A lire superficiellement le récit de la Transfiguration dans l'Évangile, on la réduirait au jaillissement d'une simple lumière sensible, alors qu'elle a été pour les Apôtres, comme elle l'est pour nous, une certaine vision de la Divinité, une image du Siècle à venir, un prélude à la Venue Glorieuse du Seigneur. Toute la vie spirituelle se cristallise autour de la Transfiguration.
Le Christianisme étant une religion dont les deux pôles sont Dieu et l'homme, on ne peut l'appréhender que par l'un ou l'autre de ces pôles. Le mouvement va chez les Pères grecs de Dieu à l'homme, par une vision descendante. Pour eux, tout roule autour de la Trinité et de l'Incarnation. Nulle part en effet on ne trouve un sens si profond de l'inaccessibilité divine, une terreur si frémissante devant l'infini. Ils savent d'instinct, très exactement, jusqu'où l'intelligence peut aller, et où il faut s'arrêter et se résoudre à l'adoration pure. Ainsi est-on soulevé d'enthousiasme quand on les lit.
Une découverte magnifique de la vision orientale du Christianisme, complémentaire de la vision occidentale.
Le père Georges Habra, prêtre melkite catholique, écrivain et conférencier, est né à Haïfa en 1930. Après avoir exercé son ministère à Naplouse entre 1955 et 1970, il est nommé vicaire de Saint-Julien-le-Pauvre à Paris. En 1986, il fonde l'Association pour l'Etude et l'Enseignement des Pères de l'Eglise. Il est décédé en 1994.
Lire une présentation du livre et de son auteur dans l'article de Jacques Baudeau paru dans France Catholique (28 juillet 2017) :
Deux grandes figures spirituelles peuvent être rapprochées de celle du Père Habra : Dom Jean de Monléon (1890-1981), moine bénédictin de l’abbaye de la Source à Paris et auteur de plusieurs ouvrages nourris, et de la tradition monastique occidentale, et davantage encore des Pères de l’Église ; et saint Padre Pio (1887-1968), capucin du couvent de San Giovanni Rotondo. Outre sa ressemblance physique avec le saint Padre Pio, c’est surtout le même « visage d’icône », reflet de la lumière intérieure, qui était remarquable; telle était en effet l’expression du visage que retint Julien Green lors d’une liturgie que célébrait le Père Habra. Tout en gardant une certaine hiérarchie dans la sainteté, c’est faire justice au Père Habra et à Jean de Monléon de les rapprocher de la belle et sainte figure du Padre Pio, tous serviteurs de la tradition dans l’Église. Le Père Habra et Jean de Monléon nous offrent donc un accès facile, comme peu d’auteurs le font, aux Pères et à la Sainte Écriture. N’ayant par nous-mêmes, sauf exception, ni le loisir ni la capacité de connaître toute la patristique, ils nous permettent de découvrir les textes sublimes de ceux qu’il convient d’appeler les plus grands génies de la littérature chrétienne, et qu’il nous serait difficile d’exhumer par nos propres efforts.
(...)
En préambule à la présentation de l’ouvrage sur La Transfiguration selon les Pères grecs, laissons Monseigneur Gollnisch s’exprimer : « L’étude du père Habra est une lumière dans ces heures obscures » où, le patrimoine matériel des chrétiens d’Orient étant de plus en plus détruit, il faut à tout prix sauver le patrimoine immatériel dans lequel s’inscrit l’œuvre du Père, témoin vivant de la spiritualité orientale, « pont, écrit-il, entre l’Église grecque et l’Église latine » par sa double culture orientale et occidentale. Fidélité à l’Écriture, à l’enseignement des Pères, au Magistère de l’Église ; emprunts fréquents à la littérature classique : Platon, Pascal, Shakespeare, Dostoïevski, Baudelaire, etc ; voilà ce qui caractérise l’œuvre du père Habra. Pour lui, le véritable théologien est celui qui éclaire l’intelligence et échauffe le cœur, qui élucide la parole de Dieu et la fait aimer. La morale n’est pour lui autre chose que le dogme vécu, elle est comme chez Platon suspendue au Souverain Bien, et qui plus est un Souverain Bien surnaturellement connu et surnaturellement aimé. « Les vertus, écrit-il, sont devenues chez les Pères rien moins que l’imitation du Dieu incarné, réalisées en nous par l’Esprit saint Lui-Même. » Un journaliste avait défini ses trois tomes de Du Discernement spirituel sur les vices et les vertus de « traité de morale qui donne le moral », par les multiples remèdes qu’il prodigue tout au long de ces ouvrages. Comme les lecteurs de Jean de Monléon ont généralement dans leur bibliothèque l’ensemble de ses ouvrages parus, ayons le même zèle à posséder l’ensemble des œuvres du Père Habra publiées aux Éditions du Jubilé ou à compte d’auteur. Grand bienfait pour nos âmes !
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