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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Journal du Vatican / Ce péché de Sodome qui crie vers le ciel

dominicanus #actualités

La congrégation pour la doctrine de la foi fait réimprimer à l'identique sa lettre de 1986 relative à l'homosexualité, précisément au moment où différents gouvernements légalisent les unions gay. Les commentaires de Ratzinger et du cardinal Biffi 

 

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CITÉ DU VATICAN, le 18 mai 2012 –  La congrégation pour la doctrine de la foi travaille plus que jamais à accroître le rayon de diffusion de sa production magistérielle.

 

Non seulement elle vient d’inaugurer un nouveau site web qui est riche de documents :

 

> Journal du Vatican / Le Saint-Office à portée de souris

 

Mais elle a également chargé la Librairie Éditrice du Vatican de réimprimer ceux des volumes de sa collection ?Documenti e studi? [?Documents et études?] qui étaient épuisés et par conséquent introuvables dans le commerce.

 

Cette collection, créée en 1985, a pour but déclaré de "réunir dans des volumes distincts le texte bilingue des principaux documents publiés par la congrégation, avec une introduction rédigée par le cardinal préfet qui en représente l’enseignement dans le contexte actuel et des commentaires qui en expliquent les thèmes principaux".

 

La congrégation veut ainsi "accomplir sa double mission de promotion et de protection de la doctrine catholique, en particulier en ce qui concerne les points fondamentaux et controversés".

 

La collection a également été créée pour "répondre à un désir" exprimé par Jean-Paul II : celui d’instaurer "un dialogue confiant et constructif entre la curie romaine, organisme au service du ministère du successeur de Pierre, et tous ceux, évêques, prêtres, fidèles et théologiens, qui sont tenus, à divers titres, d’approfondir l’enseignement de l’Église".

 

Les premiers volumes réimprimés, avec de nouvelles couvertures, sont ceux qui concernent :

 

– la “Déclaration sur l’avortement provoqué” de 1974 (n° 3 de la collection, édité en 1998) ;

– des thèmes actuels d’eschatologie (n° 5, 2000) ;

– l’instruction "Donum Vitae" de 1987 (n° 12, 1990) ;

– la lettre "Communionis notio" de 1992 (n° 15, 1994) ;

– les “Considérations sur la primauté du successeur de Pierre dans le mystère de l’Église” de 1998 (n° 19, 2002).

 

Mais, en plus de ceux-là, il y a un autre volume réimprimé qui a une actualité toute particulière.

 

C’est celui qui est consacré à la pastorale des personnes homosexuelles (n° 11 de la série). Il a été publié pour la première fois en 1995 et contient la lettre relative à la pastorale des personnes homosexuelles qui avait été signée, le 1er octobre 1986, par le préfet et le secrétaire de l'époque, le cardinal Joseph Ratzinger et l’archevêque Alberto Bovone, après avoir été approuvée par Jean-Paul II, qui ordonna qu’elle soit publiée.

 

 

***

 

 

Ce document est d’actualité parce que jamais comme au cours de ces derniers mois la question de l’homosexualité n’avait été au centre de polémiques et de controverses qui ont impliqué l’Église catholique. Celle-ci n’a pas fait preuve d’unanimité dans ses prises de position, y compris au plus haut niveau de la hiérarchie.

 

Il suffirait de rappeler, à ce sujet, la décision récemment prise en Autriche par le cardinal archevêque de Vienne, Christoph Schönborn. Celui-ci a validé, en dépit de l’avis contraire du curé concerné, l’élection, en tant que membre d’un conseil pastoral, d’un homosexuel qui vit une union reconnue par la mairie et n’en éprouve manifestement aucun repentir – au contraire, il en tire de la fierté – de son comportement moral.

 

On pourrait également citer le désaccord vigoureusement manifesté, il y a quelques jours, par le cardinal archevêque de New-York, Timothy Dolan, à propos de l’appui donné publiquement par le président Barack Obama à la légalisation de ce que l’on appelle le “mariage gay”.

 

Le geste d’Obama avait créé une impression d’autant plus forte qu’il venait immédiatement après un référendum organisé dans l’état de Caroline du Nord, par lequel les citoyens ont donné une valeur constitutionnelle à la définition classique du mariage comme union d’un homme et d’une femme. Cette définition a également reçu le soutien du charismatique leader évangélique Billy Graham, âgé de 93 ans, chez qui Obama lui-même s’était rendu en “pèlerinage” au mois d’avril 2010 pour en recevoir les conseils, poursuivant ainsi une tradition présidentielle inaugurée par Dwight Eisenhower.

 

En Caroline du Nord 61 % des votants se sont prononcés en faveur de la constitutionnalisation du mariage traditionnel, avec plus de 1,3 million de suffrages, contre 39 %, soit environ 832 000 suffrages, même si les partisans de l’amendement ont recueilli à peine un peu plus de la moitié des fonds collectés par leurs adversaires : moins de 1,2 million de dollars contre plus de 2,34 millions de dollars.

 

Au même moment, et avec le même pourcentage de 61 %, la Convention des méthodistes réunie à Tampa, en Floride, a réaffirmé l’enseignement traditionnel de cette confession protestante, qui définit l’homosexualité comme "incompatible avec la doctrine chrétienne".

 

Une déclaration qui arrive à contre-tendance par rapport à d’autres dénominations protestantes historiques des États- Unis – les épiscopaliens, les presbytériens, les luthériens – qui, au cours de ces dernières années, ont voté en faveur de l’admission de pasteurs qui étaient ouvertement gay.

 

***

 

Pour en revenir à la lettre publiée en 1986 par la congrégation pour la doctrine de la foi, elle tend à corriger une interprétation laxiste, à propos de l'homosexualité, qui avait été donnée à une précédente “Déclaration sur certaines questions d’éthique sexuelle” publiée par cette même congrégation en 1975.

 

Le nouveau document affirme que l’"inclination" homosexuelle elle-même "doit être considérée comme objectivement désordonnée". Et "par conséquent ceux qui se trouvent dans cette condition devraient faire l’objet d’une sollicitude pastorale particulière afin qu’ils ne soient pas enclins à croire que la concrétisation de cette tendance dans les relations homosexuelles est une option moralement acceptable".

 

La lettre de 1986 constate que "l’on assiste même, dans certains pays, à une véritable tentative de manipulation de l’Église pour obtenir le soutien, souvent bien intentionné, de ses pasteurs en faveur d’un changement des normes de la législation civile", de manière à rendre celle-ci conforme aux conceptions de ces "groupes de pression" selon lesquels "l’homosexualité est une chose parfaitement inoffensive, sinon tout à fait bonne".

 

Dans la présentation écrite en 1995 pour la lettre de 1986 par celui qui était alors le cardinal Ratzinger – elle est partiellement reproduite ci-dessous – celui-ci explique qu’elle avait été conçue justement parce que "des façons de penser remettant en question la saine doctrine en matière d’homosexualité et rendant plus difficile la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles se répandaient de plus en plus".

 

Et "l'influence de ces courants de pensée – notait, il y a 17 ans, celui qui était alors préfet de la congrégation – n’a pas diminué" après la publication du document. Au contraire, elle a augmenté "surtout aux États-Unis et en Europe", au point d’accroître encore "l'actualité de la lettre".

 

Une actualité qui n’a jamais disparu, comme le montre le fait qu’aujourd’hui la Librairie Éditrice du Vatican a réimprimé le petit volume de 1995 sans commentaires supplémentaires.

 

Parmi les commentaires qui ont été réimprimés figure celui du jésuite Maurice Gilbert, bibliste bien connu, qui met en évidence le fait que, dans le Nouveau Testament, saint Paul "déclare que l'homosexualité est incompatible avec une authentique vie chrétienne", réaffirmant ainsi un enseignement "en conformité et aussi en référence à celui de l'Ancien Testament".

 

Le cardinal Giacomo Biffi est lui aussi revenu, récemment, sur ce sujet, avec le brio qui le caractérise, épinglant ceux qui aiment se gargariser de citations des Saintes Écritures mais oublient volontiers ce que dit saint Paul à propos de l'homosexualité.

 

Le cardinal Biffi, à qui l’âge n’a pas enlevé sa vivacité – on peut voir son texte ci-dessous – ne donne pas de noms.

 

Mais, par exemple, dans le récent livre "Credere e conoscere" ["Croire et connaître"] coécrit par le sénateur Ignazio Marino et le cardinal Carlo Maria Martini – dont "L'Espresso" et le "Corriere della Sera" ont donné en avant-première à leurs lecteurs précisément la page consacrée à l'homosexualité – le prélat jésuite, bibliste renommé, ne fait aucune allusion à ce que dit saint Paul à ce sujet.

 

En réalité l’Église a toujours considéré l’homosexualité comme l’un des péchés les plus graves, tout en maintenant la distinction entre le péché et le pécheur, le premier devant toujours être condamné et le second être traité avec miséricorde.

 

Dans le célèbre Grand Catéchisme de saint Pie X édité en 1905, dans la réponse à la question 966, l'homosexualité est le deuxième des quatre "péchés qui crient vengeance devant la face de Dieu" : l’"homicide volontaire"; le "péché impur contre l'ordre de la nature"; l’"oppression des pauvres"; le "refus du salaire aux ouvriers". 

 

Et le nouveau Catéchisme de l’Église catholique publié en 1992 et en édition typique en 1997 en dit autant.

 

Au paragraphe 1867 il réaffirme que "la tradition catéchistique rappelle aussi qu’il existe des 'péchés qui crient vers le ciel".

 

Et de poursuivre, en langage biblique :

 

"Crient vers le ciel : le sang d’Abel ; le péché des Sodomites ; la clameur du peuple opprimé en Égypte ; la plainte de l’étranger, de la veuve et de l’orphelin ; l'injustice envers le salarié".

 

www.chiesa

 


La lettre publiée en 1986 par la congrégation pour la doctrine de la foi à propos de la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles :

 

 

> "Homosexualitatis problema"

 

 


JOSEPH RATZINGER : "TOUT A COMMENCÉ AVEC LA RÉVOLUTION SEXUELLE"

 

(Extrait de l'introduction de : Congrégation pour la doctrine de la foi, "Lettre sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles, 1er octobre 1986. Texte et commentaires", Librairie Éditrice du Vatican, Cité du Vatican, 1995/2012)

 

 

Ce n’est pas un hasard si la diffusion et l’acceptation sociale croissante de l’homosexualité vont de pair avec une crise sérieuse en ce qui concerne le mariage et la famille, avec la large diffusion d’une mentalité hostile à la vie ainsi qu’avec une effrayante liberté sexuelle.

 

Sans vouloir contester qu’il y ait plusieurs causes de ce phénomène, on peut dire que l’on trouve à sa racine une "nouvelle" compréhension, complètement transformée, de la sexualité humaine.

 

La "révolution sexuelle" qui s’est déchaînée au cours des années 1960 voulait "libérer" la sexualité humaine de la camisole de force que constituait la morale traditionnelle. Elle a commencé à chanter les louanges de la sexualité comme simple bien de consommation et comme moyen d’atteindre le plaisir. La satisfaction de l’impulsion sexuelle fut vantée comme étant la voie vers le bonheur et vers le véritable développement de la personnalité. Des valeurs telles que l'autocontrôle et la chasteté furent de moins en moins acceptées. Beaucoup de gens considéraient que la continence sexuelle n’était pas naturelle et pas vivable. D’autres personnes, à leur tour, cherchaient à faire passer complètement la sexualité humaine dans le domaine du "privé" et du "subjectif" : si deux personnes s’aiment réciproquement et veulent se l’exprimer dans le langage de l’amour, pourquoi faudrait-il le leur interdire ?

 

Par la suite, l'exercice de la sexualité a été de plus en plus détaché du mariage et, surtout en raison de la diffusion mondiale des moyens de contraception, de la procréation. On a affirmé que l’"ancienne" conception de la sexualité correspondait à une autre culture qui, entre-temps, s’était transformée.

 

Les affirmations bibliques devaient également être envisagées dans le contexte du temps et de la situation d’alors, elles ne pouvaient pas être considérées comme des vérités morales "atemporelles". C’était vrai en particulier pour les passages dans lesquels la Bible parle de pratiques homosexuelles.

 

L'argument traditionnel selon lequel le comportement sexuel serait immoral dans les cas où il est en contradiction avec la "nature" de l'homme fut abandonné. Ce qui est "naturel", ou "pas naturel", serait également toujours fonction de la culture et de la sensibilité subjective de chaque peuple. Et, de plus, on pourrait trouver de l'homosexualité partout dans la nature. Beaucoup de gens considéraient que les diverses formes anormales de sexualité, y compris l'homosexualité, étaient de simples "variantes" de la nature, qui devraient être acceptées et approuvées : de même qu’il y a des gens qui ont la peau de couleur noire, blanche ou rouge, de même que les uns se servent de leur main droite et les autres de leur main gauche, de même beaucoup de gens auraient une tendance à l'amour hétérosexuel et d’autres à l'amour homosexuel.

 

Derrière ces idées et d’autres du même genre se cache un problème de morale central : quelle est la nature de la sexualité humaine ? Ou bien, de manière plus générale : quelle est la nature de l'homme ? Et quand un acte correspond-il à cette nature ?

 

De fait, si le concept de nature, comme dans les approches mentionnées ci-dessus, n’est compris que de manière physico-empirique, il n’est pas possible de parvenir à un jugement univoque, qui transcende les diverses cultures, à propos de la valeur morale d’un acte.

 

Cependant le concept de nature, qui est sous-jacent à toute la tradition ainsi qu’aux déclarations magistérielles de l’Église (cf. "Veritatis splendor", n° 46-53), a un caractère non pas physique, mais métaphysique : un acte a été et est considéré comme naturel lorsqu’il est en harmonie avec l'essence de l'homme, avec son être voulu par Dieu. À partir de cet être, qui resplendit dans l’ordre de la création – et qui est renforcé par la révélation – la raison peut déduire l'impératif du devoir, surtout si elle est éclairée par la foi. Dans la nature, autrement dit dans la création, l’homme peut reconnaître un "logos", un sens et un but, qui le conduit à la véritable autoréalisation et à son bonheur, et qui est fondé en fin de compte sur la volonté de Dieu.

 

C’est dans la perte de ce concept métaphysique de nature, accompagnée d’un abandon presque complet de la théologie de la création, qu’il faut chercher l’une des causes principales de la crise morale que connaît notre époque.

 

En effet, si le devoir de l’homme n’est plus considéré comme étant ancré dans l’être et donc dans la sagesse du créateur, il ne reste que l'alternative qui découle de la sagesse humaine. Mais alors c’est l’œuvre de l’homme, soumise au changement du temps, qui peut être remodelée et manipulée. Alors, en dernier recours, c’est la majorité qui décide de ce qui est bien et de ce qui est mal. Alors les "groupes de pression", qui savent guider l'opinion de la masse, ont de grandes perspectives de succès.

 

L’Église ne peut pas donner dans une déclaration magistérielle une réponse à toutes les questions de fond que l’on vient de mentionner. Toutefois, étant donné que des façons de penser remettant en question la saine doctrine en matière d’homosexualité et rendant plus difficile la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles se répandaient de plus en plus, la congrégation pour la doctrine de la foi a publié avec l'approbation du pape Jean-Paul II, le 1er octobre 1986, la lettre aux évêques de l’Église catholique "Homosexualitatis problema".

 

Au cours des années qui ont suivi la publication de cette lettre, l'influence des courants d’idées évoqués plus haut n’a pas diminué. Dans l'opinion publique, le comportement homosexuel semble déjà largement accepté. La pression de certains groupes, qui demandent l'assimilation juridique des formes de vie homosexuelle à la forme traditionnelle du mariage, devient de plus en plus forte dans différents pays, surtout aux États-Unis et en Europe. Ces tentatives montrent l'actualité de la lettre.

 


 

 

GIACOMO BIFFI : "JE PENSE COMME SAINT PAUL ET CEUX QUI LE CENSURENT SONT DES LÂCHES"  

 

(Extrait de : G. Biffi, "Memorie e digressioni di un italiano cardinale" [Mémoires et digressions d’un Italien cardinal], nouvelle édition augmentée, Cantagalli, Sienne, 2010, pp. 609-612)

 

 

En ce qui concerne le problème aujourd’hui émergent de l’homosexualité, la conception chrétienne nous enseigne qu’il faut toujours distinguer le respect dû aux personnes - qui comporte le refus de leur exclusion sociale et politique sous quelque forme que ce soit (à la réserve de la nature incontournable de la réalité matrimoniale et familiale) - du refus, qui est juste, de toute “idéologie de l’homosexualité” exaltée.

 

La parole de Dieu, telle que nous la connaissons dans une page de l’épître de l’apôtre Paul aux Romains, nous propose en revanche une interprétation théologique du phénomène de l’aberration culturelle qui se répand dans ce domaine : cette aberration – affirme le texte sacré – est en même temps la preuve et le résultat du fait que Dieu est exclu de l’attention collective et de la vie sociale, et de la réticence à lui rendre la gloire qui lui revient (cf. Romains 1, 21).

 

L’exclusion du Créateur provoque un déraillement universel de la raison : «Ils ont perdu le sens dans leurs vains raisonnements et leur cœur inintelligent s’est enténébré. Dans leur prétention à la sagesse, ils sont devenus fous» (Romains 1, 21-22). En conséquence de cet aveuglement intellectuel, il s’est produit une chute comportementale et théorique dans la débauche la plus complète : «C’est pourquoi Dieu les a livrés selon les convoitises de leur cœur à une impureté où ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps» (Romains 1, 24).

 

Et, de façon à empêcher toute équivoque et toute lecture accommodante, l’apôtre poursuit par une analyse impressionnante qui est formulée en termes tout à fait explicites :

 

«C’est pourquoi Dieu les a abandonnés à des passions avilissantes ; en effet leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature. Pareillement les hommes, délaissant le rapport naturel avec la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, perpétrant l’infamie d’homme à homme et recevant en leur personne l’inévitable salaire de leur égarement. Et comme ils n’ont pas jugé bon de garder la vraie connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à leur esprit sans jugement et ils ont commis des actions indignes» (Romains 1, 26-28).

 

Enfin saint Paul prend soin de faire remarquer que l’on atteint le summum de l’abjection lorsque “les auteurs de pareilles actions… non seulement les commettent, mais approuvent également ceux qui les commettent” (cf. Romains 1, 32).

 

Il s’agit là d’une page du livre inspiré, qu’aucune autorité terrestre ne peut nous obliger à censurer. Et, si nous voulons être fidèles à la parole de Dieu, nous n’avons même pas droit à la lâcheté de passer cette page sous silence par crainte de ne pas paraître “politiquement corrects”.

 

Nous devons au contraire souligner l’intérêt remarquable, pour notre époque, de cet enseignement de la Révélation : il apparaît bien que ce que saint Paul signalait comme se produisant dans le monde gréco-romain correspond prophétiquement à ce qui s’est produit dans la culture occidentale au cours de ces derniers siècles. L’exclusion du Créateur – jusqu’à cette proclamation grotesque, il y a quelques décennies, de la “mort de Dieu” – a eu comme conséquence (et presque comme punition intrinsèque) la diffusion d’une interprétation aberrante de la sexualité, inconnue (dans son arrogance) aux époques précédentes.

 

L’idéologie de l’homosexualité – comme cela arrive fréquemment aux idéologies lorsqu’elles deviennent agressives et qu’elles en arrivent à être politiquement victorieuses – devient un piège pour notre légitime autonomie de pensée : ceux qui ne l’approuvent pas risquent d’être condamnés à une espèce de marginalisation culturelle et sociale.

 

Les attentats contre la liberté de jugement commencent par le langage. Les gens qui ne se résignent pas à faire bon accueil à l’“homophilie” (c’est-à-dire la bonne opinion théorique concernant les relations homosexuelles) sont accusés d’“homophobie” (étymologiquement la “peur de l’homosexualité”). Que ce soit bien clair : celui qui est rendu fort par la lumière de la parole inspirée et qui vit dans la “crainte de Dieu”, n’a peur de rien, sauf de la stupidité, face à laquelle, disait Bonhoeffer, nous sommes sans défense. Maintenant on va parfois jusqu’à lancer contre nous l’accusation incroyablement arbitraire de “racisme” : un terme qui, d’ailleurs, n’a rien à voir avec ce problème et qui, en tout cas, est tout à fait étranger à notre doctrine et à notre histoire.

 

Le problème de fond qui se profile est le suivant : est-il encore permis, de nos jours, d’être des disciples fidèles et cohérents de l’enseignement du Christ (qui, depuis des millénaires, a inspiré et enrichi toute la civilisation occidentale), ou bien faut-il que nous nous préparions à une nouvelle forme de persécution, mise en œuvre par les homosexuels factieux, par leurs complices idéologiques et aussi par ceux dont le devoir serait de défendre la liberté intellectuelle de tous, y compris celle des chrétiens ?

 

Nous posons une question en particulier aux théologiens, aux biblistes et aux responsables de la pastorale. Comment se fait-il que, dans l’actuel climat de valorisation quasi obsessionnelle de la Sainte Écriture, le passage de l’épître aux Romains 1, 21-32 de saint Paul ne soit jamais cité par personne ? Comment se fait-il que l’on ne se préoccupe pas un peu plus de le faire connaître aux croyants et aux non-croyants, malgré son évidente actualité ?

 


 

 

(s.m.) Le fait que la condamnation sans équivoque des comportements homosexuels par saint Paul dans son épître aux Romains crée de la confusion non seulement dans l’Église catholique mais également dans d’autres confessions chrétiennes est prouvé – entre autres – par la polémique qui est en cours chez les vaudois, la plus connue et la plus vivante des communautés protestantes "historiques" présentes en Italie.

 

En 2010, leur synode annuel a donné le feu vert à la bénédiction nuptiale des couples homosexuels "là où l’église locale a atteint un consensus mature et respectueux".

 

À la suite de quoi, au cours des mois suivants, certains pasteurs ont effectivement béni des mariages entre hommes et entre femmes. Ils étaient soutenus par la pasteure Maria Bonafede, qui occupe la plus haute charge dans la communauté, celle de modérateur de la Table vaudoise.

 

Mais les opposants au mariage homosexuel étaient aussi aguerris. Ils ont publié un manifeste d’opposition. Et ils ont reçu le soutien du pasteur Paolo Ricca, le plus connu et le plus estimé des théologiens vaudois, qui fait autorité.

 

En juin 2011, Ricca a écrit dans l’hebdomadaire vaudois officiel "Riforma" ["Réforme"] que, en donnant son accord à la bénédiction des couples homosexuels, le synode avait pris une décision "praeter Scripturam", hors de l’Écriture. Et il a cité le saint Paul de l’épître aux Romains, celui-là même qui est cité par le cardinal Biffi dans le passage reproduit ci-dessus.

 

Être hors de l’Écriture constitue la plus brûlante des accusations pour un protestant. Mais l’état-major des pasteurs et des théologiens vaudois a répondu à Ricca que saint Paul ne doit pas être pris au pied de la lettre mais interprété dans le "contexte" de son temps, influencé par des préjugés marqués par un "caractère patriarcal" et un "mépris ethnico-religieux" inacceptables aujourd’hui...

 

La polémique continue. Pour en connaître les détails, voir le blog "Settimo cielo" :

 

> Matrimoni gay in casa valdese. Ed è subito divorzio

 

 


 

La mémorable réflexion de Benoît XVI à propos du péché de Sodome et de la miséricorde de Dieu, lors de l'audience générale du 18 mai 2011 :

 

> Les dix justes qui n'ont pas sauvé Sodome et Gomorrhe

 

 

 

Illustration : François Elluin, Les habitants de Sodome provoquent la colère divine, gravure pour l'ouvrage libertin "Le pot-pourri de Loth", 1781.

 

 

 

Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

 

 

Michel 26/05/2012 12:33


Bonjour,


     Il serait certainement de mise pour nos frères évêques (évêque de Rome inclu, et sa curie déclinante...), de même pour les ministres des
autres confessions chrétiennes (en particulier aux Etats-Unis d'Amérique... et pour cause! ) de déchirer sa chemise aussi , et
plus souvent!, pour ces autres "péchés qui crient vengeance devant la face de Dieu" selon le très vénérable Catéchisme de Pie X, à
savoir l’"oppression des pauvres" et le "refus du salaire aux ouvriers". Il semble bien que l'on se trouve hélas, ici, en présence
d'une fixation obsessionelle plutôt malsaine (non?!) sur la sexualité, et c'est le moins que l'on puisse dire!


      J'apprécie beaucoup votre site, père COVENS, qui sait nous interpeller vivement. Merci.


Michel

dominicanus 26/05/2012 18:47



Merci pour votre commentaire, mais il me semble que vous êtes bien mal renseigné . Mais quand le le Saint-Père où
les autres évêques attirent l'attention sur les autres péchés qui crient vers le ciel, ça ne fait pas la "une" des médias. La différence avec celui qui concerne l'acte homosexuel, c'est que pour
les autres il y a un consensus assez large dans le monde. Il ne s'agit donc nullement d'une fixation obsessionnelle de la part de l'Èglise, mais d'une négation obsessionnelle de la part de la
société.



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