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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21 LA PLUPART DES ILLUSTRATIONS DE CE BLOG SONT TIRÉES DE https://www.evangile-et-peinture.org/ AVEC LA PERMISSION DE L'AUTEUR

homelies (patmos) annee b - c (2006 - 2007)

NOUVEL AN : VOEUX PIEUX ? (Lc 2, 16-21)

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Voici, avec du retard, mon homélie pour le premier janvier. Depuis le 31 décembre au soir jusqu'à maintenant, ma connexion internet était en dysfonctionnement (pour cause de réveillon?). Bonne méditation !

    Une semaine après Noël, et au lendemain de la Fête de la Sainte Famille, en ce premier janvier 2007, nous voici à nouveau réunis près de la crèche. À l'occasion de Noël, déjà, et encore pour le Nouvel An (jusqu'au 31 janvier, nous dit-on) nous avons l'occasion d'échanger nos voeux à ceux que nous aimons ... plus ou moins, sincèrement ... plus ou moins. Les hommes politiques et d'Église, la banque où nous avons placé nos petites économies, les journalistes et les animateurs d'émissions télévisées, tous y vont de leur petite littérature. Les cadeaux, ça peut coûter cher. Les voeux, même "les meilleurs", ça ne coûte rien, sinon (et de moins en moins souvent, à l'ère de l'Internet) le prix d'une carte et d'un timbre poste. On s'ingénie à inventer de belles phrases, avec une mulitiplication d'adjectifs, de superlatifs: une vraie inflation, un feu d'artifice, comme ceux que nous avons pu voir à minuit, mais à bon marché! Comme le disait le cardinal Martini dans une de ces homélies de Noël,

Nous parlons de voeux sincères, cordiaux, très cordiaux, fervents, très fervents; les superlatifs trahissent la précarité des émotions, la distance qui sépare les paroles des sentiments qu'on voudrait réellement communiquer. Nous formulons de très beaux voeux de santé, de paix, de bonheur, mais il n'est pas rare que la langue trahisse la conscience que nous avons de la nature éphémère de ces belles paroles. En somme, nous avons l'impression embarrassante de donner dans un formalisme verbeux. Et nous nous demandons d'où vient cette tension, typique des grandes célébrations, entre le besoin anxieux de formuler des voeux et d'exprimer des sentiments puissants, et, à l'inverse, la retenue, voire la peur qui nous pousse à douter de la sincérité ou même de la courtoisie de ces formules.

    On parle même de "voeux pieux". Ce sont des voeux sans espoir de réalisation... Dans les voeux qu'adresse cette année à ses ouailles Mgr Méranville, l'archevêque de la Martinique, on trouve un certain écho de ce que disait l'ancien archevêque de Milan en 1990:

Au seuil de la nouvelle année 2007 nous échangeons des voeux. Ce n'est pas simplement pour respecter les convenances. Car, au-delà de leur formalisme, ces voeux expriment surtout notre désir d'être heureux. Et parce que nous ignorons ce que l'année qui débute nous réserve, nous voulons pour ainsi dire, de cette mainère, conjurer le mauvais sort. Nous savons bien que les souhaits n'ont pas d'efficacité magique. Il ne suffit pas de les exprimer pour qu'ils se réalisent. Néanmoins en les formulant ils agissent un peu à la manière de la méthode Coué et gardent un indéniable pouvoir d'autosuggestion.

    Nous avons pu l'entendre répéter ces propos à la télévision hier soir. Mêmes précautions oratoires quand il écrit aux prêtres:

Ces voeux et ses souhaits répétés chaque année peuvent ressembler à de simples formalités. D'autant qu'au fil des ans, loin de s'améliorer, les choses et la vie semblent aller de mal en pis. La contagion du défaitisme et la tentation de baisser les bras nous guettent tous.

Décidément, voilà deux analyses bien sombres de la tradition d'échanger nos voeux à Noël et au Nouvel An! Mais il ne faut pas s'en débarrasser trop facilement. Ayons plutôt le courage de les accueillir sereinement pour en faire notre profit. Ayons "le courage d'avoir peur" (M.D. Molinié). Cette peur que nous essayons, bien maladroitement, de manière presque dérisoire, d'exorciser par nos voeux, ne la nions pas, ne la fuyons pas. Regardons-la en face! C'est vrai que "nous sommes une génération traumatisée par tant de chocs", tant d'incertitudes. Et aujourd'hui, la mortification pour nous la plus nécessaire et la plus salutaire, ce n'est pas la mortification de la chair par des cilices, des flagellations... C'est la mortification de la confiance, de l'abandon à la Providence.

La Vierge Marie et saint Joseph, quand Jésus est né, ont dû souffrir bien des privations. Ils ont eu froid, ils ont eu faim. Mais le plus difficile, le plus exigeant pour eux, c'était l'abandon confiant au Père. Marie est devenue Mère de Dieu en disant "fiat" au moment de l'Annonciation, mais ce "fiat", combien de fois n'a-t-elle pas dû le répéter en marchant sur le chemin étroit et escarpé de la volonté de Dieu tout au long de sa vie?

Saint François de Sales, que l'on appelle justement le Docteur de l'abandon, voit dans l'attitude de Jésus lui-même une école de l'abandon chrétien. Cet abandon n'est pas simplement l'abandon musulman, ni même la résignation de Job dans l'Ancien Testament. C'est l'abandon de celui qui est baptisé dans le Sang de Jésus. Le 1er janvier 1931 (elle avait alors 28 ans, était paralysée depuis l'adolescence, recroquevillée dans son petit divan) Marthe Robin faisait noter sans son journal intime:

Que me réserve cette nouvelle année, je l'ignore et ne veut point le savoir non plus.
(Si tout le monde en disait autant, ce serait la fin des horoscopes et des "diseuses de bonne aventure"!).
Je m'abandonne au secours qui jamais ne m'a manqué. Ma première pensée est un cri du coeur: "Mon Dieu, soyez béni dans tout ce que vous me demandez, j'accepte, j'aime tout. Celui qui est la Force aidera, enveloppera ma faiblesse. Ce qui importe c'est de ne rien vouloir et de tout accepter, rien demander, tout aimer. C'est le fiat chaque jour renouvelé... c'est l'ascension douloureuse mais joyeuse sans arrêt ou retour... c'est l'amour toujours plus sous le soleil de l'amour divin. (...) Je m'abandonne en toute simplicité et amour en Jésus miséricordieux. Il sait mieux que moi tous mes besoins et tout ce qu'Il Lui faut. Que cela me suffise. Ne rien regretter, de ce qui a été ou pas été, rien n'est inutile, tout sert à quelque chose. Je bénis et bénirai mon Dieu de tout ce que je suis, de tout ce que j'ai fait ou plutôt de tout ce qu'il a fait par moi... pour moi.

    On parle beaucoup d'engagement aujourd'hui. On dit: "Il faut s'engager, le chrétien doit s'engager". Or, écrit le Père Molinié, un vieux Père dominicain:

La seule manière correcte d'inviter à l'engagement n'est pas de chanter les louanges de l'engagement, mais celles de l'objet envers lequel on s'engage. (...) Le véritable engagé ne parle pas de son engagement, il parle de son trésor, de la Réalité qui compte pour lui. (...) Ceux qui se raccrochent à la nature humaine, à ce qui reste de bon et de solide dans l'homme, s'appuient à mes yeux sur du sable. La génération actuelle connaît une telle mise en question, un tel désemparement, un tel effondrement de ce qui parraissait le plus solide, qu'au point de vue humain il n'y a plus de salut possible. L'équilibre nerveux est trop atteint, on ne sait plus ce que veut dire la fidélité à une parole donnée, à une promesse...
Il est stérile de déplorer tout cela. Si nous aimions vraiment Jésus-Christ, nous nous réjouirions qu'il n'y ait pas de solution, mais qu'il n'y ait plus que Lui, le Sauveur. C'est la bonne manière d'être moderne, et c'est la seule. Même s'ils se laissent tromper par des mirages, les jeunes récament des réalités. La seule que nous puissions leur offrir, c'est l'amour de Dieu. Quand il n'y a plus rien à faire humainement, c'est la seule chose qu'on peut donner; si on ne l'a pas, on n'a rien, on mérite d'être balayé et foulé aux pieds. C'est vrai en face des mourants, des malades, des prisonniers, qui ont tout perdu, des désespérés en général. C'est vrai en fin de compte pour la génération actuelle. Si nous voulons être "actuels", il ne faut pas nous attacher aux valeurs humaines qui s'effondrent, si bonnes soient-elles. (...)
Jeunes ou vieux, si nous n'allons pas vers le Sauveur et sa grâce, nous n'avons plus rien. C'est toujours une erreur de s'attacher à des valeurs humaines, mais aujourd'hui c'est mortel parce qu'elles s'écroulent. La pire manière d'être "de son temps", c'est d'être humaniste. Il y a des époques où c'est possible, où ce n'est pas catastrophique. C'est après tout un bon chemin de commencer par aimer l'homme dans sa vérité, pour s'élever progressivement vers le Royaume. Mais aujourd'hui c'est peut-être une rêverie dangereuse car elle dispense de chercher le vrai remède. Cette génération déséquilibrée ne sera pas "humaine": elle sera divine ou démoniaque, surnaturelle ou décomposée.

    Voilà un son de cloche qu'on n'entend pas tous les jours, surtout pas un premier janvier. Ce sont des paroles vigoureuses qui secouent. Mais je tenais à vous les livrer aujourd'hui. Je les confie à l'intercession de la Mère de Dieu qui est aussi notre Mère. La vocation du prêtre, c'est de vous donner Jésus comme lui seul peut vous le donner. Mais ce n'est pas la seule manière. Marie n'était pas prêtre. Joseph non plus. Ils ont donné Jésus, et rien d'autre, tout en faisant leur devoir d'état d'époux et d'épouse, de père et mère, de charpentier et de femme au foyer, fidèlement, jusqu'au bout.

    Alors, par leur intercession, et avec toute l'Église, prions, et demandons à Dieu, non pas comme le monde: "surtout la santé"; mais comme la liturgie nous l'apprend: surtout la fidélité à l'Évangile:

Dieu qui es la vie sans commencement ni fin,
nous te confions cette année nouvelle;
Demeure auprès de nous jusqu'à son terme:
qu'elle nous soit, par ta grâce, un temps de bonheur,
et plus encore, un temps de fidélité à l'Évangile.
Oraison de la messe pour commencer une année

NOUVEL AN : VOEUX PIEUX ? (Lc 2, 16-21)

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
Voici, avec du retard, mon homélie pour le premier janvier. Depuis le 31 décembre au soir jusqu'à maintenant, ma connexion internet était en dysfonctionnement (pour cause de réveillon?). Bonne méditation !    Une semaine après Noël, et au lendemain de la Fête de la Sainte Famille, en ce premier janvier 2007, nous voici à nouveau réunis près de la crèche. À l'occasion de Noël, déjà, et encore pour le Nouvel An (jusqu'au 31 janvier, nous dit-on) nous avons l'occasion d'échanger nos voeux à ceux que nous aimons ... plus ou moins, sincèrement ... plus ou moins. Les hommes politiques et d'Église, la banque où nous avons placé nos petites économies, les journalistes et les animateurs d'émissions télévisées, tous y vont de leur petite littérature. Les cadeaux, ça peut coûter cher. Les voeux, même "les meilleurs", ça ne coûte rien, sinon (et de moins en moins souvent, à l'ère de l'Internet) le prix d'une carte et d'un timbre poste. On s'ingénie à inventer de belles phrases, avec une mulitiplication d'adjectifs, de superlatifs: une vraie inflation, un feu d'artifice, comme ceux que nous avons pu voir à minuit, mais à bon marché! Comme le disait le cardinal Martini dans une de ces homélies de Noël,
Nous parlons de voeux sincères, cordiaux, très cordiaux, fervents, très fervents; les superlatifs trahissent la précarité des émotions, la distance qui sépare les paroles des sentiments qu'on voudrait réellement communiquer. Nous formulons de très beaux voeux de santé, de paix, de bonheur, mais il n'est pas rare que la langue trahisse la conscience que nous avons de la nature éphémère de ces belles paroles. En somme, nous avons l'impression embarrassante de donner dans un formalisme verbeux. Et nous nous demandons d'où vient cette tension, typique des grandes célébrations, entre le besoin anxieux de formuler des voeux et d'exprimer des sentiments puissants, et, à l'inverse, la retenue, voire la peur qui nous pousse à douter de la sincérité ou même de la courtoisie de ces formules.
    On parle même de "voeux pieux". Ce sont des voeux sans espoir de réalisation... Dans les voeux qu'adresse cette année à ses ouailles Mgr Méranville, l'archevêque de la Martinique, on trouve un certain écho de ce que disait l'ancien archevêque de Milan en 1990:
Au seuil de la nouvelle année 2007 nous échangeons des voeux. Ce n'est pas simplement pour respecter les convenances. Car, au-delà de leur formalisme, ces voeux expriment surtout notre désir d'être heureux. Et parce que nous ignorons ce que l'année qui débute nous réserve, nous voulons pour ainsi dire, de cette mainère, conjurer le mauvais sort. Nous savons bien que les souhaits n'ont pas d'efficacité magique. Il ne suffit pas de les exprimer pour qu'ils se réalisent. Néanmoins en les formulant ils agissent un peu à la manière de la méthode Coué et gardent un indéniable pouvoir d'autosuggestion.    Nous avons pu l'entendre répéter ces propos à la télévision hier soir. Mêmes précautions oratoires quand il écrit aux prêtres:
Ces voeux et ses souhaits répétés chaque année peuvent ressembler à de simples formalités. D'autant qu'au fil des ans, loin de s'améliorer, les choses et la vie semblent aller de mal en pis. La contagion du défaitisme et la tentation de baisser les bras nous guettent tous.Décidément, voilà deux analyses bien sombres de la tradition d'échanger nos voeux à Noël et au Nouvel An! Mais il ne faut pas s'en débarrasser trop facilement. Ayons plutôt le courage de les accueillir sereinement pour en faire notre profit. Ayons "le courage d'avoir peur" (M.D. Molinié). Cette peur que nous essayons, bien maladroitement, de manière presque dérisoire, d'exorciser par nos voeux, ne la nions pas, ne la fuyons pas. Regardons-la en face! C'est vrai que "nous sommes une génération traumatisée par tant de chocs", tant d'incertitudes. Et aujourd'hui, la mortification pour nous la plus nécessaire et la plus salutaire, ce n'est pas la mortification de la chair par des cilices, des flagellations... C'est la mortification de la confiance, de l'abandon à la Providence.La Vierge Marie et saint Joseph, quand Jésus est né, ont dû souffrir bien des privations. Ils ont eu froid, ils ont eu faim. Mais le plus difficile, le plus exigeant pour eux, c'était l'abandon confiant au Père. Marie est devenue Mère de Dieu en disant "fiat" au moment de l'Annonciation, mais ce "fiat", combien de fois n'a-t-elle pas dû le répéter en marchant sur le chemin étroit et escarpé de la volonté de Dieu tout au long de sa vie?Saint François de Sales, que l'on appelle justement le Docteur de l'abandon, voit dans l'attitude de Jésus lui-même une école de l'abandon chrétien. Cet abandon n'est pas simplement l'abandon musulman, ni même la résignation de Job dans l'Ancien Testament. C'est l'abandon de celui qui est baptisé dans le Sang de Jésus. Le 1er janvier 1931 (elle avait alors 28 ans, était paralysée depuis l'adolescence, recroquevillée dans son petit divan) Marthe Robin faisait noter sans son journal intime:
Que me réserve cette nouvelle année, je l'ignore et ne veut point le savoir non plus.Si tout le monde en disait autant, ce serait la fin des horoscopes et des "diseuses de bonne aventure"!).
Je m'abandonne au secours qui jamais ne m'a manqué. Ma première pensée est un cri du coeur: "Mon Dieu, soyez béni dans tout ce que vous me demandez, j'accepte, j'aime tout. Celui qui est la Force aidera, enveloppera ma faiblesse. Ce qui importe c'est de ne rien vouloir et de tout accepter, rien demander, tout aimer. C'est le fiat chaque jour renouvelé... c'est l'ascension douloureuse mais joyeuse sans arrêt ou retour... c'est l'amour toujours plus sous le soleil de l'amour divin. (...) Je m'abandonne en toute simplicité et amour en Jésus miséricordieux. Il sait mieux que moi tous mes besoins et tout ce qu'Il Lui faut. Que cela me suffise. Ne rien regretter, de ce qui a été ou pas été, rien n'est inutile, tout sert à quelque chose. Je bénis et bénirai mon Dieu de tout ce que je suis, de tout ce que j'ai fait ou plutôt de tout ce qu'il a fait par moi... pour moi.
    On parle beaucoup d'engagement aujourd'hui. On dit: "Il faut s'engager, le chrétien doit s'engager". Or, écrit le Père Molinié, un vieux Père dominicain:
La seule manière correcte d'inviter à l'engagement n'est pas de chanter les louanges de l'engagement, mais celles de l'objet envers lequel on s'engage. (...) Le véritable engagé ne parle pas de son engagement, il parle de son trésor, de la Réalité qui compte pour lui. (...) Ceux qui se raccrochent à la nature humaine, à ce qui reste de bon et de solide dans l'homme, s'appuient à mes yeux sur du sable. La génération actuelle connaît une telle mise en question, un tel désemparement, un tel effondrement de ce qui parraissait le plus solide, qu'au point de vue humain il n'y a plus de salut possible. L'équilibre nerveux est trop atteint, on ne sait plus ce que veut dire la fidélité à une parole donnée, à une promesse...Il est stérile de déplorer tout cela. Si nous aimions vraiment Jésus-Christ, nous nous réjouirions qu'il n'y ait pas de solution, mais qu'il n'y ait plus que Lui, le Sauveur. C'est la bonne manière d'être moderne, et c'est la seule. Même s'ils se laissent tromper par des mirages, les jeunes récament des réalités. La seule que nous puissions leur offrir, c'est l'amour de Dieu. Quand il n'y a plus rien à faire humainement, c'est la seule chose qu'on peut donner; si on ne l'a pas, on n'a rien, on mérite d'être balayé et foulé aux pieds. C'est vrai en face des mourants, des malades, des prisonniers, qui ont tout perdu, des désespérés en général. C'est vrai en fin de compte pour la génération actuelle. Si nous voulons être "actuels", il ne faut pas nous attacher aux valeurs humaines qui s'effondrent, si bonnes soient-elles. (...)Jeunes ou vieux, si nous n'allons pas vers le Sauveur et sa grâce, nous n'avons plus rien. C'est toujours une erreur de s'attacher à des valeurs humaines, mais aujourd'hui c'est mortel parce qu'elles s'écroulent. La pire manière d'être "de son temps", c'est d'être humaniste. Il y a des époques où c'est possible, où ce n'est pas catastrophique. C'est après tout un bon chemin de commencer par aimer l'homme dans sa vérité, pour s'élever progressivement vers le Royaume. Mais aujourd'hui c'est peut-être une rêverie dangereuse car elle dispense de chercher le vrai remède. Cette génération déséquilibrée ne sera pas "humaine": elle sera divine ou démoniaque, surnaturelle ou décomposée.    Voilà un son de cloche qu'on n'entend pas tous les jours, surtout pas un premier janvier. Ce sont des paroles vigoureuses qui secouent. Mais je tenais à vous les livrer aujourd'hui. Je les confie à l'intercession de la Mère de Dieu qui est aussi notre Mère. La vocation du prêtre, c'est de vous donner Jésus comme lui seul peut vous le donner. Mais ce n'est pas la seule manière. Marie n'était pas prêtre. Joseph non plus. Ils ont donné Jésus, et rien d'autre, tout en faisant leur devoir d'état d'époux et d'épouse, de père et mère, de charpentier et de femme au foyer, fidèlement, jusqu'au bout.    Alors, par leur intercession, et avec toute l'Église, prions, et demandons à Dieu, non pas comme le monde: "surtout la santé"; mais comme la liturgie nous l'apprend: surtout la fidélité à l'Évangile:Dieu qui es la vie sans commencement ni fin,nous te confions cette année nouvelle;Demeure auprès de nous jusqu'à son terme:qu'elle nous soit, par ta grâce, un temps de bonheur,et plus encore, un temps de fidélité à l'Évangile.
Oraison de la messe pour commencer une année

Sermon pour la Nativité de saint Jean-Baptiste (2)

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
24juin.nativite.jean.ev4. Le troisième honneur est l'excellence qui se trouve dans le tressaillement. Dans aucun temps on n'a jamais ouï dire que personne ait tressailli dans le sein de sa mère, et on lit de Jean, qu'il bondit de joie. C'est chose vraiment surprenante, qu'un enfant. à peine conçu, s'agite dans de tels mouvements, et se porte à la rencontre de celui qu'il sentit incarné dans le sein d'une vierge, pour lui rendre doucement ses hommages. Ame bienheureuse, qui ne s'arrêta point dans la voie du péché, et qui sortant du séjour céleste par un sentier plus secret, éprouva la douceur d'une reconnaissance inouïe. Heureuse Élisabeth, vers qui porte ses pas en toute hâte la Mère du Sauveur, que l'Impératrice des cieux entoure de ses salutations empressées. Mais bien plus heureux cet enfant, qui, reconnaissant la majesté de celle qui salue, bondit de joie, dans le cachot ténébreux des entrailles qui l'entourent, parce qu'il comprend la puissance d'une si heureuse salutation. « Et il arriva,» dit l'Évangile, « que lorsque Élisabeth entendit le salut de Marie, son enfant tressaillit de joie en son sein (Luc. I, 4I). » La Vierge se dirigea en toute hâte, vers la demeure de Zacharie, pour saluer Elisabeth, portant elle-même en son sein le Fils de Dieu, le roi de gloire, le Seigneur de majesté. Elisabeth va à sa rencontre, et, délivrée de l'opprobre de son ancienne stérilité, elle porte en ses entrailles bienheureuses, l'ami de l'Époux, et le héraut du Verbe. Elles s'embrassent, leurs corps se rapprochent, et roi et soldat ne sont plus séparés que par deux cloisons très-faibles. Qu'y a-t-il d'étonnant si l'enfant s’étonne et tressaille au contact et au souffle de la divinité si rapprochée? Pouvait-il ne point éprouver quelque impression miraculeuse, cet enfant pour qui étaient présents je roi, la Mère du Seigneur régnant, le Rédempteur du monde ? Et cela surtout, quand, l'union de ces saints embrassements fut répétée plusieurs fois. « Marie resta avec Elisabeth environ trois mois, » dit l'Evangile. (Luc. I, 56). La Vierge parfaite demeure tout ce temps avec Elisabeth, et tantôt par ses douces paroles, tantôt par de bienheureux embrassements, elle consacre et illustre le petit Jean. (Peut-être restera-t-elle avec sa cousine jusqu'au jour de la naissance de cet enfant, jusques à ce qu'elle pût le réchauffer, sur son très-heureux sein, et qu'une des murailles, en tombant, le rapprochât de son créateur. Parce passage de l'Évangile, il est facile de conjecturer que six mois s'étaient déjà écoulés depuis la conception de Jean, lorsque l'Archange Gabriel, fut envoyé à la Vierge, pour annoncer dans le salut nouveau, adressé à sa pudeur virginale, le grand événement qui devait renouveler le monde. Dès ce moment, la Vierge se hâta d'aller visiter Elisabeth ; durant trois mois elle daigne accepter l'hospitalité chez sa parente, jusqu'à ce que le neuvième mois achevé, la naissance du saint Patriarche eut lieu. D'autres personnes qui ont examiné d'un regard diligent le livre des justes, assurent avoir vu que la Mère de Dieu elle-même leva d'abord, de terre l'heureux enfant, et entoura de tous ses soins sa parente lorsqu'elle le mit au monde; (quoi qu'il en soit), une chose très-assurée, c'est qu’une cohabitation si heureuse et si prolongée, à côté de la Vierge sans tache, ne fut pas peu utile à l'enfant qui devait naître.

5. Le quatrième honneur de saint Jean est la joie qui éclata dans sa naissance. Rougis, Lucifer, toi qui te levais le matin, et en voyant le vain résultat des efforts que tu as tentés, comprends enfin, qu'au dernier jour tu resteras sot comme une perdrix. Tes stratagèmes ont été: cause que tous les hommes sont conçus dans le péché et naissent dans la tristesse. Mais voici que cet enfant est sanctifié dans le sein de sa mère, qu'il parait dans la joie et qu’il répand l'allégresse dans le monde au jour de sa nativité. Le genre d'armes que tu avais choisies pour ta victoire, servent au triomphe de Jean. Saisis le bouclier et les armures, livre-toi à toute ta malice, tu ne pourras détruire on privilège écrit en caractères spéciaux par une main bienveillante. Tu as été bien trompé, bien joué. Ignores tu qu’un homme guerrier dès son adolescence, et même dès le sein de sa mère, se lève contre toi? Ne sais-tu point qu'à partir de son temps « le royaume des cieux souffre violence et que ce sont les violents qui l'emportent (Matth. XI, 42). » As-tu oublié que cet enfant est envoyé « pour préparer au Seigneur un peuple parfait (Luc. I, 17) ? » Considère la suite des événements, et tu trouveras que, dés les commencements de sa conception, il a porté, dans un effort puissant, à ta force un coup qui l'a brisée. Tu as été cause que le fratricide Caïn, qui naquit le premier, sortit du sein de sa mère souillé et entouré de l'infamie du péché originel. Le monde effrayé reçut alors cette honte qui, suivant la naissance des hommes, s'est accrue sans relâche, et a formé une somme inappréciable de tristesse. Mais la nativité de Jean est une joie et une éclatante solennité. L'univers se réjouit et dans les quatre coins du monde résonne le bruit de cette glorieuse fête, célèbre et remarquable pour le ciel même. « Qui pensez-vous que sera cet enfant (Luc. I, 66)?» L'ami de l'Époux, son propre ennemi, et un adversaire plus fort que toi, Il faut considérer aussi avec quelle distinction et dévotion éclatante est célébrée cette nativité, et quelle faveur elle a pu trouver aux yeux de l'Église. L'Église ne célèbre, dans son cycle autorisé, aucune naissance humaine, si ce n'est celle du Seigneur, à l'exception de celle-ci. Elle connaît, en effet, que le jour de la mort est préférable à celui de la nativité, et que la tristesse accompagne la nativité des hommes (Eccli. VII, 2). De là vient qu'elle solennise le jour de la mort des martyrs et non celui de leur naissance : donnant cependant à leur mort le nom de naissance, car pour eux il a été leur naissance de la mort. Alors, en effet, en déposant la vie pour la vie, ils naquirent de la mort à la vie. Quant à la nativité de notre saint, l'Église l'honore d'autant plus sûrement avec une bienveillance marquée, que l'irréfragable autorité de l'Évangile en fait un éloge plus singulier.

CEC, Rendre témoignage à la vérité

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
2471 Devant Pilate le Christ proclame qu’il est " venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité " (Jn 18, 37). Le chrétien n’a pas à " rougir de rendre témoignage au Seigneur " (2 Tm 1, 8). Dans les situations qui demandent l’attestation de la foi, le chrétien doit la professer sans équivoque, à l’exemple de S. Paul en face de ses juges. Il lui faut garder " une conscience irréprochable devant Dieu et devant les hommes " (Ac 24, 16).

2472 Le devoir des chrétiens de prendre part à la vie de l’Église les pousse à agir comme témoins de l’Evangile et des obligations qui en découlent. Ce témoignage est transmission de la foi en paroles et en actes. Le témoignage est un acte de justice qui établit ou fait connaître la vérité (cf. Mt 18, 16) :

Tous les chrétiens, partout où ils vivent, sont tenus de manifester ... par l’exemple de leur vie et le témoignage de leur parole, l’homme nouveau qu’ils ont revêtu par le baptême, et la force du Saint-Esprit qui les a fortifiés au moyen de la confirmation (AG 11).

2473 Le martyre est le suprême témoignage rendu à la vérité de la foi ; il désigne un témoigne qui va jusqu’à la mort. Le martyr rend témoignage au Christ, mort et ressuscité, auquel il est uni par la charité. Il rend témoignage à la vérité de la foi et de la doctrine chrétienne. Il supporte la mort par un acte de force. "Laissez-moi devenir la pâture des bêtes. C’est par elles qu’il me sera donné d’arriver à Dieu" (Ignace d’Antioche, Rom. 4, 1).

2474 Avec le plus grand soin, l’Église a recueilli les souvenirs de ceux qui sont allés jusqu’au bout pour attester leur foi. Ce sont les actes des Martyrs. Ils constituent les archives de la Vérité écrites en lettres de sang :

Rien ne me servira des charmes du monde ni des royaumes de ce siècle. Il est meilleur pour moi de mourir [pour m’unir] au Christ Jésus, que de régner sur les extrémités de la terre. C’est Lui que je cherche, qui est mort pour nous ; Lui que je veux, qui est ressuscité pour nous. Mon enfantement approche .... (S. Ignace d’Antioche, Rom. 6, 1-2).

Je te bénis pour m’avoir jugé digne de ce jour et de cette heure, digne d’être compté au nombre de tes martyrs ... Tu as gardé ta promesse, Dieu de la fidélité et de la vérité. Pour cette grâce et pour toute chose, je te loue, je te bénis, je te glorifie par l’éternel et céleste Grand Prêtre, Jésus-Christ, ton enfant bien-aimé. Par lui, qui est avec Toi et l’Esprit, gloire te soit rendue, maintenant et dans les siècles à venir. Amen (S. Polycarpe, mart. 14, 2-3).

Cardinal Charles Journet, L'apocalypse synoptique (5)

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
    Alors, voilà donc les signes de la ruine de Jérusalem: l'investissement des amrées romaines. La date de la ruine de Jérusalem? "Cette génération ne passera pas que toutes ces choses ne soient accomplies" (Mt 24, 34).

    Et puis, pour la fin du monde, vous avez vu la grande imagerie apocalytique évoquée pour signifier les événements qui sont incomparablement plus importants, plus denses, plus décisifs que les images employées pour les désigner. On prend les grandes orgues pour dire ces choses-là, mais c'est en dessus de toute la voix des grandes orgues; c'est le drame de l'esprit, en face de son Créateur, qui aura dit "oui", ou qui aura dit "non"; c'est incomparablement supérieur à toutes les descriptions cosmiques.

    La fin du monde, quelle est la date? "Quant à ce Jour-là et à cette Heure-là..." (Mc 3, 32). "Jour" et "Heure" avec majuscules. Le Jour de Yahvé! Il y a eu toute l'histoire du monde pendant laquelle Il a regardé la trajectoire de son peuple, l'aventure de son peuple, et puis Il l'attend au bout du chemin. Qu'est-ce qui arrivera au bout du chemin? Ce qui se trouve dans le coeur de chacun explosera, sera révélé; ou: la lumière, et le oui, et l'amour; ou: le non, le refus et la haine.

    "Quant à la date de ce jour, ou à l'heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père seul" (Mt 24, 36). Cette heure, Jésus ne veut pas la révéler. Il y a même dans saint Marc: "Personne, si ce n'est le Père, par même le Fils ne la connaît" (Mc 13, 32). Alors cela va poser une question: - Est-ce que cela veut dire que Jésus ignorait la date de la fin du monde? Certainement pas. Comme Dieu, il la savait, et il est envoyé pour préparer cette date qui doit être la date suprême. Voilà la réponse que donnent la Tradition, les Pères grecs, et qui est reprise admirablement par Bossuet dans ses "Méditations sur l'Évangile". Il questionne à la manière de saint Augustin: "Mais, Seigneur,, que voulez-vous dire de cette date que personne ne connaît?"

    La réponse, elle est donnée par un texte qui se trouve au commencement des Actes des Apôtres: Jésus est avec les disciples - c'est un peu avant l'Ascension - et les disciples le voient ressuscité, et ils pensent que cela va être maintenant l'explosion générale du monde dans la lumière. Le Sauveur lui-même, qui était mort, enseveli, est maintenant ressuscité, tout va suivre. Non, tout ne va pas suivre. Lui montera au ciel, et nous, nous aurons à continuer sa vie de pélerin, son voyage. Il a été un roi crucifié, nous aurons un royaume crucifié, jusqu'au jour de la fin des temps. Alors, au moment où les apôtres lui posent la question: - Quand cela arrivera-t-il? C'est au prologue des Actes des Apôtres, versets 6 et 7: "Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël? Jésus répond: - Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa seule autorité." C'est au moment où il va partir pour l'Ascension. Il sait bien ces moments, lui, mais il n'a pas à les dire. Ce n'est pas dans la corbeille des choses qu'il a à leur dire. C'est cela la réponse.

    On pourrait donner une autre réponse, en disant qu'il y a en Jésus la science divine, bien sûr, qui est la science bienheureuse, dans laquelle il voyait dans la lumière de la divinité se refléter tout le cours de l'histoire du monde; mais il y a une science expérimentale de Jésus, acquise avec son entourage. Le petit Jésus venant au monde a commencé à voir les couleurs, à sentir le chaud et le froid; il a regardé autour de lui, il a été éduqué par les contacs heureux ou douloureux avec le monde, avec les hommes, les travaux des hommes, les réponses des hommes. Toutes ces choses-là ont formé en lui ce que saint Thomas appelle: une science expérimentale, une science acquise, qui a grandi toujours, jusqu'au moment de la mort. "Il a été obéissant jusqu'à la mort" (Ph 2, 8) "et il a appris ce que c'était qu'obéir" (He 4, 8) jusqu'au moment de la mort sur la croix. Il y a un science expérimentale en Jésus, qui a toujours grandi, et de cette science espériementale, il ne connaissait pas la date de la fin du monde. Il la connaissait par une science supérieure. Alors, ou bien il a parlé en se mettant sur le plan de cette science, qui est celle des propres créatures, et à ce moment-là il pouvait dire que personne ne la savait, même pas lui, en tant qu'il parlait sur ce plan-là; ou bien alors, il la savait même sur ce plan-là, par une révélation, seulement elle n'était pas dans la corbeille des choses à leur livrer.

    Alors dans cette grande fresque de la fin du monde, l'apocalypse synoptique, gardez cela: la perspective juive était: tout viendra d'un seul coup. La réalité est: non, il y aura d'abord une première venue du Sauveur pour sauver le monde, et puis une seconde venue pour venir à la rencontre du monde. La première venue du Sauveur marque une immense catastrophe de l'ancienne Alliance, l'inauguration d'une nouvelle Alliance. La catastrophe sera la ruine de Jérusalem, en l'an soixante-dix, avec les signes précurseurs: l'invasion des armées romaines. Et la fin du monde, ce sera la refonte de l'univers tout entier, quelque chose d'absolument inimaginable, et dont la date nous restera toujours cachée.

extrait d'une série de conférences données à Genève au Centre Universitaire Catholique
du 16 octobre 1971 au 18 mars 1972 sur l'Apocalypse de saint Jean

APOCALYPSE - SAVOIR CE QUE PARLER VEUT DIRE (Mc 13, 24-32)

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)
    Dans notre profession de foi, nous affirmons croire en Dieu, créateur du ciel et de la terre. Aujourd'hui on a peur d'en parler. Il y a pour cela des raisons philosophiques et théologiques. Il y a aussi une sorte de complexe par rapport à la science. Dans le contexte de la culture déchristianisée du monde occidental, du moins européen, on a peur de paraître ridicule. Mais dans une célèbre conférence du Cardinal Ratzinger à Lyon en janvier 1983 sur la catéchèse, notre futur Pape affirmait: "Un renouveau décisif de la foi en la création constitue une condition nécessaire et préalable à la crédibilité et à l'approfondissement de la christologie comme de l'eschatologie".

    Depuis nous avons reçu le cadeau du Catéchisme de l'Église Catholique, dans lequel nous lisons (282):

La catéchèse sur la Création revêt une importance capitale. Elle concerne les fondements mêmes de la vie humaine et chrétienne : car elle explicite la réponse de la foi chrétienne à la question élémentaire que les hommes de tous les temps se sont posée : "D’où venons-nous?" "Où allons-nous?" "Quelle est notre origine?" "Quelle est notre fin?" "D’où vient et où va tout ce qui existe?" Les deux questions, celle de l’origine et celle de la fin, sont inséparables. Elles sont décisives pour le sens et l’orientation de notre vie et de notre agir.

    Et plus loin (988):

Le Credo chrétien – profession de notre foi en Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit, et dans son action créatrice, salvatrice et sanctificatrice – culmine en la proclamation de la résurrection des morts à la fin des temps, et en la vie éternelle.

    Nous arrivons à la fin de l'année liturgique. Dans sa pédagogie maternelle, l'Église oriente donc la méditation de ses enfants vers les choses de la fin, en réponse aux questions fondamentales qu'ils se posent: où allons-nous? quelle est notre fin? où va tout ce qui existe?

    II est important, dans le monde où nous sommes, que nous osions témoigner de l'espérance qui est en nous. Pour cela il faut aussi des mots, un vocabulaire. C'est la maman qui apprend à parler aux enfants. De même, c'est l'Église qui donne à ses enfants les mots pour rendre compte de l'espérance qui est en eux. Il y a par exemple les mots "apocalypse", "eschatologie", "parousie".

    Il faut comprendre aussi le sens de ces mots. Au début les enfants ne comprennent pas trop les mots qu'ils entendent et qu'ils apprennent à prononcer en répétant. Ce n'est pas grave. Peu à peu ils comprendront. L'erreur serait d'attendre que l'enfant comprenne le sens des mots pour leur apprendre à les prononcer. Ainsi en va-t-il dans l'Église. L'Église ne va tout de même pas attendre que vous soyez morts pour vous parler des choses de la fin. Comment pourriez-vous en témoigner dans le monde?

    Une autre erreur serait que la maman ne corrige pas l'enfant si elle s'aperçoit qu'il n'a pas bien compris un certain mot. Ainsi d'année liturgique en année liturgique, nous devrions profiter de grandir dans l'intelligence de la foi en comprenant mieux les mots qu'il faut pour la dire. Dans un monde sécularisé qui s'empare du vocabulaire chrétien à tort et à travers sans rien comprendre, nous devons veiller à cela d'une manière toute particulière.

    Ainsi en va-t-il du mot "apocalypse" qui veut dire, non pas "catastrophes" abominables, mais "révélation". L'été qui approche et le figuier qui bourgeonne, ce n'est pas vraiment une catastrophe. C'est une bénédiction, non? Par le mot "apocalypse" l'Église ne désigne pas seulement un livre de la Bible (le dernier). C'est un genre littéraire, prisé par le judaïsme tardif, en référence à la fin des temps (l'eschatologie). Le Livre de Daniel dans l'Ancien Testament, dont nous avons entendu un extrait, est une apocalypse. Le discours de Jésus annonçant la destruction de Jérusalem et le second avènement du Messie est appelé "apocalypse synoptique". Nous venons d'en entendre un passage dans l'évangile de saint Marc. Il existe aussi de nombreuses apocalypses apocryphes, non renconnues par l'Église comme divinement inspirées: par exemple, l'apocalypse de saint Pierre, de saint Paul, de saint Étienne, etc...

    L'eschatologie, "les derniers temps": nous y sommes depuis la Pentecôte : nous sommes dans les temps qui sont les derniers. Entre le commencement et la fin iI y a eu plusieurs temps :
  1. - Le temps de la création;
  2. - L'alliance avec Adam;
  3. - L'alliance avec Noë, alliance pour la vie qui ne sera jamais reprise;
  4. - L'alliance avec Abraham puis Moïse : Dieu se choisit un peuple, et au travers de ce peuple, il désire révéler son mystère : c'est Israël. L'alliance avec Israël est nouée avec Abraham, confirmée avec Moïse par les tables de la loi, loi provisoire destinée à nous conduire, en attendant que Dieu lui-même vienne sauver son peuple;
  5. - Le temps du Messie, où la promesse s'est accomplie, où Jésus est venu, fils du Père, visage du Père. À la fin du Livre d'Isaïe (63, 9), il est dit: "Ce ne fut ni un messager, ni un ange qui les sauva, ce fut lui-même qui les sauva". Quand nous disons que nous croyons à l'Évangile, ça ne veut pas dire que nous croyons à un message, mais à quelqu'un. L'alliance est rendue nouvelle en Jésus, nouveau Testament (Testament = alliance, attestation). Dieu revient et appelle les nations, c'est-à-dire nous, les païens, à entrer dans l'alliance. Une grosse partie d'Israël a refusé de reconnaître Jésus comme Messie parce qu'il n'était pas conforme à l'idée que l'on se faisait d'un messie victorieux, roi, sauveur. Israël ne l'ayant pas reconnu, Jésus s'est tourné vers les païens, lui qui pourtant avait donné comme consigne à ses envoyés:  "Allez plutôt vers les brebies perdues de la maison d'Israel" (Mt 10, 6). La pensée de Jésus, le projet initial de Jésus, semble-t-il, dans l'Évangile, était d'avoir un peuple qui, l'ayant reconnu, allait l'annoncer aux nations. Ce projet a échoué en grande partie, et Dieu en a pleuré en Jésus: "Quand Jésus fut près de Jérusalem, en voyant la ville, il pleura sur elle, il disait: - Ah, si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui peut te donner la paix!" (Lc 19, 41) "Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes, toi qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j'ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n'avez pas voulu!" (Lc 13, 14)
  6. - À partir de là, il y a une Nouvelle Alliance avec les nations. Cette alliance n'est plus dans la chair, comme avec Abraham par la circoncision, dans la loi, comme avec Moïse. Cette Alliance est dans la Foi au Christ vivant, mort et ressuscité, vivant pour toujours, qui nous donne vie et vie éternelle: "Celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra !" Jésus n'a pas fait semblant de mourir. Il est descendu aux enfers (lieu des morts, où ils attendent la manifestation glorieuse des enfants de Dieu). Il est allé prêcher l'évangile aux esprits en prison", dit saint Pierre. (1 P 3, 19). Il est remonté "ayant dans ses mains les clés de la mort", librement ressuscité "traînant avec lui toutes principautés et dominations devenues captives" (Ap 12, 7-8; Col 2,15). L'Ascension de Jésus, c'est déjà la victoire de Jésus qui se manifeste sur le mal et la mort. Cette victoire est acquise.

    Depuis que Jésus, rassemblant le monde entier (païens compris, et donc nous, par chance, par grâce), les vivants et les morts, est remonté au ciel pour faire offrande de tout cela au Père, sa Victoire sur la Mort, le péché et le mal est acquise. Mais elle n'est pas encore manifestée pleinement et nous sommes dans ces temps qui sont les derniers, dernière étape du Salut de Dieu où la victoire est déjà donnée, le démon est déjà vaincu, mais cette victoire n'est pas encore entièrement manifestée, et c'est à nous, son Église, peuple de Dieu, à annoncer le Salut et à travailler à la manifestation de cette victoire.

    Dans le vocabulaire chrétien il y a encore un mot important, c'est la "Parousie". C'est un mot que l'on employait pour la visite officielle d'un haut personnage, qui signifiait : venue, présence ; c'est-à-dire venue et présence d'un Grand Roi. La Parousie couronnera les derniers temps et la venue de la nouvelle Jérusalem. Le Message de la Parole de Dieu, c'est cette Nouvelle Alliance dans le sang de Jésus, dans l'Agneau, qui se terminera par sa Parousie, c'est-à-dire son retour, son triomphe, et son règne pour l'éternité, mais qui n'est pas encore manifesté. Ça peut durer des millions d'années, ça peut être ce soir, et le Christ lui-même nous dit : "Quant au jour et à l'heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père". Donc il faut nous en tenir là : aux marchands d'illusions qui viennent nous dire que le Royaume est proche, nous pouvons répondre: "Oui, le Royaume est proche, il est même déjà là, mais il n'est pas encore pleinement manifesté". Vendredi dernier encore, je trouvais dans ma boîte aux lettres une enveloppe contenant deux pages intitulées: "En Martinique un messager envoyé de Dieu annonce le proche retour de Jésus". Non! C'est le secret du Ciel, de la Trinité. Jésus en tant qu'homme ne le savait pas lui-même. Je ne vois pas pourquoi il enverrait maintenant quelqu'un pour nous dire le contraire.

    Nous devons nous préparer à la Parousie en veillant: "Prenez garde, veillez: car vous ne savez pas quand viendra le moment" (Mc 13, 33). Quelquefois, dans des sermons sur l'Ascension, on entend dire : "Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous ainsi à regarder le ciel? Revenez sur terre, retroussez vos manches et mettez-vous au travail". Ce n'est pas du tout ce qui est dit: "Ce même Jésus que vous avez vu monter, il viendra de la même manière dont vous l'avez vu monter au ciel !" Donc l'ange annonce la Parousie, la venue du Christ.

    À la Pentecôte on voit une ambiance de communion fraternelle entre des gens qui ont beaucoup de choses à se reprocher : "- Où étais-tu Pierre ? - Au calvaire - Ah non! tu n'y étais pas, tu n'as rien à dire. - Et toi, Jean. qu'est-ce que tu as fait le jour où tu as essayé de me prendre ma place et de devenir premier ministre?" Il y avait des tensions permanentes dans cette équipe, cela se sent d'un bout à l'autre de l'Évangile ; et Jésus se met en colère en disant : "Jusques à quand serai-je avec vous ? Combien de temps devrai-je encore vous supporter ?" II ne faut pas idéaliser la communauté primitive. Mais entre l'Ascension et la Pentecôe ils sont tous là ; ils ont quelque chose en commun, c'est d'avoir vu Jésus ressuscité, d'avoir mangé et bu avec lui après sa résurrection : ils sont des témoins. (Ac 10, 41)

    Que font-ils ? Ils prient et ils attendent ! Ce n'est pas une attitude très active ni très engagée, et pourtant, ils attendent l'Esprit Saint parce que le maître d'oeuvre de la mission, ce n'est pas Pierre, c'est l'Esprit Saint. Un évêque disait: "Où que l'aille, j'ai vite vu les gens du renouveau et ceux qui n'en sont pas! - Ah bon ! Et comment faites-vous? - Ce n'est pas difficile: quand je vais à des réunions où il n'y a pas de gens du renouveau, on travaille, et on prie à la fin de la réunion pour demander au Seigneur de bénir le travail qu'on a fait et de le rendre efficace. Quand je vais chez des gens du renouveau, on commence par prier pour demander au Seigneur de venir faire le travail et après on se met au travail. - Quel est donc l'idéal? - C'est de prier avant et après". Nous sommes bien d'accord!

    Le temps que nous vivons est le temps de l'Église, le temps de la Miséricorde. Écoutez ce vieux midrash si beau : "Le Messie a dit: je viendrai ce soir à neuf heures. Alors les juifs font la fête, ils préparent tout. C'est le soir du shabbat. On attend le Messie, on ouvre la porte, II va venir, II est là, II est à la porte ! 21 heures arrivent : pas de Messie. 22 heures - 23 heures - minuit -1 heure - 2 heures - 3 heures - 4 heures, toujours pas de Messie. Alors! Dieu ne tient pas ses promesses? Et puis voilà qu'avec l'aube, le Messie arrive un peu essoufflé, disant: "Excusez-moi, je suis en retard, j'avais rencontré un enfant qui pleurait et je l'ai consolé". Si nous faisons un monde (et ça dépend de nous avec la grâce de Dieu) où les enfants seront consolés, où il y aura moins d'enfants qui pleurent, moins de tortures, moins d'injustices, moins de gens seuls, le Messie ne sera pas en retard, il viendra plus vite. Là, nous avons à prier fortement et à travailler humblement jour après jour pour que ce monde nouveau vienne, et que viennent enfin les Noces de l'Agneau,

LA FOLIE DES GRANDEURS (Mc 10, 35-45)

Walter Covens #homélies (patmos) Année B - C (2006 - 2007)


    Nous sommes à présent dans la cinquième section de l'évangile de S. Marc, et, en même temps, nous vivons les derniers dimanches de l'année B du Temps Ordinaire. Durant cinq dimanches nous entendrons chaque fois, non pas une lecture continue, mais cinq extraits de cette section.

    Après la section morale, voici qu'il est explicitement question d'une montée de Jésus vers Jérusalem. C'est la première fois chez S. Marc (cf. 10, 32-35: troisième annonce de la passion - passage sauté par la liturgie)!

    Mais Jésus ne monte pas tout seul. Quelle est la "compagnie de Jésus"? Il monte avec des disciples effrayés, avec des gens qui étaient aussi dans la crainte (10, 32), et, parmi les Douze, Jacques et Jean avides de bonnes places et de pouvoir. alors que les dix autres s'indignaient. Voilà le tableau. Vous voyez: on ne peut pas dire que la qualité est au rendez-vous...

    On peut évidemment insister lourdement sur l'attitude arriviste et sur le manque de lucidité de cette "compagnie" de Jésus, apôtres en tête. Mais on peut aussi, au lieu de critiquer en montrant du doigt, être dans l'admiration. C'est beaucoup plus positif et surtout beaucoup plus profitable pour nous. Mais admirer quoi? - Admirer deux choses: d'abord le chemin que les apôtres accompliront à partir de la Pentecôte; et ensuite le fait qu'ils n'ont pas voulu cacher ce qui était très peu glorieux pour eux, mais que, pour la gloire de Dieu, ils ont fait connaître à leurs ouailles en toute sincérité et humilité. Prenons-en de la graine!

    Je ne dis pas cela pour éviter les questions épineuses concernant les faiblesses et les misères de la hiérarchie de l'Eglise encore aujourd'hui (de la hiérarchie seulement?), mais pour indiquer un chemin qui soit profitable au lieu d'être stérile. En effet, si nous nous contentions de faire, à propos de cet évangile, des remarques plus ou moins intelligentes du style: "Vous voyez bien, ils sont tous pareils! Et ça n'a pas changé. Aujourd'hui, c'est même pire!...", alors, même si ce n'est pas tout à fait faux, nous risquons fort de passer à côté de l'essentiel. Nous risquons surtout de faire nous-mêmes ce que nous critiquons chez les autres. Car il n'est pas sûr que la motivation secrète de telles remarques ne soit pas la même que celle de l'indignation des dix qui voyaient d'un très mauvais oeil les manoeuvres peu recommandables de Jacques et de Jean.

    Evidemment, si S. Marc a pris la peine de recueillir dans son Evangile ce qu'il a entendu de l'aveu même des Douze, c'est qu'il a jugé que dans les premières communautés chrétiennes cela pourrait servir avantageusement non seulement à l'humilité des Apôtres, mais comme avertissement à leurs successeurs ... aussi bien qu'à l'adresse de tous les chrétiens. C'est donc ainsi que nous devons méditer ce passage.

    N'oublions pas non plus que les premiers chrétiens ont dû subir l'assaut de plusieurs vagues de persécutions qui laissaient peu de place aux ambitions déplacées "à la Jacques et à la Jean". La tentation pour les chrétiens persécutés était plutôt du côté de la démission que du côté de l'ambition. Celui qui devenait chrétien savait très bien qu'ipso facto s'éloignaient les perspectives d'une belle carrière.

    Je sais, par la suite il n'en a pas toujours été ainsi. Mais aujourd'hui, dans la plupart de nos pays, le fait d'être chrétien (surtout catholique) suscite des petits sourires et des remarques désobligeantes, notamment devant les caméras de la télévision. Instinctivement nous préférons plutôt raser les murs que nous vanter de notre appartenance au Christ. Aujourd'hui, la promotion sociale dont tout le monde rêve ne consiste pas tellement à devenir prêtre. Et quand on est prêtre, on ne rêve pas forcément de devenir évêque, même si S. Paul assure que si quelqu'un aspire à l'épiscopat, c'est une belle tâche qu'il désire (1 Tm 3, 1).

    Un jeune juif, qui vivait à Alexandrie, extraordinairement intelligent et ouvert aux choses de Dieu, à un moment de sa vie, en lisant le chapitre 53 d'Isaïe (cf. 1e lecture), s'était dit: "Mais c'est Jésus, c'est Jésus!" Quand il a manifesté sa découverte, son entourage lui a rendu la vie tellement dure qu'il s'est suicidé. La persécution, cela fait partie du programme.

    Vous ne savez pas ce que vous demandez, dit Jésus. Combien c'est vrai pour la plupart de nos demandes dans la prière. Mais Jésus, lui, sait très bien ce qu'il répond. Quand nous demandons la gloire à Jésus, Jésus nous répond par l'épreuve et la persécution. Car nos épreuves du moment présent sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu'elles nous préparent, dit S. Paul (2 Co 4, 17). Jacques et Jean l'ont appris, eux aussi. Jean a été le seul parmi le Douze à avoir suivi Jésus jusqu'à la Croix. Jacques a été le premier parmi les Douze à mourir martyr.

    Quand on lit l'Evangile de cette façon, on s'aperçoit qu'il est un livre de combat. "Il est écrit pour les disciples qui mènent le combat de l'annonce de la Parole du Christ face à des adversaires qui ne reculent pas devant les plus durs traitements" (S-Th. Pinckaers). On comprend mieux aussi le caractère parfois tranché et rude de certaines paroles et exigences du Christ. Même si nous jouissons extérieurement de la paix religieuse, intérieurement nous devons tous affronter un combat spirituel.

    Ainsi, Jésus amène ses disciples à passer de la folie des grandeurs à la folie de la Croix. La vraie grandeur, c'est la sainteté. Et la sainteté c'est l'Amour. Mais il n'y pas d'amour sans croix. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jn 15, 13). "Les grandeurs de hiérarchie passeront, n'existeront plus. Il y aura les grandeurs de sainteté (...), à savoir les options qui se feront intérieurement pour la lumière ou contre la lumière" (Card. Journet).

    N'empêche que les saints ont toujours respecté les grandeurs du monde et celles de la hiérarchie de l'Eglise. Quand S. Vincent de Paul arrivait en présence de Louis XIV, il lui donnait toutes les marques de déférence en usage de ce temps-là. Du temps de Ste Catherine de Sienne, il y avait beaucoup de défections et de scandales parmi les prêtres, mais elle disait: "Ils sont les ministres du soleil". Il ne faut pas les juger. C'est Dieu seul qui jugera.

    Il reste que toutes les grandeurs de hiérarchie passeront, celles de l'Eglise comme celles du monde. Seule demeurera la grandeur de sainteté. L'Eglise canonise certains chrétiens. Mais l'Eglise ne dit pas qui, parmi les chrétiens, est le plus grand. Il y aura bien des surprises. Bientôt nous les fêterons tous dans une seule et même fête. Peut-être des saints inconnus sont-ils plus grands que des saints connus. Cependant, ce que nous pouvons dire sans risque de nous tromper, c'est que la Vierge Marie est la Reine de tous les saints, et donc la plus grande de tous. Dans notre Rosaire, demandons-lui sa relâche de prier pour nous, pauvres pécheurs. Elle sait bien, elle, ce qu'il faut demander pour nous. Et ses demandes sont toujours exaucées.

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