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Publié par dominicanus

 

Por Airton Vieira
RUMO AO DESERTO: O AVISO DE GARABANDAL! – parte I (O Aviso)

Écrit par Ayrton Vieira (06/03/2022) - Traduction française autorisée et révisée par l'auteur: Louis Lurton

 

 

 (...) c'est seulement en Dieu et seulement à partir de Dieu que l'homme connaît vraiment l'homme. Une connaissance de soi qui confine l'homme à l'empirique et à l'intelligible ne trouve en aucun cas la profondeur qui est propre à l'homme. L'homme ne se connaît que s'il apprend à se comprendre de Dieu, et il ne connaît les autres que s'il voit en eux le mystère de Dieu. 

(Benoît XVI)

 

 

Un préambule important

 

Prenez du temps, pour votre propre bien. Ne lisez pas cet article à la vitesse et au rythme de l'information. Enregistrez-le pour ne pas avoir à le lire d'un seul coup, puisque vous aurez, si Dieu le permet, tout un désert de Carême pour y revenir encore et encore, conscient que son importance ne réside pas dans son auteur, ni dans les pages qui le reproduiront : ce qui compte, c'est le thème lui-même, en ce tournant historique précis. 

 

C'est pourquoi j'espère que son idée centrale, ou même les idées adjacentes, pourront être approfondies et mieux développées par des personnes plus compétentes dans le domaine théologique, philosophique, littéraire, psychologique ou autre. Cela me fait mal de devoir parler de quelque chose d'aussi grandiose et brûlant avec autant d'ineptie, même si je suis encouragé par l'idée que ces lignes peuvent devenir des graines avec le potentiel de devenir un arbre qui pourra un jour servir d'abri. A commencer par moi, chez qui l'étonnement va de pair avec leur écriture.

 

 

Deux clarifications nécessaires

 

Bien que cet article porte un vêtement catholique, son contenu s'adresse à tous. De tous peuples, de toutes croyances, couleurs, conditions et âges. Si à l’intérieur de vous il y a un "germe de bien", de la bonne volonté, alors vous verrez que ces lignes sont pour vous. Oui, pour vous, au singulier et dans le sens le plus "individuel et intransférable" du terme.

 

Et pour ceux qui ne sont pas familiers avec les termes et les thèmes abordés ici, je vous propose de les approfondir en cours de lecture, selon les possibilités de chacun. De cela dépendra le fait que vous mettiez plus ou moins à profit son contenu.

 

 

L'avertissement de Garabandal

 

Commençons par l'Avertissement (« Aviso »), un événement de portée mondiale dans le récit des apparitions de la Vierge Marie sous l'invocation de Notre-Dame du Mont Carmel dans le petit village cantabrique-santandérien de San Sebastian de Garabandal (ES) à quatre jeunes filles semi-alphabétisées entre les années 1961 et 65, apparitions qui, bien qu'elles n'aient pas encore été approuvées par l'Église, n'ont pas non plus été condamnées1. Et les événements récents les crédibilisent et les confirment plus qu’ils ne les discréditent.

 

Dans le livre Mère de Dieu et notre Mère2, en introduisant le thème de l'Avertissement, l'auteur nous rappelle une réflexion de grande utilité (je souligne) pour nous du Pape Benoît XVI sur l'épisode de Sodome et Gomorrhe (Gn 19):

 

Une transformation de l'intérieur est nécessaire,.. un point de départ pour changer le mal en bien, la haine en amour, la vengeance en pardon. C'est pourquoi les justes devraient se trouver à l'intérieur de la ville, et Abraham répète continuellement : "Peut-être s'en trouvera-t-il..." " là " : c'est à l'intérieur de la réalité malade que doit se trouver ce germe de bien qui peut restaurer et rendre à la vie (pp. 200-201).

 

Je souligne deux aspects de cette réflexion : que la transformation commence (ou devrait toujours commencer) de l'intérieur, du dedans ; et qu'il suffit d'un "germe de bien", d'une partie saine non encore infectée, en nous, et de nous à la société ("cité") pour qu'il y ait résurrection, vie nouvelle (cf. Jn 3, 5), spécialement dans les périodes de déclin civilisationnel comme la nôtre. Laissons cela ici pour le moment, et dirigeons-nous vers le point central. J'y reviendrai dans la deuxième partie.

 

Immédiatement après la citation du pape, nous avons la description de ce phénomène aux proportions littéralement universelles, tout d'abord par les protagonistes visionnaires (id) :

 

Bien que nous continuions à voir la Vierge - dans la "nuit des cris" - nous avons commencé à voir une multitude de gens qui souffraient beaucoup et criaient dans la plus grande angoisse... La Sainte Vierge nous a expliqué que cette grande tribulation - qui ne serait pas encore le châtiment - viendrait parce qu'arriverait un moment où l'Église donnerait l'impression d'être sur le point de périr... ; elle subirait une terrible épreuve. Nous avons demandé à la Vierge comment s'appellerait cette épreuve, et elle nous a répondu "communisme". (p. 202)

 

De ce que nous avons lu ci-dessus, ainsi que d'autres citations du texte, nous pouvons tirer quelques conclusions. Premièrement, que souffrance et angoisse sont des caractéristiques inhérentes à l'Avertissement ; Deuxièmement, qu'après celui-ci viendra, dans un délai d'un an, un Miracle, puis – après un temps indéfini - un Châtiment, ce dernier également de proportions planétaires et de plus grande ampleur, conséquence de la négligence vis-à-vis du premier (dont l'objectif principal est de préparer les corps, les âmes et les esprits au Miracle, "le plus grand depuis la Résurrection du Christ"). Comme si la ville de Ninive n’avait pas tenu compte de l'avertissement du prophète Jonas (cf. Jon 3) et avait ainsi mérité le châtiment annoncé ; que le premier vienne à la suite de la perte généralisée de la foi catholique, avec naturellement des répercussions sur le tissu social, et ce en grande partie à cause du communisme (dont il est dit ailleurs dans ces apparitions - dans les années 60 du siècle dernier ! - qu'il renaîtrait, confirmant les apparitions - approuvées - de Notre Dame à Fatima, au Portugal, en 1917, à trois petits bergers3).

 

Poursuivons avec les principales caractéristiques de cet Avertissement, fournies par l'auteur sur la base d'informations et d'études postérieures (id) :

 

Il s’agira d’un événement cosmique qui sera vu et ressenti dans le monde entier. En même temps, en un instant, tous les hommes de la terre verront l'état de leur propre âme, tel que Dieu le voit. Un événement de grande purification, mais fruit de la Miséricorde divine. (p. 204)

 

Et encore par les voyantes, en particulier Conchita Gonzalez, la principale :

 

Ce phénomène ne nous produira aucun dommage physique, mais il nous étonnera parce qu'à ce moment précis, nous verrons nos âmes et le mal que nous avons fait... Ce sera comme si nous agonisions, mais nous ne mourrons pas de ses effets, sauf à mourir de peur ou de l'impression causée par le fait de se voir ainsi. (p. 205)

 

Alors que je pensais à ces choses, plusieurs images se sont présentées à moi en un rythme rapide et polymorphe, comme dans un kaléidoscope manipulé par des mains enfantines. 

 

Il existe un dicton bien connu selon lequel "le cœur de l'homme est un terrain sur lequel personne ne marche", tant il est mystérieux, insondable et imprévisible. Dicton d'autant plus applicable à l'homme qu’il est toujours plus lié à un "une connaissance de soi qui limite l'homme à ce qui est empirique et intelligible", l'éloignant du Créateur, qui est le seul capable de donner à la créature cette "connaissance de soi et aptitude à se comprendre".

 

Presque immédiatement, j'ai vu que cela se vérifiait dans un passage que j'ai fini par considérer comme le plus terrifiant de toute l'Écriture Sainte, dépassant les récits du Déluge, de la Tour de Babel, de Sodome et Gomorrhe, de la Mer Rouge, de la destruction des temples, de Jérusalem, et même celui de la fin des temps (Parousie ou Seconde Venue du Christ ou encore Jugement des Nations) et de la fin du temps (Fin du monde ou Jugement Final/Universel). Et le plus bouleversant est de voir que tout indique qu’il entretient une relation étroite et inséparable avec l'Avertissement !

 

Nous le trouvons dans l'Évangile de Jean, au chapitre 2, versets 23 à 26 :

 

"Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; Il savait, en effet, par lui-même ce qu’il y a dans l’homme."  

 

Cette vérité traverse l'ensemble de l'Écriture. A titre d’exemple, nous la voyons déjà dans le livre de la Genèse (chapitre 3, versets 9 et 10) dans la réaction d'Adam après la chute :

 

"Le Seigneur Dieu appela Adam et lui dit : 'Où es-tu ? Et lui répondit : J'ai entendu ta voix dans le paradis, et j'ai eu peur ; car j'étais nu, et je me suis caché. "

 

Ce qui est justifié, comme le dit saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 2, verset 10,

 

" (...) parce que l'Esprit scrute le fond de toutes choses, jusqu'aux profondeurs de Dieu "

 

Et la Lettre aux Hébreux (chapitre 4, versets 12 et 13), elle-même un condensé du psaume 138[9], développe et conclut :

 

"Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœurPas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes".

 

Il n’est pas facile de déduire quoi que ce soit de l'abîme que cela représente, et pour être honnête, c'est impossible. Si je peux au moins obtenir, à cause de sa bonté et de sa compassion, quelques miettes de la table du Seigneur (cf. Mt 15, 21-28) à offrir à tous ceux qui lisent ces lignes, je continuerai, moi aussi, à insister auprès du Maître. 

 

L'orgueil satanique et curieux d'Adam4, qui l’a conduit à la désobéissance, l’a fait se percevoir comme "nu" ; maintenant, en possession de la "connaissance du bien et du mal", il voit qu'il a fait le mal. Il est conscient de l'omniscience et de l'omnipotence du Créateur, qui exigera beaucoup de celui qui a beaucoup reçu, même, grâce à son inépuisable volition, au-delà de la limite stipulée. Puis, pathétiquement et inutilement, par "peur", il se "cache". Si au lieu de la peur, son sentiment avait été la tristesse d’avoir contristé l'Amour, il n'aurait pas eu besoin de cacher/couvrir sa nudité, mais il se serait assis et pleurerait, humble, comme sa descendance marginalisée (Cf. Ps 136 [7], 1.), dans l’attente de l'Omniprésence qui se révélait déjà. Plus loin, dans une sorte de réponse rétroactive à Adam, le psalmiste lui-même dira : " Où donc aller, loin de ton souffle ? Où m'enfuir, loin de ta face ?" (Ps 138 [9], 7). 

 

En Jésus, la prétention pathétique et inutile de l'homme à "fuir" ou à "se cacher" de Dieu sous n'importe quel prétexte devient encore plus évidente, comme nous le voyons dans l'Évangile (Lc 23,30) et dans l'Apocalypse (Ap 6,16). Ceci, rappelons-le, simplement parce que Jésus sait "par lui-même ce qu'il y a dans (le cœur de) l'homme", car "l'Esprit pénètre tout", et donc "il n'y a pas de créature invisible en sa présence". Même les ténèbres sont claires comme la lumière du jour à ses yeux.

 

Aujourd'hui, plus qu'à toute autre époque, circule dans les sphères, sous la berceuse du mantra tropicaliste (esprit soixante-huitard en français NDLT) il est interdit d'interdire (!), le discours programmé unifié de défense des "libertés", politiques, socio-économiques, de culte, d'expression, des "préférences sexuelles", etc..., entendu dans son sens gnostique d'un bien supposé absolu ainsi élevé au sommet de la hiérarchie des valeurs. À cet égard, le cardinal Joseph Ratzinger (futur Benoît XVI), parlant du carnaval et de sa prétention à une "liberté illimitée", nous a demandé :

 

"Sommes-nous encore en possession de cette liberté ? Ou bien ne voulons-nous pas être libres de Dieu, de la création et de la foi, être complètement libres ? Et cela ne signifie-t-il pas que nous nous abandonnons à nouveau aux dieux, aux forces de l'argent, de la cupidité et de l'opinion publique ?"

 

La "liberté illimitée", prétexte à la fuite et à la dissimulation de l'Amour, comme le prévoyait déjà l’écrivain russe Dostoïevski (Les Démons), conduit nécessairement au "despotisme illimité", puisqu'elle dispose l'esprit et l'âme au même état de nudité du corps, nudité, d'ailleurs, déjà reflet des précédentes. En dépouillant la conscience du bien et en la revêtant du mal, la nudité humaine s'amplifie, elle est loin de représenter une libération, puisque "celui qui pèche est esclave du péché" (Jn 8,34) ; et tout esclave, par définition, a besoin d'un maître, et pas seulement sur le plan spirituel :

 

" Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques." (2 Tim 4, 3-4). 

 

Avec cela, nous arrivons au niveau du péché mortel, un état de l'âme cristallisé librement et spontanément dans le mal, qui anesthésie, engourdit et émousse l'intellect afin qu'il ne puisse pas reconnaître sa propre nudité et la pleurer humblement, car cela rendrait l'homme capable d'un retour à la maison paternelle (cf. Lc 15, 11-32). Ce n'est donc pas une simple coïncidence si nous voyons déjà des personnes accomplir des actes sexuels en public et à la lumière du jour, comme le font les animaux. De manière cohérente, ils considèrent et désignent généralement leurs relations intimes (?!) comme du "sexe animal". Il ne faudra pas longtemps pour que des abominations et des troubles tels que le bestialisme ou l'objectophilie soient légalement approuvés. 

 

Et c'est là que réside le danger du pélagianisme5 actuel, si bien camouflé dans les milieux chrétiens.

 

L'animal irrationnel n'a pas d'esprit, seulement un corps et une âme6. Lorsqu'il meurt, il cesse d'exister, tout comme les plantes avec leur âme végétale. L'homme, comme nous l'avons vu, possède, outre le corps et l'âme, un esprit (spiritus, pneuma, ruah), puisque, contrairement aux autres, il a reçu le "souffle" divin faisant de lui "l'image et la ressemblance", dont Jésus-Christ est le prototype de toute éternité.

 

Naturellement, à fuir et se cacher du Créateur, au lieu que l'homme se connaisse, apprenne et se comprenne lui-même (Benoît XVI), il finit par annuler, par la faim, l'esprit responsable de l'élever à sa condition ontologique d’"un peu moindre qu’un dieu" (cf. Ps 8, 6), s'abaissant à la condition d'animal, de végétal ou même de minéral, incapable de la moindre intelligibilité. Cela se produira en sens inverse de ce qui se passe avec le Christ dans une Messe, où l'hostie et le vin validement consacrés deviennent son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité7. Parce que Dieu, dans un acte d'amour incompréhensible et insurmontable, ne se contente pas de devenir homme (animal), "s'abaisse à la condition" de végétal et de minéral (il suffit de penser à la composition de l'hostie et du vin), mais afin d’élever l'homme à sa condition divine (théosis).

 

Ainsi, depuis quelque temps, on assiste à la montée d'un mouvement louable de réappropriation des valeurs, notamment par la culture de l'intellect à travers une rééducation des esprits et des mœurs, en même temps qu'à une déferlante de techniques et de méthodes de "perfectionnement intellectuel", pour ainsi dire. On constate qu'une partie de la société, déjà fatiguée de tant de "matière", commence à se tourner vers l'"âme", afin de lui redonner son statut "rationnel" de véritable homo sapiens

 

Mais là aussi on remarque déjà un néo-pélagianisme croissant et dangereux, dans l'accent mis sur l'âme au détriment de l'esprit, sur inteligere au lieu de sapientiae, et qui semble se refléter, par exemple, dans l'ufanisme démocratique républicain ou monarchique de certains, compris comme le salut d'une moisson chaotique aux portes de sa fin eschatologique. En ce sens, il convient de rappeler une fois de plus la mise en garde du Saint-Père contre une "connaissance de soi qui confine l'homme à ce qui est empirique et intelligible", le rendant ainsi incapable de trouver "de quelque manière que ce soit la profondeur propre à l'homme", que nous n'atteignons "qu'en Dieu et seulement à partir de Dieu".

 

Tout cela nous permet de mieux comprendre pourquoi, lorsque viendra l'Avertissement, quand il n'y aura "rien de caché qui ne soit révélé" (Mc 4,22), et que nous serons confrontés à "nos âmes et au mal que nous avons fait… Ce sera comme si nous agonisions", au point même de "mourir de peur ou de l'impression causée par le fait de nous voir nous-mêmes ainsi "8.

 

La sagesse (spirituelle), qui éclaire l'intelligence (âme) pour mouvoir le corps (matériel) dans le respect et l'harmonie de l'ordre divin, nous dit le livre des Proverbes (9,10), a son commencement dans la "crainte du Seigneur". Et c'est la clé de la sainteté, le seul moyen d'échapper aux plus grandes tromperies et aux plus grands défis auxquels l'humanité ait jamais été confrontée, destinés à cette fin des temps (cf. Mt 24, 21), et qui ont déjà commencé.

 

Pour ce faire, et le temps du Carême est le moment propice, il faut mettre ... le cap sur le désert.

 

Saint Carême à tous !

 

... à suivre

 

RUMO AO DESERTO: O AVISO DE GARABANDAL! – parte I (O Aviso)

RUMO AO DESERTO: O AVISO DE GARABANDAL! – parte I (O Aviso)

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