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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#la vache qui rumine (annee a)

Catherine de Sienne: Comment le Saint Esprit vient à son secours (5)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    Ouvrez la porte de votre ineffable charité, cette charité que vous nous avez déjà donnée par votre Verbe (Jn 10,7). En vérité, je sais que déjà vous ouvrez avant même que nous frappions! Ouvrez donc! C'est avec l'affection, c'est avec l'amour que vous-même avez donnés à vos serviteurs, qu'ils heurtent à cette porte et qu'ils vous appellent, tout remplis d'ardeur pour votre honneur et le salut des âmes. Donnez-leur le pain de vie, le fruit du sang de votre Fils unique, qu'ils vous demandent pour la gloire et l'honneur de vôtre nom et pour le salut des âmes! Ne reviendra-t-il pas à votre nom, plus de gloire et de louange, à sauver tant de créatures, qu'à les laisser s'obstiner dans leur endurcissement?

    A vous, Père éternel, tout est possible! Bien que vous nous ayez créés sans nous, vous ne voulez pas nous sauver sans nous. Je vous prie donc, de retourner leur volonté et de la disposer à vouloir ce qu'ils ne veulent pas: je vous le demande par votre infinie miséricorde! Vous nous avez créés de rien! Maintenant que nous sommes, faites-nous miséricorde, réparez les vases que vous avez créés et formés à votre image et ressemblance. Restaurez-les dans la grâce, par la miséricorde et le sang de votre Fils, le doux Christ Jésus.


Dialogue, chapitre 25

Catherine de Sienne: Comment le Saint Esprit vient à son secours (4)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    Ouvrez donc! Elargissez, brisez les coeurs endurcis de vos créatures, non à cause d'elles qui  frappent pas, mais à cause de votre infinie Bonté, mais à cause de l'amour de vos serviteurs qui frappent, en vous implorant pour eux! Donnez-leur, Père éternel! Voyez, ils sont là, à cette porte de votre Vérité, qui demandent (Ap 3,20)! Et que demandent-ils? Le sang de votre Vérité qui est elle-même la porte! Ils veulent ce sang dans lequel vous avez lavé l'iniquité (Ap 1,5) et effacé la tache du péché d'Adam. Il est à nous, ce sang, puisque vous nous en avez fait un bain! Vous ne pouvez pas, vous ne voulez pas le refuser à qui vous le demande. Donnez donc le fruit de ce sang, à vos créatures. Placez dans là balance le prix du sang de votre Fils, et que les démons de l'enfer ne puissent emporter vos brebis!

    Oh! n'est-ce pas vous, le bon Pasteur, qui nous avez donné le vrai Pasteur, votre Fils unique, qui, sur votre commandement, a donné sa vie pour tes brebis (Jn 10,11) et les a lavées dans son sang? C'est ce sang, que vous demandent vos serviteurs, avec un grand désir, en frappant à cette porte. C'est par ce sang, qu'ils vous supplient de faire miséricorde au monde, et de faire refleurir à nouveau la sainte Eglise, en lui envoyant ces fleurs embaumées, que sont les bons et saints pasteurs, pour que la bonne odeur qu'ils répandent dissipe l'infection des fleurs mauvaises et fétides. Père éternel, vous avez dit vous-même, que, pour l'amour que vous portez à vos créatures raisonnables, vous aurez égard aux prières de vos serviteurs, à leurs travaux, aux souffrances qu'ils endurent, sans avoir péché, pour faire miséricorde au monde et réformer votre Eglise! C'est la consolation qu'attendent vos serviteurs. Ne tardez donc plus à jeter sur nous le regard de votre miséricorde! Répondez-nous, ô Vous qui voulez nous répondre avant même que nous vous invoquions, répondez-nous avec la voix de votre miséricorde!


Dialogue, chapitre 25


Catherine de Sienne: Comment le Saint Esprit vient à son secours (3)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    O amour ineffable! Vous m'avez donné, en me dévoilant ces choses, une médecine douce et amère, pour me guérir de mon infirmité, pour m'arracher à mon ignorance et à ma tiédeur, pour ranimer mon zèle et provoquer un ardent désir de recourir à vous! En me montrant ainsi votre Bonté et les outrages que vous recevez de tous les hommes, mais spécialement de vos ministres, vous avez voulu me faire verser, sur moi-même, pauvre pécheresse, et sur ces morts qui vivent si misérablement, un torrent de larmes, qui jailliront de la connaissance de votre infinie Bonté (Jr 8,23). Je ne veux donc pas, O Père éternel, foyer d'amour ineffable et d'ardente charité, je ne veux pas cesser un instant, de faire des voeux pour votre honneur et le salut des âmes! Je ne veux pas que mes yeux s'arrêtent de pleurer, et je vous demande en grâce, qu'ils soient comme deux fleuves de cette eau qui jaillit de vous, l'Océan de paix!

    Grâces, grâces vous soient rendues, à vous, Père, pour avoir exaucé mn demande, et aussi pour m'avoir accordé ce que je ne connaissais pas, ce que je ne demandais pas. En me fournissant un sujet de larmes, vous m'avez invitée à offrir devant vous, de doux et d'ardents désirs, tout chargés d'amour, avec mes humbles et continuelles prières. Je vous demande donc, maintenant, de faire miséricorde au monde et à votre sainte Eglise, en vous suppliant d'accomplir vous-même, ce que vous-même me faites demander. Oh! misérable que je suis, quelle douleur en mon âme d'être cause de tous ces maux! Faites miséricorde au monde, ne tardez plus, laissez-vous fléchir, exaucez enfin le désir de vos serviteurs! Hélas! N'est-ce pas vous-même qui provoquez leurs cris? Écoutez donc leur voix! N'est-ce pas votre Vérité qui a dit: "Appelez, et il vous sera répondu; frappez et il vous sera ouvert, demandez et l'on vous donnera (Mt 7,7 ; Mc 11,24 ; Lc 11,9-10)" ? O Dieu éternel, vos serviteurs font appel à votre miséricorde, répondez-leur donc! Ne sais-je pas que la Miséricorde est tellement divine que vous ne pouvez refuser de l'accorder à qui vous la demande? Ils frappent à la porte de votre Vérité, parce que dans votre Vérité, votre Fils unique, ils ont connu l'amour ineffable que vous avez pour l'homme. S'ils frappent à la porte, votre charité de feu ne doit donc pas, ne peut pas, refuser d'ouvrir à qui frappe avec persévérance!


Dialogue, chapitre 25

Catherine de Sienne: Comment le Saint Esprit vient à son secours (2)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    Je désirais l'accomplissement de la promesse que vous m'aviez faite, et vous m'avez accordé beaucoup plus, en me donnant ce que je ne savais pas vous demander. Vous m'avez fait connaître ainsi que le coeur de l'homme ne peut tant demander ni tant désirer, que vous ne lui donniez encore davantage. Je vois que vous êtes le Dieu infini et éternel, et que nous, nous sommes ceux qui ne sont pas. C'est parce que vous êtes infini, et nous finis, que vous donnez à votre créature raisonnable plus qu'elle ne peut et sait désirer. La mesure de son désir n'égale jamais la mesure, suivant laquelle vous savez, pouvez et voulez exaucer l'âme, et la rassasier de ce qu'elle ne vous a pas demandé. Encore moins, peut-elle mettre dans sa prière, cette amabilité et cette douceur avec laquelle vous donnez.

    J'ai donc été éclairée de votre lumière sur votre Grandeur et votre Charité, par l'amour même que VOUS avez en pour toute la race humaine, et particulièrement pour vos oints, qui doivent être, en cette vie, les anges de la terre. Vous m'avez montré la vertu et le bonheur de ceux de vos christs qui ont vécu dans la sainte Église comme des lampes ardentes, ornées de la perle de la justice, et j'ai mieux compris par là, la faute de ceux qui vivent dans le désordre. J'en ai conçu une grande tristesse, et pour l'offense qui vous est faite et pour le dommage qui en résulte pour le monde entier. Car ils sont une cause de perdition pour le monde, aux yeux duquel ils apparaissent comme le miroir du vice, quand ils devraient être le miroir de la vertu. Et comme à moi misérable, qui suis la cause et l'instrument de bien des péchés, vous avez montré leur iniquité et confié vos plaintes, j'en ai éprouvé une intolérable douleur.


Dialogue, chapitre 25

Catherine de Sienne: Comment le Saint Esprit vient à son secours (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Mille excuses pour ce retard dans la mise en ligne, dû à l'interruption de ma connexion internet, suite à un petit orage. C'est comme ça dans les îles ...



    Alors cette âme, comme enivrée, haletante, et embrasée d'amour, le coeur blessé d'une grande douleur, se tournait vers la souveraine et éternelle Bonté: "O Dieu éternel, disait-elle, O Lumière au-dessus de toute lumière et foyer de toute lumière! O Feu au-dessus de tout autre feu, Feu qui seul brûle sans se consumer! Feu qui consume dans l'âme tout péché et tout amour-propre, Feu qui ne consume pas l'âme, mais la nourrit d'un amour insatiable, puisqu'en la rassasiant, vous ne la rassasiez pas, elle vous désire toujours; et plus elle vous désire plus elle vous possède, plus elle vous cherche et plus elle vous trouve, plus elle vous goûte, O Feu souverain, Feu éternel, abîme de Charité!

    O Bien suprême et éternel, qui vous a donc porté, vous le Dieu infini, à m'éclairer de la lumière de votre Vérité, moi votre petite créature? Nul autre que vous-même, O Feu d'amour! L'Amour, toujours, l'Amour seul, vous a poussé et vous pousse encore à créer à votre image et ressemblance vos créatures raisonnables, et à leur faire miséricorde, en les comblant de grâces infinies et de dons sans mesure. O Bonté au-dessus de toute bonté, vous seul êtes souverainement bon! Et, cependant, vous nous avez donné le Verbe, votre Fils unique, pour qu'il vécût avec nous (Mt 19,17), en contact avec notre être de corruption et nos ténèbres! De ce don quelle fut la cause? L'amour car vous nous avez aimés avant que nous ne fussions (Jr 31,3). O Grandeur éternelle! O! grandeur de Bonté. Vous vous êtes abaissée, vous vous êtes faite petite, pour faire l'homme grand. De quelque côté que je me tourne, je ne trouve qu'abîme et feu de votre Charité.

    Est-ce moi, pauvre misérable, qui pourrai reconnaître ces grâces et cette ardente Chanté que vous m'avez témoignée et que vous me témoignez encore, avec tant d'amour, à moi en particulier, en dehors de la charité générale et de l'amour que vous avez pour vos créatures? Non, certes: Vous seul, très doux et tendre Père, serez reconnaissant pour moi. C'est le sentiment de votre Charité elle-même, qui vous rendra grâce à ma place (Rm 8,26): car moi, je suis celle qui ne suis pas. Si je disais que je suis quelque chose par moi-même, je mentirais sur ma tête; menteuse, je serais fille du démon qui est le père du mensonge (Jn 8,44). Vous seul, êtes Celui qui est. L'existence et toutes les grâces que vous avez ajoutées à mon être, c'est de vous que je les tiens, c'est vous qui me les avez données et me les continuez, par amour, sans que j'y aie aucun droit.

    O Père très doux, quand la race humaine était là gisante et blessée par le péché d'Adam, vous lui avez envoyé le médecin (Mt 9,12 ; Lc 5,31), votre cher Fils, le Verbe d'amour. Et quand j'étais abattue moi-même, languissante dans la négligence et une épaisse ignorance, vous le très doux et très suave médecin, le Dieu éternel, vous m'avez donné une suave et douce et amère médecine, pour me guérir et me tirer de mon infirmité. Elle était suave, parce que c'est, avec votre charité, avec votre suavité que vous vous êtes manifesté à moi, vous la douceur au-dessus de toute douceur. Vous avez éclairé l'oeil de mon intelligence par la lumière de la très sainte foi, et dans cette lumière, suivant qu'il vous plut de me le découvrir, j'ai connu l'excellence et la grâce que vous avez conférées à la race humaine en vous donnant à elle tout entier, vrai Dieu et vrai homme, dans le corps mystique de la sainte Église. J'ai appris ainsi la dignité de vos ministres, établis par vous, pour vous distribuer vous-même à nous.

Dialogue, chapitre 25


Benoît XVI, Trompés par l'athéisme, se laisser réveiller par la Parole

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
3. Des oeuvres créées on s'élève donc vers la grandeur de Dieu, vers sa miséricorde pleine d'amour. C'est ce que nous enseignent les Pères de l'Eglise, la Tradition chrétienne retentissant constamment à travers leur voix.

Ainsi, saint Basile le Grand, dans l'une des pages initiales de sa première homélie sur l'Hexaméron, dans laquelle il commente le récit de la création selon le premier chapitre de la Genèse, s'arrête pour prendre en considération la sage action de Dieu, et arrive à reconnaître dans la bonté divine le moteur de la création. Voici quelques-unes des expressions tirées d'une longue réflexion du saint Evêque de Césarée de Cappadoce:

""Au commencement Dieu créa le ciel et la terre". Ma parole s'abandonne,  écrasée  par la merveille de cette pensée" (1, 2, 1:  Sur la Genèse [Homélies sur l'Hexaméron], Milan 1990, pp. 9.11). En effet, même si certains, "trompés par l'athéisme qu'ils avaient en eux, imaginèrent l'univers privé de guide et d'ordre, comme en proie au hasard", le saint écrivain en revanche "nous a immédiatement illuminé l'esprit par le nom de Dieu au début du récit, en disant:  "Au commencement Dieu créa". Et quelle beauté dans cet ordre!" (1, 2, 4:  ibid., p. 11). "Donc, si le monde a un commencement et a été créé, cherche celui qui lui a donné son début et qui en est le Créateur... Moïse te l'a dit à travers son enseignement en imprimant dans nos âmes comme un sceau et un philactère le très saint nom de Dieu, et disant:  "Au commencement Dieu créa". La nature bienheureuse, la bonté exempte d'envie, celui qui est l'objet d'amour de la part de tous les êtres raisonnables, la beauté plus que tout autre désirable, le commencement des êtres, la source de la vie, la lumière de l'intellect, la sagesse inaccessible, en somme, "au début, il créa le ciel et la terre"" (1, 2, 6-7:  ibid., p. 13).

Je trouve que les paroles de ce Père du IVe siècle sont d'une surprenante actualité lorsqu'il dit:  "Certains, trompés par l'athéisme qu'ils avaient en eux, imaginèrent l'univers privé de guide et d'ordre, comme en proie au hasard". Combien sont-ils ces "certains" aujourd'hui. Ceux-ci, trompés par l'athéisme, croient qu'il est scientifique de penser que tout est privé de guide et d'ordre, comme en proie au hasard. A travers les Ecritures Saintes, le Seigneur réveille la raison qui dort et nous dit:  au commencement était la Parole créatrice. Au commencement, la Parole créatrice - cette Parole qui a tout créé, qui a créé ce projet intelligent qu'est le cosmos - est également amour.

Laissons-nous donc réveiller par cette Parole de Dieu; prions pour qu'elle illumine également notre esprit, afin que nous puissions percevoir le message du créé - inscrit également dans notre coeur - selon lequel le commencement de tout est la sagesse créatrice et cette sagesse est amour, est bonté:  "Car éternel est son amour".


Audience générale du 9 novembre 2005

Benoît XVI, Le premier signe de l'amour de Dieu est dans la création

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
2. Le premier signe visible de cette charité divine - dit le Psalmiste - doit être recherché dans la création. Puis l'histoire entrera en scène. Le regard, rempli d'admiration et d'émerveillement, s'arrête tout d'abord sur la création:  les cieux, la terre, les eaux, la lune et les étoiles.

Avant encore de découvrir le Dieu qui se révèle dans l'histoire d'un peuple, il y a une révélation cosmique, ouverte à tous, offerte à toute l'humanité par l'unique Créateur, "Dieu des dieux" et "Seigneur des seigneurs" (cf. vv. 2-3).

Comme l'avait chanté le Psaume 18, "les cieux racontent la gloire de Dieu et l'oeuvre de ses mains, le firmament l'annonce; le jour au jour en publie le récit et la nuit à la nuit transmet la connaissance" (vv. 2-3). Il existe donc un message divin, secrètement inscrit dans la création et signe du hesed, de la fidélité amoureuse de Dieu qui donne à ses créatures l'existence et la vie, l'eau et la nourriture, la lumière et le temps.

Il faut avoir le regard limpide pour contempler cette révélation divine, en rappelant l'avertissement du Livre de la Sagesse, qui nous dit que "la grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur Auteur" (Sg 13, 5; cf. Rm 1, 20). La louange de prière naît alors de la contemplation des "merveilles" de Dieu (cf. Ps 135, 4) déployées dans la création et se transforme en hymne joyeux de louange et d'action de grâce au Seigneur. (à suivre)


Audience générale du 9 novembre 2005



Benoît XVI, 'Car éternel est son amour'

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Hymne pascal
Lecture:  Ps 135, 1-6

1. Il a été appelé "Le grand Hallel", c'est-à-dire la louange solennelle et grandiose qui, dans le judaïsme, était entonnée durant la liturgie pascale. Nous parlons du Psaume 135, dont nous venons d'écouter la première partie, selon la division proposée par la Liturgie des Vêpres (cf. vv. 1-9).

Arrêtons-nous tout d'abord sur le refrain:  "Car éternel est son amour". Au centre de la phrase retentit le mot "amour" qui, en réalité, est une traduction légitime, mais limitée, du terme originel hébreu hesed. En effet, celui-ci appartient au langage caractéristique utilisé par la Bible pour exprimer l'alliance qui existe entre le Seigneur et son peuple. Le terme cherche à définir les attitudes qui s'établissent au sein de cette relation:  la fidélité, la loyauté, l'amour et, bien sûr, l'amour de Dieu.

Nous avons ici la représentation synthétique du lien profond et interpersonnel instauré par le Créateur avec sa créature. Au sein de ce rapport, Dieu n'apparaît pas, dans la Bible, comme un Seigneur impassible et implacable, ni comme un être obscur et indéchiffrable, semblable au destin, contre la force mystérieuse duquel il est inutile de lutter. Il se manifeste en revanche comme une personne qui aime ses créatures, qui veille sur elles, les suit sur le chemin de l'histoire et souffre des infidélités que le peuple oppose souvent à son hesed, à son amour miséricordieux et paternel. (à suivre)


Audience générale du 9 novembre 2005

Jean Paul II, L'on devient aride par manque d'émerveillement

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
5. Et bien, face à la gloire de la Trinité dans la création, l'homme doit contempler, chanter, retrouver l'émerveillement. Dans la société contemporaine, l'on devient aride "non pas par manque de merveilles, mais par manque d'émerveillement" (G.K. Chesterton). Pour le croyant, contempler le créé est aussi écouter un message, entendre une voix paradoxale et silencieuse, comme nous le suggère le "Psaume du soleil":  "Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'oeuvre de ses mains, le firmament l'annonce; le jour au jour en publie le récit et la nuit à la nuit transmet la connaissance. Non point récit, non point langage, nulle voix qu'on puisse entendre, mais pour toute la terre en ressortent les lignes et les mots jusqu'aux limites du monde" (Ps 19 [18], 2-5).

La nature devient alors un Evangile qui nous parle de Dieu:  "La grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur Auteur" (Sg 13, 5). Paul nous enseigne que "ce qu'il a d'invisible [Dieu] depuis la création du monde se laisse voir à l'intelligence à travers ses oeuvres, son éternelle puissance et sa divinité" (Rm 1, 20). Mais cette capacité de contemplation et de connaissance, cette découverte d'une présence transcendante dans le créé doit nous conduire également à redécouvrir notre fraternité avec la terre, à laquelle nous sommes liées à partir de notre création même (cf. Gn 2, 7). C'est précisément cet objectif que l'Ancien Testament souhaitait pour le Jubilé juif, alors que la terre reposait et que l'homme recueillait ce que la campagne lui offrait spontanément (cf. Lv 25, 11-12). Si la nature n'est pas violée et humiliée, elle redevient une soeur pour l'homme.

Audience générale du 26 janvier 2000

Jean Paul II, La création liée à la Parole - Le rôle de l'Esprit

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
3. Dans l'Ecriture Sainte, la création est souvent liée également à la Parole divine qui fait irruption et agit:  "Par la parole de Yahvé les cieux ont été faits, par le souffle de sa bouche, toute leur armée [...] Il parle et cela est, il commande et cela existe [...] Il envoie son verbe sur la terre, rapide court sa parole" (Ps 33 [32], 6.9.; 147 [146], 15). Dans les livres sapientiaux de l'Ancien Testament, c'est la Sagesse divine personnifiée qui donne origine à l'univers en réalisant le projet de l'esprit de Dieu (cf. Pr 8, 22-31). On a dit que Jean et Paul dans la parole et dans la Sagesse de Dieu verront l'annonce de l'action du Christ "par qui tout existe et par qui nous sommes" (1 Co 8, 6), car c'est "par lui aussi [que Dieu] a fait les siècles" (He 1, 2).


4. Enfin, d'autres fois, l'Ecriture souligne le rôle de l'Esprit de Dieu dans l'acte de création:  "Tu envoies ton souffle, ils sont créés, tu renouvelles la face de la terre" (Ps 104 [103], 30). Le même Esprit est représenté de façon symbolique par le souffle de la bouche de Dieu.  Il donne vie et conscience à l'homme (cf. Gn 2, 7) et le reporte à la vie dans la résurrection, comme l'annonce le prophète Ezéchiel dans une page suggestive, où l'Esprit est à l'oeuvre en faisant revivre des ossements désormais desséchés (cf. 37, 1-14). Le même esprit domine les eaux de la mer dans l'exode d'Israël de l'Egypte (cf. Ez 15, 8.10). C'est encore l'Esprit qui régénère la créature humaine, comme le dira Jésus dans le dialogue nocturne avec Nicodème:  "En vérité, en vérité, je te le dis:  à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit" (Jn 3, 5-6). (à suivre)


Audience générale du 26 janvier 2000

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