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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Arnaud Dumouch, La foi de l’Église par l’Écriture et Pierre qui parlent de la fin du monde

dominicanus #La vache qui rumine B 2009
En plus de cet aspect de connaissance affective, il existe la Révélation d’un contenu intellectuel. La seule autorité qui de manière absolue est certaine en cette matière, c’est la parole du Dieu unique et éternel.

 

 

     Lorsque Jésus, le Verbe de Dieu fait homme, eut accompli son oeuvre, il communiqua à ses disciples l’Esprit Saint de manière telle que rien d’essentiel ne leur fut caché de l’avenir. Ils comprirent en plénitude l’Évangile et les projets de Dieu. Saint Thomas d’Aquin dit que cette compréhension totale ne reviendra sur terre que dans les temps de la fin. Les apôtres laissèrent des écrits. Leurs textes ne doivent cependant pas être lus n’importe comment. Ils sont écrits en mots humains. Traduire des vérités infinies par l’analogie de mots limités est évidemment réducteur. C’est pourtant le pari que Dieu a fait en s’adressant aux hommes à travers les paroles de divers prophètes, puis en se faisant lui-même homme. Je me suis servi des textes explicites de la Bible à chaque fois que cela a été possible. Mais, il faut le reconnaître, je ne l’ai jamais fait de manière matérielle.

 

     En effet, certains textes sont purement symboliques (ceci n’exclut pas qu’ils se réalisent parfois historiquement à telle ou telle époque).

 

     Exemple : « Une bête apparut. Elle avait sept têtes et dix cornes. » Le sens littéral de tels textes est multiple. C’est le propre des symboles. Ils s’appliquent à chaque époque. Ainsi fonctionne dans son ensemble l’Apocalypse de saint Jean. Elle parle non seulement de la fin du monde, mais de la fin de chaque génération, de chaque humain individuel, de la fin des cités, des entreprises humaines etc. Inutile donc de vouloir appliquer les passages qui la composent à tel ou tel événement historiquement daté à l’exclusion des autres. La bête, par exemple signifie aussi bien l’Empereur romain Néron, qu’Hitler, nos propres péchés capitaux, etc.

 

     D’autres prophéties ont d’abord un sens historique (sans exclure cependant un sens symbolique).

 

     Exemple : « De ce temple, il ne restera pas pierre sur pierre. » Le Temple de Jérusalem fut physiquement détruit en 70 après Jésus-Christ comme Jésus l’avait annoncé. C’est le premier sens. Pourtant, ce sens historique n’exclut pas l’autre, Jésus lui-même en informe ses disciples. Le vrai temple était son corps qui devait mourir et, trois jours plus tard, ressusciter. Toutes les prophéties de Jésus concernant le peuple juif sont de cette catégorie. Leur sens littéral est d’abord historique. Elles sont du même ordre que la parole d’Isaïe : « Voici, une vierge est enceinte ! » On le voit, la théologie de l’Église ne donne pas seulement une vision générale du projet éternel de Dieu. Elle parle aussi du concret. Elle annonce certains éléments du futur avec certitude.

 

     Les textes de cette catégorie sont dispersés partout dans l’Écriture, depuis les évangiles jusqu'aux épîtres. Certains font même référence à des prophéties de Daniel dans l’Ancien Testament. Il est possible de distinguer ces deux sortes de prophéties par leur style, leur contexte. Mais un tel travail exige une bonne connaissance des mentalités orientales. L’erreur est possible. Au cours de cet ouvrage, je me suis efforcé de ne pas en oublier un seul.

 

 

Un principe doit être retenu : Plus on s’approche du concret, plus l’erreur est possible. Plus on reste dans des généralités, abordant par exemple les questions du projet de Dieu, de la croix qu’il maintient dans l’histoire pour sauver l’humanité, plus on est dans les choses certaines …

 

Tout au long de cet ouvrage, je me suis efforcé de distinguer, soit en note soit dans le texte, ce qui était sûr de ce qui était probable. Mais, en ne perdant pas de vue le principe ci-dessus, il est possible à chacun d’entrer dans cette liberté de la recherche, incarnée dans une observation quotidienne des évènements de l’actualité.


Exemple : Il est certain, de manière infaillible, qu’il est inutile d’annoncer le retour final du Christ, celui qui se produira historiquement à la fin des générations, avant que ne soient réalisés un certain nombre de faits historiques : « L’Église de la dernière génération subira d’abord un sacrifice comparable à la passion du Christ. Son offrande d’amour et d’humilité provoquera le retour du Christ. À cette époque, un dernier Antéchrist* régnera. Il se distinguera des autres par le fait que son gouvernement politique sera mondial. Ce sera, humainement, une époque de paix et de gloire. Au Ciel, ce sera la plus grande détresse car, en cette époque, beaucoup risqueront de se perdre pour l’éternité. » Ceci constitue une vérité sûre car elle est non seulement explicitement rapportée par l’Écriture, mais elle fut confirmée à la fin du xxe siècle par le Magistère ordinaire de l’Église.


Mais, si l’on veut entrer dans les détails de cette prophétie, dans le concret de sa réalisation, le scénario devient simplement probable. Il n’est obtenu que par voie de déduction, compte tenu de la connaissance des méthodes habituelles de Dieu et de la psychologie des hommes.

 

Exemple de cette probabilité : J’affirme à un moment que « le dernier Antéchrist, celui qui triomphera à la fin du monde, révélera explicitement au monde Lucifer* et son projet, ce projet même qu’il présenta en toute lucidité à Adam et Eve à l’origine du monde. » Avec d’autres théologiens, je l’ai sorti de la lettre des textes de l’Écriture. C’est très probable. Mais tant que l’Église ne l’aura pas solennellement confirmé, ce n’est que probable.


 

Pierre, évêque de Rome

 

     L’Écriture Sainte comme les apparitions laissent beaucoup d’incertitudes. Les textes sont parfois symboliques, parfois ils sont à prendre au sens littéral. Comment ne pas se tromper ?

 

Un dernier moyen utile et pratique a été prévu par Jésus avant sa passion. Il s’agit de la personne de Pierre. Il existe un charisme particulier, donné à un homme marqué du sceau de l’autorité, pour confirmer ses frères dans leurs interprétations laborieuses. Jésus l’affirme à Pierre, le premier pape : « J’ai prié pour que ta foi ne défaille pas. Quand tu seras revenu (de ton reniement), affermis tes frères. » Qu’on y croie ou non, on est obligé d’admettre que même les papes les plus corrompus sont restés infailliblement fidèles à la même foi. Ils ont établi fidèlement les dogmes de l’Église, par centaines.

 

     Étant catholique, j’ai fait le pari d’écouter l’Église dans la voix de Pierre. Ce n’est pas à la mode de nos jours. Pourtant, à l’intersection de trois chemins (Écriture, Enseignement des saints, Confirmation de Pierre*), j’ai trouvé quelque chose d’unique. Là, la Lumière et l’Amour, qui sont les marques de Dieu, s’unissaient.

 

 

Certains dogmes sont, il faut le reconnaître, difficiles à comprendre et à accepter. Ainsi, celui du martyre final de l’Église. On n’admet pas sans tremblement que le Temple créé par Dieu finisse un jour lamentablement, à l’image du Christ crucifié. L’Écriture semble nier cette affirmation : « Les portes de l’enfer ne l’emporteront pas sur mon Église. » Cependant, et c’est le propre de la foi, il faut avoir l’audace en toute confiance d’adhérer à la vérité de cet enseignement. Si Pierre a parlé, c’est que l’Esprit Saint a confirmé par sa bouche. Des contradictions apparentes sort toujours la lumière, comme de deux silex qu’on frotte.

 

Le Magistère de Pierre et de ses successeurs s’est peu exprimé sur les mystères de la fin du monde. Au cours des deux mille ans d’histoire, il s’est contenté de condamner deux erreurs : le millénarisme (comme si le Christ devait régner physiquement mille  ans sur terre ! L’Église a sans cesse rappelé que ces mille ans étaient le symbole de sa présence cachée jusqu’au cœur des plus grands malheurs). Le messianisme temporel (comme si le paradis céleste était possible ici-bas, à travers un gouvernement humain !) a été condamné comme une utopie dangereuse car source des pires idéologies politiques (marxisme par exemple) ou religieuses (sectes apocalyptiques).

 

Cependant, en 1992, et sans doute pour la première fois, Pierre nous a donné un nouvel enseignement doté de son autorité ordinaire pour confirmer la foi. Ce texte est essentiel car il donne en une page tout l’esprit de la fin du monde et de la fin de toute chose. Il peut se résumer ainsi : « Tout passera par la mort, même l’Église. Si le grain de blé ne meurt pas, il reste seul. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. Car toute créature spirituelle, toute communauté humaine se doit d’apprendre, comme Jésus, l’humilité. Alors tout sera exalté dans la vie éternelle, même l’Église et, avec elle, l’humanité. » Ce texte, déjà cité au cours du livre, mérite d’être répété ici. Il est la clef de tout :

 

          « Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (…) L’Église n’entrera dans la gloire du Royaume qu’à travers cette ultime Pâque où elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa
Résurrection. »

 

  


Arnaud Dumouch, La Fin du Monde, © Éditions Docteur angélique, 2007


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