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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#la vache qui rumine a 2011

La Toussaint est la fête de la vie et de la joie et non celle de la mort et de la peur

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

toussaint

 

Le 1er novembre, l’Église fête tous les saints, avant de commémorer les fidèles défunts le jour suivant. Au Vatican, Benoît XVI a récité l’Angélus avec les fidèles mardi, place Saint-Pierre. Mercredi 2 novembre, en début de soirée, il se rendra dans la crypte de la basilique Saint-Pierre, où il priera pour ses prédécesseurs et pour tous les défunts. 


Cette année encore, des voix se sont élevées dans l’Église catholique pour critiquer la fête d’Halloween, d’origine celtique, très populaire aux Etats-Unis, réimportée en Europe à la fin des années 90 et qui, en dépit d’un déclin annoncé, continue à plaire, surtout aux jeunes et aux enfants. Cette année, elle connaît même – dit-on - une embellie : monstres, zombies et autres spécimens effrayants sont en effet repérés aux quatre coins de la planète. Mais l’Église catholique voit un danger sous ce folklore apparemment innocent, car on assiste à une sécularisation sournoise du calendrier. Or les fêtes liturgiques sont l'occasion de fixer notre regard sur le Christ. 


Ainsi, l’archevêque de Bologne, en Italie, a déploré la contamination provoquée par cette fête macabre qui n’a aucun rapport avec la vision chrétienne de la vie et de la mort et dont la coïncidence avec la Toussaint et la commémoration des défunts engendre la confusion et dénature le message spirituel, religieux, humain et social de deux temps forts de la foi chrétienne. Toujours en Italie, certains répercutent une boutade attribuée au cardinal Bertone, Secrétaire d’État du Saint-Siège : « l’Europe du troisième millénaire nous enlève nos symboles les plus chers – les crucifix – et ne nous laisse que des citrouilles vides ». Dans d’autres pays européens, les pasteurs mettent en garde contre cette fête païenne et commerciale. 


La Toussaint et Halloween sont en effet totalement contradictoires. Avec Halloween, les défunts et leurs fantômes reviennent nous faire peur, alors que les fêtes liturgiques de début novembre, beaucoup plus recueillies, insistent sur l’espérance de la Résurrection et sur la joie de ceux qui ont mis les Béatitudes au centre de leur vie. La Toussaint est la fête de la vie et de la joie et non celle de la mort et de la peur. L’Église invite donc les chrétiens à résister au relativisme et au colonialisme culturel. 

Jean-Côme About, commentaire Evangile du 31e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 30 octobre, XXXIème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 23, versets 1 à 12.


31 TOA evJésus déclara à la foule et à ses disciples : 
« Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. 
Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas. »

Écoutez Radio Vatican : >>RealAudioMP3 

31ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Ce 31ème dimanche nous offre des textes qui réinvitent le clergé à une place juste dans son ministère. 


Jésus, dans l’évangile, s’insurge contre l’exemple faux et pernicieux des scribes et des pharisiens qu’il cloue au pilori pour leurs hypocrisies. Ils enseignent sans doute la loi de Dieu, mais ils ne l’observent pas, chargent les hommes de lourds fardeaux, qu’eux-mêmes ne portent pas. Ils savent par ambition s’assurer partout les premières places et les marques d’honneur.

« Vous êtes tous frères… vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux… vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. »


Jésus va ainsi définir son église comme un peuple de frères, une communion en Dieu, le seul Père et Seigneur, dans le Christ, le seul maître. Et quand Jésus fonde son Église sur Pierre et sur les apôtres, et quand il leur transmet les pleins pouvoirs, que tout le monde n’a pas, c’est pour être au service des frères et entièrement.


Le ministère qu’il a fondé est dans son essence la plus intime, un ministère de service, un service de table où l’on sert et l’on ne cherche pas à être servi. Car la tentation est grande de retomber dans un clergé de caste, comme dans l’Ancien Testament, conférant une position élevée qui s’éloigne facilement de l’évangile pour n’exercer qu’un pouvoir typiquement humain. On sacralise l’homme et on dévitalise le ministère de sa nature de service ou alors, on désacralise Dieu pour ne retenir que l’humain et prôner un ministère démocratisé qui n’a plus rien du Christ. 


Jésus nous met en garde : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur » il l’a vécu jusqu’à la croix pour le prouver. 


Car il est facile de dénaturer le ministère de service qu’il a fondé et l’Église à qui il revient de le gérer. Ce ministère de service peut être vicié par trois écueils : le premier, de ne plus mettre l’honneur de Dieu à la première place mais prêcher une morale psychologique et sociologique qui plait au monde ; le deuxième, par l’ignorance ou la facilité de se départir du surnaturel, d’empêcher un grand nombre d’accéder et de découvrir la religion, en les laissant se distancier ou renier Dieu ; le troisième de ne regarder qu’à la personne, on se crée des petits groupes, on favorise une certaine dynamique de personnes choisies et on laisse tomber le reste. 


Non, le ministère implique que le pasteur aime sa communauté, qu’il ne se comporte pas comme un fonctionnaire mais fasse participer ses frères à sa vie comme le !e Christ avec ses apôtres. Sa plus grande joie consiste en ce que les gens reconnaissent ce qu’il est réellement un serviteur, au service de la Parole de Dieu qui seule subsiste. Comme le dit St Paul dans la 2° lecture, ce qu’il cherche, c’est que la Parole de Dieu « reste active en vous, les croyants ». 

Jean-Côme About, commentaire Evangile du 29e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 16 octobre, XXIXème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 22, versets 15 à 21.

« Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler.»

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

29ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


29 TOA ev« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».


Cette maxime que nous connaissons si bien clôture l’évangile de ce 29ème dimanche. Mais elle conclut une joute oratoire entre Jésus et ses contradicteurs qui lui tendent un piège : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? »


En fait, d’une manière sous-jacente, la question du rapport politique avec la religion est posée à Jésus, mais ici dans un contexte bien précis puisque les romains sont les occupants. Les habitants de Judée devaient payer un tribut à l’empereur (prélevé par les publicains) et cet impôt était un signe humiliant de la condition servile du peuple. 


Le pays était divisé sur ce sujet : à un extrême, on trouvait les zélotes qui refusaient de payer cet impôt ; à l’autre extrême, les hérodiens qui s’accommodaient de cet impôt puisqu’Hérode était maintenu par l’occupant ; entre les deux, les pharisiens qui obéissaient à contrecœur, argumentant de l’autorité divine sur tout pouvoir humain.


Par le question, le piège est tendu : les zélotes attendent une réponse négative car comment le maître ne se rangerait-il pas du côté des pauvres et des opprimés ; mais répondant par la négative, Jésus s’oppose au pouvoir en place et risque l’arrestation immédiate. Les Hérodiens, eux, attendent une légitimation de leur pratique ce qui équivaudrait pour Jésus à cautionner le pouvoir romain et à perdre son crédit auprès du peuple. 


Jésus semble ainsi se laisser enferrer dans les histoires humaines politiques. Non point qu’il refuse de les aborder, il assume l’humanité jusqu’au bout et même dans ce domaine public, mais il va les remettre à leur juste place : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».


En énonçant cette maxime, Jésus nous invite à comprendre qu’aussi grande est la puissance d’un souverain elle n’égalera jamais celle de Dieu. Malgré sa puissance César est désacralisé. Jésus rappelle que tout appartient à Dieu et que l’homme n’a pas été créé à l’image de César mais à celle de Dieu.


Même si les rois, les présidents, s’octroient des attributs divins et des pouvoirs paraissant exceptionnels, Dieu reste le seul Seigneur et Jésus désenchante cette sacralisation abusive. Pour cette vérité, des chrétiens auront à verser leur sang à toutes les époques. 


L’unique chose à laquelle tient Jésus est que Dieu reçoive tout ce qui lui revient que ce soit de l’ordre naturel et surnaturel. Et là où une puissance profane se révolte contre ce tout de Dieu et réclame le tout pour elle seule, Jésus résistera, lui et les siens. Et cela va très loin : Il va reconnaître le pouvoir de Pilate de le crucifier mais seulement comme un pouvoir qui lui est donné d’en haut. Cela correspond, ce que Pilate ne pressent pas, à la volonté du Père.
Seigneur, ne nous laisse pas accaparer par les turpitudes de ce monde mais donne-nous, par ta grâce, de faire lucidement la part des choses. 


Que notre prière et notre louange soient des signes de notre libre choix de ton amour.

Benoît XVI : La plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

pape.croix

 

Suite à mon homélie de hier, voici un passage où Benoît XVI répond aux journalistes dans l'avion qui l'emmène à Fatima le 11 avril 2010 à la question suivante :

 

Q. – Et maintenant venons à Fatima, qui sera un peu le sommet spirituel de ce voyage ! Sainteté, quelle signification ont pour nous aujourd’hui les apparitions de Fatima ? Quand vous avez présenté le texte du troisième secret à la Salle de presse du Vatican, en juin 2000, certains d’entre nous et d’autres collègues d’alors y étaient, il vous fut demandé si le message pouvait aussi être étendu, au-delà de l’attentat contre Jean-Paul II, à d’autres souffrances des Papes. Est-il possible, selon vous, de situer aussi dans cette vision les souffrances de l’Église d’aujourd’hui, liées aux péchés des abus sexuels sur les mineurs ?

R. – Avant tout je voudrais exprimer ma joie d’aller à Fatima, de prier devant la Vierge de Fatima, qui est pour nous un signe de la présence de la foi, que c’est des petits proprement que nait une nouvelle force de la foi, qui ne se limite pas aux seuls petits, mais qui a un message pour tout le monde et rejoint le cours de l’histoire dans son présent et l’éclaire.

En 2000, dans la présentation, j’avais dit qu’une apparition, c’est-à-dire un événement surnaturelle, qui ne vient pas seulement de l’imagination de la personne, mais en réalité de la Vierge Marie, du surnaturel, qu’un tel événement entre dans un sujet et s’exprime dans les possibilités du sujet. Le sujet est déterminé par ses conditions historiques, personnelles, de tempérament, et donc traduit ce grand événement surnaturel dans ses possibilités de voir, d’imaginer, d’exprimer, mais dans ses expressions, formées par le sujet, se cache un contenu qui va au-delà, plus profondément, et c’est seulement dans le cours de l’histoire que nous pouvons voir toute la profondeur, qui était – disons – "vêtue" dans cette vision possible aux personnes concrètes.

Je dirais donc, ici aussi, au-delà de cette grande vision de la souffrance du Pape, que nous pouvons en premier lieu rapporter au Pape Jean-éaul II, sont indiquées des réalités de l’avenir de l’Église qui au fur et à mesure se développent et se manifestent. Par conséquent, il est vrai que au-delà du moment indiqué dans la vision, on parle, on voit la nécessité d’une passion de l’Église, qui naturellement se reflète dans la personne du Pape, mais le Pape est pour l’Église et donc ce sont des souffrances de l’Église qui sont annoncées.

Le Seigneur nous a dit que l’Église aurai toujours souffert, de diverses façons, jusqu’à la fin du monde. L’important est que le message, la réponse de Fatima, ne réside pas substantiellement dans des dévotions particulières, mais dans la réponse de fond, c’est-à-dire la conversion permanente, la pénitence, la prière et les trois vertus théologales : foi, espérance et charité. Ainsi voyons-nous ici la réponse véritable et fondamentale que l’Église doit donner, que nous, chacun de nous, devons donner dans cette situation.

Quant aux nouveautés que nous pouvons découvrir aujourd’hui dans ce message, il y a aussi le fait que les attaques contre le Pape et contre l’Église ne viennent pas seulement de l’extérieur, mais les souffrances de l’Église viennent proprement de l’intérieur de l’Église, du péché qui existe dans l’Église. Ceci s’est toujours su, mais aujourd’hui nous le voyons de façon réellement terrifiante : que la plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché de l’Église et que donc l’Église a un besoin profond de ré-apprendre la pénitence, d’accepter la purification, d’apprendre d’une part le pardon, mais aussi la nécessité de la justice. Le pardon ne remplace pas la justice. En un mot, nous devons ré-apprendre cet essentiel : la conversion, la prière, la pénitence et les vertus théologales. Nous répondons ainsi, nous sommes réalistes en nous attendant que le mal attaque toujours, qu’il attaque de l’intérieur et de l’extérieur, mais aussi que les forces du bien sont toujours présentes et que, à la fin, le Seigneur est plus fort que le mal, et pour nous la Vierge est la garantie visible, maternelle, de la bonté de Dieu, qui est toujours la parole ultime dans l’histoire.

 

 

Jean-Côme About, commentaire Evangile du 26e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

26 TOA evLe Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 25 septembre, XXVIème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 21, versets 28 à 32.

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : 'Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne.'

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

Le texte :

Jésus nous propose aujourd’hui dans son évangile, la parabole des deux fils qui font le contraire de ce qu’ils disent lorsque leur père leur demande d’aller travailler à sa vigne. 
Et il nous livre deux enseignements : Le premier est qu’une conversion tardive est meilleure que le pharisianisme qui s’imagine n’avoir besoin d’aucune conversion ; Le second est qu’il faut distinguer entre le dire et le faire, ce faire donnant sa seule vérité à notre intention première.

La conversion tardive correspond au fils qui dit « non » puis qui va à la vigne. 
Les chemins de la vie sont souvent inextricables et jamais en ligne droite. On se perd d’abord un jour dans les champs du péché, loin de Dieu. On dit peut-être comme ce premier fils de l’évangile, un non clair au Père. Mais pour pouvoir dire ce non, il faut d’abord avoir entendu un jour l’exigence divine, et parce qu’elle résonne avec beaucoup d’écho dans le cœur de la personne, la conduite du pécheur le met mal à l’aise. La mauvaise conscience le poursuit et lui gâte le plaisir du péché. Tous les grands pécheurs de l’évangile ont suivi ce chemin : Marie-Madeleine, le bon larron, etc.
L’événement d’une conversion, même tardive est pour Dieu si essentiel, que tout ce qui est de travers est effacé dans le silence. Et Dieu commence avec celui qui s’est tourné vers lui, un compte de vie entièrement nouveau. 
Ainsi les données d’une telle vie sont à la fin, au jugement, non pas alignées et additionnées comme des nombres, mais une série complète de nombres est effacé et le véritable compte commence à la conversion comme au pardon. 
C’est pourquoi les prostituées et les publicains peuvent arriver au Royaume des cieux avant les pharisiens. Car ces personnes ont pris au sérieux la vigoureuse interpellation de Jean-le-Baptiste puis ont découvert le pardon et l’amour vécus dans les paroles de Jésus. Alors que les pharisiens se sont fossilisés dans leur sentiment de supériorité et de mépris des pécheurs, au point d’estimer que la conversion ne les concernait pas. Ils se contenteront, lors du jugement de leur vaine gloire.
C’est ce que partage aussi le second fils de la parabole qui dit oui mais ne fait pas. Il veut passer pour l’enfant modèle et acquiesce à la demande de son père. 
Il pense que son oui est une pieuse assurance pour contenter son père et que cette affirmation lui suffira. Il est de la même veine que ceux qui crieront « Seigneur, Seigneur » en pensant être sauvés. Leur comportement extérieur laisse présumer qu’ils répondront à la demande or rien ne suit. Et celui qui ne parait pas s’engager et en fait celui qui exécute effectivement.

Dire et faire : c’est ce que Dieu attend de nous et ce sur quoi les autres veulent pouvoir compter, en nous. 
Seigneur que ton amour retienne en nous les mots présomptueux qui sont vaines promesses, et troublent nos frères, parce qu’alors nous devenons des contre-témoins de ton action en ce monde.

Jean-Côme About, commentaire Evangile du 25e dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 18 septembre, XXVème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 20, versets 1 à 16a.

Jésus disait cette parabole : « Le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. »

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

 

25 TOA ev

 

25ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

« Vas-tu regarder avec un œil mauvais, parce que moi, je suis bon ? »


Cette phrase, pour clôturer la parabole de Jésus sur les ouvriers de la vigne embauchés à toutes les heures, a de quoi nous faire réfléchir.
En premier lieu, quel est la qualité de notre regard sur le monde et sur les autres ? Tout le déroulement du récit nous dévoile en quelque sorte les attitudes humaines. Il y a ceux qui sont toujours prêts et foncent : les ouvriers de la première heure ; ceux qui arrivent en retard pour toujours une bonne excuse : de la neuvième et douzième heure, ceux qui ont loupé leur chance : de la quinzième et ceux qui font le minimum : la dix-septième heure. 
Ce qui est époustouflant, c’est que le maître de la vigne ne pose aucune condition comme : « tu es arrivé trop tard ou tu te moques du monde de venir maintenant si tard » non, il embauche tout le monde, il donne sa chance à chacun, tant sa bonté est grande et son désir de justice est véridique. Il désire que chacun vive, il y a du travail à sa vigne ! Et la dimension du Royaume nous est bien signifiée : il y a une place pour chacun et chacun peut participer à sa construction.
Alors vient le moment de la rétribution du salaire et là, bien souvent, nous achoppons à la suite de la parabole. Commençant par les derniers pour finir par les premiers, le maître donne à chacun le même salaire. Quel scandale de traiter ainsi ceux qui ont travaillé huit heures, sur le même plan que ceux qui n’ont fait que deux heures. Notre justice humaine, il faut le constater, n’est que rétributive, elle est dans une logique d’égalité stricte, ce qui est bien et nécessaire, mais elle oublie la logique du don qui la dépasse. Car cette logique du don tient compte plus de la personne dans son entièreté que du seul acte qu’elle a posé.
« Vas-tu regarder avec un œil mauvais, parce que moi, je suis bon ? »
Peut-on quantifié l’amour, le don de soi, le pardon, l’estime, le respect, l’épanouissement et l’amour de Dieu ? Non il dépend toujours du donateur et que de lui : nous ne faisons que recevoir. Alors quand il respecte le contrat conclut avec moi et que sa bonté va au-delà pour d’autres, comment puis-je lui reprocher ? 
Cela sera toujours l’écueil humain de l’égoïsme qu’il faudra combattre en nous pour accepter que la bonté de Dieu s’exerce plus pour les autres que pour moi.
Acceptant cela, notre amour sera alors assez « fort dans la foi » pour discerner la bonté de Dieu même lorsque notre incompréhension sera totale devant un événement où Dieu semble s’être rendu absent. Et là se touche le Royaume : avoir une certitude d’amour en Dieu telle, que je suis sûr que sa bonté ne m’a pas oublié même si mon regard ne la voit fleurir que chez les autres. 
Seigneur, ton Royaume se rend visible chaque fois que j’estime les autres plus que moi-même. Rend-moi simple pour que ton Royaume devienne flagrant !

Qui a lancé le pavé dans la mare ?

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

A la fin de mon homélie de dimanche dernier j'avais posé deux questions : quelques-uns ont répondu à la première (Dies irae, ça vous dit quelque chose ?), mais personne n'a répondu à la seconde : quand en avez-vous entendu parler la dernière fois, dans une homélie, par exemple ?

En fait, les lecteurs attentifs et fidèles de ce blog se souviendront que le 21 avril dernier j'avais publié un article intitulé :

Le "Dies irae" du pape. Et le mystère du mal

 

el greco

 

Je vous y renvoie pour vous rafraîchir la mémoire, si besoin est. 

Retenons que le fait est significatif : il faut s'appeler Benoît XVI pour avoir le culot de se référer à cette prière de l'Eglise, tombée dans un oubli coupable... Et il faut s'appeler Jésus pour l'y avoir poussé. Merci Saint-Père ! Merci Seigneur !

Dies irae, dies illa

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

Si, comme Laurent (voir commentaire de l'homélie publiée hier), vous n'avez jamais entendu parler du Dies irae, vous avez au moins entendu parler de Mozart. Le Requiem est une de ses oeuvres qui a fait couler le plus d'encre. Le Dies irae en fait partie.

Ci-dessous le texte latin et une traduction française. Union de prière !

 

muti-requiem-mozart.jpg

 

DIES IRAE


Dies Irae, dies illa
solvet saeclum in favilla:
teste David cum Sybilla.

Quantus tremor est futurus,
Quando judex est venturus,
Cuncta stricte discussurus.

Tuba, mirum spargens sonum
per sepulcra regionum
coget omnes ante thronum.

Mors stupebit et natura,
cum resurget creatura,
judicanti responsura.

Liber scriptus proferetur,
in quo totum continetur,
unde mundus judicetur.

Judex ergo cum sedebit,
quidquid latet, apparebit:
nil inultum remanebit.

Quid sum miser tunc dicturus
quem patronum rogaturus,
cum vix justus sit securus

Rex tremendae majestatis,
qui salvandos salvas gratis,
salva me, fons pietatis.

Recordare, Jesu pie,
quod sum causa tuae viae
ne me perdas illa die.

Quaerens me, sedisti lassus,
redemisti Crucem passus:
tantus labor non sit cassus.

Juste judex ultionis,
donum fac remissionis
ante diem rationis.

Ingemisco, tamquam reus,
culpa rubet vultus meus
supplicanti parce, Deus.

Qui Mariam absolvisti,
et latronem exaudisti,
mihi quoque spem dedisti.

Preces meae non sunt dignae,
sed tu bonus fac benigne,
ne perenni cremer igne.

Inter oves locum praesta,
et ab haedis me sequestra,
statuens in parte dextra.

Confutatis maledictis,
flammis acribus addictis,
voca me cum benedictis.

Oro supplex et acclinis,
cor contritum quasi cinis:
gere curam mei finis.

Lacrimosa dies illa,
qua resurget ex favilla
judicandus homo reus.
Huic ergo parce, Deus.

Pie Jesu Domine,
dona eis requiem. Amen.



***



Jour de colère, ce jour là
réduira le monde en poussière,
David l'atteste, et la Sibylle.

Quelle terreur à venir,
quand le juge apparaîtra
pour tout strictement examiner !

La trompette répand étonnamment ses sons,
parmi les sépulcres de tous pays,
rassemblant tous les hommes devant le trône.

La Mort sera stupéfaite, comme la Nature,
quand ressuscitera la créature,
pour être jugée d'après ses réponses.

Un livre écrit sera produit,
dans lequel tout sera contenu ;
d'après quoi le Monde sera jugé.

Quand le Juge donc tiendra séance,
tout ce qui est caché apparaîtra,
et rien d'impuni ne restera.

Que, pauvre de moi, alors dirai-je ?
Quel protecteur demanderai-je,
quand à peine le juste sera en sûreté ?

Roi de terrible majesté,
qui sauvez, ceux à sauver, par votre grâce,
sauvez-moi, source de piété.

Souvenez-vous, Jésus si doux,
que je suis la cause de votre route ;
ne me perdez pas en ce jour.

En me cherchant vous vous êtes assis fatigué,
me rachetant par la Croix, la Passion,
que tant de travaux ne soient pas vains.

Juste Juge de votre vengeance,
faites-moi don de la rémission
avant le jour du jugement.

Je gémis comme un coupable,
la faute rougit mon visage,
au suppliant, pardonnez Seigneur.

Vous qui avez absout Marie(-Madeleine),
et, au bon larron, exaucé les vœux,
à moi aussi vous rendez l'espoir.

Mes prières ne sont pas dignes (d'être exaucées,)
mais vous, si bon, faites par votre bonté
que jamais je ne brûle dans le feu.

Entre les brebis placez-moi,
que des boucs je sois séparé,
en me plaçant à votre droite.

Confondus, les maudits,
aux flammes âcres assignés,
appelez-moi avec les bénis.

Je prie suppliant et incliné,
le cœur contrit comme de la cendre,
prenez soin de ma fin.

Jour de larmes que ce jour là,
où ressuscitera, de la poussière,
pour le jugement, l'homme coupable.
À celui-là donc, pardonnez, ô Dieu.

Doux Jésus Seigneur,
donnez-leur le repos. Amen.

S. Jean Chrysostome, Sommes-nous assez misérables pour ne pas désirer avoir le Christ au milieu de nous ?

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

 

« Si je vous dis d’imiter l’apôtre Paul, ce n’est pas pour vous dire : Ressuscitez les morts, guérissez les lépreux. Faites mieux : ayez la charité. Ayez l’amour qui animait saint Paul, car cette vertu est bien supérieure au pouvoir de faire des miracles. Là où il y a la charité, Dieu le Fils règne avec son Père et le Saint Esprit. Il l’a dit : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Aimer se trouver ensemble, c’est le caractère d’une amitié aussi forte que réelle.

« Est-ce qu’il y a des gens assez misérables, direz-vous, pour ne pas désirer avoir le Christ au milieu d’eux ? Oui, nous-mêmes, mes enfants ; nous le chassons d’entre nous quand nous sommes en lutte les uns contre les autres. Vous me direz : Que dis-tu là ? Ne vois-tu pas que nous sommes rassemblés en son nom, tous dans les mêmes murs, dans l’enceinte d’une même église, attentifs à la voix de notre pasteur ? Pas la moindre dissension, dans l’unité des cantiques et des prières, écoutant ensemble notre pasteur. Où est la discorde ?

« Je sais que nous sommes dans le même bercail et sous le même pasteur. Je n’en pleure que plus amèrement… Car si vous êtes calmes et tranquilles en ce moment, au sortir de l’église, celui-ci critique celui-là ; l’un injurie publiquement l’autre ; tel est dévoré par l’envie, la jalousie ou l’avarice ; tel autre médite la vengeance, tel autre la sensualité, la duplicité ou la fraude… Respectez donc, respectez cette table sainte à laquelle nous communions tous ; respectez le Christ immolé pour nous ; respectez le sacrifice qui est offert sur cet autel au milieu de nous. »

 

Fabrice Hadjadj, Satanisme pontifical 3

dominicanus #La vache qui rumine A 2011

fabrice hadjadj la foi des demonsNous devons cependant tenir l'évidence suivante : si coriace qu'elle soit, l'incrédulité des disciples vaut mieux que la foi des démons (de même que la désobéissance du lépreux purifié qui, malgré le "sévère avertissment" de se taire, va répandre la nouvelle de sa guérison, vaut mieux que l'obéissance de l'esprit impur qui se tait dès que Jésus lui en intime l'ordre - (Mc 1, 40-45). Mais comment une méconnaissance peut-elle être meilleure que cet angélique savoir ? Comment un certain athéisme, au fond, peut être moins mauvais que cette connaissance de Jésus ? Faudra-t-il se méfier de la foi elle-même ? Jusqu'à nouvel ordre, nous ne pouvons plus que nous écrier comme le père du démoniaque épileptique : Je crois, viens au secours de mon incroyance ! (Mc 9, 24)

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