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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

la vache qui rumine c 2010

Benoît XVI, La liturgie de l'Avent 4

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

Avec le premier dimanche de l'Avent, nous entamons aujourd'hui une nouvelle année liturgique. Ce fait nous invite à réfléchir sur la dimension du temps, qui exerce toujours sur nous une grande fascination. A l'exemple de ce que Jésus aimait faire, je  désirerais  toutefois  partir d'une constatation très concrète:  nous disons tous:  "le temps nous manque", car le rythme de la vie quotidienne est devenu frénétique pour tous. A cet égard également l'Eglise a une "bonne nouvelle" à apporter:  Dieu nous donne son temps. Nous disposons toujours de peu de temps; en particulier pour le Seigneur nous ne savons pas ou, parfois, nous ne voulons pas le trouver. Eh bien, Dieu a du temps pour nous! Telle est la première chose que le début d'une année liturgique nous fait redécouvrir avec un émerveillement toujours nouveau. Oui:  Dieu nous donne son temps, car il est entré dans l'histoire avec sa parole et ses œuvres de salut, pour l'ouvrir à l'éternité, pour la faire devenir une histoire d'alliance. Dans cette perspective, le temps est déjà en soi un signe fondamental de l'amour de Dieu:  un don que l'homme, comme tout autre chose, est en mesure de valoriser ou, au contraire, d'abîmer; de saisir dans sa signification, ou de négliger avec une superficialité obtuse.


Il y a ensuite les trois grands "axes" du temps, qui rythment l'histoire du salut:  la création au début, l'incarnation-rédemption au centre et à la fin la "parousie", la venue finale qui comprend également le jugement universel. Ces trois moments ne sont cependant pas à entendre simplement dans une succession chronologique. En effet, la création est bien à l'origine de tout, mais elle est également permanente et se réalise tout au long du devenir de l'univers, jusqu'à la fin des temps. De même l'incarnation-rédemption, si elle a eu lieu à un moment historique déterminé, la période du passage de Jésus sur la terre, étend toutefois son rayon d'action à tout le temps précédent et à tout le temps suivant. Et à leur tour, la venue finale et le jugement dernier, qui précisément dans la Croix du Christ ont eu une anticipation décisive, exercent leur influence sur la conduite des hommes de chaque époque.


Le temps liturgique de l'Avent célèbre la venue de Dieu, dans ses deux moments:  il nous invite tout d'abord à réveiller l'attente du retour glorieux du Christ; puis, Noël s'approchant, il nous appelle à accueillir le Verbe fait homme pour notre salut. Mais le Seigneur vient sans cesse dans notre vie. L'appel de Jésus, qui en ce dimanche nous est reproposé avec force:  "Veillez!" (Mc 13, 33.35.37) est donc plus que jamais opportun. Il est adressé aux disciples, mais également "à tous", car chacun, à l'heure que Dieu seul connaît, sera appelé à rendre compte de sa propre existence. Cela comporte un juste détachement des biens terrestres, un repentir sincère de ses propres erreurs, une charité active envers le prochain et surtout de se remettre de manière humble et confiante entre les mains de Dieu, notre Père tendre et miséricordieux. La Vierge Marie, la Mère de Jésus est l'icône de l'Avent. Invoquons-la pour qu'elle nous aide nous aussi à devenir un prolongement d'humanité pour le Seigneur qui vient.

Angélus 30 novembre 2008

Benoît XVI, La liturgie de l'Avent 3

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

En ce premier dimanche de l'Avent, une nouvelle année liturgique commence:  le Peuple de Dieu se remet en marche pour vivre le mystère du Christ dans l'histoire. Le Christ est le même hier, aujourd'hui et toujours (cf. He 13, 8); l'histoire en revanche change et demande à être constamment évangélisée; elle a besoin d'être renouvelée de l'intérieur et la seule vraie nouveauté c'est le Christ:  c'est Lui son accomplissement plénier, l'avenir lumineux de l'homme et du monde. Ressuscité d'entre les morts, Jésus est le Seigneur auquel Dieu soumettra tous ses ennemis, y compris la mort elle-même (cf. 1 Co 15, 25-28). L'Avent est donc le temps propice pour réveiller dans nos cœurs l'attente de "Celui qui est, qui était et qui vient" (Ap 1, 8). Le Fils de Dieu est déjà venu à Bethléem il y a vingt siècles, il vient à chaque instant dans l'âme et dans la communauté disposées à le recevoir, il viendra à nouveau à la fin des temps pour "juger les vivants et les morts". Le croyant est donc toujours vigilant, animé par l'intime espérance de rencontrer le Seigneur, comme le dit le Psaume:  "J'espère le Seigneur, mon âme espère en sa parole; mon âme attend le Seigneur plus que les veilleurs l'aurore" (Ps 129, 5-6).


Ce dimanche est donc un jour indiqué s'il en est pour offrir à toute l'Eglise et à tous les hommes de bonne volonté ma deuxième Encyclique que j'ai justement voulu consacrer au thème de l'espérance chrétienne. Elle s'intitule Spe salvi parce qu'elle s'ouvre par l'expression de saint Paul:  "Spe salvi facti sumus - Dans l'espérance nous avons tous été sauvés" (Rm 8, 24). Dans ce passage comme dans d'autres passages du Nouveau Testament, le mot "espérance" est étroitement lié au mot "foi". C'est un don qui change la vie de celui qui le reçoit, comme le démontre l'expérience de tant de saints et de saintes. En quoi consiste cette expérience, si grande et si "fiable" qu'elle nous fait dire qu'en elle nous avons le "salut"? Elle consiste, en substance, dans la connaissance de Dieu, dans la découverte de son cœur de Père bon et miséricordieux. Jésus, par sa mort sur la croix et par sa résurrection, nous a révélé son visage, le visage d'un Dieu tellement grand dans l'amour qu'il nous communique une espérance inébranlable, que pas même la mort ne peut entamer, parce que la vie de celui qui se confie à ce Père s'ouvre sur la perspective de l'éternelle béatitude.

 

Le développement de la science moderne a confiné la foi et l'espérance toujours davantage dans le domaine privé et individuel, si bien qu'aujourd'hui il apparaît de façon évidente, et parfois dramatique, que l'homme et le monde ont besoin de Dieu - du vrai Dieu! - autrement, ils restent dépourvus d'espérance. La science contribue beaucoup au bien de l'humanité, mais elle n'est pas en mesure de la racheter. L'homme est racheté par l'amour, qui rend la vie personnelle et sociale bonne et belle. C'est pourquoi la grande espérance, pleine et définitive, est garantie par Dieu qui est l'amour, par Dieu qui, en Jésus, nous a visités et nous a donné la vie, et en Lui reviendra à la fin des temps. C'est dans le Christ que nous espérons, c'est Lui que nous attendons! Avec Marie, sa Mère, l'Eglise  va à la rencontre de l'Epoux:  elle le fait à travers les œuvres de charité, parce que l'espérance, comme la foi, se démontre par l'amour. Bon Avent à tous!

Angélus 2 décembre 2007

 

Benoît XVI, La liturgie de l'Avent 2

dominicanus #La vache qui rumine C 2010
Au cours de l'Avent, la liturgie nous répète souvent et nous assure, comme pour vaincre notre méfiance naturelle, que Dieu "vient":  il vient demeurer avec nous, dans chacune de nos situations; il vient habiter au milieu de nous, vivre avec nous et en nous; il vient combler les distances qui nous divisent et nous séparent; il vient nous réconcilier avec Lui et entre nous. Il vient, dans l'histoire de l'humanité, frapper à la porte de chaque homme et de chaque femme de bonne volonté, pour apporter aux personnes, aux familles et aux peuples le don de la fraternité, de la concorde et de la paix. Pour cette raison, l'Avent est par excellence le temps de l'espérance, au cours duquel les croyants en Christ sont invités à demeurer dans une attente vigilante et active, nourrie par la prière et l'engagement actif de I'amour. Puisse l'approche du Noël du Christ remplir les coeurs de tous les chrétiens de joie, de sérénité et de paix!

Pour vivre cette période de l'Avent de la manière la plus authentique et la plus féconde possible, la liturgie nous exhorte à tourner notre regard vers la Très Sainte Vierge Marie et à cheminer spirituellement avec elle vers la grotte de Bethléem. Lorsque Dieu frappa à la porte de sa jeune vie, Elle l'accueillit avec foi et amour. Dans quelques jours, nous la contemplerons dans le mystère lumineux de son Immaculée Conception. Laissons-nous attirer par sa beauté, reflet de la gloire divine, afin que "le Dieu qui vient" trouve en chacun de nous un coeur bon et ouvert, qu'il puisse combler de ses dons.

 

Angélus 3 décembre 2006

Benoît XVI, La liturgie de l'Avent 1

dominicanus #La vache qui rumine C 2010




Ce dimanche marque le début de l'Avent, un temps de grande suggestion religieuse, car empreint d'espérance et d'attente spirituelle:  chaque fois que la communauté chrétienne se prépare à faire mémoire de la naissance du Rédempteur, elle ressent en elle un frisson de joie, qui se transmet dans une certaine mesure à la société tout entière. Au cours de l'Avent, le peuple chrétien revit un double mouvement dans l'esprit:  d'une part, il élève le regard vers l'objectif final de son pèlerinage dans l'histoire, qui est le retour glorieux du Seigneur Jésus; de l'autre, rappelant avec émotion sa naissance à Bethléem, il s'incline devant la crèche. L'espérance des chrétiens est tournée vers l'avenir, mais reste toujours bien enracinée dans un événement du passé. Dans la plénitude des temps, le Fils de Dieu est né de la Vierge Marie:  "Né d'une femme, né sujet de la Loi", comme l'écrit l'Apôtre Paul (Ga 4, 4).


L'Evangile nous invite aujourd'hui à demeurer vigilants dans l'attente de la venue ultime du Christ. "Veillez donc!", dit Jésus, "car vous ne savez pas quand le maître de la maison va venir" (Mc 13, 35.37). La brève parabole du maître parti en voyage, ayant donné pouvoir à ses serviteurs, met en évidence combien il est important d'être prêts à accueillir le Seigneur lorsqu'il arrivera à l'improviste. La communauté chrétienne attend avec impatience sa "manifestation", et l'apôtre Paul, écrivant aux Corinthiens, les exhorte à avoir confiance dans la fidélité de Dieu et à vivre de façon à être "irréprochables" (cf. 1 Co 1, 7-9) au jour du Seigneur. C'est pourquoi, de façon très opportune, au début de l'Avent, la liturgie place sur nos lèvres l'invocation du Psaume:  "Fais-nous voir, Yahvé, ton amour, que nous soit donné ton salut!" (Ps 84, 8).


Nous pourrions dire que l'Avent est le temps où les chrétiens doivent réveiller dans leur coeur l'espérance de pouvoir, avec l'aide de Dieu, renouveler le monde. A cet égard, je voudrais rappeler aujourd'hui également la Constitution du Concile Vatican II Gaudium et spes sur l'Eglise dans le monde contemporain:  il s'agit d'un texte profondément empreint d'espérance chrétienne. Je me réfère en particulier au n. 39, intitulé "Terre nouvelle et cieux nouveaux". On y lit:  "Mais, nous l'avons appris, nous savons que Dieu nous prépare une nouvelle demeure et une nouvelle terre où régnera la justice (cf. 2 Co 5, 2; 2P 3, 13)... Mais l'attente de la nouvelle terre, loin d'affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller". En effet, nous retrouverons les bons fruits de notre travail lorsque le Christ remettra au Père son royaume éternel et universel. Que la Très Sainte Vierge Marie, Vierge de l'Avent, nous obtienne de vivre ce temps de grâce vigilants et actifs dans l'attente du Seigneur.


Je souhaite à tous un dimanche serein. Nous voyons qu'a débuté la construction de la Crèche sur la Place Saint-Pierre. Je vous souhaite un bon chemin de l'Avent. Bon dimanche et bon Avent!

Angélus 27 novembre 2005

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