Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

homelies annee c (2009-2010)

Le service des services dans l'action de grâce et la fidélité - Homélie 28° dimanche du Temps Ordinaire C

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

28-TOC-ev.jpg

 

 

Messe de rentrée de la catéchèse

    Dimanche dernier, si vous vous en souvenez, (je devrais peut-être dire aussi : si vous étiez à la messe...), le Seigneur Jésus nous a fait prendre conscience qu'avant de manger et de boire à la table du Royaume, il y a un service à accomplir, un fameux labeur, et nous avions dit que ce labeur, c'était, au fond, l'édification des communautés chrétiennes, fondées sur le pardon mutuel.

    Dans l'évangile de ce 28° dimanche, le Seigneur, par la guérison des dix lépreux, nous rappelle que dans ces communautés d'Église, tous les hommes sont appelés, mais que tous ne répondent pas. Seul le Samaritain revient sur ses pas pour rendre grâce, alors que les neuf autres ont été touchés par la grâce, autant que lui. Il n'est pas difficile de repérer que la guérison des dix lépreux, comme celle de Naaman, le Syrien, est une allusion au baptême. En tout cas, c'est ce qu'ont compris les chrétiens dès les premiers siècles. Revenir pour rendre grâce, n'est-ce pas alors ce que nous faisons chaque dimanche quand nous célébrons l'eucharistie ? "Eucharistie", vous le savez, veut dire justement : "action de grâce".

 

 

Pour lire la suite de l'homélie, cliquer ici


Homélie 27 TOC - Les serviteurs de la prière, serviteurs inutiles

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

27-TOCev.jpg
    Nous sommes à présent au chapitre 17 de saint Luc. Dès le début de ce chapitre (dont le découpage liturgique a sauté les premiers versets) le ton change. Dans la ligne des paraboles du chapitre précédent, voici maintenant pour les disciples et les apôtres des orientations bien précises. D'abord le pardon (v. 1-4) : quand Jésus dit : "Méfiez-vous" (v. 3a), c'est un discret renvoi à 12, 1:

Comme la foule s'était rassemblée par dizaines de milliers, au point qu'on s'écrasait, Jésus se mit à dire, en s'adressant d'abord à ses disciples : Méfiez-vous bien à cause du levain des pharisiens, c'est-à-dire de leur hypocrisie.

 

 

Pour lire la suite de l'homélie, cliquer ici


Le riche et Lazare : Benoît XVI explique la parabole

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Notre destin éternel se joue ici et maintenant

 

ROME, Dimanche 26 septembre 2010 (ZENIT.org) - Benoît XVI tire deux enseignements de l'évangile de ce dimanche - la parabole du pauvre Lazare et du riche - « la première c'est que Dieu aime les pauvres et les relève de leur humiliation » et « la seconde, c'est que notre destin éternel est conditionné par notre attitude » maintenant.


Benoît XVI a présidé la prière de l'angélus, à midi, ce dimanche, depuis le balcon de la cour intérieure du palais épiscopal de Castel Gandolfo.


AVANT L'ANGELUS


Chers frères et sœurs,


Dans l'évangile de ce dimanche (Lc 16, 19-31), Jésus raconte la parabole de l'homme riche et du pauvre Lazare. Le premier vit dans le luxe et dans l'égoïsme, et quand il meurt, il finit en enfer. Le pauvre, au contraire, qui se nourrit des restes de la table du riche, est emporté par les anges, à sa mort, dans la demeure éternelle de Dieu et des saints. « Heureux vous les pauvres - avait proclamé le Seigneur à ses disciples - car le Royaume de Dieu est à vous » (Lc 6, 20).


Mais le message de la parabole va plus loin : il nous rappelle qu'alors que nous sommes dans ce monde, nous devons écouter le Seigneur qui nous parle par les saintes Ecritures et vivre selon sa volonté, autrement, après la mort, il sera trop tard pour se raviser. Donc, cette parabole nous dit deux choses : la première c'est que Dieu aime les pauvres et les relève après leur humiliation ; la seconde, c'est que notre destin éternel est conditionné par notre attitude. C'est à nous de suivre la voie que Dieu nous a montrée pour arriver à la vie, et cette voie c'est l'amour, non pas entendu comme sentiment, mais comme un service aux autres, dans la charité du Christ.


C'est une heureuse coïncidence que demain nous célébrions la mémoire liturgique de saint Vincent de Paul, patron des organisations caritatives catholiques : c'est le 350e anniversaire de sa mort. Dans la France du XVIIe s., il a touché du doigt le fort contraste entre les plus riches et les plus pauvres.


En effet, en tant que prêtre, il a pu fréquenter les milieux aristocratiques, les campagnes et les bas-fonds de Paris. Poussé par l'amour du Christ, Vincent de Paul a su organiser des formes stables de service aux personnes marginalisées, en donnant la vie à ce qu'on a appelé des « Charités », c'est-à-dire des groupes de personnes qui mettaient leur temps et leurs biens à la disposition des personnes les plus marginalisées. Parmi ces bénévoles, certaines ont choisi de se consacrer totalement à Dieu, et ainsi, avec sainte Louise de Marillac, saint Vincent a fondé les « Filles de la Charité », première congrégation féminine à vivre la consécration « dans le monde » au milieu des gens, avec les malades et les nécessiteux.


Chers amis, seul l'Amour, avec un A majuscule, donne le vrai bonheur ! C'est ce que montre un autre témoin, une jeune qui a été proclamée bienheureuse hier ici, à Rome. Je parle de Chiara Badano, une jeune fille italienne née en 1971, qu'une maladie a conduite à la mort à un peu moins de 19 ans, mais qui a été pour tous un rayon de lumière, comme le dit son surnom : « Chiara Luce ». Sa paroisse, le diocèse d'Acqui Terme et le Mouvement des Focolari, auquel elle appartenait, sont aujourd'hui en fête, et c'est une fête pour tous les jeunes, qui peuvent trouver en elle un exemple de cohérence chrétienne. Ses dernières paroles, de pleine adhésion à la volonté de Dieu, ont été : « Maman, au revoir. Sois heureuse parce que moi je le suis ». Elevons notre louange vers Dieu parce que son amour est plus fort que le mal et que la mort ; et remercions la Vierge Marie qui conduit les jeunes, même à travers les difficultés, et les souffrances, à devenir amoureux de Jésus et à découvrir la beauté de la vie.


APRES L'ANGELUS


Après la prière de l'Angélus, le pape a salué les pèlerins en différentes langues. Voici ce qu'il a dit en français :


Je salue cordialement les pèlerins francophones présents, ainsi que les personnes qui sont avec nous par la radio ou la télévision ! Je vous remercie encore pour votre prière qui m'a accompagné durant mon Voyage apostolique au Royaume Uni. Puissent la Vierge Marie et les Saints Archanges, Michel, Gabriel et Raphaël, nous aider tous à vivre dans la foi et l'amour, la persévérance et la douceur. Bonne préparation au mois du Rosaire qui approche et bon dimanche à tous !


Et en italien :

Chers amis, s'il plaît à Dieu, jeudi prochain, je rentrerai à Rome ; c'est pourquoi tout en souhaitant à tous un bon dimanche, j'adresse un « au revoir » cordial à la communauté de Castel Gandolfo.


© Copyright du texte original plurilingue : Libreria Editrice Vaticana

Traduction : Zenit

Homélie 26 TOC - L'argent peut entraîner la mort

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

26-TOCev.jpg

    Aujourd'hui, vous vous en doutez, je vais encore vous parler d'argent. Dimanche dernier, nous avons vu que l'amour de l'argent était "l''ennemi public numéro un" de l'Église, de la communauté des disciples que Jésus veut former, et qui doit être une communauté où l'argent doit servir à se faire des amis par la remise de leurs dettes. Aujourd'hui encore, le Seigneur nous le répète : l'argent est dangereux pour la santé, plus que le tabac, par exemple...


 

Pour lire la suite de l'homélie, cliquer ici


Jean-Côme About, Commentaire de l'Évangile du 25e dimanche ordinaire

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile selon st Luc (Lc 16, 1-13) de ce 25e dimanche ordinaire: >> RealAudioMP3


 

25 TOCev

 

 

En ce vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire, l’évangile nous étonne par les propos de Jésus. En effet, la parabole est celle de l’intendant malhonnête qui, voyant le vent tourner en sa défaveur, s’arrange pour diminuer toutes les créances de son maître, et ainsi avoir nombre d’endroits où il sera reçu quand il n’aura plus de travail.

Et ce maître loue l’habileté de ce gérant trompeur. Est-ce un éloge de la malhonnêteté ?

On pourrait le penser en entendant la conclusion de Jésus : « Eh bien moi, je vous le dis, faites-vous des amis avec l’argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles ».

En fait nous découvrons deux plans : celui de ce monde où l’habilité sert à faire un profit, dont le procédé d’obtention peut être honnête ou non ; et celui du Royaume qui nécessite une accession selon les critères qui ne sont pas forcément de ce monde.

La parabole ne parle que du gérant trompeur et de son habileté. Jésus parle, lui, de l’argent trompeur comme moyen d’accueil dans le Royaume. Et il précise : « le jour où il ne sera plus ».

L’échéance est la disparition de l’argent trompeur dont l’utilité fut dans le temps présent mais qui doit servir dans le temps futur. C’est-à-dire qu’il doit conduire à une réalité autre, celle du Royaume.

On ne peut ainsi se contenter des effets présents d’une action ou d’une intention, elle doit importer pour le futur et constituer une source d’un profit d’un autre ordre, celui de Dieu.

L’habileté à l’obtention des choses de ce monde ne doit pas évacuer la finalité de notre agir, qui ne s’arrête pas à ce monde mais doit accomplir sa finalité dans le Royaume.

Tel est le propos de Jésus qu’il complète par l’accomplissement de petites et grandes choses que l’on nous confie en fonction de la confiance que nous avons déployée.

Si cette confiance ne recouvre que nos propres biens, cela ne nous avance que dans le présent, mais si elle recouvre des biens médiocres à faire fructifier ou des biens étrangers à gérer alors il pourra nous être confié en gérance les biens du Royaume.

Le pire écueil sera de vouloir gérer les biens de ce monde et les biens éternels sur le même plan.

En connaissance de cause nous devons choisir la finalité de l’ordre de Dieu et non celle du monde car elles sont totalement incompatibles : « vous ne pouvez à la fois servir Dieu et l’argent ».

L’argent n’est qu’un moyen de vivre, la finalité est de vivre en Dieu.

Alors n’hésitons pas à réviser nos rapports à l’argent pour les destiner au service de Dieu.

Homélie 25 TOC - L'ennemi public numéro un

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Pour votre serviteur, ce sont les vacances. Et comme il n'a pris que dix jours l'an dernier, cette année elles seront un peu plus longues. Pour les homélies dominicales jusqu'à la Toussaint, je vous réfère à mes homélies d'il y a trois ans. Union de prière !




 

25-TOCev.jpg

    Nous allons aujourd'hui parler d'argent. Mais pour bien comprendre de quoi il s'agit, revenons un peu en arrière pour bien nous remettre en mémoire le contexte. La semaine dernière, Jésus, en s'adressant aux pharisiens, a révélé la miséricorde du Père vis-à-vis de son fils qui avait revendiqué sa "part d'héritage" et qui avait "dépensé (son) bien avec des filles" (Lc 15). Il nous avait invité à entrer dans cette logique divine (ch. 14) au lieu de rester dehors comme le fils aîné de la parabole. Le chapitre 16, dont nous venons d'entendre une première partie, va brosser en paraboles un tableau de la situation qui est celle de fils égarés devenus ses disciples dans la maison du Père...

 

Pour lire la suite de l'homélie, cliquer ici

Fête de Louis et Zélie Martin: Homélie du cardinal Antonelli à Alençon

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

« Une splendide lumière pour cette ville, la France et toute l’Église »


ROME, Mercredi 14 juillet 2010 (ZENIT.org) - « Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et ses saints parents Louis et Zélie : voilà une splendide lumière pour cette ville, pour la France et pour toute l'Église », a fait observer le cardinal Antonelli, dimanche dernier, à Alençon.

 

antonelli_e.jpg



A l'occasion de la fête des bienheureux Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse de Liieux, le cardinal Ennio Antonelli (photo), président du conseil pontificla porur la Famille a prononcé, à Alençon, dimanche, 11 juillet l'homélie suivant, publiée en français par le site du diocèse de Sées (cf. Zenit du 13 juillet 2010).

 


Fête des Bienheureux Louis et Zélie Martin


Homélie du cardinal Antonelli à Alençon 10 juillet 2010

 


Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et ses saints parents Louis et Zélie : voilà une splendide lumière pour cette ville, pour la France et pour toute l'Église. Les saints, avant d'être des protecteurs à invoquer, avant d'être des modèles à imiter, sont des signes de la présence de Dieu et du Christ au milieu de nous. En eux, comme nous l'enseigne le Concile Vatican II, « Dieu manifeste aux hommes, dans une vive lumière, sa présence et son visage » (LG 50). Il constitue le signe le plus transparent que le Christ est vivant et est présent maintenant dans l'histoire. Ils sont motifs de crédibilité, de joie et de louange à Dieu : « C'est Lui, le Dieu d'Israël, qui donne au peuple force et puissance. Béni soit Dieu !» (Ps 67,36).


La sainteté est tout d'abord un don qui descend, et ensuite un engagement qui monte. Nos mérites sont des dons de Dieu reçus, qui nous disposent à en accueillir d'autres. « Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5) a dit Jésus. Personne mieux que Sainte Thérèse, reconnue comme Docteur de l'Église pour avoir enseigné la spiritualité de la ‘petite voie', a perçu la primauté absolue de la grâce et de la miséricorde divine : « Il suffit de reconnaître son néant et de s'abandonner comme un enfant dans les bras du Bon Dieu » (L 226); « Je vous demande, ô mon Dieu, d'être Vous-même ma Sainteté. [...] Je veux donc recevoir de votre Amour la possession éternelle de Vous-même » (Pre 6) ; « Seigneur [...] vous savez bien que jamais je ne pourrais aimer mes sœurs comme vous les aimez, si vous-même, ô mon Jésus, ne les aimiez encore en moi [...] plus je suis unie à lui, plus aussi j'aime toutes mes sœurs » (Ms C, 12v°). Pour Thérèse, l'amour gratuit du prochain, avant d'être un commandement que nous observons, est un don que nous accueillons et qui manifeste la présence de Dieu Amour et Miséricorde.


Sur l'amour du prochain nous avons entendu dans l'Évangile la parabole du Bon Samaritain. Jésus élargit le concept du prochain que comprenaient ses contemporains : pour Lui le prochain est tout homme que l'on rencontre. Et à chaque homme que l'on rencontre Il commande de faire le bien concret : «Va, et fais de même ». Implicitement toutefois, cette parabole est aussi un portrait de Jésus lui-même.


Les autorités et les élites religieuses considéraient Jésus comme un hérétique pareil aux Samaritains ; selon eux il n'observait pas le Sabbat, il voulait abolir le culte du Temple, il faisait des miracles par la puissance du démon pour tromper le peuple et subvertir la religion : « N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et un possédé ? » (Jn 8,48). Avec cette parabole, Jésus semble vouloir repousser cette accusation ; il semble vouloir dire : « vous êtes des gardiens zélés de la loi et du temple ; mais comme le prêtre et le lévite de la parabole, qui font mine de ne pas voir l'infortuné, vous êtes insensibles devant les souffrances du prochain ; vous ne l'aidez pas concrètement et vous ne l'aimez pas ; par conséquent vous n'aimez pas Dieu non plus et vous ne faites pas sa volonté. Vous dites ‘je suis un Samaritain', mais vous devez reconnaître que je suis compatissant envers tous ceux qui souffrent, qui sont opprimés par la maladie, le péché, la faim, l'injustice, la violence, la mort ; vous devez reconnaître que je fais le bien et que j'apporte la vie ». De fait, les premiers disciples eurent l'impression que Jésus développait une puissance miraculeuse, bienveillante, miséricordieuse, libératrice, dispensatrice de vie. « Dieu a consacré Jésus de Nazareth de l'Esprit Saint et de Puissance, lui qui a passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient tombés au pouvoir du diable ; car Dieu était avec lui » (Ac 10,38). Ainsi s'exprime Pierre dans son discours dans la maison du centurion Corneille. Il n'est donc pas surprenant que les Pères de l'Église aient vu en Jésus le Samaritain de toute l'humanité. Clément d'Alexandrie écrit par exemple : « Et qui est ce Samaritain sinon le Sauveur même ? Ou encore qui nous fait plus grande miséricorde à nous qui sommes quasiment morts de par les puissances des ténèbres, chargés de nos blessures, nos peurs, nos désirs, nos colères, nos tristesses, nos vols, nos plaisirs ? De ces blessures, Jésus seul est médecin ; lui seul éradique les vices par leurs racines » (Clément d'Alexandrie, Qui dives 29).


Le Christ, Bon Samaritain du genre humain, n'est pas seulement un modèle à imiter. Il ne nous donne pas seulement l'exemple ; mais il nous rend participants de son amour même, en nous communicant son Esprit Saint. C'est sa grâce qui nous rend capables d'aimer. Quand nous aimons les autres et les aidons de manière désintéressée, et aussi avec l'esprit de sacrifice, c'est le Christ qui nous anime par le don de l'Esprit et qui aime avec nous et en nous.


L'Apôtre Jean, dans sa Première Lettre, écrit : « Aimons-nous les uns les autres, parce que l'amour est de Dieu : celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1Jn 4,7). Ce lui qui aime participe à la vie du Fils de Dieu ; c'est pourquoi lui aussi est engendré comme fils et connaît Dieu par expérience et non de manière abstraite par ouï dire. Jésus, le Fils unique, vient vivre en lui, il vient agir et se manifester dans le monde à travers lui.


En donnant aux autres notre amour gratuit, nous transmettons aux autres aussi la charité du Christ ; nous permettons au Christ de les rencontrer et de les attirer à Lui. Mère Teresa de Calcutta, Missionnaire de la Charité, écrit à propos d'elle-même et de ses sœurs : « Nous mettons nos mains, nos yeux et notre cœur à la disposition du Christ, pour qu'Il agisse par nous » ; « Ne cherchons pas à imposer aux autres notre foi. Cherchons seulement à faire en sorte que les pauvres, quelles que soient leurs croyances, en nous voyant, se sentent attirés vers le Christ ». Évangéliser, c'est, en définitive, partager et rayonner l'amour du Christ pour tous les hommes et pour tout ce qui est authentiquement humain ; ce n'est pas conquérir, c'est attirer.


Surtout aujourd'hui, à une époque de crise des doctrines et des idéologies, l'expérience concrète est plus persuasive que les discours. « les hommes de notre époque, parfois inconsciemment, demandent aux croyants d'aujourd'hui non seulement de ‘parler' du Christ, mais en un sens de le leur faire ‘voir' » (Novo Millennio Ineunte, 16), indiquait le Pape Jean-Paul  II dans sa lettre apostolique Novo Millenio Ineunte à la fin du Grand Jubilé. Il me plaît de pouvoir confirmer cette affirmation en citant la prière trouvée dans le journal d'un jeune Italien, abandonné par ses parents, qui a été élevé dans un collège et est mort d'un accident à 16 ans : « Seigneur, si tu existes, pourquoi ne te fais-tu pas voir à moi ? Peut-être est-ce trop te demander ?[...] On dit que l'amour est une preuve de ton existence ; peut-être est-ce pour cela que je ne t'ai pas rencontré : je n'ai jamais été aimé au point de pouvoir sentir ta présence. Seigneur, fais-moi connaître un amour qui me conduise à toi, un amour sincère, désintéressé, fidèle et généreux, qui soit quelque peu ton image ».


Des questions existentielles comme celle-là interpellent la responsabilité de nous autres Chrétiens. Nous pouvons témoigner de la présence du Christ dans la mesure où, animés de l'Esprit, nous prendrons soin des pauvres et des souffrants comme le Bon Samaritain ; dans la mesure où, dans la communauté ecclésiale et dans nos familles, nous vivrons l'amour réciproque, en nous souvenant de la prière ultime de Jésus au Père : « qu'ils soient tous un [...] en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé » (Jn 17,21).


Il semble aujourd'hui que les familles chrétiennes, convaincues et heureuses de l'être, en lesquelles se vit l'amour un et indissoluble, fidèles et capables de pardon, prêtes à accepter de nombreux enfants, y compris éventuellement handicapés, engagées sérieusement dans leur éducation, ouvertes à l'hospitalité et à la collaboration au dehors de la famille, sobres dans la prospérité et solides dans l'adversité, soient véritablement un signe crédible du Christ. Un tel témoignage à contre courant ne laisserait pas indifférent, mais interpellerait efficacement les consciences. A ce propos Jean-Paul II mentionnait très justement dans sa lettre apostolique Tertio Millennio Adveniente : « d'une manière toute spéciale, on devra s'employer à reconnaître l'héroïcité des vertus d'hommes et de femmes qui ont réalisé leur vocation chrétienne dans le mariage » (TMA 37). La béatification de Louis et Zélie Martin répond parfaitement à cette affirmation.


Nous avons besoin de saints comme protecteurs à invoquer, comme modèles à imiter, et surtout comme signes transparents de la présence de l'amour du Christ. C'est la sainteté qui rend crédible et fructueuse l'évangélisation, parce que, comme on l'a dit, « seule une flamme peut allumer une autre flamme » (Léon Harmel).


Ennio card. Antonelli

Année Sacerdotale. "Il était prévisible ce que cela ne plairait pas à 'l’ennemi'"

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Bilan de douze mois de feu. Ce que le pape voulait et ce qui est arrivé en réalité, avec l'explosion du scandale de la pédophilie. Dans son homélie de conclusion, Joseph Ratzinger enseigne aux prêtres catholiques comment marcher dans la "vallée obscure" vers la lumière
 


par Benoît XVI



pretres.jpg


 



(Homélie de la messe du Sacré Cœur de Jésus, célébrée par le pape sur la place Saint-Pierre avec des milliers de prêtres venus du monde entier, le vendredi 11 juin 2010, en conclusion de l’Année Sacerdotale).


Chers confrères dans le ministère sacerdotal, chers frères et soeurs, l’Année sacerdotale que nous avons célébrée, 150 ans après la mort du saint Curé d’Ars, modèle du ministère sacerdotal dans notre monde, arrive à son terme. Par le Curé d’Ars, nous nous sommes laissé guider, pour saisir à nouveau la grandeur et la beauté du ministère sacerdotal. Le prêtre n’est pas simplement le détenteur d’une charge, comme celles dont toute société a besoin afin qu’en son sein certaines fonctions puissent être remplies. Il fait en revanche quelque chose qu’aucun être humain ne peut faire de lui-même : il prononce au nom du Christ la parole de l’absolution de nos péchés et il transforme ainsi, à partir de Dieu, la situation de notre existence. Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles d’action de grâce du Christ qui sont paroles de transsubstantiation – des paroles qui le rendent présent, Lui, le Ressuscité, son Corps et son Sang, et transforment ainsi les éléments du monde : des paroles qui ouvrent le monde à Dieu et l’unissent à Lui.

Le sacerdoce n’est donc pas seulement une « charge », mais un sacrement : Dieu se sert d’un pauvre homme pour être, à travers lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur. Cette audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d’agir et d’être présents à sa place – cette audace de Dieu est la réalité vraiment grande qui se cache dans le mot « sacerdoce ». Que Dieu nous considère capables de cela, que de cette manière il appelle les hommes à son service et qu’ainsi de l’intérieur il se lie à eux : c’est ce que, en cette année, nous voulions considérer et comprendre à nouveau. Nous voulions réveiller la joie que Dieu nous soit si proche, et la gratitude pour le fait qu’il se confie à notre faiblesse ; qu’il nous conduise et nous soutienne jour après jour. Nous voulions aussi ainsi montrer à nouveau aux jeunes que cette vocation, cette communion de service pour Dieu et avec Dieu, existe – et plus encore, que Dieu est en attente de notre « oui ». Avec l’Église, nous voulions à nouveau faire noter que cette vocation nous devons la demander à Dieu. Nous demandons des ouvriers pour la moisson de Dieu, et cette requête faite à Dieu c’est, en même temps, Dieu qui frappe à la porte du coeur des jeunes qui se considèrent capables de ce dont Dieu les considère capables.

On pouvait s’attendre à ce que cette nouvelle mise en lumière du sacerdoce déplaise « l’ennemi » ; il aurait préféré le voir disparaître, pour qu’en fin de compte Dieu soit repoussé hors du monde. Et il est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres – en particulier l’abus à l’égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l’égard de l’homme se trouve retourné en son contraire. Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l’admission au ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours qui y prépare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner attentivement l’authenticité de la vocation et que nous voulons mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur les protège et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie.

Si l’Année sacerdotale avait du être une glorification de notre prestation humaine personnelle, elle aurait été détruite par ces événements. Mais il s’agissait pour nous exactement du contraire : devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se cache « dans des vases d’argile » et qui toujours de nouveau, à travers toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde. Nous considérons ainsi que ce qui est arrivé est un devoir de purification, un devoir qui nous porte vers l’avenir et qui, d’autant plus, nous fait reconnaître et aimer le grand don de Dieu. De cette façon, le don devient l’engagement de répondre au courage et à l’humilité de Dieu par notre courage et notre humilité. La parole du Christ, que nous avons chanté comme chant d’entrée dans la liturgie de ce jour, peut nous suggérer en cette heure ce que signifie devenir et être prêtre : « Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur » (Mt 11, 29).

Nous célébrons la fête du Sacré Coeur de Jésus et nous jetons avec la liturgie, pour ainsi dire, un regard dans le coeur de Jésus qui, dans la mort, fut ouvert par la lance du soldat romain. Oui, son coeur est ouvert pour nous et devant nous – et ainsi, le coeur de Dieu lui-même nous est ouvert. La liturgie interprète pour nous le langage du coeur de Jésus, qui parle surtout de Dieu en tant que pasteur des hommes et nous présente de cette façon le sacerdoce de Jésus, qui est enraciné dans les profondeurs de son coeur ; elle nous indique ainsi le fondement durable, tout autant que le critère valable, de tout ministère sacerdotal, qui doit être ancré dans le coeur de Jésus et être vécu à partir de lui. Je voudrais aujourd’hui méditer surtout sur les textes avec lesquels l’Église qui prie répond à la Parole de Dieu donnée dans les lectures. Dans ces chants, la parole et la réponse se compénètrent. D’une part, eux-mêmes sont tirés de la Parole de Dieu, mais d’autre part, ils sont en même temps déjà la réponse de l’homme à une telle Parole, une réponse dans laquelle la Parole elle-même se communique et entre dans notre vie.

Le plus important de ces textes dans la liturgie de ce jour est le Psaume 23 (22) – « Le Seigneur est mon berger » -, à travers lequel l’Israël priant a accueilli l’autorévélation de Dieu comme pasteur, et en a fait l’orientation pour sa vie.

« Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien » : dans ce premier verset, la joie et la gratitude s’expriment pour le fait que Dieu est présent et qu’il s’occupe de l’homme. La lecture tirée du Livre d’Ézéchiel débute par le même thème : « J’irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles » (Ez 34, 11). Dieu prend personnellement soin de moi, de nous, de l’humanité. Je ne suis pas laissé seul, perdu dans l’univers et dans une société devant laquelle on demeure toujours plus désorientés. Il prend soin de moi. Il n’est pas un Dieu lointain, pour lequel ma vie compterait très peu. Les religions du monde, d’après ce que l’on peut voir, ont toujours su que, en dernière analyse, il y a un seul Dieu. Mais un tel Dieu demeurait lointain. Apparemment celui-ci abandonnait le monde à d’autres puissances et à d’autres forces, à d’autres divinités. De cela, il fallait s’accommoder. Le Dieu unique était bon, mais lointain cependant. Il ne constituait pas un danger, mais il n’offrait pas davantage une aide. Il n’était donc pas nécessaire de se préoccuper de lui. Il ne dominait pas. Étrangement, cette pensée est réapparue avec les Lumières. On comprenait encore que le monde supposait un Créateur. Cependant, ce Dieu avait construit le monde et s’en était ensuite évidemment retiré. À présent, le monde avait un ensemble de lois suivant lesquelles il se développait et sur lequel Dieu n’intervenait pas, ni ne pouvait intervenir. Dieu ne constituait qu’une origine lointaine. Beaucoup peut-être ne désiraient pas non plus que Dieu prenne soin d’eux. Ils ne voulaient pas être dérangés par Dieu. Mais là où la tendresse et l’amour de Dieu sont perçus comme une gêne, là l’être humain est faussé. Il est beau et consolant de savoir qu’il y a une personne qui m’aime et qui prend soin de moi. Mais il est encore plus décisif qu’existe ce Dieu qui me connaît, qui m’aime et se préoccupe de moi.

« Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 14), dit l’Église avant l’Évangile (de ce jour) avec une parole du Seigneur. Dieu me connaît, il se préoccupe de moi. Cette pensée devrait nous rendre véritablement joyeux. Laissons cela pénétrer profondément en nous. Alors nous comprendrons aussi ce qu’elle signifie : Dieu veut que nous, en tant que prêtres, en un petit point de l’histoire, nous partagions ses préoccupations pour les hommes. En tant que prêtres, nous voulons être des personnes qui, en communion avec sa tendresse pour les hommes, prenons soin d’eux, leur permettons d’expérimenter concrètement cette tendresse de Dieu. Et, à l’égard du milieu qui lui est confié, le prêtre, avec le Seigneur, devrait pouvoir dire : « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent ». « Connaître », au sens des Saintes Écritures, n’est jamais seulement un savoir extérieur, comme on connaît le numéro de téléphone d’une personne. « Connaître » signifie être intérieurement proche de l’autre. L’aimer. Nous devrions chercher à « connaître » les hommes de la part de Dieu et en vue de Dieu ; nous devrions chercher à cheminer avec eux sur la voie de l’amitié avec Dieu.

Revenons à notre Psaume. Il y est dit : « Il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure » (23 (22), 3-4). Le pasteur indique le juste chemin à ceux qui lui sont confiés. Il les précède et il les guide. Disons-le autrement : le Seigneur nous dévoile comment l’être humain s’accomplit de façon juste. Il nous enseigne l’art d’être une personne. Que dois-je faire pour ne pas précipiter, pour ne pas gaspiller ma vie dans l’absence de sens ? C’est précisément la question que tout homme doit se poser et qui vaut pour tout âge de la vie. Et quelle obscurité existe autour de cette question en notre temps ! Toujours de nouveau, nous vient à l’esprit la parole de Jésus, lequel avait compassion des hommes, parce qu’ils étaient comme des brebis sans pasteur. Seigneur, aie pitié aussi de nous ! Indique-nous le chemin ! De l’Évangile, nous savons cela : Il est lui-même la vie. Vivre avec le Christ, le suivre – cela signifie découvrir le juste chemin, afin que notre vie acquiert du sens et afin que nous puissions dire : « Oui, vivre a été une bonne chose ». Le peuple d’Israël était et est reconnaissant à Dieu, parce qu’à travers les Commandements il a indiqué la route de la vie. Le grand Psaume 119 (118) est une seule expression de joie pour ce fait : nous n’avançons pas à tâtons dans l’obscurité. Dieu nous a montré quel est le chemin, comment nous pouvons cheminer de façon juste. Ce que les Commandements disent a été synthétisé dans la vie de Jésus et est devenu un modèle vivant. Nous comprenons ainsi que ces directives de Dieu ne sont pas des chaînes, mais sont la voie qu’Il nous indique. Nous pouvons en être heureux et nous réjouir parce que dans le Christ elles sont devant nous comme une réalité vécue. Lui-même nous a rendus heureux. Dans notre cheminement avec le Christ, nous faisons l’expérience de la joie de la Révélation, et comme prêtres nous devons communiquer aux gens la joie liée au fait que nous a été indiquée la voie juste.

Il y a ensuite la parole concernant « le ravin de la mort » à travers lequel le Seigneur guide l’homme. La route de chacun de nous nous conduira un jour dans le ravin obscur de la mort dans lequel personne ne peut nous accompagner. Et il sera là. Le Christ lui-même est descendu dans la nuit obscure de la mort. Là aussi, il ne nous abandonne pas. Là aussi, il nous guide. Si « je descends chez les morts : te voici » dit le Psaume 139 (138). Oui, tu es aussi présent dans l’ultime labeur, et ainsi, notre Psaume responsorial peut-il dire : là aussi, dans le ravin de la mort, je ne crains aucun mal. En parlant du ravin obscur nous pouvons, cependant, penser aussi aux vallées obscures de la tentation, du découragement, de l’épreuve, que tout être humain doit traverser. Dans ces vallées ténébreuses de la vie, il est là aussi. Oui, Seigneur, dans les obscurités de la tentation ; dans les heures sombres où toutes les lumières semblent s’éteindre, montre-moi que tu es là. Aide-nous, prêtres, afin que nous puissions être auprès des personnes qui nous sont confiés et qui sont dans ces nuits obscures. Afin que nous puissions leur montrer ta lumière.

« Ton bâton me guide et me rassure » : le pasteur a besoin du bâton contre les bêtes sauvages qui veulent faire irruption dans le troupeau ; contre les brigands qui cherchent leur butin. À côté du bâton, il y a la houlette qui offre un appui et une aide pour traverser les passages difficiles. Les deux réalités appartiennent aussi au ministère de l’Église, au ministère du prêtre. L’Église aussi doit utiliser le bâton du pasteur, le bâton avec lequel elle protège la foi contre les falsificateurs, contre les orientations qui sont, en réalité, des désorientations. L’usage même du bâton peut être un service d’amour. Nous voyons aujourd’hui qu’il ne s’agit pas d’amour, quand on tolère des comportements indignes de la vie sacerdotale. De même il ne s’agit pas non plus d’amour quand on laisse proliférer l’hérésie, la déformation et la décomposition de la foi, comme si nous inventions la foi de façon autonome. Comme si elle n’était plus le don de Dieu, la perle précieuse que nous ne nous laissons pas dérober. Toutefois, en même temps, le bâton doit toujours redevenir la houlette du pasteur – la houlette qui aide les hommes à pouvoir marcher sur les sentiers difficiles et à suivre le Seigneur.

À la fin du Psaume, on évoque le banquet préparé, l’huile dont la tête est ointe, le calice débordant, la possibilité d’habiter avec le Seigneur. Dans le Psaume, ceci exprime avant tout la perspective de la joie festive qui accompagne le fait d’être avec Dieu dans le temple, d’être accueilli et servi par Lui, de pouvoir habiter auprès de Lui. Pour nous qui prions ce Psaume avec le Christ et avec son Corps qui est l’Église, cette perspective d’espérance a acquis une amplitude et une profondeur encore plus grandes. Nous voyons dans ces paroles, pour ainsi dire, une anticipation prophétique du mystère de l’Eucharistie dans lequel Dieu en personne nous accueille en s’offrant lui-même à nous comme nourriture – comme ce pain et ce vin excellents qui, seuls, peuvent constituer la réponse ultime à la faim et à la soif intimes de l’homme. Comment ne pas être heureux de pouvoir chaque jour être les hôtes de la table même de Dieu, d’habiter près de Lui ? Comment ne pas être heureux du fait qu’il nous a laissé ce commandement : « Faites cela en mémoire de moi » ? Heureux parce qu’Il nous a donné de préparer la table de Dieu pour les hommes, de leur donner son Corps et son Sang, de leur offrir le don précieux de sa présence même. Oui, nous pouvons de tout notre coeur prier ensemble les paroles du Psaume : « Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie » (23 (22), 6).

Pour finir, jetons encore un bref regard sur les deux chants de communion qui nous sont proposés aujourd’hui par l’Église dans sa liturgie. Il y a tout d’abord la parole avec laquelle saint Jean conclut le récit de la crucifixion de Jésus : « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau » (Jn 19, 34). Le coeur de Jésus est transpercé par la lance. Il est ouvert, et il devient une source : l’eau et le sang qui en sortent renvoient aux deux Sacrements fondamentaux dont l’Église vit : le Baptême et l’Eucharistie. Du côté percé du Seigneur, de son coeur ouvert jaillit la source vive qui court à travers les siècles et qui fait l’Église. Le coeur ouvert est source d’un nouveau fleuve de vie ; dans ce contexte, Jean a certainement pensé aussi à la prophétie d’Ézéchiel qui voit jaillir du nouveau temple un fleuve qui donne fécondité et vie (Ez 47) : Jésus lui-même est le nouveau temple, et son coeur ouvert est la source d’où sort un fleuve de vie nouvelle, qui se communique à nous dans le Baptême et l’Eucharistie.

La liturgie de la Solennité du Sacré Coeur de Jésus prévoit, cependant aussi, comme chant à la communion une autre parole, proche de celle-là, tirée de l’Évangile de Jean : Qui a soif, qu’il vienne à moi. Qu’il boive, celui qui croit en moi. L’Écriture dit : « Des fleuves d’eau vive jailliront de son coeur » (cf. Jn 7, 37ss). Dans la foi, nous buvons, pour ainsi dire, de l’eau vive de la Parole de Dieu. Ainsi, le croyant devient lui-même une source, et offre à la terre desséchée de l’histoire l’eau vive. Nous le voyons chez les saints. Nous le voyons avec Marie qui, femme grande en foi et en amour, est devenue au long des siècles source de foi, d’amour et de vie. Chaque chrétien et chaque prêtre devrait, à partir du Christ, devenir une source qui communique la vie aux autres. Nous devrions donner l’eau de la vie à un monde assoiffé. Seigneur, nous te remercions parce que tu as ouvert ton coeur pour nous ; parce que dans ta mort et dans ta résurrection tu es devenu source de vie. Fais que nous soyons des personnes vivantes, vivantes de ta source, et donne-nous de pouvoir être nous aussi des sources, en mesure de donner à notre temps l’eau de la vie. Nous te remercions pour la grâce du ministère sacerdotal. Seigneur bénisnous et bénis tous les hommes de ce temps qui sont assoiffés et en recherche. Amen.

A Chypre aussi, le pape porte sa croix. Avec joie

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

Nous la méritons tous à cause de nos péchés, explique-t-il. Mais, grâce à Jésus, agneau innocent, elle est devenue l'espérance du monde, la revanche définitive sur tous les maux. L'homélie prononcée à Nicosie le samedi 5 juin 2010 au soir
 


par Benoît XVI



eveque.priere.ravenne.jpg

 



Chers frères et sœurs dans le Christ, le Fils de l’Homme doit être élevé, pour que quiconque croit en lui ait la vie éternelle (cf. Jn 3, 14-15). Pendant cette messe votive, nous adorons et nous prions notre Seigneur Jésus Christ parce que, par sa Sainte Croix, il a racheté le monde. Par sa mort et sa résurrection, il a ouvert les portes du ciel et il a préparé une place pour nous afin que nous, ses disciples, nous puissions avoir part à sa gloire.

Dans la joie de la victoire du Christ sauveur, je vous salue vous tous qui êtes ici rassemblés dans l’Église de la Sainte Croix, et je vous remercie de votre présence. J’ai beaucoup apprécié la chaleur de l’accueil que vous m’avez réservé. Je suis particulièrement reconnaissant à Sa Béatitude le Patriarche latin de Jérusalem pour ses paroles de bienvenue au début de la messe et pour la présence du Frère Custode de Terre Sainte. Ici à Chypre, terre qui fut la première escale dans les voyages missionnaires de saint Paul autour de la Méditerranée, je viens parmi vous aujourd’hui, en mettant mes pas dans ceux du grand Apôtre, pour vous affermir dans votre foi chrétienne et pour prêcher l’Évangile qui a donné vie et espérance au monde.

Au cœur de notre célébration d’aujourd’hui, se trouve la Croix du Christ. Beaucoup pourraient être tentés de demander pourquoi nous, qui sommes chrétiens, célébrons un instrument de torture, un signe de souffrance, de défaite et d’échec. Il est vrai que la Croix exprime tout cela. Et cependant, parce que le Christ a été élevé sur la Croix pour notre salut, elle représente aussi le triomphe définitif de l’amour de Dieu sur toutes les formes du mal dans le monde.

Selon une ancienne tradition le bois de la Croix viendrait d’un arbre planté par Seth, le fils d’Adam, sur le lieu où Adam avait été enterré. En cet endroit précis, connu sous le nom de Golgotha, le lieu du crâne, Seth planta une graine provenant de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, l’arbre qui se trouvait au milieu du jardin d’Eden. Grâce à la Providence divine, l’œuvre du Malin aurait ainsi été défaite en retournant contre lui ses propres armes.

Séduit par le serpent, Adam avait abandonné sa confiance filiale en Dieu et il avait péché en mangeant du fruit de l’unique arbre du jardin qui lui était interdit. En raison de ce péché, la souffrance et la mort sont entrées dans le monde. Les effets tragiques du péché, la souffrance et la mort, sont trop évidents dans l’histoire de la descendance d’Adam. Nous le voyons dans la première lecture de ce jour, qui fait écho à la Chute et aux annonces de la rédemption par le Christ.

Comme un châtiment pour leur péché, des membres du peuple d’Israël, languissant dans le désert, furent mordus par des serpents et ne purent être sauvés de la mort qu’en regardant le signe que Moïse éleva, préfigurant la Croix qui mettrait fin au péché et à la mort une fois pour toutes. Nous voyons clairement que l’homme ne peut se sauver lui-même des conséquences de son péché. Il ne peut se sauver lui-même de la mort. Dieu seul peut le libérer de son esclavage physique et moral. Et parce qu’il a tant aimé le monde, il a envoyé son Fils unique, non pour condamner le monde – comme la justice semblait le commander – mais pour que, par Lui, le monde soit sauvé. Le Fils unique de Dieu a dû être élevé, tout comme Moïse avait élevé le serpent dans le désert, pour que tous ceux qui le regarderaient avec foi puissent avoir la vie.

Le bois de la Croix est devenu le moyen de notre rédemption, tout comme l’arbre duquel elle a été tirée a entraîné la Chute de nos premiers parents. La souffrance et la mort, qui ont été la conséquence du péché, sont devenues les moyens mêmes par lesquels le péché a été vaincu. L’agneau innocent fut immolé sur l’autel de la Croix, et une vie nouvelle a jailli alors de l’immolation de la victime : le pouvoir du mal était détruit par le pouvoir de l’amour qui s’offre en sacrifice.

La Croix est donc quelque chose de beaucoup plus grand et plus mystérieux qu’elle ne l’apparait au premier abord. C’est en effet un instrument de torture, de souffrance et d’échec mais, en même temps, elle exprime la complète transformation, le renversement définitif de ces afflictions : c’est ce qui en fait le symbole d’espérance le plus éloquent que le monde ait jamais vu. Elle parle à tous ceux qui souffrent – les opprimés, les malades, les pauvres, les parias, les victimes de la violence – et elle leur offre l’espérance que Dieu peut transformer leur souffrance en joie, leur solitude en communion, leur mort en vie. Elle offre une espérance sans limite à notre monde déchu.

C’est pourquoi le monde a besoin de la Croix. La Croix n’est pas uniquement un symbole privé de dévotion. Elle n’est pas seulement l’insigne des membres d’un groupe particulier au sein de la société, et, en son sens le plus profond, elle n’a rien à voir avec l’imposition par la force d’un credo ou d’une philosophie. La Croix parle d’espérance, elle parle d’amour, elle parle de la victoire de la non-violence sur l’oppression. Elle dit que Dieu relève celui qui est humble, qu’il fortifie le faible, qu’il triomphe des divisions et surmonte la haine par l’amour. Un monde sans la Croix serait un monde sans espérance, un monde dans lequel la torture et la brutalité seraient sans contrôle, où la faiblesse serait exploitée et l’avidité aurait le dernier mot. L’inhumanité de l’homme pour l’homme se manifesterait de façon toujours plus horrible, et il n’y aurait aucune fin au cycle vicieux de la violence. Seule la Croix y met fin. Alors qu’aucun pouvoir terrestre ne peut nous sauver des conséquences de nos péchés, et qu’aucun pouvoir terrestre ne peut vaincre l’injustice à sa source, l’intervention salvatrice de notre Dieu d’amour a pourtant transformé la réalité du péché et de la mort en leur contraire. C’est ce que nous célébrons quand nous nous glorifions dans la Croix de notre Rédempteur. C’est ce que fait, à juste titre, saint André de Crête en décrivant la croix comme « le meilleur et le plus magnifique de tous les biens ; car c’est en lui, par lui et pour lui que tout l’essentiel de notre salut consiste et a été restauré pour nous » (Oratio X ; PG 97, 1018-1019 ; trad. Liturgie des Heures, Office des lectures, 14 septembre)

Chers frères prêtres, chers religieux, chers catéchistes, le message de la Croix nous a été confié, afin que nous puissions offrir l’espérance au monde. Quand nous proclamons le Christ crucifié, c’est Lui que nous annonçons et non nous-mêmes. Nous n’offrons pas notre sagesse au monde, ni ne revendiquons un mérite quelconque de notre part, mais nous agissons comme des canaux de sa sagesse, de son amour et de ses mérites salvateurs. Nous savons que nous sommes simplement des vases d’argile, cependant, étonnamment, nous avons été choisis pour être les hérauts de la vérité qui sauve et que le monde a besoin d’entendre. Ne cessons jamais de nous émerveiller de la grâce extraordinaire qui nous a été faite. Ne cessons jamais de reconnaître notre indignité. Mais, en même temps efforçons-nous de devenir moins indignes de notre noble appel, de peur que par nos fautes et nos manquements nous n’affaiblissions la crédibilité de notre témoignage.

En cette Année sacerdotale, permettez moi de m’adresser en particulier aux prêtres présents aujourd’hui, et à ceux qui se préparent à l’ordination. Méditez sur les mots qui sont adressés au prêtre nouvellement ordonné quand l’Évêque lui présente le calice et la patène : « Comprenez ce que vous faites, imitez ce que vous célébrez, et conformez votre vie au mystère de la Croix du Seigneur ». Quand nous proclamons la Croix du Christ, efforçons-nous toujours d’imiter l’amour désintéressé de celui qui s’est offert pour nous sur l’autel de la Croix, de celui qui est à la fois prêtre et victime, de celui en la personne de qui nous parlons et nous agissons lorsque nous exerçons le ministère que nous avons reçu. Quand nous réfléchissons, individuellement ou collectivement, sur nos défauts, nous reconnaissons humblement que nous avons mérité le châtiment que Lui, l’Agneau innocent, a souffert à notre place. Et si, selon ce que nous avons mérité, nous avons part aux souffrances du Christ, réjouissons-nous car nous jouirons d’une plus grande félicité quand sa gloire se révélera.

J’ai particulièrement conscience, dans mes pensées et dans mes prières, que beaucoup de prêtres et de religieux au Moyen Orient font actuellement l’expérience d’un appel particulier à conformer leurs vies au mystère de la Croix du Seigneur. Là où les chrétiens sont une minorité, là où ils souffrent l’épreuve en raison de tensions ethniques et religieuses, de nombreuses familles prennent la décision de partir, et il peut être tentant pour leurs pasteurs de faire de même. Néanmoins, dans des situations de cette nature, un prêtre, une communauté religieuse, une paroisse qui reste ferme et qui continue à rendre témoignage au Christ est un signe extraordinaire d’espérance, non seulement pour les chrétiens mais aussi pour tous ceux qui vivent dans la région. Leur seule présence est une expression éloquente de l’Évangile de la paix, de la détermination du Bon Pasteur de prendre soin de tout le troupeau, de l’engagement inébranlable de l’Église au dialogue, à la réconciliation et à la reconnaissance bienveillante de l’autre. En embrassant la Croix qui leur est tendue, les prêtres et les religieux du Moyen Orient peuvent vraiment faire rayonner l’espérance qui est au cœur du mystère que nous célébrons dans la liturgie de ce jour.

Prenons tous courage avec les paroles de la deuxième lecture du jour, qui parlent si magnifiquement du triomphe qui a été réservé au Christ après sa mort sur la Croix, un triomphe auquel nous sommes invités à prendre part. « C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu’au nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux » (Ph 2, 9-10). Oui, chers frères et sœurs dans le Christ, que la croix du notre Seigneur Jésus Christ reste notre seul orgueil (cf. Ga 6, 14). Il est notre vie, notre salut et notre résurrection ; par lui, nous avons été sauvés et rendus libres.



Le programme et les textes de la visite de Benoît XVI à Chypre, sur le site du Vatican :

> Voyage apostolique à Chypre, 4-6 juin 2010


www.chiesa

Père About, Méditation pour la Pentecôte

dominicanus #Homélies Année C (2009-2010)

 

esprit-saint.jpg

 

Le père About commente l’Évangile selon saint Jean (14, 15-26) de la solennité de la Pentecôte.

Texte intégral du commentaire :


Nous voici cinquante jours après Pâques et la Résurrection de Jésus a insufflé dans nos cœurs la joie de Dieu. Les Apôtres sont préparés à son départ et il leur promet la venue de l’Esprit Saint. La première lecture de ce jour nous en fait le récit, montrant les multiples effets de cette présence et le courage dont ils sont désormais dotés. L’évangile en saint Jean se situe juste après le lavement des pieds et dans son long discours d’adieu, Jésus parle de sa mort et du don du Paraclet. La dramatique est là : il doit passer vers le Père et donc quitter ses disciples mais il ne les laisse pas vulnérables et seuls puisque le Paraclet sera donné à ceux qui l’aiment. L’Esprit Saint est caractérisé de deux manières. D’une part, il est paraclet, littéralement « Celui qui est appelé à l’aide », le Défenseur qui permettra aux chrétiens persécutés d’être inspirés d’un témoignage crédible. Mais il ne leur épargnera pas la possibilité de la souffrance comme le Christ. D’autre part, il est «l’esprit de vérité» qui enseignera la communauté chrétienne et lui permettra de se souvenir de Jésus lui-même, resté fidèle à sa mission jusqu’à la croix. De cette manière, il donnera aux chrétiens menacés, du courage et leur fera trouver les mots justes face à ceux qui les jugent. Ainsi nous est donné tout le sens de l’amour du Christ au travers de l’Esprit : Jésus a décidé d’aimer les siens quoiqu’il en coûte. Et c’est vraiment la question, l’enjeu qui nous est posé en ce jour : Aimerai-je le Christ quoiqu’il en coûte ? Si nous acceptons alors le Christ ne nous quittera plus ; mieux encore le Père se rendra présent : «Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui». En ce jour de Pentecôte, laissons la fidélité d’amour au Christ nous envahir par son Esprit. Laissons nos cœurs ouverts aux dons du Défenseur.

Accueillons la SAGESSE, cette lumière intérieure de Dieu qui nous donne de regarder et de mesurer les choses de la création avec le regard aimant de Dieu. Ouvrons-nous à l’INTELLIGENCE divine qui lit les choses de l’intérieur et petit à petit révèle le dessein de Dieu en éclairant toute activité humaine de la finalité limpide de son amour. Cultivons la SCIENCE de Dieu qui établit le rapport vrai entre le Créateur et ses créatures : nos limites sont bien là mais elles deviennent le lieu où prend corps l’infini de son amour. Embrassons son CONSEIL qui accroche sa vie en notre âme en l’illuminant sur ce qu’il faut faire, ce qui est vrai sous le regard de Dieu.

Laissons-nous toucher par sa FORCE, non la puissance vaniteuse, mais la vigueur de l’âme, illuminée par Dieu, qui n’accepte aucun compromis dans l’accomplissement de son devoir et qui mène à son achèvement notre vocation de fils de Dieu. Soyons remplis de sa PIETE, cette tendresse de Dieu qui nous montre ce que nous sommes et nous donne d’aimer les autres tels qu’ils sont. Elle suscite le désir de la grâce, du pardon et de la joie d’aimer et d’être aimé. Libérons-nous dans la CRAINTE DE DIEU, non pas la peur qui paralyse, mais cette réalité filiale qui nous donne un Père et dont l’horizon d’amour est infini. Qui y répond devient libre car son amour est sans limite si ce n’est Dieu lui-même. Merci, Esprit Saint, Alléluia ! >>

 

(Radio Vatican)


Afficher plus d'articles

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 > >>
RSS Contact