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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Souffrir en ami du Christ - Homélie 20° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C 2012-2013

 

20 TOC 1 lec

 

Rien n'est plus important que notre amitié avec le Christ. Pourquoi? Le Catéchisme nous enseigne que nous sommes créés pour vivre en communion avec Dieu (n. 45), et que c'est en lui que nous trouvons le bonheur. En d'autres mots, nous ne pouvons pas avoir accès à la plénitude à laquelle nous aspirons dans notre vie, si ce n'est en vivant en communion avec Dieu. 

 

Mais comment y parvenir? Avant le péché originel, la vie en communion avec Dieu était naturelle. Mais le péché originel a détruit cette communion. Le péché, la souffrance, les conflits, la mort et toutes les frustrations qui les accompagnent, ont envahi la famille humaine.

 

Mais Dieu est venu à notre secours. Il nous a envoyé son Fils, Jésus Christ, pour reconstruire le pont que le péché originel avait détruit. C'est par l'amitié avec Jésus que nous pouvons à nouveau vivre en communion avec Dieu et atteindre au bonheur pour lequel nous sommes créés. Voilà pourquoi rien n'est plus important que notre amitié avec le Christ.

 

Mais être ami(e) du Christ suppose bien plus que simplement faire quelques prières et aller à la messe, même si ce sont des choses essentielles. Etre ami(e) du Christ veut dire aussi le suivre. Cela suppose une écoute de tous les instants à sa voix qui nous appelle, et une prompte obéissance. C'est cela qui nous est difficile. Car obéir au Christ veut dire aller à contre-courant du monde, au risque de nous trouver en conflit avec les tendances à la mode, avec ce que les gens attendent de nous, et surtout avec notre propre nature pécheresse.

 

Il ne s'agit pas de chercher les conflits, mais de chercher à découvrir et exécuter le projet de Dieu. Mais le Christ ne veut pas que nous soyons naïfs non plus. Vivre en vérité avec lui n'est pas toujours facile. Cela pourra affecter jusqu'à nos relations les plus étroites, comme Jésus le laisse entendre dans la passage de l'évangile de ce dimanche. Quand il nous fait connaître sa volonté, même les liens familiaux ne doivent nous retenir de le suivre. Dans l'esprit du Christ, il vaut la peine de tout sacrifier pour lui.

 

Comme nous l'avons entendu dans la première lecture, le prophète Jérémie a bien retenu la leçon. Il a vécu à une époque mouvementée dans l'histoire d'Israel, aux alentours de 600 avant Jésus Christ. Le nord d'Israel avait été conquis par l'Assyrie, mais le sud, la Judée, là où se trouve Jérusalem et où vécut Jérémie, était encore libre au moment où Jérémie est né. Mais la Judée se trouvait coincée entre deux empires puissants qui s'efforçaient de conquérir la région tout enière: l'Egypte au sud, et Babylone au nord. Dieu avait donné à Jérémie la mission d'être propète, de rappeler au peuple et à ses dirigenats en permanence la nécessité de faire confiance à Dieu. S'ils obéissaient aux commandements et aux instructions de Dieu, Dieu les protégerait. 

 

Malheureusement, ni les dirigeants, ni le peuple, n'ont voulu en entendre parler. Ils voulaient prendre les choses eux-mêmes en main, mener leurs propres batailles, négocier leurs propres traités de paix. La dernière chose qu'ils voulaient faire était de dépendre de Dieu et de lui obéir. Chaque fois que le Roi de Judée demandait conseil à Jérémie, Jérémie priait, recevait des instructions, et en informait le Roi, et le Roi faisait exactement le contraire. Ensuite Dieu demandait à Jérémie de donner des avertissements au Roi, et d'appeler le peuple à la repentance, tout cela en vain.

 

C'est ainsi que Babylone a fini par conquérir la Judée, Jérusalem fut mise à sac, et les Juifs emmenés en exil, tandis que Jérémie ne récoltait que le mépris du bouc émissaire. Des mensonges se répandaient à son sujet, on se moquait de lui, ses écrits brûlés, et il fut jeté en prison. Et quand cela ne suffisait pas pour le réduire au silence, il fut jeté dans un puits pour le faire mourir de faim. Pourquoi? Simplement parce qu'il était fidèle à ce que Dieu lui demandait.

 

Ceci nous rappelle que suivre le Christ dans un mondé déchu n'est pas sans conséquences, et Dieu veut que nous les assumions.

 

Cela devrait nous aider, par exemple, à comprendre l'enseignement de l'Eglise à propos de l'euthanasie. Le Catéchisme (n. 2277) définit l'euthanasie comme étant la volonté de mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. A la télévision et dans la presse, on fait souvent l'apologie de cette pratique. On nous dit que si la vie est douloureuse, on peut donner la mort par pitié. Mais cette pitié est fausse. Elle n'est qu'une manière habile de camoufler le péché de meurtre, une manière si habile que même des catholques se laissent piéger.

 

Mais aujourd'hui, le Saint Esprit nous rappelle que la souffrance et les tribulations n'enlèvent rien au sens de la vie. Ce n'est pas Dieu qui a inventé la souffrance. La souffrance est une conséquence du péché. Mais Dieu a pris la souffrance sur lui par amour. En demeurant fidèle à Dieu au milieu des épreuves, comme Jérémie, nous montrons notre amour pour lui, et nous pouvons grandir dans cet amour. Ces épreuves deviennent alors des moments privilégiés dans la croissance de notre amitié avec Jésus. On peut euthanasier des animaux, car les animaux n'ont pas part à cette amitié. Les êtres humains, par contre, sont créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, qui les aime comme ses enfants et amis. Si Dieu permet que la souffrance nous mette à genoux, il nous donne en même temps la force pour la supporter et la lumière pour lui donner un sens.

 

Voilà le message vraiment réconfortant et fortifiant que nous devons croire nous-mêmes et nous efforcer de transmettre à tous ceux qui souffrent. S'ils se savent aimés, ils pourront souffrir avec amour, et ils pourront découvrir que leur croix et la plus grande bénédiction. Et n'oublions pas que c'est la croix du Christ qui a valu à l'Eglise son plus grand trésor: l'Eucharistie. C'est cela, la meilleure réponse à l'euthanasie.

 

Car obéir au Christ veut dire aller à contre-courant du monde...

Car obéir au Christ veut dire aller à contre-courant du monde...

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