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C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez

L'Augustin terrassant les hérésies que Prevost n'a pas cité en Algérie

 

La scène représente saint Augustin assis en chape et mitre, tenant un coeur enflammé auquel saint Loup, foulant du pied l’hérésie pélagienne aux mamelles d’Artémis, et saint Martin en soldat romain, avec derrière lui le mendiant de sa légende, piétinant l’hydre du paganisme, tendent chacun leur épée en guise symboliquement de soutien au combat mené au XVIIe siècle par l’Eglise catholique contre l’hérésie janséniste. Quant au personnage représenté à gauche, il s’agit sans doute de Gilbert de Choiseul, abbé de l’abbaye Saint-Martin-es-Aires, chanoine régulier de l’ordre de saint Augustin et commanditaire de ce tableau.
Saint Augustin terrassant l'hérésie, Église paroissiale Sainte-Madeleine Champagne-Ardenne

La scène représente saint Augustin assis en chape et mitre, tenant un coeur enflammé auquel saint Loup, foulant du pied l’hérésie pélagienne aux mamelles d’Artémis, et saint Martin en soldat romain, avec derrière lui le mendiant de sa légende, piétinant l’hydre du paganisme, tendent chacun leur épée en guise symboliquement de soutien au combat mené au XVIIe siècle par l’Eglise catholique contre l’hérésie janséniste. Quant au personnage représenté à gauche, il s’agit sans doute de Gilbert de Choiseul, abbé de l’abbaye Saint-Martin-es-Aires, chanoine régulier de l’ordre de saint Augustin et commanditaire de ce tableau.

 

 

 

De l’avion, avant même d’atterrir à Alger, "Léon XIV" lâcha la phrase qui allait structurer tout le récit de son voyage : « Saint Augustín offre un pont très important pour le dialogue interreligieux parce qu’il est très aimé dans sa terre ». L’image était parfaite pour une consommation immédiate : "le premier pape augustinien de l’histoire", retournant dans la terre de l’évêque d’Hippone, tendant des ponts entre le christianisme et l’islam, entre l’Occident et l’Afrique, entre un présent tumultueux et une antiquité noble et vénérable. La presse catholique progressiste l’accueillit avec enthousiasme. Des analystes internationaux parlèrent de geste stratégique, de jalon historique, de « nouvel épicentre du catholicisme ». Tout très propre, très photogénique, très en ligne avec ce qu’on attend d’un pontife en 2026.

 

 

Le seul problème est Augustin.

 

Parce que l’Augustin réel, celui qui a vécu dans cette terre, qui a écrit dans cette terre, qui est mort dans cette terre pendant que les Vandales assiégeaient Hippone, n’était pas un constructeur de ponts interreligieux. C’était le polémiste le plus formidable que l’histoire de l’Église latine ait produit. Un homme qui a consacré des décennies de son épiscopat non pas au dialogue mou, mais à la réfutation systématique et sans concessions de tout ce qu’il considérait comme erreur. Il s’est confronté aux manichéens, donatistes, ariens, pélagiens, priscillianistes et sceptiques académiciens. Il a présidé des conciles, écrit inlassablement et polémiqué avec qui il le fallait en défense de l’orthodoxie. Il n’y a dans son œuvre aucun texte qui puisse être raisonnablement interprété comme une invitation à la coexistence théologique entre le christianisme et l’islam, entre autres raisons parce que l’islam n’existait pas encore quand Augustin est mort, en l’an 430.

 

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De l’avion, avant même d’atterrir à Alger, "Léon XIV" lâcha la phrase qui allait structurer tout le récit de son voyage : « Saint Augustín offre un pont très important pour le dialogue interreligieux parce qu’il est très aimé dans sa terre ». L’image était parfaite pour une consommation immédiate : "le premier pape augustinien de l’histoire", retournant dans la terre de l’évêque d’Hippone, tendant des ponts entre le christianisme et l’islam, entre l’Occident et l’Afrique, entre un présent tumultueux et une antiquité noble et vénérable. La presse catholique progressiste l’accueillit avec enthousiasme. Des analystes internationaux parlèrent de geste stratégique, de jalon historique, de « nouvel épicentre du catholicisme ». Tout très propre, très photogénique, très en ligne avec ce qu’on attend d’un pontife en 2026.      Le seul problème est Augustin.    Parce que l’Augustin réel, celui qui a vécu dans cette terre, qui a écrit dans cette terre, qui est mort dans cette terre pendant que les Vandales assiégeaient Hippone, n’était pas un constructeur de ponts interreligieux. C’était le polémiste le plus formidable que l’histoire de l’Église latine ait produit. Un homme qui a consacré des décennies de son épiscopat non pas au dialogue mou, mais à la réfutation systématique et sans concessions de tout ce qu’il considérait comme erreur. Il s’est confronté aux manichéens, donatistes, ariens, pélagiens, priscillianistes et sceptiques académiciens. Il a présidé des conciles, écrit inlassablement et polémiqué avec qui il le fallait en défense de l’orthodoxie. Il n’y a dans son œuvre aucun texte qui puisse être raisonnablement interprété comme une invitation à la coexistence théologique entre le christianisme et l’islam, entre autres raisons parce que l’islam n’existait pas encore quand Augustin est mort, en l’an 430.
L'Augustin que Prevost n'a pas cité à Hippone

 

 

Lire Saint Augustin, Des hérésies

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