C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts, je t’en conjure, au nom de sa Manifestation et de son Règne : proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Crédit peintures: B. Lopez

Ce n'est pas rien! Et chaque point mériterait un long développement. Dans le cadre de ce deuxième dimanche de l'Avent, je voudrais aujourd'hui m'arrêter au premier. Dans le Compendium du Catéchisme de l'Église Catholique, il y a cette question (n. 102): Quelles ont été les préparations des Mystères de Jésus? (Nous sommes bien dans le thème de l'Avent.) Voici la réponse:
L'espérance, c'était le thème de mon homélie de dimanche dernier. La réponse du Compendium montre bien le lien entre l'espérance et la figure de Jean-Baptiste, qui est le témoin de l'espérance à son apogée, le dernier préparateur de la venue du Sauveur. Dans le désert de la région du Jourdain, il proclame que le moment de l'accomplissement des promesses est arrivé et que le Royaume de Dieu est proche: "Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route!"
Dans sa solitude, Jean n'est pas un saint qui veut travailler tout seul, dans son coin. Pourra-t-il, comme saint Paul (cf. deuxième lecture) rendre grâce "à cause de ce que vous avez fait pour l'Évangile"? Comme Paul, Jean cherche des collaborateurs, encore aujourd'hui: "Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route!" Ces paroles, c'est à nous qu'ellles s'adressent aujourd'hui. Quelle sera notre réponse? C'est une réponse qu'il ne suffit pas de donner du bout des lèvres, de réciter comme une réponse de catéchisme. La réponse, c'est d'être, c'est de devenir davantage des catéchistes.
C'était un deuxième dimanche de l'Avent que Jean-Paul II célébrait le Jubilé des Catéchistes pour les aider à entrer dans le troisième millénaire. À cette occasion, il leur a donné en quelque sorte Jean-Baptiste comme patron:
Ces paroles du Concile et de Jean-Paul II, Jean-Baptiste pour le troisième millénaire, nous interpellent. Qu'en avons-nous fait? Depuis le début de ce nouveau millénaire, depuis le grand Jubilé de l'An 2000, ont-elles été suivies d'effet? Écoutons encore la suite:
Les Pasteurs de l'Église eux-mêmes, que ce soit à l'échelon universel, national ou diocésain, se sont engagés dans ce profond renouveau de la catéchèse dans un monde en mutation. Rome avait publié en 1997 déjà le "Directoire général de la catéchèse". Depuis l'an 2000 la Conférence épiscopale française avait entamé un long chantier pour la mise en oeuvre de ce Directoire. Après une année de navette entre Rome et la France a été approuvé par Rome le "Texte national pour l'orientation de la catéchèse en France" (7 novembre 2006). "Il s'agit désormais de proposer la foi, c'est-à-dire non plus seulement de l'entretenir, mais de la faire naître" (Mgr Dufour, évêque de Limoges, président de la Commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat).
Mais l'éducation chrétienne n'est pas la chasse gardée des catéchistes. C'est d'abord le devoir des parents, de la famille. C'est aussi une tâche qui concerne toute la communauté chrétienne, à commencer par ceux qui participent à l'assemblée dominicale: "De la même manière que la transmission de l'écriture et de la lecture ne se fait pas seulement par l'enseignement, on ne peut pas se contenter de dire aux enfants ce qu'est la première communion, ils doivent vivre une expérience: il y a là un rôle fondamental d'initiation par la communauté chrétienne rassemblée le dimanche" (Mgr Dufour).
Le but de la catéchèse est bel et bien d'aider à faire une rencontre personnelle vivante avec Jésus à l'intérieur de la communauté chrétienne. Pour que cette rencontre puisse avoir lieu, non seulement saint Jean-Baptiste et saint Paul, mais Jésus lui-même a besoin de collaborateurs, de médiateurs. Puisse saint Jean-Baptiste nous aider à répondre à son appel avec générosité et avec fidélité.