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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

la vache qui rumine (annee a)

Jean Paul II, Discours aux évêques de France: La méta-tentation (4)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
5. C’est dire l’ampleur de la tâche des pasteurs en matière de “discernement”, entre ce qui constitue un vrai “renouveau” et ce qui, sous le manteau, abrite les tendances de la “sécularisation” contemporaine et de la “laïcisation”, ou encore la tendance au “compromis” avec un système dont on ne connaît peut-être pas toutes les prémisses.

C’est dire aussi combien grande est la tâche des pasteurs pour “conserver le dépôt”, pour rester fidèle au mystère du Christ inscrit dans l’ensemble de l’histoire de l’homme et aussi pour rester fidèle à ce merveilleux “sens surnaturel de la foi” du peuple de Dieu tout entier, qui en général n’est pas l’objet de publicité dans les mass-media, et qui s’exprime cependant dans la profondeur des cœurs et des consciences avec la langue authentique de l’Esprit. Notre ministère doctrinal et pastoral doit rester surtout au service de ce sensus fidelium, comme l’a rappelé la Constitution “Lumen Gentium” .

A une époque où l’on parle tant du “charisme prophétique” - en n’utilisant pas toujours ce concept conformément à son sens exact - il nous faut profondément rénover et reconstruire la conscience du charisme prophétique lié au ministère épiscopal des maîtres de la foi et des “guides du troupeau”, lesquels incarnent dans la vie, selon une analogie adéquate, les paroles du Christ sur le “Bon Pasteur”.

Le Bon Pasteur se soucie du pâturage, de la nourriture des brebis. Ici, je pense tout particulièrement aux publications théologiques, répandues très vite et au loin, et dans beaucoup de milieux, et dont l’essentiel est vulgarisé dans les revues: ce sont elles qui, selon leurs qualités, leur profondeur, leur sens de l’Église, éduquent et approfondissent la foi, ou au contraire l’ébranlent ou la dissolvent par leur partialité ou leurs méthodes. Les publications françaises ont souvent eu, elles ont toujours, une portée internationale, même auprès des jeunes Églises. Votre charisme prophétique vous fait un devoir de veiller particulièrement à leur fidélité doctrinale, à leur qualité ecclésiale. (à suivre)


VISITE PASTORALE À PARIS ET LISIEUX

DISCOURS DE JEAN-PAUL II
AUX ÉVÊQUES DE FRANCE

Paris, 1 juin 1980

Jean Paul II, Discours aux évêques de France: La méta-tentation (3)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
4. En tant que pasteurs de l’Église envoyés à l’homme de notre temps, nous devons être bien conscients de cette tentation, sous ses multiples aspects, non pas pour “juger l’homme”, mais pour aimer davantage encore cet homme: “aimer” veut toujours dire d’abord “comprendre”.

En même temps que cette attitude que nous pourrions appeler passive, il nous faut avoir, d’une manière d’autant plus profonde, une attitude positive, je veux dire être conscient de ce que l’homme historique est très profondément inscrit dans le mystère du Christ, être conscient de la capacité anthropologique de ce mystère, de “la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur”, selon l’expression de saint Paul.

Nous devons ensuite être particulièrement disposés au dialogue. Mais il faut avant tout définir sa signification principale et ses conditions fondamentales.

Selon la pensée de Paul VI, et on peut dire aussi du Concile, le “dialogue” signifie certainement l’ouverture, la capacité de comprendre un autre jusqu’aux racines mêmes: son histoire, le chemin qu’il a parcouru, les inspirations qui l’animent. Il ne signifie ni l’indifférentisme, ni en aucune façon “l’art de confondre les concepts essentiels”; or malheureusement, cet art est très souvent reconnu comme équivalant à l’attitude du “dialogue”. Et il ne signifie pas non plus “voiler” la vérité de ses convictions, de son “credo”.

Certes, le Concile requiert de l’Église à notre époque qu’elle ait une foi ouverte au dialogue, dans les diverses cercles d’interlocuteurs dont parlait Paul VI; il requiert également que sa foi soit capable de reconnaître toutes les semences de vérité où qu’elles se trouvent. Mais, pour cette raison même, il requiert de l’Église une foi très mûre, une foi très consciente de sa propre vérité, et en même temps très profondément animés par l’amour.

Tout cela est important en raison de notre mission de pasteurs de l’Église et de prédicateurs de l’Évangile.

Il faut tenir compte du fait que ces formes modernes de la tentation de l’homme prenant l’homme comme absolu atteignent aussi la communauté de l’Église, deviennent aussi des formes de sa tentation, et cherchent ainsi à la détourner de l’auto-réalisation à laquelle elle a été appelée par l’Esprit de Vérité précisément par le Concile de notre siècle.

D’une part, nous nous trouvons face à la menace de l’athéisation “systématique”, et en un certain sens “forcée” au nom du progrès de l’homme; mais d’autre part il y a ici une autre menace, intérieure à l’Église: elle consiste à vouloir, de multiples façons, “se conformer au monde” dans son aspect actuel “évolué”.

On sait combien ce désir se distingue radicalement de ce qu’a enseigné le Christ; il suffit de rappeler la comparaison évangélique du levain et celle du sel de la terre, pour mettre en garde les Apôtres contre la ressemblance avec le monde.

Il ne manque pas toutefois de pionniers ni de “prophètes” de cette orientation du “progrès” dans l’Église.


VISITE PASTORALE À PARIS ET LISIEUX

DISCOURS DE JEAN-PAUL II
AUX ÉVÊQUES DE FRANCE

Paris, 1 juin 1980

Jean Paul II, Discours aux évêques de France: La méta-tentation (2)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
3. J’en viens maintenant à une autre question fondamentale: pourquoi, dans l’étape actuelle de la mission de l’Église, une concentration particulière sur l’homme est-elle nécessaire? J’ai développé cela dans l’encyclique “Redemptor Hominis”, en essayant de mettre en évidence le fait que cet accent anthropologique a une racine christologique profonde et forte.

Les causes en sont diverses. Il y a des causes visibles et perceptibles, selon les variations multiples qui dépendent par exemple du milieu, du pays, de la nation, de l’histoire, de la culture. Il existe donc certainement un ensemble spécifique de causes qui sont caractéristiques de la réalité “française” de l’Église dans le monde de ce temps. Vous êtes les mieux placés pour les connaître et les comprendre. Si je me permets d’aborder ce sujet, je le fais avec la conviction que le problème - vu l’état actuel de la civilisation d’une part, et les menaces qui pèsent sur l’humanité d’autre part - a une dimension à la fois fondamentale et universelle. Dans cette dimension universelle et en même temps locale, l’Église doit par conséquent affronter la problématique commune de l’homme comme une partie intégrante de sa mission évangélique.

Non seulement le message évangélique est adressé à l’homme, mais c’est un grand message messianique sur l’homme: c’est la révélation à l’homme de la vérité totale sur lui-même et sur sa vocation dans le Christ .

En annonçant ce message, nous sommes au centre de la réalisation de Vatican II. Et la mise en œuvre de ce message nous est d’ailleurs imposée par l’ensemble de la situation de l’homme dans le monde contemporain. Je ne voudrais pas répéter ce qui a déjà été dit dans “Gaudium et Spes” et dans “Redemptor Hominis”, auxquels il faut toujours se reporter. Toutefois, il n’est peut-être pas exagéré de dire, en ce lieu et dans ce cadre, que nous vivons une étape de tentation particulière pour l’homme.

Nous connaissons différentes étapes de cette tentation, à commencer par la première, au chapitre trois de la Genèse, jusqu’aux tentations si significatives auxquelles a été soumis le Christ lui-même: elles sont comme une synthèse de toutes les tentations nées de la triple concupiscence. La tentation actuelle cependant va plus loin (on pourrait presque dire que c’est une “méta-tentation”); elle va “au-delà” de tout ce qui, au cours de l’histoire, a constitué le thème de la tentation de l’homme, et elle manifeste en même temps, pourrait-on dire, le fond même de toute tentation. L’homme contemporain est soumis à la tentation du refus de Dieu au nom de sa propre humanité.

C’est une tentation particulièrement profonde et particulièrement menaçante du point de vue anthropologique, si l’on considère que l’homme n’a lui-même un sens que comme image et ressemblance de Dieu. (à suivre)


VISITE PASTORALE À PARIS ET LISIEUX

DISCOURS DE JEAN-PAUL II
AUX ÉVÊQUES DE FRANCE

Paris, 1 juin 1980

Jean Paul II, Discours aux évêques de France: La méta-tentation (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
arton357.jpg1. Dieu soit loué de nous avoir donné le temps de nous rencontrer un peu longuement dans le cadre de cette brève visite! J’attache une grande importance à cette rencontre. Pour des raisons de “collégialité”. Nous savons que la collégialité a un double caractère: elle est “effective”, mais elle est aussi “affective”. Et cela est profondément conforme à son origine, qu’elle a trouvée autour du Christ dans la communion des “Douze”.

Nous vivons donc un moment important de notre communion épiscopale, les Évêques de France autour de l’Évêque de Rome qui, cette fois, est leur hôte, alors qu’il les a reçus d’autres fois en diverses occasions, par exemple au cours des visites “ad limina”, spécialement en 1977 où Paul VI a fait avec vous le point sur un grand nombre de questions, d’une façon qui demeure très valable aujourd’hui. Il nous faut rendre grâce à Dieu de ce que Vatican II ait entrepris, confirmé et rénové la doctrine sur la collégialité de l’épiscopat, comme l’expression vivante et authentique du collège que, par l’institution du Christ, les Apôtres ont constitué avec Pierre à leur tête. Et nous rendons grâce aussi à Dieu de pouvoir, sur cette route, mieux accomplir notre mission: rendre témoignage à l’Évangile, et servir l’Église et aussi le monde contemporain, auquel nous avons été envoyés avec toute l’Église. (...)

2. La mission de l’Église, qui se réalise continuellement dans la perspective eschatologique, est en même temps pleinement historique. Cela se rattache au devoir de lire les “signes des temps”, qui a été si profondément pris en compte par Vatican II. Avec une grande perspicacité, le Concile a également défini quelle est la mission de l’Église dans l’étape actuelle de l’histoire. Notre tâche commune demeure donc l’acceptation et la réalisation de Vatican II, selon son contenu authentique.

Ce faisant, nous sommes guidés par la foi: c’est notre raison d’agir principale et fondamentale.

Nous croyons que le Christ, par l’Esprit Saint, était avec les Pères conciliaires, que le Concile contient, dans son magistère, ce que l’Esprit “dit à l’Église”, et qu’il le dit en même temps dans une pleine harmonie avec la Tradition et selon les exigences posées par les “signes des temps”. Cette foi est fondée sur la promesse du Christ: “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” ; sur cette foi se fonde aussi notre conviction qu’il nous faut “réaliser le Concile” tel qu’il est. et non comme certains voudraient le voir et le comprendre.

Il n’y a rien d’étonnant à ce que, dans cette étape “post conciliaire”, se soient aussi développées, avec une assez grande intensité, certaines interprétations de Vatican II qui ne correspondent pas à son magistère authentique. Il s’agit ici de deux tendances bien connues: le “progressisme” et l’“intégrisme”. Les uns sont toujours impatients d’adapter même le contenu de la foi, l’éthique chrétienne, la liturgie, l’organisation ecclésiale aux changements des mentalités, aux requêtes du “monde”, sans tenir compte suffisamment, non seulement du sens commun des fidèles, qui sont désorientés, mais de l’essentiel de la foi, déjà définie, des racines de l’Église, de son expérience séculaire, des normes nécessaires à sa fidélité, à son unité, à son universalité. Ils ont la hantise d’“avancer”, mais vers quel “progrès” en définitive? Les autres - revalant de tels abus que nous sommes bien évidemment les premiers à réprouver et à corriger - se durcissent en s’enfermant dans une période donnée de l’Église, à un stade donné de formulation théologique ou d’expression liturgique dont ils font un absolu, sans pénétrer suffisamment le sens profond, sans considérer la totalité de l’histoire et son développement légitime, en craignant les questions nouvelles, sans admettre en définitive que l’Esprit de Dieu est à l’œuvre aujourd’hui dans l’Église, avec ses Pasteurs unis au Successeur de Pierre.

Ces faits ne sont pas étonnants. si l’on pense aux phénomènes analogues dans l’histoire de l’Église.

Mais il est d’autant plus nécessaire de concentrer toutes les forces sur l’interprétations juste, c’est à dire authentique, du magistère conciliaire, comme le fondement indispensable de l’auto-réalisation ultérieure de l’Église, pour laquelle ce magistère est la source des inspirations et des orientations justes. Les deux tendances extrêmes que je signalais entretiennent non seulement une opposition, mais une division fâcheuse et préjudiciable, comme si elles s’attisaient mutuellement au point de créer un malaise pour tous, voire un scandale, et de dépenser dans ce soupçon et cette critique réciproques tant d’énergies qui seraient si utiles à un véritable renouveau. Il faut espérer que les uns et les autres, qui ne manquent pas de générosité ni de foi, apprennent humblement, avec leurs Pasteurs, à surmonter cette opposition entre frères, pour accepter l’interprétation authentique du Concile - car c’est là la question de fond - et pour faire face ensemble à la mission de l’Église, dans la diversité de leur sensibilité pastorale. Certes la grande majorité des chrétiens de votre pays sont prêts à manifester leur fidélité et leur disponibilité à suivre l’Église; ils ne partagent pas ces positions extrêmes et abusives, mais un certain nombre flottent entre les deux ou en sont troublés; et le problème est aussi qu’ils risquent de devenir indifférents et de s’éloigner de la foi. L’heure vous impose d’être plus que jamais les artisans de l’unité, en veillant à la fois aux questions de fond qui sont en jeu et aux difficultés psychologiques qui empêchent la vie ecclésiale dans la vérité et dans la charité. (à suivre)


VISITE PASTORALE À PARIS ET LISIEUX


DISCOURS DE JEAN-PAUL II
AUX ÉVÊQUES DE FRANCE

Paris, 1 juin 1980



Compendium de la Doctrine Sociale de l'Église, Relation avec Dieu et amour concret du prochain

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

40 L'universalité et l'intégralité du salut, donné en Jésus-Christ, rendent inséparable le lien entre le rapport que la personne est appelée à avoir avec Dieu et la responsabilité à l'égard du prochain, dans le concret des situations historiques. Ceci est perçu, bien que de manière confuse et non pas sans erreurs, dans la recherche humaine et universelle de vérité et de sens, mais devient la clef de voûte de l'Alliance de Dieu avec Israël, comme en témoignent les tables de la Loi et la prédication des prophètes.

Ce lien est exprimé avec clarté et en une parfaite synthèse dans l'enseignement de Jésus-Christ et confirmé définitivement par le témoignage suprême du don de sa vie, en obéissance à la volonté du Père et par amour envers les frères. Au scribe qui lui demande: « Quel est le premier de tous les commandements? » (Mc 12, 28), Jésus répond: « Le premier, c'est: Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur, et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là » (Mc 12, 29-31).

Dans le cœur de la personne humaine s'entremêlent indissolublement la relation avec Dieu, reconnu comme Créateur et Père, source et accomplissement de la vie et du salut, et l'ouverture à l'amour concret envers l'homme, qui doit être traité comme un autre soi-même, même s'il s'agit d'un ennemi (cf. Mt 5, 43-44). C'est dans la dimension intérieure de l'homme que s'enracine, en définitive, l'engagement pour la justice et la solidarité, pour l'édification d'une vie sociale, économique et politique conforme au dessein de Dieu.

Catéchisme de l'Eglise Catholique, La béatitude chrétienne

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

1716 Les béatitudes sont au cœur de la prédication de Jésus. Leur annonce reprend les promesses faites au peuple élu depuis Abraham. Elle les accomplit en les ordonnant non plus à la seule jouissance d’une terre, mais au Royaume des Cieux (...)

1717 Les béatitudes dépeignent le visage de Jésus-Christ et en décrivent la charité ; elles expriment la vocation des fidèles associés à la gloire de sa Passion et de sa Résurrection ; elles éclairent les actions et les attitudes caractéristiques de la vie chrétienne ; elles sont les promesses paradoxales qui soutiennent l’espérance dans les tribulations ; elles annoncent les bénédictions et les récompenses déjà obscurément acquises aux disciples ; elles sont inaugurées dans la vie de la Vierge Marie et de tous les saints. (...)

1720 Le Nouveau Testament utilise plusieurs expressions pour caractériser la béatitude à laquelle Dieu appelle l’homme : l’avènement du Royaume de Dieu (cf. Mt 4, 17) ; la vision de Dieu : " Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu " (Mt 5, 8 ; cf. 1 Jn 3, 2 ; 1 Co 13, 12) ; l’entrée dans la joie du Seigneur (cf. Mt 25, 21. 23) ; l’entrée dans le Repos de Dieu (He 4, 7-11) :

Là nous reposerons et nous verrons ; nous verrons et nous aimerons ; nous aimerons et nous louerons. Voilà ce qui sera à la fin sans fin. Et quelle autre fin avons-nous, sinon de parvenir au royaume qui n’aura pas de fin ? (S. Augustin, civ. 22, 30).

1721 Car Dieu nous a mis au monde pour le connaître, le servir et l’aimer et ainsi parvenir en Paradis. La béatitude nous fait participer à la nature divine (1 P 1, 4) et à la Vie éternelle (cf. Jn 17, 3). Avec elle, l’homme entre dans la gloire du Christ (cf. Rm 8, 18) et dans la jouissance de la vie trinitaire.

1722 Une telle béatitude dépasse l’intelligence et les seules forces humaines. Elle résulte d’un don gratuit de Dieu. C’est pourquoi on la dit surnaturelle, ainsi que la grâce qui dispose l’homme à entrer dans la jouissance divine.

" Bienheureux les cœurs purs parce qu’ils verront Dieu ". Certes, selon sa grandeur et son inexprimable gloire, " nul ne verra Dieu et vivra ", car le Père est insaisissable ; mais selon son amour, sa bonté envers les hommes et sa toute-puissance, il va jusqu’à accorder à ceux qui l’aiment le privilège de voir Dieu ... " car ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu " (S. Irénée, hær. 4, 20, 5).

1723 La béatitude promise nous place devant les choix moraux décisifs. Elle nous invite à purifier notre cœur de ses instincts mauvais et à rechercher l’amour de Dieu par dessus tout. Elle nous enseigne que le vrai bonheur ne réside ni dans la richesse ou le bien-être, ni dans la gloire humaine ou le pouvoir, ni dans aucune œuvre humaine, si utile soit-elle, comme les sciences, les techniques et les arts, ni dans aucune créature, mais en Dieu seul, source de tout bien et de tout amour :

La richesse est la grande divinité du jour ; c’est à elle que la multitude, toute la masse des hommes, rend un instinctif hommage. Ils mesurent le bonheur d’après la fortune, et d’après la fortune aussi ils mesurent l’honorabilité ... Tout cela vient de cette conviction qu’avec la richesse on peut tout. La richesse est donc une des idoles du jour et la notoriété en est une autre ... La notoriété, le fait d’être connu et de faire du bruit dans le monde (ce qu’on pourrait nommer une renommée de presse), en est venue à être considérée comme un bien en elle-même, un souverain bien, un objet, elle aussi, de véritable vénération (Newman, mix. 5, sur la sainteté).

1724 Le Décalogue, le Sermon sur la Montagne et la catéchèse apostolique nous décrivent les chemins qui conduisent au Royaume des cieux. Nous nous y engageons pas à pas, par des actes quotidiens, soutenus par la grâce de l’Esprit Saint. Fécondés par la Parole du Christ, lentement nous portons des fruits dans l’Église pour la gloire de Dieu (cf. la parabole du semeur : Mt 13, 3-23).


Catéchisme de l'Eglise Catholique, Le Royaume appartient aux pauvres et aux petits

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
544 Le Royaume appartient aux pauvres et aux petits, c’est-à-dire à ceux qui l’ont accueilli avec un cœur humble. Jésus est envoyé pour " porter la bonne nouvelle aux pauvres " (Lc 4, 18 ; cf. 7, 22). Il les déclare bienheureux car " le Royaume des cieux est à eux " (Mt 5, 3) ; c’est aux " petits " que le Père a daigné révéler ce qui reste caché aux sages et aux habiles (cf. Mt 11, 25). Jésus partage la vie des pauvres, de la crèche à la croix ; il connaît la faim (cf. Mc 2, 23-26 ; Mt 21, 18), la soif (cf. Jn 4, 6-7 ; 19, 28) et le dénuement (cf. Lc 9, 58). Plus encore : il s’identifie aux pauvres de toutes sortes et fait de l’amour actif envers eux la condition de l’entrée dans son Royaume (cf. Mt 25, 31-46).

Apostolicam actuositatem, La spiritualité des laïcs dans l'apostolat

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
4. Le Christ envoyé par le Père étant la source et l'origine de tout l'apostolat de l'Église, il est évident que la fécondité de l'apostolat des laïcs dépend de leur union vitale avec le Christ, selon cette parole du Seigneur: "Celui qui demeure en Moi et Moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruits. Car sans Moi vous ne pouvez rien faire" (Jn XV, 5).

Cette vie d'intime union avec le Christ dans l'Eglise est alimentée par des nourritures spirituelles communes à tous les fidèles, en particulier par la participation active à la Sainte Liturgie (5). Les laïcs doivent les employer de telle sorte que, remplissant parfaitement les obligations du monde dans les conditions ordinaires de l'exigence, ils ne séparent pas l'union au Christ et leur vie, mais grandissent dans cette union en accomplissant leur travaux selon la volonté de Dieu.

 

C'est de cette manière que les laïcs progresseront en sainteté avec ardeur et joie, s'efforçant de surmonter les difficultés inévitables avec prudence et patience (6). Ni le soin de leur famille ni les affaires temporelles ne doivent être étrangers à leur spiritualité, selon ce mot de l'Apôtre: "Tout ce que vous faites, en paroles ou en oeuvres, faites-le au nom du Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces par Lui à Dieu le Père" (Col. III, 17).

 

Une telle vie exige un continuel exercice de la foi, de l'espérance et de la charité.

 

Seules la lumière de la foi et la méditation de la Parole de Dieu peuvent permettre toujours et partout de reconnaître Dieu "en qui nous avons la vie, le mouvement et l'être" (Act. XVII, 28). C'est ainsi seulement que l'on pourra chercher en tout sa volonté, discerner le Christ dans tous les hommes, proches ou étrangers, juger sainement du vrai sens et de la valeur des réalités temporelles, en elles-mêmes et par rapport à la fin de l'homme.

 

Ceux qui ont cette foi vivent dans l'espérance de la révélation des fils de Dieu se souvenant de la croix et de la résurrection du Seigneur.

 

Dans le pèlerinage qu'est cette vie, cachés en Dieu avec le Christ, délivrés de la servitude des richesses, à la recherche des biens qui demeurent éternellement, ils mettent généreusement en oeuvre toutes leurs forces pour étendre le règne de Dieu, animer et parfaire les réalités temporelles selon l'esprit chrétien. Dans les difficultés de l'existence, ils puisent le courage dans l'espérance, estimant que " les souffrances de cette vie ne sont pas proportionnées à la gloire future qui doit se révéler en nous " (Rom. VIII, 18).

 

Poussés par la Charité qui vient de Dieu, ils pratiquent le bien à l'égard de tous, surtout de leurs frères dans la foi (Cf. Gal. VI, 10), rejetant "toute malice, toute fraude, hypocrisie, envie, toute médisance" (I Petr. II, I), entraînant ainsi les hommes vers le Christ.

 

Or la charité divine, qui "est répandue dans nos coeurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné" (Rom. V, 5), rend les laïcs capables d'exprimer concrètement dans leur vie l'esprit des Béatitudes. Suivant Jésus pauvre, ils ne connaissent ni dépression dans la privation, ni orgueil dans l'abondance; imitant le Christ humble, ils ne deviennent pas avides d'une vaine gloire (cf. Gal. V, 26), mais ils s'efforcent de plaire à Dieu plutôt qu'aux hommes, toujours prêts à tout abandonner pour le Christ (Cf. Lc. XIV, 26) et à souffrir persécution pour la justice (cf. Mat. V, 10) se souvenant de la parole du Seigneur: "si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive" (Mat. XVI, 24). Entretenant entre eux une amitié chrétienne, ils se prêtent un mutuel appui en toutes nécessités.

 

Cette spiritualité des laïcs doit revêtir des caractéristiques particulières suivant les conditions de vie de chacun: vie conjugale et familiale, célibat et veuvage, état de maladie, activité professionnelle et sociale. Chacun doit donc développer sans cesse les qualités et les dons reçus et en particulier ceux qui sont adaptés à ses conditions de vie et se servir des dons personnels de l'Esprit-Saint.

 

Enfin les laïcs qui selon leur vocation particulière se sont agrégés à des associations ou instituts approuvés par l'Eglise doivent s'efforcer de toujours mieux réaliser les caractères de la spiritualité qui leur est propre.

 

Qu'ils estiment beaucoup la compétence professionnelle, le sens familial et civique, et les vertus qui regardent la vie sociale telles que la probité, l'esprit de justice, la sincérité, la délicatesse, la force d'âme: sans elles il n'y a pas de vraie vie chrétienne.

 

La Bienheureuse Vierge Marie, Reine des Apôtres, est l'exemple parfait de cette vie spirituelle et apostolique. Tandis qu'Elle menait sur terre une vie semblable à celle de tous, remplie par les soins et les labeurs familiaux, Marie demeurait toujours intimement unie à son Fils et coopérait à l'oeuvre du Sauveur à un titre absolument unique. Aujourd'hui où elle est au ciel "son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n'est pas achevé, et qui se trouvent engagés dans les peines et les épreuves jusqu'à ce qu'ils parviennent à la patrie bienheureuse" (7). Tous doivent avoir envers Elle une vraie dévotion et confier leur vie et leur apostolat à sa sollicitude maternelle.


(5). Cf. Conc. Vat. II, Const. De la Sainte Liturgie, chap. I, n. 11: AAS 56 (1964), pp. 102-103 [pp. 132-133].

(6). Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. De l'Eglise, n. 32: AAS 57 (1965), p. 38 [pp. 57-58]; cf. aussi n. 40-41: ibid., p. 45-47 [pp. 65-69].

(7). Ibid.. n. 62, p. 63; cf. aussi n. 65, ibid., pp. 64-65 [pp. 88-90].

Lumen gentium, La charité du Christ ne peut se passer du témoignage des disciples

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
42. (...) L'Eglise se souvient aussi de l'avertissement de l'Apôtre invitant les fidèles à la charité, les exhortant à avoir en eux les mêmes sentiments qui furent en Jésus-Christ, lequel "s'est anéanti lui-même en prenant la nature d'esclave... en se faisant obéissant jusqu'à la mort (Phil. 2, 7-8), et pour nous "de riche qu'il était se fit pauvre" (II Cor. 8, 9). Cette charité et cette humilité du Christ ne peuvent en aucun moment se passer de l'imitation ou du témoignage qu'en donnent ses disciples. Notre Mère l'Eglise se réjouit donc de constater qu'en son sein beaucoup d'hommes et de femmes suivent de plus près cet anéantissement du Sauveur et le manifestent de façon plus éclatante en embrassant la pauvreté dans la liberté des fils de Dieu et en renonçant à leur propre volonté; en d'autres termes, que des chrétiens se soumettent à un homme pour l'amour de Dieu, en ce qui regarde la perfection, au-delà de l'étroite mesure du précepte, afin de se conformer davantage au Christ obéissant (15).


(15) Sur la pauvreté en esprit, cf. Mt. 5, 3 et 19, 21; Mc 10, 21; Lc 18, 22; sur l'obéissance est rappelé l'exemple du Christ in Io. 4, 34 et 6, 38; Phil. 2, 8-10; Hébr. 10, 5-7. Les Pères et les fondateurs d'Ordres en parlent continuellement.

Lumen gentium, Ce qu'est l'âme dans le corps, que les chrétiens le soient dans le monde

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
38. Tout laïc doit être, à la face du monde, un témoin de la résurrection et de la vie du Seigneur Jésus, un signe du Dieu vivant. Tous ensemble, et chacun pour sa part, ils doivent nourrir le monde de fruits spirituels (cf. Gal. 5, 22) et répandre en lui l'esprit dont sont animés ces pauvres, ces doux et ces pacifiques que le Seigneur a proclamés bienheureux dans l'Evangile (cf. Mt. 5, 3-9). En un mot: "Ce qu'est l'âme dans le corps, que les chrétiens le soient dans le monde" (9).

(9) Epist. ad Diognetum, 6: ed. Funk, 1, p. 400. Cf. S. Io. Chrysostomus, In Matth. Hom. 46 (47), 2: PG 58, 478, sur le levain dans la pâte.

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