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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Karl Rahner, Herbert Vorgrimler, Petit dictionnaire de théologie catholique, Éd. du Seuil, 1970, art. " SCANDALE "

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)

Du grec skandalon = embûche. Dans le Nouveau Testament, il s’'agit d’'abord du scandale qu’'est le Christ lui-même comme " signe de contradiction " : Lc 2, 34 ; v. Mt 11, 6 ; 1 Co 1, 18-2, 16). Il l’'est face à l’'attente messianique terrestre des Juifs, et il l’'est par sa doctrine et son comportement face à l’'auto-justification des Pharisiens. Le scandale gît, au fond, dans l’'incompréhensibilité (le paradoxe) de l’'Incarnation de Dieu (ainsi surtout saint Jean), qui dépasse radicalement toute représentation et compréhension de ce monde (Jn 1, 5, 10), et à plus forte raison quand on regarde la croix de Jésus (ainsi surtout saint Paul).

 

Il y a aussi le scandale que donnent les chrétiens, et qui, selon le Nouveau Testament, est avant tout une manifestation nécessaire du mauvais éon (Lc 17, 1), que Jésus a spécialement maudite. Selon la théologie morale, le scandale peut dépendre de celui qui le reçoit : une action en elle-même bonne peut devenir occasion de péché (scandale), soit pour un homme spirituellement et religieusement orgueilleux qui ne cherche pas à comprendre (scandale des pharisiens), soit pour un homme manquant de maturité mentale et de caractère (scandale des faibles).

 

Le scandale des pharisiens n’a pas à être évité. Le scandale des faibles doit l’'être dans la mesure du possible. Être cause de scandale par malice (pour entraîner un autre à pécher) ou par insouciance (quand on prévoit le péché d'’un autre et qu'’on ne l’'empêche pas alors qu’'on pourrait le faire) c’'est commettre un péché contre la charité et dans la matière en cause, et on a l’'obligation de réparer les dommages ainsi occasionnés.

 

En certaines occasions, un scandale peut être permis : il ne s’'agit pas alors de coopération au péché, mais d’'un acte à double effet. Dans le monde et la culture pluraliste d’'aujourd’hui, au lieu de mettre unilatéralement en garde contre le scandale moral, il faut encourager à un témoignage positif, même si cela doit être pour le monde ambiant un scandale au sens biblique du mot.

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robert 12/07/2006 17:10

                        Cher père,
    J'ai signé F.R., j'aurais dù signer par mon prénom, ca le dialogue que vous insistuez avec nous n'est pas froid et distant, mais d'un père à ses enfants, dans l'Eglise, notre mère, n'est-ce pas?Je compte sur votre écoute bienveillante.
                  Fraternellement . Florence

Walter Covens 12/07/2006 21:00

Sentez-vous libre de signer comme vous voulez. La femme de l'évangile qui souffrait d'hémorragies depuis douze ans a pu s'approcher de Jésus " par derrière ". Il est vrai pourtant que, par la suite, il l'a invitée à un vrai face à face.

robert 12/07/2006 16:57

      En écoutant les nouvelles, j'ai ce sentiment de la fausseté de ce monde dont vous venez de parler, qui renverse toutes priorités, toute valeur, à sa guise : ainsi on mentionnait seulement les 2OO morts et 7OO blessés de Bombay, et on entend auusi les grands de ce monde se menaçer selon leur logique propre :Israël menacer les bandes armées libanaises...
Nous devons renverser ces logiques : je voudrais confier particulièrement à votre messe tous ces morts et blessés et demander que le Seigneur éclaire chaque esprit pour qu'il se tourne vers Lui et n'écoute pas les discours faux  rabachés par les médias.F.R.

Walter Covens 12/07/2006 20:55

Aujourd'hui, le monde, l'opinion publique, les média... continuent de crucifier Jésus. Et au pied de la croix il y a toujours aussi peu de ... monde.

Joséphine 12/07/2006 04:52

Qu'est-ce que "la manifestation du mauvais éon que Jésus a spécialement maudite"...qu'est-ce que le "mauvais éon"?
De Guadeloupe (F.W.I.)

Walter Covens 12/07/2006 16:01

Merci de ta question.
ÉON vient du grec ‘aïon’ = monde, âge du monde, époque, longue durée, éternité intemporelle (chez Platon).
L’emploi biblique du terme est fondé sur la conception de l’éon dans l’apocalyptique du judaïsme tardif, dans laquelle il est question de deux éons nettement distincts (celui-ci – celui-là ; ce qui est caduc – ce qui est sans fin ; douleur, tribulation, corruption – nouveauté, grandeur, justice, vérité). L’avènement de l’éon futur est mis en rapport avec le Messie, et il est situé ou bien sur une nouvelle terre, ou bien dans le monde céleste. Dans ce dernier cas, il s’agit souvent, non plus de la simple substitution d’un éon à l’autre, mais d’une simultanéité à côté d’une différence de nature (entre l’éon terrestre, visible, et l’être céleste, invisible).
S. Paul parle surtout (en faisant abstraction, sans doute volontairement, de l’éon futur) de " cet " éon présent, qui est mauvais, qui a " son Dieu " à lui (2 Co 4, 4), mais auquel le chrétien a été arraché par la mort de Jésus et auquel les chrétiens ne doivent plus s’assimiler (cf. chez S. Jean la notion analogue de " ce monde ").

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