Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Quand la Parole se fait Symbole - Homélie 4° dimanche de l'Avent B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012
Quand la Parole se fait Symbole - Homélie 4° dimanche de l'Avent B

 

 

 

"Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph; le nom de la vierge était Marie." L'ange lui dit en entrant: 'Je te salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.' Bouleversée par ces paroles, elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation."



Voici un passage d'évangile bien connu: celui qui relate le mystère de l'incarnation du Verbe de Dieu.La relation entre les deux mystères de l'incarnation et de la naissance du Fils de Dieu est claire: il s'agit du début et de la fin de la présence physique de l'Enfant-Jésus dans le sein de sa mère, Marie. C'est tout le temps de la gestation du foetus de l'Enfant-Dieu, comptabilisé pendant une durée de neuf mois., du 25 mars (Solennité de l'Annonciation) au 25 décembre (Noël). Or, tout cela nous plonge dans une symbolique très riche et parlante...

Aux environs du 21 mars de chaque année, nous sommes au temps de l'équinoxe de printemps. La durée de la nuit égale la durée du jour. Il n'y a pas une minute de lumière ou d'obscurité en plus. Mais, à partir du 25 mars, la durée du jour dépasse la durée de la nuit. Symboliquement cela veut dire que la Lumière de la Vérité, qui est le Verbe de Vie, inaugure son triomphe sur les ténèbres du Mal. Ce triomphe durera jusqu'au solstice d'été, qui se situe aux alentours du 21 juin.

Au même moment, c'est-à-dire à l'équinoxe de printemps, Elisabeth, la cousine de Marie, en est à son sixième mois:

"Elisabeth, ta parente, vient de concevoir, elle aussi, un fils dans sa vieillesse; et celle qu'on disait stérile est à son sixième mois." (Lc 1, 36)

Saint Luc avait déjà commencé son récit en disant: "Au sixième mois..." (1, 26). Visiblement, il y a là quelque chose d'important. En effet, l'enfant que la cousine de Marie va bientôt mettre au monde n'est rien moins que Jean, le Baptiste, le Précurseur du Christ, celui qui doit rendre témoignage à la Lumière qui vient dans le monde!

Trois mois après l'incarnation du Verbe, Jean vient au monde (le 24 juin). Or, le 24 juin, c'est le premier jour où, après avoir constamment augmenté jusqu'au 21 juin, la durée du jour diminue: le 24 juin, nous perdons une minute de lumière, en faveur d'une minute d'obscurité supplémentaire. Et ce phénomène va durer imperturbablement jusqu'au 21 décembre suivant... Il faudra attendre le 25 décembre exactement, c'est-à-dire le jour de Noël, pour que la durée du jour commence à croître de nouveau, et que la durée de la nuit décroisse pareillement.

Apparemment, au niveau du symbole, la naissance de Jean n'a aucun sens. Pourquoi celui qui doit rendre témoignage à la Lumière vient-il au monde au moment précis où la lumière du jour commence à décroître? La seule réponse qui convienne est celle qui consiste à dire que Jean vient au monde pour compléter - gratuitement, par la grâce de Dieu - Celui qui doit éclairer le monde, le Christ. Jean est comme un autre Christ. Jean tient la place du Christ quand ce dernier est caché ou "absent"!

Jean a dit: "Il faut qu'il croisse et que je diminue" (Jn 3, 30). Si Jean tient la place du Christ, c'est qu'il est une figure de l'Eglise qui, pendant que le Christ est "caché" au Ciel, caché à nos yeux comme il le fut dans le sein de Marie, tient, elle aussi, la place du Christ pour annoncer au monde entier la Bonne Nouvelle du salut. Dans l'attente du retour du Christ, l'Eglise, comme Jean, est appelée à diminuer, pour que le Christ croisse. L'Eglise, qui, dans le Christ, est la lumière du monde (cf. Mt 5, 14), s'efface et diminue en elle-même, pour tenir, aux yeux du monde, la place du Christ!

Dès que Jean est né, le Christ croît spirituellement en lui. Le témoin de la lumière du monde remplit déjà sa mission tandis que l'Enfant-Dieu est encore dans le sein de sa mère! Mais comme il n'y a pas deux christs, mais un seul, c'est bien plutôt Jean qui est dans le Christ, et donc en Marie, pour croître spirituellement par son témoignage à la Lumière du monde. Si donc l'Eglise, comme Jean, rend témoignage à la Lumière du monde, c'est en Marie, la mère de Jésus, que, spirituellement, l'Eglise croît dans le Christ, jusqu'à la fin de l'histoire!

S'il y a donc une symbolique qui relie les deux événements de l'Incarnation et de la Nativité, il s'agit bien de la vie spirituelle de l'Eglise dans le Christ, par Marie, avec Marie et en Marie. La fête de Noël célébrera bientôt le sommet et le couronnement de cette vie spirituelle: bientôt le Christ va venir; bientôt il va revenir, afin de donner à chacun des élus de Dieu la couronne de Gloire, cette Gloire qui est la sienne et qu'il tient de son Père. Amen, viens Seigneur Jésus!

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
RSS Contact