Le problème théologique de la Trinité qui a envenimé les relations entre les Eglises d’Orient et d’Occident depuis le Grand Schisme ne date pas seulement de 1054. A côté des raisons historiques, il a aussi d’autres raisons qui sont de nature philosophique et linguistique, c’est-à-dire qui se rapportent à la façon que l’homme peut avoir d’envisager le monde, de la connaître et de le dire. L’interdépendance de la pensée et du dire de cette pensée est alors primordiale. C’est elle qui est fondamentalement détentrice de la spécificité d’une culture. Or, entre Byzance et Rome, entre la civilisation byzantine et la civilisation latine, entre ce qui, dans l’histoire de la pensée, se rattache à Byzance, et ce qui se rattache à Rome, il y a des différences culturelles qui se rapportent à cette problématique à la fois linguistique et philosophique - des différences culturelles qui, en théologie, ont généré des interprétations elles-mêmes différentes du dogme de la Trinité.
Approches linguistiques et philosophiques de la question trinitaire et du Filioque (Sylvanès, 2000).
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