C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez
En ce 22 février, fête de la Chaire de Saint-Pierre, j'attire votre attention (sans son aimable autorisation ๐) sur une publication, datée d'hier, de l'abbé Michel Salamolard, prêtre du diocèse de Sion, dans lequel se trouve Écône :
๐๐จ๐ง๐จ๐๐ฌ๐ญ๐๐ง๐ญ ๐ฅ๐๐ฌ ๐๐จ๐ง๐ง๐๐ฌ ๐ข๐ง๐ญ๐๐ง๐ญ๐ข๐จ๐ง๐ฌ – ๐ช๐ฎ๐ ๐๐ข๐๐ฎ ๐ฌ๐๐ฎ๐ฅ ๐๐จ๐ง๐ง๐๐ขฬ๐ญ – ๐๐ ๐ฅ๐ ๐ ๐ซ๐๐ญ๐๐ซ๐ง๐ข๐ญ๐ฬ ๐๐๐ข๐ง๐ญ ๐๐ข๐ ๐, ๐ฌ๐ ๐๐๐ซ๐ง๐ข๐ฬ๐ซ๐ ๐ซ๐ฬ๐ฉ๐จ๐ง๐ฌ๐ ๐๐ฎ ๐๐๐ซ๐๐ข๐ง๐๐ฅ ๐ ๐๐ซ๐ง๐๐ง๐๐๐ณ ๐ฌ๐๐ฆ๐๐ฅ๐ ๐๐ข๐๐ง ๐๐ง๐ง๐จ๐ง๐๐๐ซ ๐ฎ๐ง ๐๐ก๐จ๐ข๐ฑ ๐จ๐๐ฃ๐๐๐ญ๐ข๐ ๐๐ญ ๐๐ฬ๐ฅ๐ข๐๐ฬ๐ซ๐ฬ ๐๐ ๐ฅ’๐ก๐ฬ๐ซ๐ฬ๐ฌ๐ข๐ ๐๐ญ ๐๐ฎ ๐ฌ๐๐ก๐ข๐ฌ๐ฆ๐. ๐๐ง๐๐ฅ๐ฒ๐ฌ๐ ๐๐ญ ๐ฉ๐๐ซ๐ฌ๐ฉ๐๐๐ญ๐ข๐ฏ๐๐ฌ.
Deux phrases essentielles, tirées de la lettre de la FSSPX au cardinal Fernandez, affirment et résument le refus d’Écône de satisfaire aux conditions posées par le Vatican pour une possible réhabilitation de cette dissidence.
«Nous savons d’avance tous deux, lit-on, que nous ne pouvons pas nous mettre d’accord sur le plan doctrinal, en particulier concernant les orientations fondamentales prises depuis le Concile Vatican II.» Telle est la toute première raison invoquée par le supérieur de la Fraternité pour justifier son refus.
Cette phrase contient une demi-vérité et l’affirmation d’une volonté. «Nous savons d’avance tous deux», c’est la demi-vérité. Elle ne vaut que pour Écône, pas pour le cardinal Fernandez. Ce dernier, au contraire, proposait un dialogue capable de parvenir à un accord.
La volonté qui s’affirme ici est celle de la FSSPX de ne pas chercher, de ne pas souhaiter, de ne pas même espérer un accord concernant les «orientations de Vatican II». Pareille position n’est autre qu’une hérésie assumée. On y reviendra plus bas. Voyons d’abord la seconde phrase essentielle de la lettre de l’abbé Pagliarani:
La Fraternité, lisons-nous vers la fin de cette missive « n’a d’autre intention que de faire [de nos fidèles] de véritables enfants de l’Église romaine ». Cette assertion est contradictoire et se retourne contre la FSSPX. Comment une communauté catholique pourrait-elle se prétendre «romaine» tout en coupant ses liens avec Rome (le pape, le collège des évêques)? Après la position hérétique, voici le choix objectif du schisme, curieusement nié alors même qu’il se déclare.
Revenons maintenant sur les éléments significatifs d’une hérésie, d’une part, et d’un schisme, d’autre part, dans la position d’Écône ci-dessus caractérisée.
๐๐ ๐ญ๐๐ง๐ญ๐๐ญ๐ข๐จ๐ง ๐ก๐ฬ๐ซ๐ฬ๐ญ๐ข๐ช๐ฎ๐
Le concile Vatican II, dont la réception est l’objet même du débat et du désaccord, a rédigé une collection de documents, tous promulgués par le pape légitime, Paul VI. Ces textes n’ont pas tous le même statut, loin de là.
Deux déclarations sortent du lot: la Constitution dogmatique sur l’Église (Lumen Gentium) et la Constitution dogmatique sur la Révélation divine (Dei Verbum). Ces deux textes traitent donc du dogme, du dépôt de la foi catholique et apostolique, dont ils donnent l’interprétation la plus autorisée à travers un concile universel présidé par le pape légitime.
Les refuser, si l’on se dit catholique, c’est forcément faire le choix de l’hérésie, de l’hétérodoxie.
À noter qu’une autre Constitution de Vatican II, celle sur la Liturgie (Sacrosanctum concilium), n’est pas qualifiée de «dogmatique»: elle n’oblige pas les catholiques, malgré son importance, à la même adhésion de foi que Lumen Gentium et Dei Verbum.
Rejeter totalement ou partiellement les deux Constitutions dogmatiques de Vatican II, colonnes de l’enseignement de ce concile, revient à rejeter le concile lui-même.
๐๐ ๐ญ๐๐ง๐ญ๐๐ญ๐ข๐จ๐ง ๐ฌ๐๐ก๐ข๐ฌ๐ฆ๐๐ญ๐ข๐ช๐ฎ๐
Cela conduit pratiquement au schisme, à la rupture grave avec l’Église catholique. C’est en tout cas ce que l’on peut et doit conclure du Code de droit canonique de 1917, voulu par le pape Pie X et promulgué par son successeur Benoît XV:
« Le concile œcuménique est muni du pouvoir souverain sur Église universelle », déclare ce code de 1917, que la FSSPX ne saurait taxer d’infidélité à la Tradition « de toujours »!
Rejeter un concile œcuménique (universel) c’est du même coup rejeter l’autorité du pape qui l’a présidé et en a promulgué les déclarations.
Or, un tel rejet de la juridiction et de l’autorité du pape légitime est frontalement contraire à la tradition catholique « de toujours ». Contraire à Vatican I (un). Contraire au Code de droit canonique de 1917 (voulu par Pie X !). Citons-le (can. 218):
§ 1 ๐ฟ๐ ๐๐๐๐ก๐๐๐ ๐
๐๐๐๐๐ ๐ ๐ข๐๐๐๐ ๐ ๐๐ข๐ ๐๐ ๐๐๐๐๐ก ๐๐๐๐๐๐ ๐๐๐๐ ๐ ๐ ๐๐๐๐๐๐ข๐ก๐ฬ, ๐ ๐๐๐ ๐ ๐๐ข๐๐๐๐๐๐ก ๐๐ ๐๐๐๐๐๐ข๐ก๐ฬ ๐’โ๐๐๐๐๐ข๐, ๐๐๐๐ ๐๐ ๐๐๐ข๐ฃ๐๐๐ ๐๐ ๐๐ข๐๐๐๐๐๐ก๐๐๐ ๐ ๐ข๐๐๐ฬ๐๐ ๐๐ก ๐๐๐ก๐๐๐ ๐ ๐ข๐ ๐ธฬ๐๐๐๐ ๐ ๐๐๐๐ฃ๐๐๐ ๐๐๐๐, ๐ก๐๐๐ก ๐๐๐๐ ๐๐๐ ๐๐๐ก๐๐ฬ๐๐๐ ๐๐ข๐ ๐๐๐๐๐๐๐๐๐๐ก ๐๐ ๐๐๐ ๐๐ก ๐๐๐ ๐œ๐ข๐๐ , ๐๐ข๐ ๐๐๐๐ ๐๐๐๐๐๐ ๐๐ข๐ ๐ ๐ ๐๐๐๐๐๐๐ก๐๐๐ก ๐ฬ ๐๐ ๐๐๐ ๐๐๐๐๐๐๐ ๐๐ก ๐๐ข ๐๐๐ข๐ฃ๐๐๐๐๐๐๐๐ก ๐๐ ๐ธฬ๐๐๐๐ ๐ ๐๐ฬ๐๐๐๐๐ข๐ ๐๐๐๐ ๐๐ ๐๐๐๐๐ ๐๐๐ก๐๐๐.
§ 2 ๐ถ๐ ๐๐๐ข๐ฃ๐๐๐ ๐๐ ๐ก ๐ฃ๐๐๐๐๐๐๐ก ๐ฬ๐๐๐ ๐๐๐๐๐, ๐๐๐๐๐๐๐๐๐ ๐๐ก ๐๐๐๐ฬ๐๐๐๐ก, ๐ ’๐๐ฅ๐๐๐ฬง๐๐๐ก ๐ก๐๐๐ก ๐ ๐ข๐ ๐ก๐๐ข๐ก๐๐ ๐๐๐ ๐ฬ๐๐๐๐ ๐๐ ๐๐ก ๐โ๐๐๐ข๐๐ ๐’๐๐๐ก๐๐ ๐๐๐๐๐ ๐๐ข๐ ๐ ๐ข๐ ๐ก๐๐ข๐ ๐๐๐ ๐๐๐ ๐ก๐๐ข๐๐ ๐๐ก ๐ก๐๐ข๐ ๐๐๐ ๐๐๐๐ฬ๐๐๐ ๐๐ก ๐โ๐๐๐ข๐ ๐’๐๐๐ก๐๐ ๐๐ข๐ฅ ; ๐๐ ๐๐๐ข๐ฃ๐๐๐ ๐๐ ๐ก ๐๐๐๐ฬ๐๐๐๐๐๐๐ก ๐๐ ๐ก๐๐ข๐ก๐ ๐๐ข๐ก๐๐๐๐ก๐ฬ โ๐ข๐๐๐๐๐.
Rejet du concile, rejet du pape: c’est la consommation du schisme. Il ne reste qu’à en prendre acte avec un immense regret, en espérant un retour possible, un jour, de la FSSPX à la communion catholique.
๐๐ ๐ฏ๐๐ฅ๐ข๐๐ข๐ญ๐ฬ ๐๐จ๐ฎ๐ญ๐๐ฎ๐ฌ๐ ๐’๐จ๐ซ๐๐ข๐ง๐๐ญ๐ข๐จ๐ง๐ฌ ๐ฬ๐ฉ๐ข๐ฌ๐๐จ๐ฉ๐๐ฅ๐๐ฌ ๐ฌ๐ฬ๐ฉ๐๐ซ๐๐ญ๐ซ๐ข๐๐๐ฌ
Je rappelle ici un élément de mon premier article de cette série sur Écône. L’ordination d’évêques dissidents n’a aucun sens catholique. L’évêque est, par nature et par essence, un membre actif du collège épiscopal uni à l’évêque de Rome.
Séparés de « Pierre », l’évêque de Rome, en l’occurrence Léon XIV, et séparés du collège épiscopal mondial, les évêques d’Écône sont illégitimes. On peut même se poser la question de la validité sacramentelle de leur ordination, fût-elle pratiquée formellement selon un rite existant.
Si le ministre d’un sacrement (baptême, eucharistie, ordination) n’a pas l’intention de faire et de vouloir ce que fait et veut l’Église vraiment romaine, ses gestes et ses paroles, même tirés d’un rituel canonique, ont-ils vraiment l’effet et la fécondité qu’ils signifient? Le doute est permis, probablement salutaire, de nature à faire réfléchir encore.
๐๐ญ ๐ฆ๐๐ข๐ง๐ญ๐๐ง๐๐ง๐ญ?
Si la Fraternité procède aux ordinations épiscopales sans l’accord du pape, que va-t-il se passer? La dissidence risque de se cristalliser, de se durcir, de se fossiliser. La voie d’un éventuel œcuménisme entre l’Église romaine et Écône semble barrée d’avance à cause de l’horreur de tout œcuménisme par la FSSPX.
Reste l’espérance d’une conversion, d’un retour à la raison catholique de certains membres de la Fraternité, fidèles ou responsables, laïcs, prêtres ou évêques. Quelques-uns d’entre eux quitteront peut-être ce groupe pour se tourner vers d’autres communautés semblables, mais fidèles à Rome. D’autres deviendront peut-être des ferments de renouveau à l’intérieur de la FSSPX.
Dans tous les cas, l’œcuménisme de la prière et de la charité restent d’actualité pour tous.
Que dirait saint Pie X à ceux qui se réclament de lui aujourd’hui? Leur suggérerait-il affectueusement de relire son Code de droit canonique?