C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez
4. Le troisième honneur est l'excellence qui se trouve dans le tressaillement. Dans
aucun temps on n'a jamais ouï dire que personne ait tressailli dans le sein de sa mère, et on lit de Jean, qu'il bondit de joie. C'est chose vraiment surprenante, qu'un enfant. à peine conçu,
s'agite dans de tels mouvements, et se porte à la rencontre de celui qu'il sentit incarné dans le sein d'une vierge, pour lui rendre doucement ses hommages. Ame bienheureuse, qui ne s'arrêta
point dans la voie du péché, et qui sortant du séjour céleste par un sentier plus secret, éprouva la douceur d'une reconnaissance inouïe. Heureuse Élisabeth, vers qui porte ses pas en toute hâte
la Mère du Sauveur, que l'Impératrice des cieux entoure de ses salutations empressées. Mais bien plus heureux cet enfant, qui, reconnaissant la majesté de celle qui salue, bondit de joie, dans le
cachot ténébreux des entrailles qui l'entourent, parce qu'il comprend la puissance d'une si heureuse salutation. « Et il arriva,» dit l'Évangile, « que lorsque Élisabeth entendit le salut de
Marie, son enfant tressaillit de joie en son sein (Luc. I, 4I). » La Vierge se dirigea en toute hâte, vers la demeure de Zacharie, pour saluer Elisabeth, portant elle-même en son sein le Fils de
Dieu, le roi de gloire, le Seigneur de majesté. Elisabeth va à sa rencontre, et, délivrée de l'opprobre de son ancienne stérilité, elle porte en ses entrailles bienheureuses, l'ami de l'Époux, et
le héraut du Verbe. Elles s'embrassent, leurs corps se rapprochent, et roi et soldat ne sont plus séparés que par deux cloisons très-faibles. Qu'y a-t-il d'étonnant si l'enfant s’étonne et
tressaille au contact et au souffle de la divinité si rapprochée? Pouvait-il ne point éprouver quelque impression miraculeuse, cet enfant pour qui étaient présents je roi, la Mère du Seigneur
régnant, le Rédempteur du monde ? Et cela surtout, quand, l'union de ces saints embrassements fut répétée plusieurs fois. « Marie resta avec Elisabeth environ trois mois, » dit l'Evangile. (Luc.
I, 56). La Vierge parfaite demeure tout ce temps avec Elisabeth, et tantôt par ses douces paroles, tantôt par de bienheureux embrassements, elle consacre et illustre le petit Jean. (Peut-être
restera-t-elle avec sa cousine jusqu'au jour de la naissance de cet enfant, jusques à ce qu'elle pût le réchauffer, sur son très-heureux sein, et qu'une des murailles, en tombant, le rapprochât
de son créateur. Parce passage de l'Évangile, il est facile de conjecturer que six mois s'étaient déjà écoulés depuis la conception de Jean, lorsque l'Archange Gabriel, fut envoyé à la Vierge,
pour annoncer dans le salut nouveau, adressé à sa pudeur virginale, le grand événement qui devait renouveler le monde. Dès ce moment, la Vierge se hâta d'aller visiter Elisabeth ; durant trois
mois elle daigne accepter l'hospitalité chez sa parente, jusqu'à ce que le neuvième mois achevé, la naissance du saint Patriarche eut lieu. D'autres personnes qui ont examiné d'un regard diligent
le livre des justes, assurent avoir vu que la Mère de Dieu elle-même leva d'abord, de terre l'heureux enfant, et entoura de tous ses soins sa parente lorsqu'elle le mit au monde; (quoi qu'il en
soit), une chose très-assurée, c'est qu’une cohabitation si heureuse et si prolongée, à côté de la Vierge sans tache, ne fut pas peu utile à l'enfant qui devait naître.