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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Benoît XVI, L'Avent est par excellence le temps de l'espérance (3)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    L'homme est l'unique créature libre de dire oui ou non à l'éternité, c'est-à-dire à Dieu. L'être humain peut éteindre en lui-même l'espérance en éliminant Dieu de sa propre vie. Comment cela peut-il se produire ? Comment peut-il arriver que la créature "faite pour Dieu", intérieurement orientée vers Lui, la plus proche de l'Éternel, puisse se priver de cette richesse ? Dieu connaît le cœur de l'homme. Il sait que celui qui le refuse n'a pas connu son véritable visage, et c'est pourquoi il ne cesse de frapper à notre porte, comme un humble pèlerin qui cherche à être accueilli. Voilà pourquoi le Seigneur accorde encore du temps à l'humanité :  afin que tous puissent arriver à le connaître ! Tel est également le sens d'une nouvelle année liturgique qui commence :  c'est un don de Dieu, qui veut à nouveau se révéler dans le mystère du Christ, à travers la Parole et les Sacrements. À travers l'Église il veut parler à l'humanité et sauver les hommes d'aujourd'hui. Et il le fait en allant à leur rencontre, pour "chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 10). Dans cette perspective, la célébration de l'Avent est la réponse de l'Église Épouse à l'initiative toujours nouvelle de Dieu Époux, "qui était et qui vient" (Ap 1, 8). À l'humanité qui n'a plus de temps pour Lui, Dieu offre à nouveau du temps, un nouvel  espace  pour revenir sur elle-même, pour se remettre en marche, pour retrouver le sens de l'espérance.

    Voilà alors la découverte surprenante :  mon espérance, notre espérance est précédée par l'attente que Dieu cultive à notre égard ! Oui, Dieu nous aime et c'est précisément pour cela qu'il attend que nous revenions à Lui, que nous ouvrions notre cœur à son amour, que nous mettions notre main dans la sienne et que nous nous rappelions que nous sommes ses enfants. Cette attente de Dieu précède toujours notre espérance, exactement comme son amour nous rejoint toujours en premier (cf. 1 Jn 4, 10). C'est dans ce sens que l'espérance chrétienne est dite "théologale":  Dieu en est la source, le soutien et le terme. Quel grand réconfort dans ce mystère ! Mon Créateur a placé dans mon esprit un reflet de son désir de vie pour tous. Chaque homme est appelé à espérer en répondant à l'attente que Dieu a pour lui. Du reste, l'expérience nous démontre qu'il en est précisément ainsi. Qu'est-ce qui fait avancer le monde, sinon la confiance que Dieu a en l'homme ? C'est une confiance qui a son reflet dans le cœur des petits, des humbles, lorsque malgré les difficultés et les efforts ils s'engagent chaque jour à faire de leur mieux, à accomplir ce peu de bien qui est cependant beaucoup aux yeux de Dieu:  en famille, sur leur lieu de travail, à l'école, dans les divers milieux de la société. Dans le cœur de l'homme l'espérance est inscrite de manière indélébile, car Dieu notre Père est vie, et nous sommes faits pour la vie éternelle et bienheureuse.

Homélie pour les première vêpres de l'Avent, Basilique de Saint-Pierre, samedi 1er décembre 2007
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