C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez
Que lui arrive-t-il ? Tantôt, on lui reproche de blasphémer, tantôt de porter l'habit d'homme, cet habit que les habitants de Vaucouleurs lui ont offert pour entreprendre sa croisade contre l'Anglais. Elle s'est déjà soumise à un tribunal, à Poitiers, à la demande du gentil dauphin. Déjà les juges l'ont interrogée sur ses voix, et sur sa virginité. Elle leur a répondu et les a convaincus. Cette fois, on lui fait de surcroît grief d'être une sorcière. Les Anglais n'ont-ils pas dit que la prise d'Orléans relevait de sortilèges ? Alors l'évêque Cauchon lui a demandé : "Qu'avez-vous fait de votre mandragore ?" Elle a répondu : "Je n'ai point de mandragore et oncques n'en eus. J'ai ouï dire que c'est chose périlleuse et mauvaise à garder."
Le Christ lui-même a subi un procès injuste, et il ne s'y est pas soustrait. Alors quand le poids des questions est trop
lourd, quand elle retrouve sa cellule froide et la grossièreté des soldats qui la menacent, elle offre ses souffrances à Dieu, victime lui aussi des mêmes avanies. (à
suivre)
Le Livre des Merveilles, Mame-Plon, 1999