholique, à travers le monde, qui vous accueille et vous soutient, surtout en ces temps de souffrances.

Dans deux mois, nous serons parvenus à la conclusion de l’Année Sacerdotale. Chers prêtres, le Pape vous invite de tout cœur à venir du monde entier à Rome pour cette conclusion, les 9, 10 et 11 juin prochains. De tous les pays du monde. Des pays plus proches de Rome, il faudrait attendre des milliers et des milliers d’entre vous, n’est-ce pas ? Alors ne refusez pas l’invitation pressante et cordiale du Saint-Père. Venez et Dieu vous bénira. Le Pape voudra confirmer les prêtres de l’Église. Leur présence nombreuse sur la place Saint-Pierre constituera une manifestation de la volonté responsable des prêtres, à se montrer disponibles et non timorés, dans le service de l’humanité qui leur est confiée par Jésus Christ. Leur visibilité sur la place, face au monde d’aujourd’hui, sera une proclamation de leur envoi au monde, non pour condamner le monde mais pour le sauver (cf. Jn 3, 17 et 12, 47). Dans ce contexte, le grand nombre aura une signification spéciale.

A cette présence nombreuse des prêtres à Rome, lors de la conclusion de l’Année Sacerdotale, il y a encore un motif particulier, qui concerne le cœur de l’Église aujourd’hui. Il s’agit d’offrir à notre bien-aimé Pape Benoît XVI notre solidarité, notre soutien, notre confiance et notre communion inconditionnelle, face aux attaques fréquentes qui lui sont faites à l’heure actuelle, dans le domaine de ses décisions concernant les clercs ayant commis des délits d’abus sexuels sur des mineurs. Les accusations portées à son encontre sont évidemment injustes et il a été démontré que personne n’a fait autant que Benoît XVI pour condamner et combattre de tels crimes de façon appropriée. La présence massive des prêtres sur la Place autour de Lui sera donc un signe fort de notre claire désapprobation des attaques injustes dont il est victime. Alors venez également pour soutenir publiquement le Saint Père.

La conclusion de l’Année Sacerdotale ne sera pas une conclusion proprement dite, mais un nouveau départ. Nous, le peuple de Dieu et les pasteurs, nous voulons rendre grâce au Seigneur pour ce temps privilégié de prière et de réflexion sur le sacerdoce. Nous nous proposons aussi d’être toujours attentifs à ce que l’Esprit Saint veut nous dire. Ainsi nous retournerons à l’exercice de notre mission dans l’Église et dans le monde avec une joie renouvelée et avec la conviction que Dieu, Seigneur de l’histoire, reste avec nous, tant dans les crises que dans les temps nouveaux.

Que la Vierge Marie, Mère et Reine des prêtres, intercède pour nous et nous éclaire dans notre suite de son Fils Jésus Christ, notre Seigneur.


Rome, le 12 avril 2010


Cláudio Cardinal Hummes

Archevêque Émérite de São Paulo

Préfet de la Congrégation pour le Clergé


Réflexions de l'archevêque secrétaire de la Congrégation pour le Clergé

dominicanus #Année Sacerdotale



« Que le Seigneur Jésus-Christ, lui que le Père a consacré par l’Esprit et rempli de puissance, vous fortifie pour sanctifier le peuple chrétien et pour offrir à Dieu le sacrifice eucharistique » ; « Recevez l’offrande du peuple saint pour la présenter à Dieu. Ayez conscience de ce que vous ferez, imitez dans votre vie ce que vous accomplirez par ces rites, et conformez-vous au mystère de la Croix du Seigneur ».


 (Pontificale Romanum. De Ordinatione Episcopi, presbyterorum et diaconorum,

editio typica altera , Typis Polyglottis Vaticanis 1990)


Du Vatican, le 27 Mars 2010



Très chers Confrères dans le Sacerdoce,



En ces jours du temps pascal nous revivrons le Mystère de notre Rédemption et nous accomplirons des gestes et prononcerons des paroles qui se situent vraiment au coeur de notre existence sacerdotale. Nous revivrons, le Vendredi Saint, le geste humble et prophétique de la prostration, identique à celui que nous avons vécu au jour de notre Ordination ; nous aurons ainsi l'occasion d'accueillir, lors du Saint Triduum, les dons renouvelés de la grâce, en mendiant de la Providence Divine la capacité de porter des fruits abondants pour nous et pour le Salut du monde.


Comme nous le rappelle la formule de l'onction chrismale, nous sommes investis de la même puissance que le Christ, de cette potestas par laquelle le Père a consacré son unique Fils dans le Saint Esprit, et qui nous est donnée dans le but explicite de sanctifier son Peuple et d'offrir le Sacrifice Eucharistique. Toute autre utilisation du pouvoir sacramentel reçu en vertu de l'Ordre Sacré est illégitime et dangereuse, que ce soit pour notre salut personnel ou pour le bien même de l'Église.


Ce n’est pas par hasard que le rite, comme s’il était conscient de la disproportion absolue entre la grandeur du Mystère et la petitesse de l'homme, rappelle : « Agnosce – ayez conscience de ce que vous ferez ». On ne rendra jamais pleinement compte du grand Mystère qui est déposé entre nos mains, toutefois sommes appelés à une tension continuelle vers la perfection morale, pour conformer nos vies « au mystère de la Croix du Seigneur » et être imitateurs de ce que nous accomplirons - « quod tractabis ».


Telle est l'extraordinaire et irréductible nouveauté quotidienne du Sacerdoce : le Mystère a été déposé en nos mains – « tractabis » ! Le Seigneur du temps et de l'histoire, Celui qui a fait toutes choses, de qui nous venons et vers qui nous allons, l'Auteur de la vie, fait participer quelques unes de ses pauvres créatures à son pouvoir salvifique, en se livrant totalement dans leurs mains comme un Agneau immolé et sans défense. Que ce dépôt ne soit jamais trahi ! Puisse-t-il maintenir éveillée la conscience du baiser de prédilection que nous avons reçu, et nous conduire, y compris et surtout au temps de l'épreuve, à redire notre « oui » total : un « oui » conscient de ses limites, mais pas bloqué par elles ; un « oui » libre de tout complexe d'infériorité ; un « oui » conscient de l'histoire, mais jamais intimidé face à elle ; un « oui » qui, à partir de celui prononcé par la Bienheureuse Vierge Marie dans la maison de Nazareth, a traversé les siècles, en devenant actuel dans les Saints et dans l'aujourd'hui de notre existence.


Un prêtre qui a conscience de ce qu’il fait, en conformant sa vie au Christ, est vainqueur du monde ! Et cette victoire est le véritable « certificat » de la Résurrection du Christ.




X Mauro Piacenza

Archev. tit. de Vittoriana

Secrétaire

Année sacerdotale: Un DVD sur les divers aspects de la vie du prêtre

dominicanus #Année Sacerdotale
« Alter Christus : Fidelitas Christi, Fidelitas Sacerdotis » produit en 5 langues

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ROME, Vendredi 19 mars 2010 (ZENIT.org) - A l'occasion de l'Année sacerdotale proclamée par le pape, H.M. Télévision en collaboration avec la Congrégation pour le clergé et la Fondation E.U.K. Mamie, a produit un DVD intitulé «Alter Christus : Fidelitas Christi, Fidelitas Sacerdotis » (« Un autre Christ : fidélité du Christ, fidélité du prêtre »).


« Il s'agit d'un reportage sur les divers aspects de la vie du prêtre dans l'Eglise. Les thèmes abordés, centrés sur la vie de saint Jean-Marie Vianney, vont de l'identité sacerdotale aux sacrements, du célibat à la mission », expliquent les producteurs dans un communiqué.

« Alter Christus » propose notamment les interventions des cardinaux Claudio Hummes, préfet de la Congrégation pour le clergé ; Antonio Canizares, préfet de la Congrégation pour le culte divin ; Julian Herranz, président émérite du Conseil pontifical pour les textes législatifs ; et également de Mgr Mauro Piacenza, secrétaire de la Congrégation pour le clergé ; de l'abbé Michael John Zielinski, vice-président de la Commission pontificale pour le patrimoine culturel de l'Eglise et de Mgr Guido Marini, maître des célébrations liturgiques pontificales.

Le DVD propose d'autre part l'intégral des interviews dans leur langue originale, pour une durée approximative de 180 minutes.


La vidéo se présente sous deux formats : une version intégrale, d'une durée de 180 minutes, et une autre plus courte, de 30 minutes.


Produite en 5 langues, vous pouvez la regarder et la commander en cliquant sur les liens suivants :


Italien : http://www.eukmamie.org/it/alter/

Espagnol : http://www.eukmamie.org/es/alter/

Français : http://www.eukmamie.org/fr/alter

Anglais : http://www.eukmamie.org/en/alter

Allemand : http://www.eukmamie.org/de/alter


Un reportage sur le DVD est publié sur le site H2onews : http://www.h2onews.org/francais/1-Année Sacerdotale/224443100-un-dvd-sur-la-vie-du-pretre-dans-leglise.html

Congrès Théologique International "Fidélité du Christ, fidélité du prêtre"

dominicanus #Année Sacerdotale

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Le Congrès Théologique International "Fidélité du Christ, fidélité du prêtre", promu par la Congrégation pour le Clergé, qui se tiendra en l'Aula Magna de l'Université Pontificale du Latran, les 11 et 12 mars 2010, sera retransmis sur le site www.annussacerdotalis.org, où il sera possible de suivre toutes les conférences.

Raniero Cantalamessa, Ministres d'une nouvelle alliance (1° prédication de Carême 2010)

dominicanus #Année Sacerdotale
ROME, Vendredi 5 mars 2010 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de la première prédication de Carême prononcée ce vendredi matin par le P. Raniero Cantalamessa O.F.M. Cap., prédicateur de la Maison pontificale, en présence du pape Benoît XVI et de la curie romaine, dans la chapelle Redemptoris Mater, au Vatican.

 

 

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Le Seigneur m'accorde d'être témoin de la grâce extraordinaire que l'Eglise est en train de vivre en cette année sacerdotale. On ne compte plus les retraites suivies par le clergé dans plusieurs parties du monde, toutes animées par un esprit nouveau et par une redécouverte de sa propre vocation. L'une de ces retraites, organisée à Manille par la conférence épiscopale des Philippines, en janvier dernier, a rassemblé 5.500 prêtres et 90 évêques. Une nouvelle Pentecôte, au dire du cardinal de Manille. Durant une heure d'adoration guidée, à l'invitation du prédicateur, toute cette immense étendue de prêtres vêtus de blanc ont crié d'une seule voix : « Lord Jesus, we are happy to be your priests » : Seigneur Jésus, nous sommes heureux d'être tes prêtres ! ». Et on voyait à leurs visages que ce n'était pas seulement des mots.

 

La même expérience, avec un nombre plus réduit, je l'ai vécue avec tout le clergé de la région du Sabah, en Malaisie, puis à Singapour et, enfin, au sanctuaire de Lorette avec quelque 200 évêques et prêtres italiens. Tous m'ont prié de transmettre au Saint-Père leur gratitude et leur salutation, ce que je fais avec joie en ce moment.

 

1. Les « mystères » de Dieu

 

La parole de Dieu qui nous servira de fil conducteur dans cette méditation est 1 Corinthiens 4, 1 : « Si nos existimet homo, ut ministros Christi et dispensatores mysteriorum Dei » ; qu'on nous regarde donc comme des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu ». Nous avons médité pendant l'Avent la première partie de cette définition : le prêtre comme serviteur du Christ, dans la puissance et dans l'onction de l'Esprit Saint. Il nous reste, au cours de ce Carême, à réfléchir sur la deuxième partie : le prêtre comme « dispensateur des mystères de Dieu ». Naturellement, ce que nous disons du prêtre vaut, à plus forte raison, pour l'évêque, qui possède la plénitude du sacerdoce.

 

Le terme « mystères » revêt deux significations fondamentales : la première est celle de vérités cachées et révélées par Dieu, les desseins divins annoncés de façon voilée dans l'Ancien Testament et révélés aux hommes dans la plénitude des temps ; la seconde est celle de « signes concrets de la grâce », concrètement les sacrements. L'Epître aux Hébreux réunit les deux sens dans l'expression : « les choses qui regardent Dieu » (ta pros ton Theon, ea que sunt ad Deum) ; elle met l'accent davantage sur le sens rituel et sacramentel, définissant la fonction du prêtre (mais l'auteur parle ici du sacerdoce en général, de l'Ancien et du Nouveau Testament) qui est d' « offrir dons et sacrifices pour les péchés » (He 5,1).

 

Ce second sens s'affirme surtout dans la tradition de l'Eglise. Saint Ambroise a écrit deux traités sur les rites de l'initiation chrétienne, vus comme accomplissement de figures et prophéties de l'Ancien Testament ; l'un, qu'il intitule « De sacramentis » et l'autre « De mysteriis », même s'il s'agit en fait du même thème.

 

Pour revenir à la parole de l'Apôtre, le premier de ces deux sens met en lumière le rôle du prêtre en égard à la parole de Dieu, le second son rôle de ministre des sacrements. Ensemble, ils dessinent la physionomie du prêtre comme témoin de la vérité de Dieu et comme ministre de la grâce du Christ, comme annonciateur et comme sacrificateur.

 

Pendant des siècles, le rôle du prêtre a été réduit presque exclusivement à celui d'officiant (liturge) et de sacrificateur : « offrir des sacrifices et pardonner les péchés ». C'est le Concile Vatican II qui a remis en lumière, à côté de la fonction cultuelle, celle d'évangélisateur. En conformité avec ce que Lumen gentium avait dit du rôle des évêques d'« enseigner » et de « sanctifier », Presbyterorum ordinis énonce :

 

« Participant, pour leur part, à la fonction des apôtres, les prêtres reçoivent de Dieu la grâce qui les fait des officiants du Christ Jésus auprès des païens, assurant le service sacré de l'Evangile, afin que les païens deviennent une offrande agréable, sanctifiée dans l'Esprit (Rm 15,16). En effet, l'annonce apostolique de l'Evangile convoque et rassemble le peuple de Dieu [...] Leur ministère, commençant par l'annonce de l'Évangile, tire sa force et sa puissance du sacrifice du Christ »1.

 

Sur les trois méditations de Carême (Vendredi 19 Mars, fête de saint Joseph, il n'y a pas de prédication), l'une sera consacrée au thème du prêtre comme ministre de la parole de Dieu, une autre au prêtre comme ministre des sacrements, et la troisième, plus existentielle, au renouvellement du sacerdoce par la conversion au Seigneur.

 

2. La lettre et l'Esprit

 

A partir du IIe siècle, on observe une tendance à modeler - dans les qualités requises, dans les rites, dans les titres, dans les vêtements - le sacerdoce chrétien sur le sacerdoce lévitique de l'Ancien Testament2 ; une tendance qui se reflète dans des documents canoniques comme les Constitutions apostoliques, la Didascalie syriaque et autres sources analogues. Cette assimilation extérieure nous fait ressentir plus forte l'urgence de redécouvrir, dans une occasion comme celle-ci, la nouveauté et l'altérité substantielle de la nouvelle alliance par rapport à l'ancienne. C'est l'affirmation énergique de Paul que je voudrais mettre au centre de notre méditation :

 

« Notre capacité vient de Dieu, qui nous a rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'Esprit ; car la lettre tue, l'Esprit vivifie. Or si le ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres, a été entouré d'une telle gloire que les fils d'Israël ne pouvaient fixer les yeux sur le visage de Moïse à cause de la gloire de son visage, pourtant passagère, comment le ministère de l'Esprit n'en aurait-il pas davantage ? » (2 , Co 3, 5-8).

 

Ce que l'Apôtre entend par l'opposition lettre - Esprit, ressort clairement du passage un peu plus haut toujours dans Corinthiens 2, dans lequel il nomme la communauté de la nouvelle alliance : « manifestement une lettre du Christ remise à nos soins, écrite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant ; non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les coeurs » (2 Co 3, 3).

 

La lettre est donc la loi mosaïque écrite sur des tables de pierre et, par extension, toute loi positive extérieure à l'homme ; l'Esprit est la loi intérieure, écrite sur les coeurs, celle que l'Apôtre définit, d'ailleurs, « la loi de l'Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus et qui affranchit de la loi du péché et de la mort » (cf. Rm 8, 2).

 

Saint Augustin a écrit un traité sur le thème de notre méditation - De Spiritu et littera - qui constitue une étape capitale dans l'histoire de la pensée chrétienne. La nouveauté de la nouvelle alliance par rapport à l'ancienne, explique-t-il, est que Dieu ne se borne plus à commander à l'homme de faire ou ne pas faire, mais Il fait lui-même avec lui et en lui les choses qu'il commande. « la loi des oeuvres commande en menaçant, et la loi de la foi obtient pour celui qui croit... en vertu de la loi des œuvres, Dieu nous dit : Fais ce que je te commande ; et par la loi de la foi, nous disons à Dieu : donnes-nous de faire ce que tu commandes »3

 

Bien plus qu'une « indication » de volonté, la loi nouvelle qui est l'Esprit ; est une « action », un principe vivant et actif. La loi nouvelle est la vie nouvelle. L'opposition lettre-Esprit équivaut dans saint Paul, à l'opposition loi-grâce : « Vous n'êtes plus sous la Loi, mais sous la grâce » (Rm 6, 14).

 

Dans l'ancienne alliance, l'idée de grâce est également présente, dans le sens de bienveillance, faveur et pardon de Dieu (la hesed) : « Je fais grâce à qui je fais grâce » (Ex 33, 19) ; les psaumes sont remplis de ce concept. Mais à présent le mot grâce, charis, a revêtu un sens nouveau, historique : c'est la grâce qui vient de la mort et la résurrection du Christ, et qui justifie le pécheur. Il ne s'agit pas seulement d'une disposition bienveillante, mais d'une réalité, d'un « état » : « Ayant donc reçu notre justification de la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné d'avoir accès par la foi à cette grâce en laquelle nous sommes établis » (Rm 5, 1-2).

 

Jean décrit le rapport entre ancienne et nouvelle alliance de la même façon que Paul : « La loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ » (Jn 1, 17).

 

On peut donc en déduire que la loi nouvelle, ou de l'Esprit, n'est pas, au sens strict, celle promulguée par Jésus sur le Mont des Béatitudes, mais celle gravée dans les cœurs au jour de la Pentecôte. Certes, les préceptes évangéliques sont plus élevés et parfaits que les préceptes de Moïse ; toutefois, à eux seuls, ils seraient restés tout aussi inefficaces. S'il avait suffi de proclamer la nouvelle volonté de Dieu à travers l'Evangile, on ne saurait expliquer la nécessité pour Jésus de mourir ni celle de la venue de l'Esprit Saint ; on ne s'explique pas pourquoi le Jésus de Jean fait tout dépendre de son « élévation », autrement dit de sa mort sur la croix (cf. Jn 7, 39 ; 16, 7-15).

 

Les apôtres eux-mêmes sont la preuve vivante que cela ne suffisait pas. Eux qui pourtant avaient écouté de la bouche même du Christ tous les préceptes évangéliques - par exemple, que « si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous », nous les voyons préoccupés jusqu'à la fin de savoir qui d'entre eux était le plus grand. C'est seulement après la venue de l'Esprit Saint que nous les voyons oublieux d'eux-mêmes et uniquement occupés à proclamer « les merveilles de Dieu » (cf. Ac 2, 11).

 

Sans la grâce intérieure de l'Esprit, même l'Evangile donc, même le commandement nouveau, serait resté une loi ancienne, une lettre. Reprenant une pensée audacieuse de saint Augustin, saint Thomas d'Aquin écrit : « La lettre désigne tout texte écrit qui demeure extérieur à l'homme, fût-ce le texte des préceptes moraux contenus dans l'Evangile ; c'est pourquoi même la lettre de l'Evangile tuerait si, à l'intérieur de l'homme, ne s'y adjoignait la grâce guérissante de la foi »4. Plus explicite encore, ce qu'il a écrit un peu avant : « La loi nouvelle est d'abord la grâce même de l'Esprit Saint, qui est donnée aux croyants »5.

 

3. Non par contrainte, mais par attrait

 

Mais comment cette loi nouvelle, qui est l'Esprit lui-même, agit-elle concrètement ? Elle agit à travers l'amour ! La loi nouvelle n'est rien d'autre que ce que Jésus appelle le « commandement nouveau ». L'Esprit Saint a inscrit la loi nouvelle dans nos coeurs, en y infusant l'amour (Rm 5, 5). Cet amour est l'amour avec lequel Dieu nous aime et avec lequel, en même temps, il fait que nous l'aimions lui et le prochain. C'est une capacité nouvelle d'aimer.

 

N'est-ce pas contradictoire de parler de l'amour comme d'une « loi » ? La réponse est qu'il y a deux façons dont l'homme est conduit à faire, ou ne pas faire, une certaine chose : soit par contrainte, soit par attrait. La loi extérieure l'y conduit selon la première manière, par contrainte, avec la menace du châtiment ; l'amour l'y conduit selon la seconde manière, par attraction. En effet, chacun est attiré par ce qu'il aime, sans subir aucune contrainte de l'extérieur. L'amour est comme un « poids » de l'âme qui attire vers l'objet de son propre plaisir, dans lequel elle sait qu'elle va trouver son repos6. La vie chrétienne doit être vécue par attrait, non par contrainte.

 

L'amour est donc une loi, « la loi de l'esprit », en ce sens qu'il crée chez le chrétien un dynamisme qui le porte à faire tout ce que Dieu veut, spontanément, sans même y penser, parce qu'il a fait sienne la volonté de Dieu et aime tout ce que Dieu aime.

 

Quelle place, nous demandons-nous, a l'observance des commandements dans cette économie nouvelle de l'Esprit ? Même après la venue du Christ, subsiste la loi écrite : il y a les commandements de Dieu, le décalogue, il y a les préceptes évangéliques, auxquels se sont ajoutés, par la suite, les lois ecclésiastiques. Quel sens ont le Code de droit canonique, les règles monastiques, les voeux religieux, tout ce qui, en somme, indique une volonté objective qui s'impose à moi de l'extérieur ? Ces choses sont-elles comme des corps étrangers dans l'organisme chrétien ?

 

Il y a eu, au cours de l'histoire de l'Eglise, des mouvements qui ont pensé cela et ont refusé toute loi, au nom de la liberté de l'Esprit, à tel point qu'ils ont justement pris le nom de mouvements « anomistes », mais ils ont toujours été désavoués par l'autorité de l'Eglise et de cette conscience chrétienne. La réponse chrétienne à ce problème nous vient de l'Evangile. Jésus affirme ne pas être venu pour « abolir la loi », mais pour l'« accomplir » (cf. Mt 5, 17).). Mais quel est l'« accomplissement » de la loi ? « La charité - répond l'Apôtre - est la Loi dans sa plénitude ! » (cf. Rm 13, 10). Toute la loi et les prophètes dépendent du commandement de l'amour, dit Jésus (cf. Mt 22, 40)).

 

L'obéissance devient donc la preuve qu'on vit selon la grâce « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole » (Jn 14,15 ). Alors l'amour ne remplace pas la loi, mais l' « observe, l'accomplit ». Dans la prophétie d'Ezéchiel, on attribuait la possibilité d'observer la loi de Dieu au don futur de l'Esprit et du cœur nouveau : « Je mettrai mon esprit en vous et je ferai que vous marchiez selon mes lois et que vous observiez et pratiquiez mes coutumes » (Ez 36, 27). « « La loi nous a été donnée », écrit de façon lapidaire Augustin, afin que nous cherchions la grâce ; et la grâce nous a été donnée afin d'assurer l'accomplissement de la loi »7.

 

4. Actualité du message de la grâce

 

Jusqu'ici nous avons vu les conséquences que le message paulinien concernant la nouvelle alliance peut avoir sur la façon de concevoir et de vivre la vie chrétienne. Mais, à cette occasion, j'aimerais surtout mettre en évidence la lumière que ce message jette sur le problème de l'évangélisation dans le monde actuel et du dialogue interreligieux et, par voie de conséquence, sur le rôle du prêtre comme ministre de la vérité de Dieu.

 

Augustin écrivit son Traité sur La lettre et l'Esprit pour combattre la thèse pélagienne, selon laquelle il suffit pour être sauvé que Dieu nous ait créés, dotés de libre arbitre et qu'il nous ait donné une loi nous indiquant sa volonté. Concrètement, selon cette thèse, l'homme peut se sauver tout seul et la venue du Christ constitue, certes une aide extraordinaire, mais qui n'est pas indispensable au salut.

 

On peut débattre - et aujourd'hui les spécialistes en débattent - pour savoir si le saint a interprété correctement la pensée du moine Pélage. Mais il n'y a pas là de quoi nous surprendre. Les Pères qui ont dû combattre des hérésies ont souvent explicité celles qui (de leur point de vue !) étaient les implications logiques d'une certaine doctrine, sans trop tenir compte du point de vue et du langage différents de l'adversaire. Ils étaient davantage soucieux de la doctrine que des personnes, de la vérité dogmatique plutôt qu'historique. En revanche, Augustin se montre beaucoup plus respectueux et courtois à l'égard de Pélage que ne le fut, par exemple, Cyrille d'Alexandrie vis-à-vis de Nestorius.

 

La révision moderne d'auteurs comme Pélage ou Nestorius ne signifie donc pas le moins du monde une révision du pélagisme ou du nestorianisme. Cette distinction a contribué, ces derniers temps, au rétablissement de la communion avec les églises dites nestoriennes o syriaques orthodoxes (monophysites) d'Orient.

 

Mais tout ceci ne nous intéresse que relativement. La chose importante à retenir est que Augustin a raison sur le problème principal : pour se sauver, la nature, le libre arbitre et le guide qu'est la loi ne suffisent pas, il faut la grâce, autrement dit il faut le Christ. Penser autrement signifierait penser que sa venue est superflue et, avec elle, sa mort et la rédemption ; cela signifierait considérer le Christ comme un modèle de vie, non comme « principe de salut pour tous ceux qui lui obéissent » (He 5, 9).

 

C'est sur ce point que la pensée d'Augustin - et avant lui, celle de Paul - se révèle d'une extraordinaire actualité. Ce qui, selon l'Apôtre, distingue la nouvelle alliance de l'ancienne, l'Esprit de la lettre, la grâce de la loi, une fois opérées les distinctions voulues, est exactement ce qui distingue aujourd'hui le christianisme de toutes les autres religions.

 

Les formes ont changé, mais la substance reste la même. « Oeuvre de la loi », ou oeuvre de l'homme, correspond à toute oeuvre humaine, dès lors qu'on fait dépendre de celle-ci son propre salut, que celui-ci soit conçu comme communion avec Dieu, ou comme communion avec soi-même et syntonie avec les énergies de l'univers. Le principe est le même : Dieu ne se donne pas, il se conquiert !

 

Nous pouvons illustrer la différence ainsi. Toute religion humaine ou philosophie religieuse commence par dire à l'homme ce qu'il doit faire pour être sauvé : les devoirs, les oeuvres, œuvres d'ascétisme extérieures ou chemins spéculatifs vers son propre moi intérieur, le Tout ou le Rien. Le christianisme ne commence pas par dire à l'homme ce qu'il doit faire, mais ce que Dieu a fait pour lui. Jésus n'a pas commencé à prêcher en disant : « Convertissez-vous et croyez à l'évangile jusqu'à ce que le Royaume vienne » ; il a commencé par dire : « Le royaume de Dieu est venu parmi vous : convertissez-vous et croyez à l'évangile ». Pas d'abord la conversion, ensuite le salut ; mais d'abord le salut et ensuite la conversion.

 

De même dans le christianisme - nous l'avons rappelé - il y a les devoirs et les commandements, mais les commandements, y compris le plus grand de tous qui est d'aimer Dieu et le prochain n'est pas au premier plan ; avant celui-ci il y a le don, la grâce. « Quant à nous aimons puisque lui nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19). C'est du don que naît le devoir, et non l'inverse.

 

Nous chrétiens, nous n'entrerons pas en dialogue avec d'autres fois, en affirmant la différence ou la supériorité de notre religion ; ce serait la négation même du dialogue. Nous insisterons plutôt sur ce qui nous unit, les objectifs communs, en reconnaissant aux autres le même droit (au moins subjectif) à considérer leur foi comme la plus parfaite, définitive. Sans oublier, d'ailleurs, que celui qui vit avec cohérence et en toute bonne foi une religion des oeuvres et de la loi est meilleur et plus agréable à Dieu que celui qui appartient à la religion de la grâce, mais néglige complètement de croire en la grâce et d'accomplir les œuvres de la foi.

 

Cependant, tout ceci ne doit pas nous conduire à mettre entre parenthèses notre foi dans la nouveauté et l'unicité du Christ. Il ne s'agit pas non plus d'affirmer la supériorité d'une religion sur les autres, mais de reconnaître la spécificité de chacune, de savoir qui nous sommes et ce que nous croyons.

 

Il n'est pas difficile d'expliquer pourquoi il n'est pas facile d'admettre l'idée de grâce et son refus instinctif par l'homme moderne. Se sauver « par grâce » signifie reconnaître la dépendance de quelqu'un, et c'est la chose la plus difficile. En témoigne cette affirmation bien connue de Marx : « Un être ne commence à se tenir pour indépendant que dès qu'il est son propre maître, et il n'est son propre maître que lorsqu'il doit son existence à soi-même. Un homme qui vit de la grâce d'un autre se considère comme un être dépendant. [...].Mais je vis entièrement de la grâce d'un autre...s'il a créé ma vie, s'il en est la source...si elle n'est pas ma propre création »8.Ce pourquoi on refuse un Dieu créateur est aussi ce pour quoi on refuse un Dieu sauveur.

 

C'est l'explication que saint Bernard donne du péché de Satan : il préfère être la plus malheureuse des créatures par son propre mérite, que le plus heureux par « grâce » d'autrui ; il préfère être malheureux mais souverain, qu'heureux mais dépendant : misere praeesse, quam feliciter subesse9.

 

Le refus du christianisme, qui se développe à certains niveaux de notre culture occidentale, quand il n'est pas refus de l'Eglise et des chrétiens, est refus de la grâce.

 

5. « Nous prêchons le Christ Jésus, Seigneur »

 

Quel est, dans ce domaine, la tâche des prêtres en tant que dispensateurs des mystères de Dieu et maîtres de la foi ? Celle d'aider leurs frères à vivre la nouveauté de la grâce, ce qui équivaut à dire la nouveauté du Christ.

 

Dans l'Evangile, Jésus utilise l'expression « les mystères du Royaume des cieux » pour indiquer tout son enseignement et, en particulier, ce qui concerne sa personne (cf. Mt 13, 11). Après la Pâque on passe de plus en plus souvent du pluriel au singulier, des mystères au mystère : tous les mystères de Dieu se résument désormais dans le mystère qui est le Christ.

 

Saint Paul parle du « mystère de Dieu, c'est-à-dire le Christ, dans lequel se trouvent, cachés, tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (cf. Col 2, 2-3). Il nous invite à penser au Christ comme à un palais, dans lequel on passe de merveille en merveille, en y entrant. L'univers matériel, avec toutes ses beautés et son étendue incalculable, est l'unique image adéquate de l'univers spirituel qui est le Christ. Ce n'est pas pour rien que cela a été fait « par lui et pour lui » (Col 1, 16).

 

L'Apôtre a défini avec plus de clarté que tous les autres le centre et le coeur de l'annonce chrétienne et l'a exprimé sous forme de programme, comme un manifeste : « Nous proclamons, nous, un Christ crucifié » (1 Co 1, 23) et « Ce n'est pas nous, que nous prêchons, mais le Christ Jésus, Seigneur » (2 Co 4, 5). Ces paroles justifient pleinement l'affirmation selon laquelle le christianisme n'est pas une doctrine mais une personne.

 

Mais que signifie, dans la pratique, prêcher « le Christ crucifié », ou « le Christ Jésus, Seigneur » ? Cela ne signifie pas parler toujours et seulement du Christ du kérygme ou du Christ du dogme, c'est-à-dire transformer les prédications en leçons de christologie. Cela signifie plutôt « ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ » (Ep 1, 10), fonder tout devoir sur lui, faire que toute chose serve à conduire les hommes à la « supériorité de la connaissance du Christ Jésus » (Ph 3, 8).

 

Jésus doit être l'objet formel, pas nécessairement et toujours l'objet matériel, de la prédication, celui qui lui donne forme, qui sert de fondement et donne autorité à toute autre annonce, l'âme et la lumière de l'annonce chrétienne. « Toute nourriture de l'âme est aride - s'exclame saint Bernard - si elle n'est pas assaisonnée avec cette huile ; insipide si elle n'est pas assaisonnée avec ce sel. Ce que tu écris n'a aucune saveur - non sapit mihi - si le coeur de Jésus n'y palpite pas - nisi sonuerit ibi Cor Jesu »10.

 

Dans la liturgie des heures en langue allemande, le Stundengebet, il y a un hymne (Laudes du mardi de la deuxième semaine) que j'ai aimé dès la première fois que je l'ai récité. Il commence ainsi : « Göttliches Wort, der Gottheit Schrein, für uns in dein Geheimnis ein. (Verbe éternel, Dieu vivant et vrai, fais-nous entrer dans ton mystère ». L'expression « le mystère du Christ » est la plus complète de toutes : elle renferme son être et son agir, son humanité et sa divinité, sa pré-existence et son incarnation, les prophéties de l'Ancien Testament et leur accomplissement dans la plénitude des temps. Nous pouvons répéter comme une prière : « Verbe éternel, Dieu vivant et vrai, fais-nous entrer dans ton mystère ».

 

Traduit de l'italien par ZENIT



1 PO, 2.

 

2 Cf. J.-M. Tillard, « Sacerdoce », in DSpir. 14, col.12

 

3 Augustin, De Spiritu et littera, 13,22.

 

4 Thomas d'Aquin, Summa theologiae, I-IIae, q. 106, a. 2.

 

5 Ibid., q. 106, a. 1 ; cf. Augustin, De Spiritu et littera, 21, 36.

 

6 Augustin, Commenaire de l'Evangile de Jean, 26, 4-5 : CCL 36, 261 ; Confessions, XIII, 9.

 

7 Augustin, De Spir. et litt. ,19,34.

 

8 C. Marx, Manuscrits de 1844, in Gesamtausgabe, III, Berlin 1932, p. 124 et Critique de la philosophie du droit de Hegel, in Gesamtausgabe, I, 1, Francofort sul M. 1927, p. 614 s.

 

9 Bernard de Clairvaux , De gradibus humilitatis, X, 36 : PL 182, 962.

 

10 Bernard de Clairvaux, Sermones super Canticum, XV, 6: Ed. Cistercense, Roma 1957, p.86.


Benoît XVI, 'Lectio divina' sur la mission du prêtre - Rencontre avec le clergé de Rome

dominicanus #Année Sacerdotale

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ROME, Jeudi 4 mars 2010 (ZENIT.org) - « Le prêtre "pont" entre Dieu et le monde », titre L'Osservatore Romano en langue française, dans son édition du 2 mars, qui publie cette traduction intégrale de la "Lectio divina" de Benoît XVI sur la mission du prêtre au cours de sa rencontre avec le clergé de Rome.


La traditionnelle rencontre de début du carême entre l'évêque de Rome et son clergé, a eu lieu dans la matinée du jeudi 18 février 2010, dans la salle des Bénédictions. Benoît XVI a proposé une « lectio divina » consacrée à la mission du prêtre, à partir de trois passages de la Lettre aux Hébreux.


Quelques jours auparavant, le pape avait proposé aussi une « lectio divina » à ses séminaristes (cf. Zenit du 17 février 2010 pour le texte intégral).


Dimanche dernier, avant l'angélus, le pape a invité les catholiques à profiter du carême pour lire « assidûment » l'Evangile et les pasteurs à être « vraiment imprégnés de la Parole de Dieu ».

 



Eminence,

chers frères dans l'épiscopat

et dans le sacerdoce,


C'est pour moi une tradition très heureuse et également importante de pouvoir toujours commencer le carême avec mes prêtres, les prêtres de Rome. Ainsi, en tant qu'Eglise locale de Rome, mais également en tant qu'Eglise universelle, nous pouvons entreprendre ce chemin essentiel avec le Seigneur vers la Passion, vers la Croix, le chemin pascal.


Cette année, nous voulons méditer sur les passages de la Lettre aux Hébreux qui viennent d'être lus. L'auteur de cette Lettre a ouvert une nouvelle voie pour comprendre l'Ancien Testament comme livre qui parle du Christ. La tradition précédente avait considéré le Christ surtout, et essentiellement, sous l'angle de la promesse davidique, du véritable David, du véritable Salomon, du véritable Roi d'Israël, véritable Roi car homme et Dieu. Et l'inscription sur la Croix avait réellement annoncé au monde cette réalité: à présent, il y a le véritable Roi d'Israël, qui est le Roi du monde, le Roi des juifs est sur la Croix. Il s'agit d'une proclamation de la royauté de Jésus, de l'accomplissement de l'attente messianique de l'Ancien Testament qui, au fond du coeur, est une attente de tous les hommes, qui attendent le vrai Roi, qui apporte justice, amour et fraternité.


Mais l'Auteur de la Lettre aux Hébreux a découvert une citation que, jusqu'alors, personne n'avait notée: Psaume 110, 4 - "Tu es prêtre à jamais selon l'ordre de Melchisédech". Cela signifie que Jésus non seulement accomplit la promesse davidique, l'attente du véritable roi d'Israël et du monde, mais qu'il réalise également la promesse du véritable Prêtre. Dans une partie de l'Ancien Testament, en particulier également dans les manuscrits de Qumrân, il existe deux lignes distinctes d'attente: le Roi et le Prêtre. L'Auteur de la Lettre aux Hébreux, en découvrant ce verset, a compris que deux promesses sont unies dans le Christ: le Christ est le véritable Roi, le Fils de Dieu - selon le Psaume 2, 7 qu'il cite - mais il est également le véritable Prêtre.


Ainsi, tout le monde cultuel, toute la réalité des sacrifices, du sacerdoce, qui est à la recherche du véritable sacerdoce, du véritable sacrifice, trouve dans le Christ sa clé, son accomplissement et, avec cette clé, peut relire l'Ancien Testament et montrer que précisément la loi cultuelle également, qui est abolie après la destruction du Temple, en réalité allait vers le Christ; et donc, elle n'est pas simplement abolie, mais renouvelée, transformée, car tout trouve son sens dans le Christ. Le sacerdoce apparaît alors dans sa pureté et dans sa vérité profonde.


De cette façon, la Lettre aux Hébreux présente le thème du sacerdoce du Christ, le Christ prêtre, sur trois niveaux: le sacerdoce d'Aaron, celui du Temple, Melchisédech; et le Christ lui-même, comme le véritable prêtre. Le sacerdoce d'Aaron aussi, bien qu'étant différent de celui du Christ, bien qu'étant, pour ainsi dire, uniquement une recherche, un chemin en direction du Christ, est toutefois un "chemin" vers le Christ, et déjà dans ce sacerdoce se définissent les éléments essentiels. Puis, Melchisédech - nous reviendrons sur ce point - qui est un païen. Le monde païen entre dans l'Ancien Testament, entre dans une figure mystérieuse, sans père, sans mère - dit la Lettre aux Hébreux, apparaît simplement et en lui apparaît la véritable vénération du Dieu très-haut, du Créateur du ciel et de la terre. Ainsi, c'est également du monde païen que proviennent l'attente et la préfiguration profonde du mystère du Christ. Dans le Christ lui-même, tout est synthétisé, purifié et guidé à son terme, à sa véritable essence.


Voyons à présent les éléments particuliers, dans la mesure du possible, en ce qui concerne le sacerdoce. De la Loi, du sacerdoce d'Aaron, nous apprenons deux choses, nous dit l'Auteur de la Lettre aux Hébreux: un prêtre, pour être réellement médiateur entre Dieu et l'homme, doit être homme. Cela est fondamental et le fils de Dieu s'est fait homme précisément pour être prêtre, pour pouvoir réaliser la mission du prêtre. Il doit être homme - nous reviendrons sur ce point - mais il ne peut pas seul devenir médiateur de Dieu. Le prêtre a besoin d'une autorisation, d'une institution divine, et ce n'est qu'en appartenant aux deux sphères - celle de Dieu et celle de l'homme - qu'il peut être médiateur, qu'il peut être un "pont". Telle est la mission du prêtre: allier, relier ces deux réalités apparemment aussi séparées, c'est-à-dire le monde de Dieu - éloigné de nous, souvent méconnu de l'homme - et notre monde humain. La mission du sacerdoce est d'être médiateur, un pont qui relie, et ainsi conduire l'homme à Dieu, à sa rédemption, à sa véritable lumière, à sa véritable vie.


Comme premier point donc, le prêtre doit être du côté de Dieu; et ce n'est que dans le Christ que ce besoin, cette situation de la médiation se réalise pleinement. C'est pourquoi ce Mystère était nécessaire: le Fils de Dieu se fait homme afin qu'il existe un véritable pont, qu'il existe une véritable médiation. Les autres doivent avoir au moins une autorisation de Dieu, ou, dans le cas de l'Eglise, le Sacrement, c'est-à-dire introduire notre être dans l'être du Christ, dans l'être divin. Ce n'est qu'à travers le Sacrement, cet acte divin qui nous crée prêtres dans la communion avec le Christ, que nous pouvons réaliser notre mission. Et cela me semble un premier point de méditation pour nous: l'importance du Sacrement. Personne ne se fait prêtre lui-même; seul Dieu peut m'attirer, peut m'autoriser, peut m'introduire dans la participation au mystère du Christ; seul Dieu peut entrer dans ma vie et me prendre par la main. Cet aspect du don, de la précédence divine, de l'action divine, que nous ne pouvons pas réaliser, notre passivité - être élus et pris par la main par Dieu - est un point fondamental dans lequel entrer. Nous devons revenir toujours au Sacrement, revenir à ce don dans lequel Dieu me donne ce que je ne pourrais jamais donner: la participation, la communion avec l'être divin, avec le sacerdoce du Christ.


Faisons de cette réalité également un facteur concret dans notre vie: s'il en est ainsi, un prêtre doit être véritablement un homme de Dieu, il doit connaître Dieu de près, et il le connaît en communion avec le Christ. Nous devons alors vivre cette communion et ainsi la célébration de la Messe, la prière du bréviaire, toute la prière personnelle sont des éléments qui contribuent à être avec Dieu. Notre être, notre vie, notre coeur, doivent être fixés sur Dieu, sur ce point dont nous ne devons pas nous détacher, et cela se réalise, se renforce jour après jour, même à travers de brèves prières dans lesquelles nous nous relions à Dieu et nous devenons toujours plus hommes de Dieu, qui vivent dans sa communion et peuvent ainsi parler de Dieu et conduire à Dieu.


L'autre élément est que le prêtre doit être homme. Homme dans tous les sens, c'est-à-dire qu'il doit vivre une véritable humanité, un véritable humanisme; il doit avoir une éducation, une formation humaine, des vertus humaines; il doit développer son intelligence, sa volonté, ses sentiments, ses affections; il doit être réellement homme, homme selon la volonté du Créateur, du Rédempteur, car nous savons que l'être humain est blessé et la question de "ce qu'est l'homme" est obscurcie par le fait du péché, qui a blessé la nature humaine jusque dans ses profondeurs. Ainsi, on dit: "il a menti", "il est humain"; "il a volé", "il est humain"; mais cela n'est pas la véritable nature de l'être humain. Humain signifie être généreux, être bon, être homme de la justice, de la véritable prudence, de la sagesse. Donc sortir, avec l'aide du Christ, de cet assombrissement de notre nature pour arriver à être véritablement humain à l'image de Dieu, est un processus de vie qui doit commencer dans la formation au sacerdoce, mais qui doit se réaliser ensuite et continuer tout au long de notre existence. Je pense que les deux choses vont fondamentalement de pair: être de Dieu et avec Dieu et être réellement homme dans le véritable sens qu'a voulu le Créateur en façonnant cette créature que nous sommes.


Etre homme: la Lettre aux Hébreux souligne une particularité de notre humanité qui nous surprend, car elle dit: ce doit être une personne "en mesure de comprendre ceux qui pèchent par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse" (5, 2) et ensuite - de manière encore plus forte - "pendant les jours de sa vie mortelle, il a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort; et, parce qu'il s'est soumis en tout, il a été exaucé" (5, 7). Pour la Lettre aux Hébreux, l'élément essentiel de notre humanité est la compassion, le fait de souffrir avec les autres: il s'agit de la véritable humanité. Ce n'est pas le péché, car le péché n'est jamais solidarité, mais il est toujours une désolidarisation, il est une manière de prendre la vie pour soi-même, au lieu de la donner. La véritable humanité est de participer réellement à la souffrance de l'être humain, cela veut dire être un homme de compassion - metriopathèin, dit le texte grec - c'est-à-dire se trouver au centre de la passion humaine, porter réellement avec les autres leurs souffrances, les tentations de notre temps: "Dieu, où es-tu en ce monde?".


Cette humanité du prêtre ne répond pas à l'idéal platonicien et aristotélicien, selon lequel l'homme véritable serait celui qui ne vit que dans la contemplation de la vérité, et est ainsi bienheureux, heureux, car il n'entretient de l'amitié qu'avec les belles choses, avec la beauté divine, mais ce sont les autres qui font "les travaux". Cela est une supposition, alors que l'on suppose ici que le prêtre entre comme le Christ dans la misère humaine, la porte avec lui, va vers les personnes souffrantes, s'en occupe, et pas seulement extérieurement, mais qu'il prend intérieurement sur lui, recueille en lui-même la "passion" de son temps, de sa paroisse, des personnes qui lui sont confiées. C'est ainsi que le Christ a montré le véritable humanisme. Son coeur est bien sûr toujours ferme en Dieu, il voit toujours Dieu, il est toujours intimement en conversation avec Lui, mais Il porte, dans le même temps, tout l'être, toute la souffrance humaine entre dans la Passion. En parlant, en voyant les hommes qui sont petits, sans pasteur, Il souffre avec eux et nous, les prêtres, nous ne pouvons pas nous retirer dans un Elysium, mais nous sommes plongés dans la passion de ce monde et nous devons, avec l'aide du Christ et en communion avec Lui, chercher à le transformer, à le conduire vers Dieu.


Il faut précisément dire cela, à travers le texte suivant qui est réellement stimulant: "ayant présenté avec une violente clameur et des larmes, des implorations et des supplications" (He 5, 7). Il ne s'agit pas seulement d'une mention de l'heure de l'angoisse sur le Mont des Oliviers, mais c'est un résumé de toute l'histoire de la passion, qui embrasse toute la vie de Jésus. Des larmes: Jésus pleurait devant la tombe de Lazare, il était réellement touché intérieurement par le mystère de la mort, par la terreur de la mort. Des personnes perdent leur frère, comme dans ce cas, leur mère et leur fils, leur ami: tout l'aspect terrible de la mort, qui détruit l'amour, qui détruit les relations, qui est un signe de notre finitude, de notre pauvreté. Jésus est mis à l'épreuve et il se confronte jusqu'au plus profond de son âme avec ce mystère, avec cette tristesse qui est la mort, et il pleure. Il pleure devant Jérusalem, en voyant la destruction de cette belle cité à cause de la désobéissance; il pleure en voyant toutes les destructions de l'histoire dans le monde; il pleure en voyant que les hommes se détruisent eux-mêmes, ainsi que leurs villes dans la violence, dans la désobéissance.


Jésus pleure, en poussant de grands cris. Les Evangiles nous disent que Jésus a crié de la Croix, il a crié: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?" (Mc 15, 34; cf. Mt 27, 46) et, à la fin, il a crié encore une fois. Et ce cri répond à une dimension fondamentale des Psaumes: dans les moments terribles de la vie humaine, de nombreux Psaumes constituent un cri puissant vers Dieu: "Aide-nous, écoute-nous!" Précisément aujourd'hui, dans le bréviaire, nous avons prié dans ce sens: Où es-tu Dieu? "Tu nous traites en bétail de boucherie" (Ps 44, 12). Un cri de l'humanité qui souffre! Et Jésus, qui est le véritable sujet des Psaumes, apporte réellement ce cri de l'humanité à Dieu, aux oreilles de Dieu: "Aide-nous et écoute-nous!". Il transforme toute la souffrance humaine, en l'assumant en lui-même, en un cri aux oreilles de Dieu.


Et ainsi, nous voyons que précisément de cette manière se réalise le sacerdoce, la fonction du médiateur, en transportant en soi, en assumant en soi la souffrance et la passion du monde, en la transformant en cri vers Dieu, en l'apportant devant les yeux et entre les mains de Dieu, et en l'apportant réellement ainsi au moment de la Rédemption.


En réalité, la Lettre aux Hébreux dit qu'"il offrit des implorations et des supplications", "une clameur et des larmes" (5, 7). C'est une juste traduction du verbe prosphèrein, qui est une parole cultuelle et qui exprime l'acte de l'offrande des dons humains à Dieu, qui exprime précisément l'acte de l'offertoire, du sacrifice. Ainsi, avec ce terme cultuel appliqué aux prières et aux larmes du Christ, elle démontre que les larmes du Christ, l'angoisse du Mont des Oliviers, le cri de la Croix, toute sa souffrance font partie de sa grande mission. Précisément de cette manière, Il offre le sacrifice, il fait le prêtre. La Lettre aux Hébreux, avec cet "il offrit", prosphèrein, nous dit: il s'agit de l'accomplissement de son sacerdoce, il conduit ainsi l'humanité vers Dieu, il devient ainsi le médiateur, il fait ainsi le prêtre.


Disons, précisément, que Jésus n'a pas offert quelque chose à Dieu, mais qu'il s'est offert lui-même et que cet acte de s'offrir lui-même se réalise précisément dans cette compassion, qui transforme en prière et en cri au Père la souffrance du monde. Dans ce sens, notre sacerdoce ne se limite pas lui non plus à l'acte cultuel de la Messe, dans lequel tout est remis entre les mains du Christ, mais toute notre compassion envers la souffrance de ce monde si éloigné de Dieu, est un acte sacerdotal, est prosphèrein, est offrir. C'est pourquoi, il me semble que nous devons comprendre et apprendre à accepter plus profondément les souffrances de la vie pastorale; car précisément là se trouvent l'action sacerdotale, la médiation, le fait d'entrer dans le mystère du Christ, de communiquer avec le mystère du Christ, très réel et essentiel, existentiel et ensuite sacramentel.


Dans ce contexte, un deuxième terme est important. Il est dit que le Christ - à travers cette obéissance - est rendu parfait, en grec teleiothèis (cf. He 5, 8-9). Nous savons que dans toute la Torah, c'est-à-dire dans toute la législation cultuelle, le mot tèleion, ici utilisé, indique l'ordination sacerdotale. La Lettre aux Hébreux nous dit que c'est précisément en accomplissant cela que Jésus a été fait prêtre, que son sacerdoce s'est réalisé. Notre ordination sacerdotale sacramentelle doit être réalisée et concrétisée de manière existentielle, mais également de manière christologique, précisément dans cette manière de porter le monde avec le Christ et au Christ et, avec le Christ, à Dieu: ainsi nous devenons réellement des prêtres, teleiothèis. Le sacerdoce n'est donc pas quelque chose qui dure quelques heures, mais il se réalise précisément dans la vie pastorale, dans ses souffrances et dans ses faiblesses, dans ses tristesses et naturellement également dans ses joies. Nous devenons ainsi toujours plus des prêtres en communion avec le Christ.


La Lettre aux Hébreux résume, enfin, toute cette compassion dans le mot hypakoèn, obéissance: tout cela est obéissance. C'est un mot qui ne nous plaît pas, à notre époque. L'obéissance apparaît comme une aliénation, comme une attitude servile. La personne n'utilise pas sa liberté, sa liberté se soumet à une autre volonté, la personne n'est donc plus libre, mais elle est déterminée par un autre, alors que l'autodétermination, l'émancipation serait la véritable existence humaine. Au lieu du terme "obéissance", nous voulons comme parole-clef anthropologique celle de "liberté". Mais en considérant de près ce problème, nous voyons que les deux choses vont de pair: l'obéissance du Christ est la conformation de sa volonté à la volonté du Père; c'est une manière de porter la volonté humaine à la volonté divine, à la conformation de notre volonté avec la volonté de Dieu.


Saint Maxime le Confesseur, dans son interprétation du Mont des Oliviers, de l'angoisse exprimée dans la prière de Jésus, "non pas ma volonté mais la tienne", a décrit ce processus, que le Christ porte en lui comme vrai homme, avec la nature, la volonté humaine; dans cet acte - "non pas ma volonté, mais la tienne" - Jésus a résumé tout le processus de sa vie, c'est-à-dire celui de porter la vie naturelle humaine à la vie divine et, de cette manière, celui de transformer l'homme: divinisation de l'homme et ainsi rédemption de l'homme, parce que la volonté de Dieu n'est pas une volonté tyrannique, ce n'est pas une volonté qui est hors de notre être, mais c'est précisément la volonté créatrice, c'est précisément le lieu où nous trouvons notre véritable identité.


Dieu nous a créés et nous sommes nous-mêmes si nous sommes conformes à sa volonté; ainsi seulement nous entrons dans la vérité de notre être et nous ne sommes pas aliénés. Au contraire, l'aliénation naît, précisément, lorsque l'on sort de la volonté de Dieu, parce que ce cette manière, nous sortons du dessein de notre être, nous ne sommes plus nous-mêmes et nous tombons dans le vide. En vérité, l'obéissance à Dieu, c'est-à-dire la conformité, la vérité de notre être, est la vraie liberté, parce que c'est la divinisation. Jésus, en portant l'homme, l'être homme, en lui-même et avec lui-même, conformément à Dieu, dans la parfaite obéissance, c'est-à-dire dans la parfaite conformation entre les deux volontés, nous a rachetés et la rédemption est toujours ce processus de porter la volonté humaine dans la communion avec la volonté divine. C'est un processus sur lequel nous prions chaque jour: "Que ta volonté soit faite". Et nous voulons prier réellement le Seigneur, pour qu'il nous aide à voir intimement que cela est la liberté, et à entrer, ainsi, avec joie dans cette obéissance et à "recueillir" l'être humain pour le porter - à travers notre exemple, notre humilité, notre prière, notre action pastorale - dans la communion avec Dieu.


En poursuivant la lecture, suit une phrase difficile à interpréter. L'auteur de la Lettre aux Hébreux dit que Jésus a prié, avec une violente clameur et des larmes, Dieu qui pouvait le sauver de la mort et qu'en raison de sa piété, il est exaucé (cf. 5, 7). Ici, nous voudrions dire: "Non, ce n'est pas vrai, il n'a pas été exaucé, il est mort". Jésus a prié d'être libéré de la mort, mais il n'a pas été libéré, il est mort de manière très cruelle. C'est pourquoi le grand théologien libéral Harnack a dit: "Il manque ici une négation", il faut écrire: "Il n'a pas été exaucé" et Bultmann a accepté cette interprétation. Il s'agit toutefois d'une solution qui n'est pas une exégèse, mais une violence faite au texte. Dans aucun des manuscrits n'apparaît la négation, mais bien "il a été exaucé"; nous devons donc apprendre à comprendre ce que signifie cet "être exaucé", malgré la Croix.


Je vois trois niveaux de compréhension de cette expression. A un premier niveau, on peut traduire le texte grec ainsi: "il a été racheté de son angoisse" et en ce sens Jésus est exaucé. Ce serait donc une allusion à ce que raconte saint Luc, qu'"un ange a réconforté Jésus" (cf. Lc 22, 43), de façon qu'après le moment de l'angoisse, il puisse aller droit et sans crainte vers son heure, comme nous le décrivent les Evangiles, en particulier celui de saint Jean. Il aurait été exaucé, au sens où Dieu lui donne la force de pouvoir porter tout ce poids et il est ainsi exaucé. Mais, pour ma part, il me semble que ce n'est pas une réponse tout à fait suffisante. Exaucé de manière plus profonde - le père Vanhoye l'a souligné - cela veut dire: "il a été racheté de la mort", mais pas en ce moment, pas à ce moment-là, mais pour toujours, dans la Résurrection: la vraie réponse de Dieu à la prière d'être racheté de la mort est la Résurrection et l'humanité est rachetée de la mort précisément dans la Résurrection, qui est la vraie guérison de nos souffrances, du mystère terrible de la mort.


Ici est déjà présent un troisième niveau de compréhension: la Résurrection de Jésus n'est pas seulement un événement personnel. Il semble qu'il peut être utile d'avoir à l'esprit le bref texte dans lequel saint Jean, dans le chapitre 12 de son Evangile, présente et raconte, de manière très synthétique, l'épisode du Mont des Oliviers. Jésus dit: "Mon âme est troublée" (Jn 12, 27), et, dans toute l'angoisse du Mont des Oliviers, que puis-je dire? "Père, sauve-moi de cette heure ou glorifie ton nom" (cf. Jn 12, 27-28). C'est la même prière que celle que nous trouvons dans les Synoptiques: "Si cela est possible, sauve-moi, mais que ta volonté sois faite" (cf. Mt 26, 42; Mc 14, 36; Lc 22, 42) qui, dans le langage johannique, apparaît justement sous la forme: "Père, sauve-moi, Père, glorifie". Et Dieu répond: "Je t'ai glorifié et de nouveau je te glorifierai" (cf. Jn 12, 28). Telle est la réponse, le voeu exaucé par Dieu: je glorifierai la Croix; c'est la présence de la gloire divine, parce que c'est l'acte suprême de l'amour. Dans la Croix, Jésus est élevé sur toute la terre et attire la terre à lui; dans la croix apparaît à présent le "Kabod", la vraie gloire divine du Dieu qui aime jusqu'à la Croix et transforme ainsi la mort et crée la Résurrection.


La prière de Jésus a été exaucée, au sens où, réellement, sa mort devient vie, devient le lieu d'où racheter l'homme, d'où il attire l'homme à lui. Si la réponse divine, chez Jean, dit: "je te glorifierai", cela signifie que cette gloire transcende et traverse toute l'histoire toujours et à nouveau: depuis ta Croix, présente dans l'Eucharistie, transforme la mort en gloire. Telle est la grande promesse qui se réalise dans la Sainte Eucharistie, qui ouvre toujours à nouveau le ciel. Etre serviteur de l'Eucharistie, c'est donc la profondeur du mystère sacerdotal.


Encore un mot, tout au moins sur Melchisédech. C'est une figure mystérieuse qui apparaît dans Genèse 14 dans l'histoire sacrée: après la victoire d'Abraham sur plusieurs Rois, apparaît le roi de Salem, de Jérusalem, Melchisédech, et il apporte le pain et le vin. Une histoire qui n'est pas commentée et qui est un peu incompréhensible, qui ne réapparaît qu'au psaume 110, comme nous l'avons déjà dit, mais l'on comprend que, par la suite, le judaïsme, le gnosticisme et le christianisme aient voulu réfléchir profondément sur cette parole et qu'ils aient créé leurs interprétations. La Lettre aux Hébreux ne fait pas de spéculation, mais elle rapporte uniquement ce que dit l'Ecriture et ce sont plusieurs éléments: il est Roi de justice, il habite dans la paix, il est Roi là où il y a la paix, il vénère et adore Dieu Très-Haut, le Créateur du ciel et de la terre et il porte le pain et le vin (cf. He 7, 1-3; Gn 14, 18-20). Il n'y a pas de commentaires sur le fait qu'apparaît ici le Souverain Prêtre du Dieu Très-Haut, Roi de la paix, qui adore avec le pain et le vin le Dieu créateur du ciel et de la terre. Les Pères ont souligné que c'est l'un des saints païens de l'Ancien Testament et cela montre qu'à partir du paganisme, il existe aussi une route vers le Christ et que les critères sont: adorer le Dieu Très-Haut, cultiver la justice et la paix, et vénérer Dieu de manière pure. Ainsi, avec ces éléments fondamentaux, le paganisme est lui aussi un chemin vers le Christ, il rend, d'une certaine manière, présente la lumière du Christ.


Dans le canon romain, après la Consécration, nous avons la prière supra quae, qui mentionne certaines préfigurations du Christ, de son sacerdoce et de son sacrifice: Abel, le premier martyr, avec son agneau; Abraham, qui sacrifie dans l'intention son fils Isaac, remplacé par l'agneau donné par Dieu; et Melchisédech, Souverain Prêtre du Dieu Très-Haut, qui apporte le pain et le vin. Cela veut dire que le Christ est la nouveauté absolue de Dieu et, dans le même temps, qu'il est présent dans toute l'histoire, et que l'histoire va à la rencontre du Christ. Et non seulement l'histoire du peuple élu, qui est la véritable préparation voulue par Dieu, dans laquelle se révèle le mystère du Christ, mais à partir du paganisme également se prépare le mystère du Christ, il y a des chemins vers le Christ, qui porte tout en lui-même.


Cela me semble important dans la célébration de l'Eucharistie: ici est recueillie toute la prière humaine, tout le désir humain, toute la vraie dévotion humaine, la vraie recherche de Dieu, qui se trouve finalement réalisée dans le Christ. Enfin, il faut dire qu'à présent, le ciel est ouvert, le culte n'est plus énigmatique, dans des signes relatifs, mais il est vrai, parce que le ciel est ouvert et l'on n'offre pas quelque chose, mais l'homme devient un avec Dieu et cela est le culte véritable. C'est ce que dit la Lettre aux Hébreux: "nous avons un pareil grand prêtre qui s'est assis à la droite du trône de la Majesté des cieux, ministre du sanctuaire et de la Tente, la vraie, celle que le Seigneur, non un homme, a dressée" (cf. 8, 1-2).


Revenons sur le fait que Melchisédech est le roi de Salem. Toute la tradition davidique s'en est appelée à cela, en disant: "Le lieu est ici, Jérusalem est le lieu du culte véritable, la concentration du culte à Jérusalem remonte déjà aux temps d'Abraham, Jérusalem est le lieu véritable de la vénération juste de Dieu".


Franchissons à nouveau une étape: la Jérusalem véritable, le Salem de Dieu, est le Corps du Christ, l'Eucharistie est la paix de Dieu avec l'homme. Nous savons que saint Jean dans le Prologue, appelle l'humanité de Jésus "la tente de Dieu" eskènosen en hemìn (Jn 1, 14). Ici, Dieu lui-même a créé sa tente dans le monde et cette tente, cette Jérusalem nouvelle, véritable, est, dans le même temps sur la terre et au ciel, parce que ce Sacrement, ce sacrifice se réalise toujours entre nous et arrive toujours jusqu'au trône de la Grâce, à la présence de Dieu. C'est ici que se trouve la Jérusalem véritable, dans le même temps, céleste et terrestre, la tente, qui est le Corps de Dieu, qui comme Corps ressuscité demeure toujours Corps et embrasse l'humanité et, dans le même temps, étant Corps ressuscité, nous unit avec Dieu. Tout cela se réalise toujours à nouveau dans l'Eucharistie. Et nous, en tant que prêtres, nous sommes appelés à être des ministres de ce grand Mystère, dans le Sacrement et dans la vie. Prions le Seigneur qu'il nous fasse comprendre toujours mieux ce Mystère, de vivre toujous mieux ce Mystère et ainsi d'offrir notre aide afin que le monde s'ouvre à Dieu, afin que le monde soit racheté par Jésus. Merci.


© L'Osservatore Romano - 2 mars 2010

Benoît XVI, "Lectio divina" au séminaire pontifical romain

dominicanus #Année Sacerdotale
« Lectio divina » de Benoît XVI au séminaire pontifical romain

Texte intégral


ROME, Mercredi 17 février 2010 (ZENIT.org) - « Dans le Christ, Dieu s'est manifesté comme raison et amour », a expliqué Benoît XVI à ses séminaristes du grand séminaire pontifical romain, au Latran, dans une « Lectio divina », vendredi dernier, 12 février 2010. Le pape a parlé d'abondance du cœur, sans discours préparé.


Nous publions ci-dessous le texte de son intervention.




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Eminence, Excellences, chers amis,


C'est pour moi une grande joie de me retrouver chaque année avec les séminaristes du diocèse de Rome, avec les jeunes qui se préparent à répondre à l'appel du Seigneur pour être des travailleurs dans sa vigne, des prêtres de son mystère. C'est la joie de voir que l'Eglise vit, que l'avenir de l'Eglise est présent également sur nos terres, précisément à Rome aussi.


En cette Année sacerdotale, nous voulons être particulièrement attentifs aux paroles du Seigneur concernant notre service. Le passage de l'Evangile qui vient d'être lu parle indirectement, mais profondément, de notre Sacrement, de notre appel à être dans la vigne du Seigneur, à être des serviteurs de son mystère.


Dans ce bref passage, nous trouvons plusieurs paroles-clés, qui donnent l'indication de l'annonce que le Seigneur veut faire à travers ce texte: "Demeurer": dans ce bref passage, nous trouvons dix fois le mot "demeurer"; ensuite, le nouveau commandement: "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés", "Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis", "Donnez du fruit"; et, finalement: "Demandez, priez et il vous sera donné, la joie vous sera donnée". Nous prions le Seigneur pour qu'il nous aide à entrer dans le sens de ses paroles, pour que ces paroles puissent pénétrer notre coeur et puissent ainsi être la voie et la vie en nous, avec nous et à travers nous.


La première parole est: "Demeurez en moi, dans mon amour". Demeurer dans le Seigneur est fondamental comme premier thème de ce passage. Demeurer: où? Dans l'amour, dans l'amour du Christ, dans le fait d'être aimés et d'aimer le Seigneur. Tout le chapitre 15 concrétise le lieu où nous demeurons, car les huit premiers versets exposent et présentent la parabole de la vigne: "Je suis la vigne et vous les sarments". La vigne est une image vétéro-testamentaire que nous trouvons aussi bien chez les prophètes, que dans les psaumes et elle a une double signification: c'est une parabole pour le peuple de Dieu, qui est sa vigne. Il a planté une vigne dans ce monde, il a cultivé cette vigne, protégé sa vigne, mais dans quelle intention? Naturellement dans l'intention de trouver du fruit, de trouver le don précieux du raisin, du bon vin.


C'est ainsi qu'apparaît la deuxième signification: le vin est le symbole, est l'expression de la joie de l'amour. Le Seigneur a créé son peuple pour trouver la réponse de son amour et, ainsi, cette image de la vigne possède une signification sponsale, elle est l'expression du fait que Dieu cherche l'amour de sa créature, veut entrer dans une relation d'amour, dans une relation sponsale avec le monde, à travers le peuple qu'il a élu.


Mais ensuite, dans les faits concrets, l'histoire est une histoire d'infidélité: au lieu de raisins précieux ne sont produites que de petites "choses immangeables", aucune réponse n'est donnée à ce grand amour, il ne naît pas d'unité, d'union sans condition entre l'homme et Dieu, dans la communion de l'amour. L'homme se retire en lui-même, il veut se posséder lui-même uniquement pour lui, il veut avoir Dieu pour lui, il veut avoir le monde pour lui. Et ainsi, la vigne est dévastée, le sanglier du bois, tous les ennemis arrivent, et la vigne devient un désert.


Mais Dieu ne se rend pas: Dieu trouve une nouvelle manière pour arriver à un amour libre, irrévocable, au fruit de cet amour, au raisin véritable: Dieu se fait homme, et ainsi Il devient lui-même racine de la vigne, Il devient lui-même la vigne, et ainsi la vigne devient indestructible. Ce peuple de Dieu ne peut pas être détruit, car Dieu lui-même y est entré, il s'est implanté dans cette terre. Le nouveau peuple de Dieu est réellement fondé en Dieu lui-même, qui se fait homme et nous appelle ainsi à être en Lui la nouvelle vigne et nous appelle à rester, à demeurer en Lui.


Il faut en outre avoir à l'esprit que, dans le chapitre 6 de l'Evangile de Jean, nous trouvons le discours sur le pain, qui devient le grand discours sur le mystère eucharistique. Dans ce chapitre 15, nous trouvons le discours sur le vin: le Seigneur ne parle pas explicitement de l'Eucharistie, mais, naturellement, derrière le mystère du vin se trouve la réalité selon laquelle Il s'est fait fruit et vin pour nous, le fait que son sang est le fruit de l'amour qui naît de la terre pour toujours et que, dans l'Eucharistie, son sang devient notre sang, nous nous renouvelons, nous recevons une nouvelle identité, car le sang de Jésus devient notre sang. Nous sommes ainsi parents avec Dieu dans le Fils et, dans l'Eucharistie, cette grande réalité de la vigne devient réalité, dans laquelle nous sommes des sarments unis au Fils et unis de cette manière dans l'amour éternel.


"Demeurez": demeurer dans ce grand mystère, demeurer dans ce nouveau don du Seigneur, qui a fait de nous un peuple en lui, dans son Corps et avec son Sang. Il me semble que nous devons beaucoup méditer sur ce mystère, c'est-à-dire que Dieu lui-même se fait Corps, un avec nous; que nous pouvons demeurer - en demeurant dans ce mystère - dans la communion avec Dieu lui-même, dans cette grande histoire d'amour, qui est l'histoire du véritable bonheur. En méditant ce don - Dieu s'est fait un avec nous tous et, dans le même temps, il nous fait un, une seule vigne - nous devons également commencer à prier, afin que ce mystère pénètre toujours davantage dans notre esprit, dans notre coeur, et que nous soyons toujours plus capables de voir et de vivre la grandeur du mystère, et ainsi de commencer à réaliser cet impératif: "Demeurez".


Si nous continuons à lire attentivement ce passage de l'Evangile de Jean, nous trouvons également un deuxième impératif: "Demeurez" et "Observez mes commandements". "Observez" n'est que le deuxième niveau; le premier est celui de "demeurer", le niveau ontologique; c'est-à-dire que nous nous sommes unis à Lui, qui s'est donné Lui-même à nous comme anticipation, qui nous a déjà donné son amour, le fruit. Ce n'est pas nous qui devons produire le grand fruit; le christianisme n'est pas un moralisme, ce n'est pas nous qui devons faire ce que Dieu s'attend du monde, mais nous devons tout d'abord entrer dans ce mystère ontologique: Dieu se donne Lui-même. Son être, son amour, précède notre agir et, dans le fait d'être avec Lui, identifiés à Lui, ennoblis par son sang, nous pouvons nous aussi agir avec le Christ.


L'éthique est une conséquence de l'être: le Seigneur nous donne tout d'abord un nouvel être, tel est le grand don; l'être précède l'agir et ensuite, de cet être, découle l'agir, comme une réalité organique; car ce que nous sommes, nous pouvons l'être également dans notre activité. Et ainsi, nous rendons grâce au Seigneur, car il nous a détournés du pur moralisme; nous ne pouvons pas obéir à une loi qui se trouve face à nous, mais nous devons agir selon notre nouvelle identité. Il ne s'agit donc plus d'une obéissance, d'une chose extérieure, mais d'une réalisation du don du nouvel être.


Je le répète encore une fois: rendons grâce au Seigneur parce qu'il nous précède, il nous donne ce que nous devons donner, et nous pouvons ensuite être, dans la vérité et dans la force de notre être nouveau, acteurs de sa réalité. Demeurer et observer: observer est le signe du fait de demeurer et demeurer est le don qu'Il nous donne, mais qui doit être renouvelé chaque jour dans notre vie.


Il s'ensuit alors ce nouveau commandement: "Aimez-vous comme je vous ai aimés". Aucun amour n'est plus grand que celui-ci: "Donner la vie pour ses amis". Qu'est-ce que cela veut dire? Là encore, il ne s'agit pas d'un moralisme. On pourrait dire: "Ce n'est pas un nouveau commandement; le commandement d'aimer son prochain comme soi-même existe déjà dans l'Ancien Testament". Certains affirment: "Cet amour doit être encore plus radical; il faut aimer l'autre en imitant le Christ, qui s'est donné pour nous; ce doit être un amour héroïque, jusqu'au don de soi". Mais dans ce cas, le christianisme serait un moralisme héroïque. Il est vrai que nous devons arriver jusqu'à cette radicalité de l'amour, que le Christ nous a montrée et donnée, mais ici aussi, la vraie nouveauté n'est pas ce que nous faisons nous, la vraie nouveauté est ce qu'il a fait Lui: le Seigneur s'est donné lui-même à nous, et le Seigneur nous a donné la vraie nouveauté d'être les membres de son corps, d'être les sarments de la vigne qu'il est lui-même. La nouveauté est donc le don, le grand don, et de ce don, de la nouveauté de ce don, s'ensuit aussi, comme je l'ai dit, une nouvelle manière d'agir.


Saint Thomas d'Aquin le dit de manière très précise lorsqu'il écrit: "La nouvelle loi est la grâce de l'Esprit Saint" (Summa theologiae, i-iiae, q. 106, a. 1). La nouvelle loi n'est pas un commandement plus difficile que les autres: la nouvelle loi est un don, la nouvelle loi est la présence de l'Esprit Saint qui nous est donné dans le Sacrement du Baptême, dans la Confirmation et qui nous est donné chaque jour dans la Très Sainte Eucharistie. Les Pères ont fait ici la distinction entre "sacramentum" et "exemplum". "Sacramentum" est le don de l'être nouveau, et ce don devient également un exemple pour notre action, mais le "sacramentum" est placé avant, et nous, nous vivons du sacrement. Nous voyons ici la place centrale du sacrement, qui est la place du don.


Poursuivons notre réflexion. Le Seigneur dit: "Je ne vous appelle plus serviteurs, le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai appelés amis parce que tout ce que j'ai entendu du Père je vous l'ai fait connaître". Non plus serviteurs, qui obéissent à un ordre, mais amis, qui connaissent, qui sont unis dans la même volonté, dans le même amour. La nouveauté est donc que Dieu s'est fait connaître, que Dieu s'est montré, que Dieu n'est plus le Dieu inconnu, recherché, mais que l'on ne trouve pas ou que l'on devine seulement de loin. Dieu s'est fait voir: dans le visage du Christ, nous voyons Dieu, Dieu s'est fait connaître, et ainsi, il a fait de nous ses amis. Rappelons-nous que dans l'histoire de l'humanité, dans toutes les religions archaïques, on sait qu'il y a un Dieu. Il s'agit d'une connaissance présente au plus profond du coeur de l'homme, que Dieu est un, les dieux ne sont pas "le" Dieu. Mais ce Dieu demeure très lointain, il semble qu'il ne se fasse pas connaître, qu'il ne se fasse pas aimer, il n'est pas ami, mais il est lointain. C'est pourquoi les religions s'occupent peu de ce Dieu, la vie concrète s'occupe des esprits, des réalités concrètes que nous rencontrons chaque jour et avec lesquelles nous devons compter quotidiennement. Dieu demeure lointain.


Puis nous voyons le grand mouvement de la philosophie: pensons à Platon, Aristote, qui commencent à avoir l'intuition que ce Dieu est l' « agathòn », la bonté même, c'est l' « éros » qui fait se mouvoir le monde, mais cela reste une pensée humaine, c'est une idée de Dieu, qui s'approche de la vérité, mais une idée qui est la nôtre et Dieu reste un Dieu caché.


Récemment, un professeur de Ratisbonne m'a écrit, un professeur de physique, qui avait lu avec beaucoup de retard mon discours à l'université de Ratisbonne, pour me dire qu'il ne pouvait pas être d'accord avec ma logique ou qu'il pouvait l'être seulement en partie. Il dit: "Bien sûr, je suis convaincu par l'idée que la structure rationnelle du monde exige une raison créatrice, qui a fait cette rationalité, qui ne s'explique pas par elle-même". Et il continue: "Mais s'il peut exister un démiurge - ainsi s'exprime-t-il - un démiurge me semble quelque chose de sûr d'après ce que vous dites, je ne vois pas qu'existe un Dieu amour, bon, juste et miséricordieux. Je peux voir qu'il y a une raison qui précède la rationalité de l'univers, mais le reste, non". Et ainsi Dieu lui est caché. Il est une raison qui précède nos raisons, notre rationalité, la rationalité de l'être, mais il n'existe pas un amour éternel, il n'existe pas la grande miséricorde qui nous permet de vivre.


Et voilà, dans le Christ, Dieu s'est montré dans sa pleine vérité, il a montré qu'il est raison et amour, que la raison éternelle est amour et que c'est ainsi qu'elle crée. Malheureusement, aujourd'hui encore, beaucoup vivent encore éloignés du Christ, ils ne connaissent pas son visage et ainsi, la tentation éternelle du dualisme, qui se cache également dans la lettre de ce professeur, se renouvelle toujours, c'est-à-dire qu'il n'y a peut-être pas seulement un principe bon, mais aussi un principe mauvais, un principe du mal; que le monde est partagé et que ce sont deux réalités aussi fortes l'une que l'autre: et que le Dieu bon est seulement une partie de la réalité. Dans la théologie également, y compris la théologie catholique, se diffuse actuellement cette thèse: Dieu ne serait pas tout-puissant. De cette manière, on cherche une apologie de Dieu, qui ainsi ne serait pas responsable du mal que nous trouvons largement à travers le monde. Mais quelle pauvre apologie! Un Dieu qui ne serait pas tout-puissant! Le mal n'est pas entre ses mains! Et comment pourrions-nous nous en remettre à ce Dieu? Comment pourrions-nous être sûrs de son amour si cet amour finit là où commence le pouvoir du mal?


Mais Dieu n'est plus inconnu: dans le visage du Christ crucifié, nous voyons Dieu et nous voyons la vraie toute-puissance, et non le mythe de la toute-puissance. Pour nous les hommes, puissance, pouvoir, sont toujours identiques à la capacité de détruire, de faire le mal. Mais la vraie conception de la toute-puissance qui apparaît dans le Christ est précisément le contraire: en Lui, la vraie toute-puissance est d'aimer, jusqu'au point où Dieu peut souffrir: c'est ici que se montre sa véritable toute-puissance, qui peut aller jusqu'à un amour qui souffre pour nous. Et nous voyons ainsi qu'Il est le vrai Dieu et le vrai Dieu, qui est amour, est pouvoir: le pouvoir de l'amour. Et nous pouvons faire confiance à son amour tout-puissant et vivre en celui-ci, avec cet amour tout-puissant.


Je pense que nous devons toujours méditer à nouveau sur cette réalité, rendre grâce à Dieu parce qu'il s'est montré, parce que nous connaissons son visage, face-à-face; ce n'est plus comme Moïse qui ne pouvait voir que le dos du Seigneur. C'est aussi une belle image, dont saint Grégoire de Nysse dit: "Ne voir que le dos, veut dire que nous devons toujours suivre le Christ". Mais dans le même temps, Dieu a montré avec le Christ sa face, son visage. Le voile du temple s'est déchiré, s'est ouvert, le mystère de Dieu est visible. Le premier commandement qui exclut des images de Dieu, parce qu'elles pourraient seulement en diminuer la réalité, a changé, s'est renouvelé, a une autre forme. Nous pouvons à présent, dans le Christ homme, voir le visage de Dieu, nous pouvons posséder des icônes du Christ et ainsi voir qui est Dieu.


Je pense que quiconque a compris cela, quiconque a été touché par ce mystère, selon lequel Dieu s'est révélé, que le voile du Temple s'est déchiré, qu'il a montré son visage, trouve une source de joie permanente. Nous pouvons seulement dire: "Merci. Oui, à présent nous savons qui tu es, qui est Dieu et comment lui répondre". Et je pense que cette joie de connaître Dieu qui s'est montré, montré jusqu'à l'intimité de son être, implique également la joie de communiquer: qui a compris cela, vit touché par cette réalité, doit faire comme ont fait les premiers disciples qui vont chez leurs amis et leurs frères en disant: "Nous avons trouvé celui dont parlent les prophètes. Désormais il est présent". La dimension missionnaire n'est pas quelque chose d'extérieur, d'ajouté à la foi, mais c'est le dynamisme de la foi elle-même. Celui qui a vu, qui a rencontré le Christ, doit aller auprès de ses amis, et dire à ses amis: "Nous l'avons trouvé, c'est Jésus, le Crucifié pour nous".


Puis le texte continue et dit: "Je vous ai constitués pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure". Avec cela, nous revenons au commencement, à l'image, à la parabole de la vigne: elle est créée pour porter du fruit. Et quel est ce fruit? Comme nous l'avons dit, ce fruit est l'amour. Dans l'Ancien Testament, avec la Torah comme première étape de l'autorévélation de Dieu, le fruit était entendu comme justice, c'est-à-dire vivre selon la Parole de Dieu, vivre dans la volonté de Dieu, et ainsi vivre bien.


Cela demeure, mais dans le même temps, est transcendé: la vraie justice ne consiste pas en une obéissance à certaines normes, mais elle est amour, amour créateur, qui trouve seul la richesse, l'abondance du bien. Abondance est l'une des paroles-clés du Nouveau Testament. Dieu lui-même donne toujours en abondance. Pour créer l'homme, il crée cette abondance d'un univers immense; pour racheter l'homme, il se donne lui-même, dans l'Eucharistie, il se donne lui-même. Et qui est uni avec le Christ, qui est sarment de la vigne, vit de cette loi, il ne demande pas: "Puis-je encore faire cela ou non?", "Dois-je faire cela ou non?", mais il vit dans l'enthousiasme de l'amour qui ne demande pas: "Cela est-il encore nécessaire ou interdit", mais simplement, dans la créativité de l'amour, il veut vivre avec le Christ et pour le Christ et donner tout son être pour Lui et entrer ainsi dans la joie de porter du fruit. Souvenons-nous également que le Seigneur dit: "Je vous ai constitués pour que vous alliez": c'est le dynamisme qui vit dans l'amour du Christ; aller, c'est-à-dire ne pas rester seul, voir ma perfection, m'assurer le bonheur éternel, mais m'oublier moi-même, aller comme le Christ est allé, aller comme Dieu est allé dans son immense majesté jusque dans notre pauvreté, pour trouver du fruit, pour nous aider, pour nous donner la possibilité de porter le vrai fruit de l'amour. Plus nous sommes emplis de cette joie d'avoir découvert le visage de Dieu, plus l'enthousiasme de l'amour sera réel en nous et portera du fruit.


Et nous en venons enfin à la dernière parole de ce passage: "Et je vous dis: "Tout ce que vous demanderez au Père, qu'il vous le concède en mon nom"". Une brève catéchèse sur la prière qui nous surprend toujours à nouveau. Deux fois dans ce chapitre 15, le Seigneur dit: "Ce que vous demanderez je vous le donne", et une fois encore dans le chapitre 16. Et nous voudrions dire: "Mais non, Seigneur, ce n'est pas vrai". Tant de prières bonnes et profondes de mères qui prient pour leur enfant mourant et qui ne sont pas exaucées, tant de prières pour qu'arrive une chose bonne et que le Seigneur n'exauce pas. Que veut dire cette promesse? Dans le chapitre 16, le Seigneur nous offre la clé pour comprendre: il nous dit ce qu'il nous donne, ce qu'est ce tout, la « charà » (en grec, ndlr), la joie: si quelqu'un a trouvé la joie, il a tout trouvé et il voit tout dans la lumière de l'amour divin. Comme Saint François qui a composé la grande poésie sur la création dans une situation terrible, et pourtant là précisément, proche du Seigneur souffrant, il a redécouvert la beauté de l'être, la bonté de Dieu et il a composé cette grande poésie.


Il est également utile de rappeler, dans le même temps, plusieurs versets de l'Evangile de Luc, où le Seigneur, dans une parabole, parle de la prière, en disant: "Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent". L'Esprit Saint - dans l'Evangile de Luc - est joie; dans l'Evangile de Jean, il est la même réalité: la joie est l'Esprit Saint et l'Esprit Saint est la joie, ou bien, en d'autres termes, ne demandons pas à Dieu des choses petites ou grandes, invoquons de Dieu le don divin, Dieu lui-même; tel est le grand don que Dieu nous donne: Dieu lui-même. Dans ce sens, nous devons apprendre à prier, prier pour la grande réalité, pour la réalité divine, pour qu'Il se donne à nous, qu'Il nous donne son Esprit et que nous puissions ainsi répondre aux exigences de la vie et aider les autres dans leurs souffrances. Naturellement, le Notre Père nous l'enseigne. Nous pouvons prier pour tant de choses, dans tous nos besoins nous pouvons prier: "Aide-moi!". Cela est très humain et Dieu est humain, comme nous l'avons vu; il est donc juste de prier Dieu également pour les petites choses de notre vie quotidienne.


Mais, dans le même temps, prier est un chemin, je dirais une échelle: nous devons apprendre toujours plus les choses pour lesquelles nous pouvons prier et les choses pour lesquelles nous ne pouvons pas prier, car elles sont l'expression de mon égoïsme. Je ne peux pas prier pour des choses qui sont nuisibles pour les autres, je ne peux pas prier pour des choses qui aident mon égoïsme, mon orgueil. Ainsi, prier sous les yeux de Dieu devient un processus de purification de nos pensées, de nos désirs. Comme le dit le Seigneur dans la parabole de la vigne: nous devons être élagués, purifiés, chaque jour; vivre avec le Christ, dans le Christ, demeurer dans le Christ est un processus de purification, et ce n'est que dans ce processus de lente purification, de libération de nous-mêmes, que se trouve le chemin véritable de la vie, que s'ouvre le chemin de la joie.


Comme je l'ai déjà mentionné, toutes ces paroles du Seigneur possèdent un arrière-plan sacramentel. L'arrière-plan sacramentel de la parabole de la vigne est le Baptême: nous sommes greffés dans le Christ; et l'Eucharistie: nous sommes un pain, un corps, un sang, une vie avec le Christ. Et ainsi, ce processus de purification possède lui aussi un arrière-plan sacramentel: le sacrement de la pénitence, de la réconciliation dans lequel nous acceptons cette pédagogie divine qui, jour après jour, au cours d'une vie, nous purifie et fait de nous toujours davantage de véritables membres de son corps. De cette manière, nous pouvons apprendre que Dieu répond à nos prières, il répond souvent avec bonté également aux petites prières, mais il les corrige aussi souvent, il les transforme et les guide, afin que nous puissions être finalement et réellement des sarments de son Fils, de la vraie vigne, des membres de son Corps.


Rendons grâce à Dieu pour la grandeur de son amour, prions afin qu'il nous aide à grandir dans son amour, à demeurer réellement dans son amour.

 


© Libreria Editrice Vaticana


Traduction française : L'Osservatore Romano - 16 février 2010

Benoît XVI, Message pour la Journée Mondiale de Prière pour les Vocations 2010

dominicanus #Année Sacerdotale
Le témoignage suscite des vocations.

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Vénérables Frères dans l’Épiscopat

et dans le Sacerdoce, chers frères et sœurs!

 

La 47ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations que nous célébrerons le 4ème dimanche de Pâques – dimanche du «Bon Pasteur» – le 25 avril 2010, me donne l’occasion de proposer à votre méditation un thème qui est bien en harmonie avec l’Année Sacerdotale: Le témoignage suscite des vocations. En effet, la fécondité de la proposition vocationnelle dépend avant tout de l’action gratuite de Dieu; mais, comme le confirme l’expérience pastorale, elle est aussi favorisée par la qualité et par la richesse du témoignage personnel et communautaire de ceux qui ont déjà répondu à l’appel du Seigneur dans le ministère sacerdotal et dans la vie consacrée: leur témoignage peut susciter chez d’autres le désir de répondre à leur tour, avec générosité, à l’appel du Christ. Ce thème est donc étroitement lié à la vie et à la mission des prêtres et des personnes consacrées. C’est la raison pour laquelle je voudrais inviter tous ceux que le Seigneur a appelés à travailler dans sa vigne, à renouveler la fidélité de leur réponse, surtout en cette Année Sacerdotale ouverte à l’occasion du 150ème anniversaire de la mort du saint Curé d’Ars, Jean-Marie Vianney, exemple toujours actuel de prêtre et de curé.

 

Déjà dans l’Ancien Testament, les prophètes savaient qu’ils étaient appelés à témoigner par leur existence de ce qu’ils annonçaient, et ils étaient prêts à affronter même l’incompréhension, le rejet, la persécution. La mission que Dieu leur confiait les impliquait complètement, ils avaient au cœur comme un «feu dévorant» qu’on ne peut contenir (cf. Jr 20,9) et ils étaient prêts à mettre au service du Seigneur non seulement leur voix, mais aussi tous les aspects de leur existence. Dans la plénitude des temps, il appartiendra à Jésus, l’envoyé du Père (cf. Jn 5,36), de témoigner, par sa mission, de l’amour de Dieu à l’égard de tous les hommes sans distinction, avec une particulière attention aux plus petits, aux pécheurs, aux marginaux, aux pauvres. Il est, par excellence, le Témoin de Dieu et de sa volonté que tous soient sauvés. à l’aube des temps nouveaux, Jean-Baptiste, par sa vie entièrement consacrée à préparer les voies du Christ, témoigne que les promesses de Dieu s’accomplissent dans le Fils de Marie de Nazareth. Quand il le voit venir au Jourdain, où il baptisait, il le désigne à ses disciples comme «l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde» (Jn 1, 29). Son témoignage est si fécond, que deux de ses disciples «en l’entendant parler ainsi, suivirent Jésus» (Jn 1, 37).

 

De même, la vocation de Pierre, selon ce qu’écrit l’évangéliste Jean, passe par le témoignage de son frère André qui, après avoir rencontré le Maître et répondu à son invitation à rester avec lui, éprouve le besoin de lui faire part immédiatement de ce qu’il a découvert en «demeurant» avec le Seigneur: «Nous avons trouvé le Messie – autrement dit le Christ – et il l’amena à Jésus» (Jn 1, 41-42). C’est ce qui est arrivé aussi à Nathanaël, Barthélémy, grâce au témoignage d’un autre disciple, Philippe, qui lui communique avec joie sa grande découverte: «Celui dont parlent la loi de Moïse et les Prophètes, nous l’avons trouvé: c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth» (Jn 1, 45). L’initiative libre et gratuite de Dieu rencontre et interpelle la responsabilité humaine de ceux qui accueillent son invitation à devenir, par leur propre témoignage, des instruments de l’appel divin. Ceci arrive encore aujourd’hui dans l’Église: Dieu se sert du témoignage des prêtres qui sont fidèles à leur mission pour susciter de nouvelles vocations sacerdotales et religieuses au service du peuple de Dieu. C’est la raison pour laquelle je désire rappeler trois aspects de la vie du prêtre, qui me paraissent essentiels pour un témoignage sacerdotal efficace.

 

L’amitié avec le Christ est un élément fondamental et reconnaissable de toute vocation au sacerdoce et à la consécration. Jésus vivait en constante union avec son Père, ce qui suscitait chez les disciples le désir de vivre la même expérience, en apprenant de Lui la communion et le dialogue incessant avec Dieu. Si le prêtre est l’«homme de Dieu», qui appartient à Dieu et qui aide à le connaître et à l’aimer, il ne peut pas ne pas cultiver une profonde intimité avec Lui, demeurer dans son amour, en faisant place à l’écoute de sa Parole. La prière est le premier témoignage qui suscite des vocations. De même que l’apôtre André annonce à son frère qu’il a rencontré le Maître, celui qui veut être disciple et témoin du Christ doit l’avoir «vu» personnellement, doit l’avoir connu, doit avoir appris à l’aimer et à demeurer avec Lui.

 

Le don total de soi à Dieu est un autre aspect de la consécration sacerdotale et de la vie consacrée. L’apôtre Jean écrit: «Voici à quoi nous avons reconnu l’amour: lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères» (1 Jn 3, 16). Par ces mots, il invite les disciples à entrer dans la logique même de Jésus qui, dans toute son existence, a accompli la volonté du Père jusqu’au don suprême sur la croix. La miséricorde de Dieu se manifeste là dans toute sa plénitude: amour miséricordieux qui a vaincu les ténèbres du mal, du péché et de la mort. Le geste de Jésus qui, à la Dernière Cène, se lève de table, dépose ses vêtements, prend un linge dont il se ceint, et se penche pour laver les pieds des Apôtres, exprime le sens du service et du don manifestés dans son existence tout entière, en obéissance à la volonté du Père (cf. Jn 13, 3-15). à la suite de Jésus, toute personne appelée à vivre une consécration spéciale doit s’efforcer de témoigner de ce don total de soi à Dieu. C’est de cela que naît la capacité de se donner ensuite à ceux que la Providence lui confie dans le ministère pastoral, avec un dévouement complet, permanent et fidèle, dans la joie de se faire compagnon de voyage de tant de frères, pour qu’ils s’ouvrent à la rencontre avec le Christ et que sa Parole devienne lumière sur leur route. L’histoire de chaque vocation est presque toujours liée au témoignage d’un prêtre qui vit avec joie le don de lui-même à ses frères pour le Royaume des cieux. Ceci parce que le voisinage et la parole d’un prêtre sont capables de faire surgir des interrogations et de conduire à des décisions, même définitives (cf. Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synod. Pastores dabo vobis, n. 39).

 

Enfin, vivre la communion est un troisième aspect qui ne peut pas ne pas caractériser le prêtre et la personne consacrée. Jésus a indiqué la profonde communion dans l’amour comme signe distinctif de celui qui veut être son disciple: «Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples: c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres» (Jn 13, 35). De façon particulière, le prêtre doit être un homme de communion, ouvert à tous, capable de faire marcher dans l’unité tout le troupeau que la bonté du Seigneur lui a confié, en l’aidant à dépasser les divisions, à recoudre les déchirures, à aplanir les oppositions et les incompréhensions, à pardonner les offenses. Lorsque j’ai rencontré le Clergé d’Aoste en juillet 2005, j’ai dit que si les jeunes voient des prêtres isolés et tristes, ils ne se sentent certainement pas encouragés à suivre leur exemple. Ils restent perplexes s’ils sont amenés à penser que tel est l’avenir du prêtre. Il est au contraire important de réaliser la communion de vie qui leur révèle la beauté du sacerdoce. Alors le jeune dira: «Cela peut être un avenir également pour moi, on peut vivre ainsi» (Insegnamenti I, [2005], 354). à propos du témoignage qui suscite des vocations, le Concile Vatican II souligne l’exemple de charité et de collaboration fraternelle que doivent offrir les prêtres (cf. Décret Optatam totius, n. 2).

 

Je rappelle volontiers ce qu’a écrit mon vénéré Prédécesseur Jean-Paul II: «La vie des prêtres, leur dévouement absolu au peuple de Dieu, leur témoignage de service d'amour pour le Seigneur et son Église – un témoignage marqué du signe de la croix, acceptée dans l'espérance et la joie pascale –, leur concorde fraternelle et leur zèle pour l'évangélisation du monde sont les premiers et les plus convaincants des facteurs de la fécondité des vocations» (Pastores dabo vobis, 41). On pourrait dire que les vocations sacerdotales naissent du contact avec les prêtres, à la manière d’un précieux patrimoine qui est transmis par la parole, l’exemple et toute l’existence.

 

Ceci vaut également pour la vie consacrée. L’être même des religieux et des religieuses parle de l’amour du Christ quand ils le suivent en pleine fidélité à l’Évangile et en assument avec joie les critères de jugement et de comportement. Ils deviennent «signe de contradiction» pour le monde, dont la logique est souvent inspirée par le matérialisme, l’égoïsme et l’individualisme. Parce qu’ils se laissent conquérir par Dieu en renonçant à eux-mêmes, leur fidélité et la force de leur témoignage continuent de susciter dans le cœur de tant de jeunes le désir de suivre le Christ à leur tour et pour toujours, de façon généreuse et absolue. Imiter le Christ chaste, pauvre et obéissant, et s’identifier à Lui: tel est l’idéal de la vie consacrée, témoignage du primat absolu de Dieu dans la vie et l’histoire des hommes.

 

Tout prêtre, tout consacré, toute consacrée qui est fidèle à sa vocation communique la joie de servir le Christ et invite les chrétiens à répondre à l’appel universel à la sainteté. Par conséquent, l’exemple de ceux qui ont déjà dit leur «oui» à Dieu et au projet de vie qu’Il a sur chacun, est indispensable pour promouvoir les vocations spécifiques au ministère sacerdotal et à la vie consacrée, pour rendre plus fort et plus incisif l’appel vocationnel. Le témoignage personnel, fait de choix existentiels et concrets, encouragera les jeunes à prendre, à leur tour, des décisions exigeantes qui engagent leur avenir. Pour les aider, il faut cet art de la rencontre et du dialogue capable de les éclairer et de les accompagner, grâce surtout à l’exemplarité d’une existence vécue comme une vocation. C’est ce qu’a fait le Saint Curé d’Ars: en contact permanent avec ses paroissiens, il «enseignait surtout par le témoignage de sa vie. A son exemple, les fidèles apprenaient à prier» (Lettre pour l’Indiction de l’Année Sacerdotale, 16 juin 2009).

 

Que cette Journée Mondiale puisse offrir encore une fois une précieuse occasion à beaucoup de jeunes pour réfléchir sur leur propre vocation, en y adhérant avec simplicité, confiance et pleine disponibilité! Que la Vierge Marie, Mère de l’Église, protège tout germe de vocation, si petit soit-il, dans le cœur de ceux que le Seigneur appelle à le suivre de plus près; qu’elle fasse en sorte qu’il devienne un arbre robuste, chargé de fruits pour le bien de l’Église et de l’humanité tout entière! Je prie pour cela et j’accorde à tous la Bénédiction Apostolique.

 

Du Vatican, le 13 novembre 2009

 

 

BENEDICTUS PP. XVI

 

 

 

© Copyright 2009 - Libreria Editrice Vaticana

Concours pour l'Année Sacerdotale

dominicanus #Année Sacerdotale

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Description:
 Raconter l’expérience la plus belle ou la plus frappante de votre ministère sacerdotal. Il s’agit de s’émerveiller de l’action de Dieu dans les cœurs à travers le prêtre.  


Prix: Un voyage à Rome du 7 au 11 juin 2010, à l’occasion de la clôture de l’année sacerdotale. Comprend : transport en avion (à partir des principales capitales d’Amérique, d’Afrique et d’Europe), hébergement et nourriture (du 7 au 11 juin seulement). Pour les prêtres qui vivent in Italie, le prix consiste en un voyage en Terre Sainte, aux mêmes conditions, de la même durée mais à d’autres dates. Le nom du gagnant sera révélé le 25 mars 2010

Participants: Réservé exclusivement aux prêtres (voir ci-dessous).

Extension maximale:  700 mots

Date limite de participation:  19 mars 2010

Publication: Certains des meilleurs récits seront publiés dans un livre et sur www.catholic.net, avec la permission des participants, mais sans aucune rétribution financière.

Description:
– Le récit est :
- Une expérience vécue par le prêtre qui la rapporte
- Un fait concret et historique, pas une réflexion spirituelle sur le sacerdoce

– En outre:
-Il doit être écrit à la première personne, tout en maintenant la possibilité de rester anonyme (évidemment, les organisateurs du concours connaîtront l’identité du prêtre, mais vous pouvez demander à ce que celle-ci ne soit pas diffusée).
-Le nom des autres protagonistes doit être modifié et on doit éviter les informations qui permettraient de les identifier trop facilement.
- Il ne peut pas se rapporter à des apparitions ou visions.
- Chaque prêtre peut envoyer autant de témoignages qu’il souhaite.
-Évidemment, les informations reçues en confession sont totalement exclues.


Pour participer au concours:

Catholic.net

Merci aux laïcs de transmettre à leurs prêtres!

Rencontre Internationale des Prêtres - Inscription et Programme Officiel

dominicanus #Année Sacerdotale
Le Pape invite les prêtres à prendre part à la Rencontre Internationale des prêtres à l’occasion de la clôture de l’Année sacerdotale à Rome, du 9 au 11 juin 2010

 

 

“Que l'Année sacerdotale soit une occasion supplémentaire pour les religieux prêtres, d'intensifier leur chemin de sanctification, et, pour tous les consacrés et les consacrées, un stimulant pour accompagner et soutenir leur ministère de leur prière fervente. Cette année de grâce culminera à Rome, en juin prochain, par la rencontre internationale des prêtres, à laquelle j'invite tous ceux qui exercent le ministère sacré”.

 

Pape Benoît XVI,

Homélie des Vêpres de la Fête

de la Présentation du Seigneur, 2 février 2010



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RENCONTRE INTERNATIONALE

DES PRÊTRES

Rome, 9-11 juin 2010

 

 

« FIDÉLITÉ DU CHRIST,

FIDÉLITÉ DU PRÊTRE »

 

 

 

 

 

  1. PROGRAMME OFFICIEL

  2. FICHE D'INSCRIPTION À LA RENCONTRE

 

1. Programme officiel

 

Mercredi 9 juin

                                              BASILIQUE SAINT-PAUL-hors-les-murs

« Conversion et Mission »

 

9H  Invocation à l’Esprit-Saint

Conférence de Son Eminence le Cardinal Joachim Meisner, Archevêque de Cologne

Adoration eucharistique avec possibilité de se confesser

Célébration de la Sainte Messe présidée par Son Eminence le Cardinal Claudio Hummes, Préfet de la Congrégation pour le Clergé

 

 

Jeudi 10 juin

                                              BASILIQUE SAINTe-MARIE-MAJEURe

« Cénacle : invocation du Saint Esprit avec Marie, en communion fraternelle » 

 

9H Invocation à l’Esprit-Saint

Conférence de Son Eminence le Cardinal Marc Ouellet, Archevêque de Québec

Adoration eucharistique avec possibilité de se confesser

Célébration de la Sainte Messe présidée par Son Eminence le Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat de Sa Sainteté

 

Soirée Rassemblement PLACE SAINT-PIERRE

Veillée

Témoignages et temps de Musique

Dialogue avec S.S. Benoît XVI

Adoration et bénédiction eucharistique

 

 

Vendredi 11 juin – Solennité du Sacré-Cœur de Jésus

                                                                       BASILIQUE Saint-Pierre

« Avec Pierre, en communion ecclésiale »

 

matin                     Célébration de la Sainte Messe présidée par S.S. Benoît XVI

 

 

Pour les célébrations Eucharistiques, se souvenir de porter avec soi aube ET ÉTOLE BLANCHE

 

Le présent programme pourra subir éventuellement des variations et/ou des intégrations

 

 

 

 

 

 


 

 

 

2 - FICHE D’InSCRIptION


 

DONNÉES PERSONNELLES

Remplir en caractères majuscules, en utilisant une case pour chaque lettre ou signe graphique

 

nom de famille |__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|

 

prénom |__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|

 

adresse |__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|

 

co. post. |__|__|__|__|__|

 

ville |__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|

 

province |__|__|

 

nation |__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|

 

né à |__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|

 

le (jj/mm/aa) |__|__|__|__|__|__|

 

citoyenneté |__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|    



préfixe int. |__|__|__|__|__|

 

tel. |__|__|__|__|--|__|__|__|__|__|__|__|__|

 

fax |__|__|__|__|-|__|__|__|__|__|__|__|__|

 

portable |__|__|__|__|-|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|

 

autre tel : |__|__|__|__|-|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|

 

 Mél. |__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|



pièce d’identité o passeport o carte d'identité n. |__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|__|

 

date de délivrance/renouvellement (jj/mm/aa) |__|__|__|__|__|__|

 

péremption le (jj/mm/aa) |__|__|__|__|__|__|

 

(Les ressortissants étrangers sont tenus de demander aux autorités compétentes des informations sur le besoin de visa d'entrée et l’éventuel permis de retour dans leur pays d’origine)

 

 

groupe linguistique officiel

(Cocher la case de son groupe linguistique d'appartenance)

 

□ italien □ français □ anglais □ allemand □ espagnol □ portugais

 

 

QUALITE

(Cocher la case et indiquer le Diocèse ou la Congrégation d'appartenance)

 

□ archevêque/évêque     

__________________________________

□ prêtre diocésain

__________________________________

□ prêtre religieux

__________________________________

 


 

 

 

 

ORGANISATION TECHNIQUE ET LOGISTIQUE

 

La Secrétairerie organisatrice de la Rencontre a son siège auprès de l'Opera Romana Pellegrinaggi - Place Pie XII, 9 (Place Saint-Pierre) - 00120 Cité du Vatican

 

Tel. #39.06.69896.393/Fax #39.06.6988.5673/email :

 

a.sacerdotalis@orpnet.org

 

C’est à la Secrétairerie organisatrice que devra parvenir l'inscription de tous les Prêtres, quel que soit le titre de leur participation à la Rencontre.

 

INSCRIPTION

 

5     accréditation

30,00 €uro 

 

accréditation


L’accréditation comporte le versement d'une quote-part obligatoire pour tous les participants.

Elle donne droit aux services suivants :

  • inscription à la Rencontre, matériels et documentation du Congrès ;

  • Vatican and Rome Card (3 jours) pour transferts avec les transports en commun urbains (metro et bus), y compris le chemin de fer Rome/Ostie et l’Open Bus Rome Chrétienne

  • traduction simultanée dans les principales langues (italien, français, anglais, espagnol, allemand et portugais) ;

  • assistance permanente du personnel technique ;

  • assistance médicale et assurance sanitaire pendant tout le temps de la Rencontre.

 

La participation devra être confirmée avant le vendredi 7 AVRIL 2010, en envoyant la Fiche d'Inscription, correctement remplie en toutes ses sections à la Secrétairerie organisatrice, en même temps que le reçu du solde de la quote-part.

L'inscription ne sera confirmée que si elle est accompagnée du versement de la somme qui lui correspond.

 

SOLIDARITÉ

 

On donne la possibilité à tous les Prêtres qui s'inscrivent d'aider quelque autre prêtre en difficulté à participer aux travaux de la Rencontre, en versant:

 

5     €uro  5,00

5     €uro  10,00

  • URO _______________

                        (Autre)

 

MODALITÉS DE PAIEMENT

 

Toutes les inscriptions et les paiements correspondants devront parvenir à la Secrétairerie organisatrice avant le 7 AVRIL 2010. On recommande de spécifier toujours cette cause sur les attestations de paiement : (2. Inscription - Rencontre Internationale des Prêtres - Rome 2010)

 

Le soussigné s'inscrit à la Rencontre Internationale des Prêtres 2010 en versant la quote-part totale de ______, ____ Euro = à travers :

 

Chèque (International) « Non Endossable » au nom de « Opera Romana Pellegrinaggi »;

Virement Bancaire. Sur UNICREDIT BANCA DI ROMA IT 10 H 03002 03270 000401093655 Swift :     BROMITRDZ01

Carte de crédit (VISA/MASTERCARD/MAESTRO/VISA ELECTRON - AMERICAN EXPRESS.) - pour les inscriptions par internet

(joindre une photocopie du paiement efectué)

 

 

date   __________________                                                           



Signature  _______________________________________

 

Le traitement des données personnelles se fait manuellement ou par des moyens informatiques selon des critères étroitement liés aux finalités institutionnelles de l’ORP de façon à garantir toujours la sécurité et la confidentialité des données elles-mêmes.


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