Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Le Seigneur exauce toutes nos prières - Homélie 17° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)
Nous aurons toujours besoin de Dieu.

Nous aurons toujours besoin de Dieu.

Dans le passage de l’Evangile de ce jour, Jésus dit des choses très audacieuses. Il affirme que tous ceux qui demandent recevront, que ceux qui cherchent trouveront, et qu’à tous ceux qui frappent, la porte s’ouvrira. Jésus est-il sérieux en disant cela ? Est-ce qu’il n’aurait pas dû dire : "presque tout le monde" ? Peut-il vraiment nous donner une telle garantie de manière aussi inconditionnelle ?

 

Oui, il le peut ! N’est-il pas tout-puissant et omniscient ? N’empêche que nous avons tendance à penser que c’est trop beau pour être vrai. Il nous est difficile de prendre ces paroles telles quelles, et à ne pas les interpréter comme on lirait un poème, en admirant leur beauté sans les prendre à la lettre.

 

Jésus savait que nous serions tentés d’en douter. Alors il les répète en prenant quelques exemples. Un père digne de ce nom pourrait-il torturer ses enfants en leur donnant des pierres au lieu de pain, ou un scorpion au lieu d’un œuf ? Bien sûr que non. Même si nous sommes tous des pécheurs, des hommes égoïstes, « mauvais », comme le dit Jésus, nous nous efforçons de donner de bonnes choses à ceux que nous aimons.

 

Eh bien, nous devrions pouvoir comprendre que Dieu, dont l’amour est libre de la moindre parcelle d’égoïsme, est beaucoup plus enclin à nous donner de bonnes choses, lui qui nous aime sans fin et sans mesure. De même que le Christ a répondu à la demande de ses disciples de leur apprendre à prier en leur donnant le Notre Père, la plus parfaite de toutes les prières, ainsi répondra-t-il à toute requête que nous lui adressons, plus généreusement que nous ne pourrions l’imaginer.

 

Oui, ceux qui demandent recevront, et ceux qui cherchent trouveront, car Dieu est tout simplement trop bon pour ne pas répondre à chacune de nos prières.

 

Et pourtant, il arrive que Dieu ne nous accorde pas ce que nous lui demandons. C’est alors que nous pouvons constater le niveau de notre maturité spirituelle. Les chrétiens immatures réagiront dans ce cas comme si Dieu n’avait pas entendu leur prière. Ils développeront un ressentiment contre Dieu. Et pour justifier leur réaction de dépit ils pourront même se persuader que Dieu n’existe pas. C’est une tendance qui est très présente dans la philosophie, l’art, la littérature et le monde du spectacle contemporains.

 

Et pourtant, cette réaction est fondamentalement égocentrique. Le seul moment où nous doutons de ce que Dieu entend nos prières, est quand il ne nous donne pas ce que nous lui demandons, quand nous le lui demandons. Si nous faisons une prière d’action de grâce ou de louange, par exemple, nous ne doutons jamais de ce que Dieu nous entend. La frustration qui résulte d’une prière prétendument non exaucée est le signe d’un manque de maturité spirituelle.

 

De chrétiens qui font preuve de plus de maturité savent que Dieu entend nos prières et répond à chacune d’elles. Mais cette réponse peut revêtir plusieurs formes, comme saint Augustin l’a enseigné depuis déjà très longtemps. Si nous demandons quelque chose à Dieu dans la prière, Dieu peut répondre de trois manières.

 

Il peut dire OK, et nous donner ce que nous lui demandons. Il peut aussi dire non, tout simplement, ce qui veut dire que ce que nous lui demandons n’est pas bon pour nous. Ce non est aussi une réponse à notre prière, et les parents savent que ce non requiert parfois davantage d’amour qu’un oui de facilité. Enfin, troisième possibilité, Dieu peut répondre OK, ... mais pas tout de suite.

 

Oui, non, et pas maintenant : voilà les trois manières dont Dieu peut répondre à nos demandes. Si nous gardons cela en mémoire, nous pourrons alors vaincre la tentation de nous mettre en colère quand Dieu ne nous donne pas exactement ce qui nous lui demandons quand nous le lui demandons.

 

Dans une culture où règne en maîtresse la confiance arrogante en la technologie et la science, il nous est bon de nous souvenir de cela. Nous ne sommes pas Dieu. Nous avons besoin de Dieu. Nous aurons toujours besoin de Dieu. Demander, chercher et frapper ne sont pas passés de mode avec l’invention de l’électricité! Dieu nous invite à reconnaître et à accepter ce besoin, et à prendre au sérieux son invitation à demander, à chercher et à frapper, pour lui donner plus de liberté d’agir dans notre vie.

 

Saint Jean Paul II recevait des milliers de lettres dans lesquelles les gens lui demandaient de prier à leurs intentions, pour leurs familles et leurs problèmes. Il avait une pile de papiers avec ces requêtes sur son prie-Dieu. Tout au long de la journée, au gré de ses multiples visites à la chapelle, il priait pour chacune de ces intentions autant qu’il pouvait. Les autres, il les confiait à l’intercession de la Vierge Marie.

 

C’est un signe de maturité spirituelle de s’approcher de Dieu dans la prière, avec persévérance et confiance avec tous nos besoins, matériels, sentimentaux et spirituels. Si nous ne le faisons pas, personnellement et en famille, cela veut dire probablement que nous sommes en train de nous éloigner de Dieu. Aujourd’hui, il nous invite chacun, chacune à revenir vers lui, à nous approcher, à persévérer dans la demande, à chercher, à frapper.

 

Au cours de cette Messe, nous prierons Dieu pour beaucoup de choses. Ensemble, nous prierons aussi la prière que Jésus a enseignée à ses disciples il y a deux mille ans. Aujourd’hui "élevons notre cœur" et promettons-lui que, désormais, nous continuerons à le faire chaque jour. Qu’est-ce qui pourrait davantage attendrir son Cœur de Père ?

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Michel Baude 19/01/2014 17:45


Bonjour père,


Bonjour père,


 


Je voudrais témoigner de mon expérience de la prière. Je crois vraiment dans les trois manières dont Dieu répond à nos prières. Je la pratique très mal sûrement, mais beaucoup. Et je voudrais
vous raconter une prière que j’avais fait un jour comme j’en ai tant eu où j'étais désespéré.


 


Figurez-vous que je devais me battre contre ma propre mère parce que, sous l'influence en partie de ses amis, elle m'avais attaqué en justice. Avant que c'en arrive là, j'avais - mais en vain -
essayé à maintes et maintes reprise de lui faire comprendre que non seulement ma situation ne me permettais pas de répondre à sa demande, mais ma conscience qui s'y opposait m'obligerait à réagir
avec fermeté, et qu'il valait mieux rechercher un terrain d'entente. Mais rien n'y fit, et mis devant le fait accompli de devoir l'affronter, mon courage se mis à me lâcher.


 


C'était laisser ma mère gagner son procès et la voir ne pas être sauvée aux yeux de Dieu, ou bien l'empêcher à commettre l'irréparable et me damner moi-même. et bien, c’est la prière qui m’a
sorti de là, en tout cas l’ai-je cru.


 


Toute une nuit ou presque j'ai prié, demandant à Dieu, la Vierge Marie, de m'envoyer un signe, quelque chose qui m'aide à y voir plus clair, qui me permette de décider autrement que par mes
seules pulsions, qui m’aide à déterminer ce que je devez faire et puis au petit matin, j'ai fini par m'endormir...


 


Quand soudain mon réveil retentit me disant qu'il était l'heure de me lever... inutile de dire combien j'étais vaseux après cette nuit blanche; donc, tant bien que mal je me suis préparé, un peu
moins dispos que d'habitude et la première heure de la journée se passe, la deuxième; j'avais pour ainsi dire oublié ma prière, tout juste n'avait-elle été à mes yeux qu'un refuge en pure reflex
de marin dans la tempête, ne voyant pas ce que Dieu pouvait bien faire pour moi. Ainsi je décidai de ne prêter à rien de pouvoir m'apporter le signe que j'attendais...


 


Et puis comme il m'arrive de le faire assez régulièrement quand j'ai un peu de tranquillité, j'allume mon poste qui me met en contact avec radio-espérance que j'aime bien écouter chaque fois que
je peux parce qu'il s’y dit des choses magnifiques: C'était Mgr Barbarin à qui on demandait sa joie d'être prêtre qui parlait. Il disait - et c'est là que j'ai eu le déclic. I disait "qu'il
fallait toujours être attaché et détaché et jamais être attaché ou détaché". Mais oui me disais-je, mais c’est bien ça: dieu me fais dire par la bouche de Mgr Barbarin que ce n’est pas parce que
j’aime ma mère (et donc que j’y suis attaché) que je dois tout prendre d’elle (parce que aussi, je dois lui être dans certains cas détaché) quand c’est dans son véritable intérêt de devoir ne pas
la laisser m’accuser à tort.


 


J'ai bien compris que Dieu n'avait pas dit à Mgr Barbarin d'aller dire ça sur Radio-Espérance pour répondre au signe que je Lui avais demandé, mais j'y ai vu vraiment à travers ce message de Mgr
Barbarin, une réponse à ma prière. C’est comme ça (Grâce à Dieu bien sûr) que j’ai pu enfin me délivrer de mes remords et agir en conséquence non pas contre ma mère, mais pour la tirer du mauvais
pas.


 


Mais je dois ajouter que j'ai encore beaucoup à apprendre de la prière parce que si j'y avais été bien préparé, je m'y serais pris autrement et ma mère que je combattais pour qu'elle soit sauvée
vivrait encore et je suis sûr que nous serions redevenus ensemble comme avant, comme au bon vieux temps où nous nous aimions.


 


Et maintenant qu’elle n’est plus je m’en veux d’avoir pris trop à cœur ma prière pour ma défense et pas assez pour que Dieu veille sur sa santé. Que Dieu me pardonne pour mes pauvres talents de
fils, je prie chaque fois que je peux pour qu’Il nous éclaire tous davantage, « jusqu’à ce qu’Il vienne » . Tout ça pour dire que quand vous parlez de la nécessité du chrétien de devoir faire
preuve de toujours plus de maturité, croyez, mon père que je suis à mon niveau entièrement d’accord avec vous. En vous remerciant pour la qualité bienveillante de vos articles.


 


MB


 


PS: je comprendrais que vous ne vouliez pas publier ce commentaire. Merci pour tout cependant! Bien cordialement.


 


 

dominicanus 21/01/2014 03:12



Bien cher Michel, c'est volontiers que je publie votre témoignage, et je vous remercie d'avoir pris le temps de nous le partager. Puissent beaucoup d'autres faire de même. Je vous assure aussi de
ma prière pour vous et votre maman, en invitant tous les lecteurs à en faire autant. Que le Seigneur vous conduise sur le chemin de la prière filiale.



Regis Vétillard 13/08/2013 10:10


Merci encore, pour votre patience.


Donc, je reformule ce que j'ai compris de votre article: Dieu est « tout-puissant et omniscient ». Si Dieu ne nous accorde pas ce que nous lui demandons (alors que Dieu entend nos
prières, et répond à chacune d'elles), c'est qu'il nous répond : « non !» : ce que nous demandons n'est pas bon pour nous..., Ce non est une réponse à nos prières... Cependant
nous devons demander avec tous nos besoins matériels, sentimentaux et spirituels... C'est bien cela ?


Cette vision me choque... Comme tout autant, de rendre grâce d'un bienfait matériel... J'évoquais cette grand-mère qui avait confié à Dieu sa petite-fille espagnole qui prenait le train pour
Compostelle, et qui est morte dans ce terrible accident... ( Le prêtre dira d'ailleurs à son propos, que « Dieu l'a rappelée à lui .. ! » ). A côté, cet homme qui en a rechapé, va
rendre grâce et remercier Dieu de l'avoir gardé en vie … ! Ces deux attitudes ne me semblent pas « ajustées »... à ce qu'on pense être «  la volonté de Dieu »


La prière chrétienne, n'est pas de nature « magique », c'est à dire : rendre un culte ( idolâtre ), pour s'attirer les bonnes grâces du dieu ( bonnes récoltes, bonne santé ..etc).


Jésus, nous enseigne que c'est Dieu qui fait le premier pas vers l'homme, et notre prière est une réponse à cette initiative ( c'est le contraire du culte idolâtre). Aujourd'hui, nous demandons,
le secours de l'Esprit Saint, pour nous permettre de traverser la souffrance ( dans l'idéal, à la manière de Jésus-Christ), et non, pour l'éviter.. !


Notre Dieu, n'est pas ce dieu jupitérien «  tout puissant ... » ; c'est un Dieu qui souffre, mais vainc la mort... Il ne s'agit que d'une «  toute puissance d'amour » …


Votre présentation de la prière, me semble dangereuse et propice à beaucoup de frustrations … Pour moi, elle côtoie l'absurde !


 


J'espère avoir réussi à argumenter … Merci pour votre réponse.

dominicanus 27/08/2013 16:57



Suite à votre commentaire, je précise qu'il ne s'agit pas d'un "article" mais d'une homélie. L'homélie n'est pas le lieu d'exposer des opinions personnelles (ni les miennes, ni les vôtres), mais
l'enseignement de l'Eglise. Autrement dit, c'est la fides quaerens intellectum, et non l'intellectum quaerens fidem. Pouvez-vous donc me dire en quoi mon homélie n'est pas
en accord avec l'enseignement de l'Eglise au sujet de la prière, et donc au sujet de la foi? Car selon l'adage bien connu, lex orandi, lex credendi. Merci.



Regis Vétillard 03/08/2013 15:04


Désolé d'insister et de vous importuner ... Il ne faut jamais se départir de son esprit critique ( conscience )... Les jansénistes aussi, se réclamaient de St-Augustin ...! Quant au missel, au
cours des âges, il nous a montré qu'il pouvait évoluer ( merci le St-Esprit ! )... Donc, je n'ai pas compris ( avec ma raison , c'est avec elle que je dois rendre compte de ma foi ...!) vos
arguments ...


Merci, d'avoir essayé...

dominicanus 13/08/2013 02:20



Comment voulez-vous que je réponde à vos arguments si vous n'en avez pas?



Regis Vétillard 02/08/2013 08:56


Merci de votre réponse. Si vous le permettez, je continue ce 'dialogue'; n'est-ce pas à cela que François nous invite? Vous dites que mon commentaire n'est pas inspiré par une bonne réflexion (!
..) Serait-ce votre préalable au dialogue ? ...Evidemment, je suis persuadé que Dieu veut un "plus grand bien" que celui que nous demandons... Et évidemment, que Dieu ne nous veut aucun mal ...
Aussi, Dieu n'est-il pour rien dans ce que nous nommons le "mal" ( vision humaine des tremblements de terre, tsunamis ...etc) . Ce n'est pas la peine de Le prier pour qu'Il nous en protège...
Nous avons bien mieux à faire: Servir notre frère, et prier pour que l'Esprit nous donne la force de traverser les souffrances ( et non pas de nous les éviter ...!)


Merci pour votre attention.

dominicanus 02/08/2013 21:51



Encore une fois, et au risque de vous déplaire, je vais essayer de vous répondre... Comment dire?


Le fait que, dans mon homélie, je ne fais que reprendre l'exposé de saint Augustin ne semble pas vous émouvoir outre mesure... 


Ensuite, le fait que dans le Missel romain, il y a des messes pour "intentions et circonstances diverses" (parmi lesquelles les tremblements de terre et autres) semble vous échapper. Vous, vous
dites que ce n'est pas la peine? Union de prière, et bon dimanche.



Regis Vétillard 27/07/2013 09:30


Je ne comprends pas le discours que vous tenez..! Vous semblez vouloir rester pragmatique, et vous mettre à la place de Dieu, avec une certaine logique ( à définir ...!).  Si Dieu, ne veut
pas: c'est pour notre bien ! Pensez donc à cette grand-mère qui a confié à Dieu sa petite-fille qui partait en pèlerinage à St-Jacques, par le train ...! Et à cet homme qui a échappé à la mort,
et qui remercie Dieu de l'avoir prrotégé ( lui ..!) ... Si l'on reste dans votre schéma de pensée, je crains ( en tout cas pour ma part...) de tomber dans une croyance "magique" et névrosée ...
et cotoyer ensuite l'absurde... A mon avis, la prière, ce ne peut pas être cela... ! Merci, de votre attention 

dominicanus 01/08/2013 21:51



Bonjour Regis. votre commentaire me semble inspiré quelque peu par une réaction épidermique, plutôt que d'être le fruit d'une bonne réflexion. D'abord, ce n'est pas "ma" logique. Je ne fais que
reprendre une commentaire de saint Augustin (dont je donne le lien), qui reflète la position de l'Eglise, et qui n'a rien de magique, de névrosé ni d'absurde.


Le "bien" dont vous parlez est, en réalité, un "plus grand bien" que celui que nous demandons, et que Dieu veut nous donner, à condition d'accepter dans la foi et la confiance ce qui peut nous
apparaître (à tort ou à raison) comme un mal.


L'exemple auquel vous faites allusion (l'homme qui remercie Dieu de l'avoir protégé) n'est pas pertinent non plus, puisqu'il n'a rien demandé à Dieu, lui. Union de prière.



RSS Contact