C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez
« Récite ton chapelet, dit Dieu, et ne te soucie pas de ce que raconte tel écervelé : que c'est une dévotion passée et qu'on va abandonner. Cette prière-là, je te le dis est un rayon de l'Evangile : on ne me le changera pas. Ce que j'aime dans le chapelet, dit Dieu, c'est qu'il est simple et qu'il est humble. Comme fut mon Fils. Comme fut ma Mère. Récite ton chapelet : tu trouveras à tes côtés toute la compagnie rassemblée en l'Evangile : la pauvre veuve qui n'a pas fait d'études et le publicain repentant qui ne sait plus son catéchisme, la pécheresse effrayée qu'on voudrait accabler, et tous les éclopés que leur foi a sauvés, et les bons vieux bergers, comme ceux de Bethléem, qui découvrent mon Fils et sa Mère... Récite ton chapelet, dit Dieu, il faut que votre prière tourne, tourne et retourne, comme font entre vos doigts les grains du chapelet. Alors, quand je voudrai, je vous l'assure, vous recevrez la bonne nourriture, qui affermit le cœur et rassure l'âme. Allons, dit Dieu, récitez votre chapelet et gardez l'esprit en paix. Ainsi soit-il. »
Charles Péguy (1873-1914)