C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez
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7 Il a donc mélangé et uni, comme nous l'avons déjà dit, l'homme à Dieu. Car si ce n'était pas un homme qui avait vaincu l'adversaire de l'homme, l'ennemi n'aurait pas été vaincu en toute justice. D'autre part, si ce n'était pas Dieu qui nous avait octroyé le salut, nous ne l'aurions pas reçu d'une façon stable. Et si l'homme n'avait pas été uni à Dieu, il n'aurait pu recevoir en participation l'incorruptibilité. Car il fallait que le "Médiateur de Dieu et des hommes1, par sa parenté avec chacune des deux parties, les ramenât l'une et l'autre à l'amitié et à la concorde, en sorte que tout à la fois Dieu accueillît l'homme et que l'homme s'offrît à Dieu. Comment aurions-nous pu en effet avoir part à la filiation adoptive à l'égard de Dieu2 si nous n'avions pas reçu, par le Fils, la communion avec Dieu? Et comment aurions-nous reçu cette communion avec Dieu, si son Verbe n'était pas entré en communion avec nous en se faisant chair3 ? C'est d'ailleurs pourquoi il est passé par tous les âges de la vie, rendant par là à tous les hommes la communion avec Dieu.
Ceux donc qui disent qu'il ne s'est montré qu'en apparence, qu'il n'est pas né dans la chair et qu'il ne s'est pas vraiment fait homme, ceux-là sont encore sous le coup de l'antique condamnation. Ils se font les avocats du péché, puisque, d'après eux, la mort n'a pas été vaincue. Car celle-ci "a régné d'Adam jusqu'à Moïse, même sur ceux qui n'avaient pas péché par une transgression semblable à celle d'Adam4. Puis, quand la Loi donnée par Moïse est venue et qu'elle a rendu sur le péché ce témoignage qu'il est "pécheur"5, elle lui a bien retiré son empire, en le convainquant d'agir en brigand, et non en roi, et en le faisant apparaître comme homicide6 ; mais elle a d'autre part accablé l'homme, qui avait le péché en lui, en démontrant que cet homme était digne de mort7. Car la Loi, toute spirituelle qu'elle était8, a seulement manifesté le péché9, elle ne l'a pas supprimé: car ce n'est pas sur l'Esprit que dominait le péché, mais sur l'homme. Il fallait donc que Celui qui devait tuer le péché et racheter l'homme digne de mort se fît cela même qu'était celui-ci, c'est-à-dire cet homme réduit en esclavage par le péché et retenu sous le pouvoir de la mort10, afin que le péché fût tué par un homme et que l'homme sortît ainsi de la mort. Car, de même que, "par la désobéissance d'un seul homme" qui fut, le premier, modelé à partir d'une terre vierge11, "beaucoup ont été constitués pécheurs" et ont perdu la vie, ainsi fallait-il que, "par l'obéissance d'un seul homme" qui est, le premier, né de la Vierge, "beaucoup soient justifiés" et reçoivent le salut12. C'est donc en toute vérité que le Verbe de Dieu s'est fait homme, selon ce que dit aussi Moïse: "Dieu, ses oeuvres sont vraies13." Si, sans s'être fait chair, il n'avait pris que l'apparence de la chair, son ouvre n'eût pas été vraie. Mais ce qu'il paraissait être, il l'était réellement, à savoir Dieu récapitulant en lui-même cet antique ouvrage modelé qu'était l'homme, afin de tuer le péché, de détruire la mort14 et de vivifier l'homme: c'est pourquoi ses oeuvres étaient vraies.
1. 1Tm 2,5
2. Ga 4,5
3. Jn 1,14
4. Rm 5,14
5. Rm 7,13
6. Rm 7,11-13
7. Rm 7,14-24
8. Rm 7,14
9. Rm 7,7
10. Rm 5,12; Rm 6,20-21
11. Gn 2,5
12. Rm 5,19
13. Dt 32,4
14. 2Tm 1,10