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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

S. Thomas d'Aquin, Commentaire sur Jean 6 (27 et fin)

dominicanus #La vache qui rumine B 2009

JÉSUS RÉPONDIT: "N’EST-CE PAS MOI QUI VOUS AI CHOISIS, VOUS LES DOUZE? CEPENDANT, L'UN DE VOUS EST UN DIABLE. "

Généreux dans sa réponse, Pierre y a inclus tous ceux qui restaient — POUR NOUS, NOUS CROYONS ET NOUS CONNAISSONS —, ce qui laissait supposer que tous parviendraient à la vie éternelle. C’est pourquoi le Seigneur soustrait Judas de l’assemblée des croyants. De la part de Pierre, la confiance était louable: à cause d’elle, il ne soupçonnait ses compagnons d’aucun mal; mais dans le Seigneur il faut admirer la sagesse, lui qui voyait les choses cachées: N’EST-CE PAS MOI QUI VOUS AI CHOISIS, VOUS LES DOUZE? CEPENDANT, L’UN DE VOUS EST UN DIABLE, non par nature, mais par imitation de la malice diabolique: C’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde; et ils l’imitent, ceux qui lui appartiennent. — Or après la bouchée, Satan entra en lui, précisément parce qu’il était devenu conforme à sa malice.

Mais si le Christ a choisi Judas, et que celui-ci est devenu mauvais, il a visiblement commis une erreur dans son choix?

A cela une première réponse peut être donnée: selon Chrysostome, CHOISI n’exprime pas le choix de prédestination, mais un choix en vue d’une certaine fonction, et relativement au statut de la justice présente d’après laquelle on est parfois choisi non pas en vue du futur, mais pour ce qu’on est, à ce moment-là: car par ce choix, le Christ ne supprime pas notre libre arbitre, ni la possibilité de pécher — Que celui qui se croit debout prenne garde de tomber. Si donc le Seigneur a choisi Judas, il ne l’a pas choisi comme mauvais à ce moment-là, mais la possibilité de pécher ne lui a pour autant pas été retirée par ce choix.

Seconde réponse possible: selon Augustin, le Seigneur a choisi un Judas mauvais. Et parce qu’à celui qui est bon, il appartient de se servir du mal pour le bien, tout en le sachant mauvais, le Seigneur a fait bon usage du mal de Judas, lorsqu’il accepta d’être trahi pour nous racheter.

Ou bien il faut dire que le choix des douze Apôtres ne se rapporte pas ici aux personnes mais au nombre. Comme s’il disait: Moi, j’ai choisi en vous le nombre douze. Ce nombre en effet leur est consacré avec justesse, eux qui devaient proclamer la foi en la Sainte Trinité à travers les quatre parties du monde. Et ce nombre n’a pas changé, parce qu’en choisissant Matthias on pourvut à la place du traître qui se supprima.

Ou bien, selon Ambroise, il a choisi Judas mauvais pour consoler notre faiblesse, au cas où il nous arriverait un jour d’être trahis par nos amis, puisque nous lisons que le Seigneur et Maître a été trahi par un disciple.

On peut se demander pourquoi, lorsque le Seigneur dit ici L’UN DE VOUS EST UN DIABLE, les disciples ne disent rien, alors que plus tard, quand il leur dira: L'un d’entre vous me livrera, ils diront: Est-ce moi, Seigneur?

La raison en est que, ici, le Seigneur a parlé en général, en disant que l’un d’eux était un diable, ce qui peut se rapporter à n’importe quelle malice, et c’est pourquoi ils ne sont pas émus. Mais plus tard, à l’annonce d’un tel crime — la trahison du Maître — ils ne peuvent se contenir.

Ou bien il faut dire qu’au moment où le Seigneur a dit ces paroles, chacun d’eux mettait sa confiance en sa propre valeur, et c’est pour cela qu’ils ne concevaient aucune crainte que cela les concernât. Mais quand Pierre entendit: Va derrière moi, Satan, ils furent terrifiés et touchèrent du doigt à quel point ils étaient faibles. Et c’est pourquoi ils disaient en tremblant: Est-ce moi, Seigneur?


IL PARLAIT DE JUDAS ISCARIOTE, FILS DE SIMON: CAR C’ÉTAIT LUI QUI DEVAIT LE TRAHIR, BIEN QU’IL FÛT L’UN DES DOUZE.

La réponse que le Seigneur avait faite de manière voilée, l’Evangéliste la précise en disant: IL PARLAIT DE JUDAS, comme l’ont prouvé les événements.
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