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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#la vache qui rumine (annee a)

L'Osservatore Romano, L'attente qui habite déjà le coeur de l'homme (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    Comment peut-on vivre ? Comment est-il possible d'"affronter notre présent, souvent marqué par l'égarement et la douleur ? Comment supporter chaque jour la difficulté de vivre ? C'est à ces questions - qui agitent le coeur de toute femme et de tout homme de notre temps - que veut répondre la deuxième Encyclique de Benoît XVI. Tout comme Deus caritas est, ce document pontifical, de manière limpide et exigeante, réfléchit lui aussi sur une affirmation néotestamentaire, de saint Paul cette fois. La réponse de l'Évêque de Rome est à la fois convaincante d'un point de vue rationnel et pleine de confiance  dans son ouverture  à une nouveauté radicale. Et l'être chrétien - qui selon le Pape n'est pas une idéologie ou une morale, mais la rencontre avec quelqu'un qui change véritablement la vie - fait chaque jour l'expérience de cette nouveauté radicale que Paul annonçait il y a près de vingt siècles :  "Dans l'espérance nous avons tous été sauvés". C'est-à-dire dans l'attente d'un avenir qui habite déjà le coeur de l'homme.

    Benoît XVI se préoccupe de repenser et d'expliquer les fondements du choix chrétien et sa racine est l'Écriture ; dans ce cas les lettres pauliniennes en particulier, dictées dans un monde capable d'exprimer son angoisse dans les paroles d'une épitaphe qui semble écrite par le désespoir d'aujourd'hui:  in nihil ab nihilo quam cito recidimus ("Du rien dans le rien, combien souvent nous retombons"). C'est sur certains termes du Nouveau Testament, enraciné dans la foi d'Israël, que le Pape fonde sa confrontation avec la tradition chrétienne, même celle exprimée par les images, gravées par exemple sur les sarcophages pour signifier l'attente du réveil définitif. Benoît XVI demande à son lecteur de l'attention et un effort, comme pour tout ce qui en vaut la peine. Et réfléchir sur ce vers quoi tend le coeur des êtres humains - même obscurément - vaut véritablement la peine.

    L'explication que le Pape Benoît XVI donne des fondements de l'être chrétien part de l'Écriture, lue à la lumière de la tradition chrétienne, et donc éclairée également par l'expérience de certaines figures exemplaires :  celles des saints. Ainsi la pensée sur l'espérance de Benoît XVI - tant imprégnée de textes chrétiens, notamment patristiques et médiévaux, qu'attentive à la modernité - trouve une confirmation dans l'histoire chrétienne du XIXe et du XXe siècle. Comme l'expérience d'une petite esclave africaine, sainte Bakhita, qui reconnut finalement en Dieu un "maître" non plus terrible, mais "totalement différent" et qui lui changea la vie. Ou encore le témoignage bouleversant, conservé dans une véritable "lettre de l'enfer", du martyr vietnamien Paul Le-Bao-Thin :  même dans l'abîme de la prison et de la haine déchaînée chez les victimes elles-mêmes, ce "prisonnier au nom du Christ" fit lui aussi l'expérience du salut dans l'espérance. Et comme lui un autre martyr de notre temps qui fut ensuite créé cardinal, Nguyen Van Thuan.

© L'Osservatore Romano - 4 décembre 2007

Benoît XVI, Une petite histoire de sainte Bakhita

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Dans son encyclique "Spe salvi", Benoît XVI évoque longuement la figure de sainte Joséphine Bakhita comme un modèle d'espérance. Elle doit occuper dans son coeur une place prvilégiée. En tout cas, ce n'est pas la première fois cette année qu'il fait allusion à elle.

Voici ce qu'il disait lors de sa visite au Grand Séminaire Pontifical Romain en la fête de la Madone de la Confiance :

Il me vient à l'esprit une petite histoire de sainte Bakhita, cette belle sainte africaine, qui était esclave au Soudan, puis a trouvé le foi en Italie, s'est faite sœur, et alors qu'elle était déjà âgée, l'Évêque effectua une visite dans son monastère, dans sa maison religieuse et il ne la connaissait pas ; il vit cette petite sœur africaine, déjà courbée, et il dit à Bakhita : 
"Mais vous, que faites-vous ma sœur ?";
Bakhita répondit : 
"Je fais la même chose que vous, Excellence".
L'Évêque surpris demanda : 
"Mais quoi donc ?"
et Bakhita répondit : 
"Mais Excellence, nous voulons tout deux faire la même chose, faire la volonté de Dieu".
Cela me semble une très belle réponse, l'Évêque et la petite sœur, qui ne pouvait pratiquement plus travailler, faisaient, dans des situations différentes, la même chose, essayaient d'accomplir la volonté de Dieu et ils étaient ainsi à leur juste place.

Rencontre du Pape Benoît XVI vec les séminaristes
Samedi 17 février 2007

Sainte Joséphine Bakhita, Bonté et ferveur missionnaire - Prière

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Bonté et ferveur missionnaire


    Sainte Josephine Bakhita, d’origine Soudanaise, enlevée, vendue esclave, libérée, devient chrétienne et religieuse dans la congrégation des Canossiennes. Dans une réunion de jeunes, un étudiant de Bologne demanda : “Qu’est ce que vous feriez si vous rencontriez vos ravisseurs ?” Sans hésiter un seul instant, elle répondit:

“Si je rencontrais ces négriers qui m’ont enlevée et ceux-là qui m’ont torturée, je m’agenouillerais pour leur baiser les mains, car si cela ne fût pas arrivé je ne serais pas maintenat chrétienne et religieuse”.

    Continuant le discours sur le même sujet, elle bénissait non seulement la médiation providentielle dans les mains de Dieu, mais les excusait également en ces termes :

“Les pauvres, peut être ne savaient-ils pas qu’ils me faisaient si mal : eux ils étaient les maîtres, et moi j’étais leur esclave. De même que nous sommes habitués à faire le bien, ainsi les négriers faisaient cela, par habitude, non par méchanceté”.

    Dans ses souffrances elle ne se plaignait pas; elle se souvenait de tout ce qu’elle avait souffert quand elle était esclave :
“À ce temps là je ne connaissais pas le Seigneur ; j’ai perdu beaucoup de mérites, il faut que je les gagne maintenant... Si je me tenais à genoux pendant toute la vie, je ne dirais jamais assez toute ma gratitude au bon Dieu”.

    Un prêtre pour la mettre à l'épreuve lui dit : “Si le Seigneur ne vous voulait pas au paradis, que feriez  vous ?” Elle tranquillement répondit :
“Eh bien, qu'il me mette où il veut. Quand je suis avec Lui et où Lui le veut, je suis bien partout : c'est Lui le Maître, moi je sa pauvre créature”.

    Un autre lui demanda son histoire, Bakhita répondit :
“Le Seigneur m'a aimée beaucoup... il faut aimer tout le monde... il faut être indulgent !”

- “Aussi envers ceux qui vous ont torturée ?

- “Pauvres, ils ne connaissaient pas le Seigneur”.


    Interrogée sur la mort, avec un esprit serein elle répondit :
“Lorsqu'une personne aime beaucoup une autre, elle désire ardemment l'approcher, donc pourquoi craindre tellement la mort ? La mort nous emmène à Dieu”.

    À la supérieure, M. Térèse Martini, pleine de soucis à la fin de la guerre, Bakhita, calme, digne, grave, lui dit :
“Et vous, Mère, vous êtes surprise que le Seigneur vous donne des tribulations ? S'il ne vient pas chez nous avec quelques peines, chez qui doit-il aller ? Est ce que nous ne sommes pas venues au couvent pour faire ce qu'il veut ? Oui, ma Mère, moi, pauvre misérable, je prierai beau coup, mais pour que sa volonté soit faite."
 

Prière


(Composée par Sainte Josephine Bakhita dans le jour de sa donation totale à Dieu à travers le Profession Religieuse, le 8 décembre 1896)

“O Seigneur, si je pouvais voler là-bas, auprès de mes gens et prêcher à tous à grands cris ta bonté : Oh, combien d'âmes je pourrais te conquérir ! Tout d'abord ma mère et mon père, mes frères, ma soeur encore esclave... tous, tous les pauvres Noirs de l’Afrique, fais, o Jésus, qu’eux aussi te connaissent et t’aiment !” 

Préparé par l’Université Pontificale URBANIANA,
avec la collaboration des Instituts Missionnaires

Biographie de sainte Joséphine Bakhita (1869?-1947)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    Mère Giuseppina Bakhita naquit au Soudan en 1869 (?) et mourut à Schio (Vicenza) en 1947.

    Fleur d'Afrique, elle connut les angoisses de l'enlèvement et de l'esclavage, et s'ouvrit admirablement à la grâce en Italie, aux côtés des filles de Sainte Madeleine de Canossa.

La petite Mère Noire


    À Schio (Vicenza) où elle vécut durant de nombreuses années, tous l'appellent encore «notre petite Mère noire».

    Le procès pour la cause de canonisation commença douze ans après sa mort, et le 1er décembre 1978, l'Église publia le décret sur l'héroicité de ses vertus.

    La divine Providence qui «prend soin des fleurs des champs et des oiseaux du ciel», a guidé cette esclave soudanaise, à travers d'innombrables souffrances, vers la liberté humaine et celle de la foi, jusqu'à la consécration de sa propre vie pour l'avènement du Royaume.

En esclavage


    Bakhita n'est pas le prénom qu'elle reçut de ses parents à sa naissance. L'effroi éprouvé le jour où elle fut enlevée, provoqua quelques trous de mémoire. La terrible expérience lui avait fait également oublier son prénom.

    Bakhita, qui signifie «fortunée, chanceuse», est le prénom qui lui fut donné par ses ravisseurs.

    Vendue et revendue plusieurs fois sur les marchés de El Obeid et de Khartoum, elle connut les humiliations, les souffrances physiques et morales de l'esclavage.

Vers la liberté


    Dans la capitale du Soudan, Bakhita fut rachetée par un Consul italien, Calliste Legnani. Pour la première fois, depuis le jour de son enlèvement, elle se rendit compte, avec une agréable surprise, que personne en lui donnant des ordres, n'utilisait plus le fouet, et qu'on la traitait même de façon affable et cordiale. Dans la maison du Consul, Bakhita connut la sérénité, l'affection et des moments de joie, peut-être même s'ils étaient encore voilés par la nostalgie de sa famille, perdue pour toujours.

    Des événements politiques obligèrent le Consul à partir pour l'Italie. Bakhita demanda de partir avec lui et avec un de ses amis, Auguste Michieli.

En Italie


    Arrivé à Gênes, Monsieur Legnani, suivant les demandes de l'épouse d'Auguste Michieli, accepta que Bakhita restât avec eux. Elle suivit sa nouvelle «famille» dans leur domicile de Zianigo (dans la banlieue de Mirano Veneto) et, quand naquit leur fille Mimmina, Bakhita en devint l'éducatrice et l'amie.

    L'acquisition puis la gestion d'un grand hôtel à Suakin, sur la Mer Rouge, contraignirent Mme Michieli à déménager dans cette localité pour aider son mari. Entretemps, d'après un conseil de leur administrateur, Illuminato Checchini, Mimmina et Bakhita furent confiées aux Sœurs Canossiennes de l'Institut des catéchumènes de Venise. Et c'est là que Bakhita demanda et obtint de connaître ce Dieu que depuis son enfance «elle sentait dans son cœur sans savoir qui Il était».

«Voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en moi-même : Qui est donc le Maître de ces belles choses ? Et j'éprouvais une grande envie de le voir, de le connaître et de lui rendre mes hommages».

Fille de Dieu


    Après quelques mois de catéchuménat, Bakhita reçut le Sacrement de l'Initiation chrétienne et donc le nouveau nom de Giuseppina. C'était le 9 janvier 1890. Ce jour-là, elle ne savait pas comment exprimer sa joie. Ses grands yeux expressifs étincelaient, révélant une émotion intense. Ensuite on la vit souvent baiser les fonts baptismaux et dire : «Ici, je suis devenue fille de Dieu !».

    Chaque nouvelle journée la rendait toujours plus consciente de la façon dont ce Dieu, qui maintenant la connaissait et l'aimait, l'avait conduite à lui par des chemins mystérieux, la tenant par la main.

    Quand Madame Michieli revint d'Afrique pour reprendre sa fille et Bakhita, celle-ci, avec un esprit de décision et un courage insolites, manifesta sa volonté de rester avec les Mères Canossiennes et de servir ce Dieu qui lui avait donné tant de preuves de son amour.

    La jeune africaine, désormais majeure, jouissait de la liberté d'action que la loi italienne lui assurait.

Fille de Madeleine


    Bakhita demeura dans le catéchuménat, où se fit plus clair pour elle l'appel à se faire religieuse, à se donner entièrement au Seigneur dans l'Institut de Sainte Madeleine de Canossa.

    Le 8 décembre 1896, Giuseppina Bakhita se consacra pour toujours à son Dieu qu'elle appelait, usant une douce expression: «Mon Maître !».

    Durant plus de cinquante ans, cette humble Fille de la Charité, vrai témoin de l'amour de Dieu, vécut en s'adonnant à diverses occupations dans la maison de Schio : elle fut, en effet, cuisinière, lingère, brodeuse, concierge.

    Lorsqu'elle se dédia à cette dernière tâche, ses mains se posaient avec douceur sur la tête des enfants qui fréquentaient chaque jour l'école de l'Institut. Sa voix aimable, qui rappelait les berceuses et les chants de sa terre natale, se faisait agréable pour les petits, réconfortante pour les pauvres et les souffrants, encourageante pour tous ceux qui frappaient à la porte de l'Institut.

Témoignage d'amour


    Son humilité, sa simplicité et son sourire constant conquirent le cœur de tous les habitants de Schio. Les Sœurs l'estimaient pour sa douceur inaltérable, sa bonté exquise et son profond désir de faire connaître le Seigneur.

«Soyez bons, aimez le Seigneur, priez pour ceux qui ne le connaissent pas. Considérez cette grande grâce de connaître Dieu !».
Arriva la vieillesse, puis la maladie longue et douloureuse, mais Mère Bakhita continua à donner un témoignage de foi, de bonté et d'espérance chrétienne. À qui lui rendait visite et lui demandait comment elle se portait, elle répondait souriante :
«Comme le veut le patron».

La dernière épreuve


    Dans l'agonie, elle revécut les jours terribles de son esclavage, et, à maintes reprises, elle supplia l'infirmière qui l'assistait :
«Lâchez un peu les chaînes... elles me font mal !».

    Ce fut la très Sainte Vierge Marie qui la libéra de toute souffrance.Ses dernières paroles furent : «Notre Dame ! Notre Dame !», tandis que son ultime sourire témoignait de sa rencontre avec la Mère du Seigneur.

    Mère Bakhita s'est éteinte le 8 février 1947 dans la maison de Schio, entourée de la communauté en pleurs et en prières. Une foule accourut rapidement à la maison de l'Institut pour voir une dernière fois leur «petite Mère noire» et lui demander la protection du ciel. Sa réputation de sainteté s'est désormais répandue sur tous les continents.

    Immédiatement, les gens accourent sur sa tombe, et beaucoup de grâces y sont obtenues


La montée vers les autels


    Le corps de Bakhita, d’après les témoignages recueillis à l’époque, reste tiède et souple jusqu’au moment de la fermeture du cercueil. Un père de famille, chômeur, demande, devant le cercueil d’avoir du travail : il retourne quelques heures plus tard, en racontant qu’il en avait trouvé. Les miracles commencent. En 1950, déjà, trois ans seulement après sa mort, le bulletin Canossien publie 6 pages de noms de personnes qui attestent qu’elles ont reçu des grâces par l’intercession de Bakhita.

    Le procès ordinaire en vue de la Béatification se déroule à Vicence entre 1955 et 1957. Le procès apostolique se tient en 1968-1969. Au mois de septembre 1969, le corps de Bakhita est exhumé et transporté au cimetière de Schio, à l’Institut des Filles de Charité où elle avait vécu.

    Jean Paul II signe de Décret sur l’héroïcité des vertus de Joséphine Bakhita le 1er décembre 1978, et, le 6 juillet 1991, le Décret de Béatification. Le 17 mai 1992, Joséphine Bakhita est proclamée Bienheureuse, et le dimanche octobre 2000, Jean Paul la canonise au cours d’une Messe solennelle célébrée sur la Place Saint-Pierre : elle est la première Sainte soudanaise.

    Le Pape dira à cette occasion :
« Cette sainte fille d'Afrique, montre qu'elle est véritablement une enfant de Dieu : l'amour et le pardon de Dieu sont des réalités tangibles qui transforment sa vie de façon extraordinaire ».

Jean Paul II, Canonisation de Soeur Giuseppina Bakhita

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

 "La loi de Yahvé est parfaite, [...] sagesse du simple" (Ps  19 [18], 8).

    Ces paroles tirées du Psaume responsorial d'aujourd'hui résonnent avec puissance dans la vie de Soeur Giuseppina Bakhita. Enlevée et vendue en esclavage à l'âge de 7 ans, elle endura de nombreuses souffrances entre les mains de maîtres cruels. Mais elle comprit que la vérité profonde est que Dieu, et non pas l'homme, est le véritable Maître de chaque être humain, de toute vie humaine. L'expérience devint une source de profonde sagesse pour cette humble fille d'Afrique.

    Dans le monde d'aujourd'hui, d'innombrables femmes continuent d'être victimes de représailles, même dans les sociétés modernes développées. Chez sainte Giuseppina Bakhita, nous trouvons un brillant défenseur de la véritable émancipation. L'histoire de sa vie inspire non pas l'acceptation passive, mais la ferme résolution à oeuvrer de façon effective pour libérer les jeunes filles et les femmes de l'oppression et de la violence, et pour leur restituer leur dignité dans le plein exercice de leurs droits.

    Mes pensées se tournent vers le pays de la nouvelle Sainte, qui est déchiré par une guerre cruelle depuis dix-sept ans, ne laissant entrevoir que peu de signes en vue d'une solution. Au nom de l'humanité qui souffre, j'en appelle une fois de plus à tous ceux qui sont en charge de responsabilités : ouvrez vos coeurs aux cris de millions de victimes innocentes et empruntez le chemin de la négociation. Avec la Communauté internationale, j'implore de ne pas continuer à ignorer l'immense tragédie humaine. J'invite toute l'Église à invoquer l'intercession de sainte Bakhita pour tous nos frères et soeurs persécutés et esclaves, en particulier en Afrique et dans son Soudan natal, afin qu'ils puissent connaître la réconciliation et la paix.

    J'adresse enfin une parole de salut affectueux aux Filles de la Charité canossienne, qui se réjouissent aujourd'hui de voir élever leur Consoeur à la gloire des autels. Qu'elles sachent tirer de l'exemple de sainte Giuseppina Bakhita un élan renouvelé en vue d'un dévouement généreux au service de Dieu et de leur prochain.

Homélie du dimanche 1er octobre 2000

Benoît XVI, L'Avent est par excellence le temps de l'espérance (4)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
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    Chaque enfant qui naît est le signe de la confiance de Dieu en l'homme et la confirmation, tout au moins implicite, de l'espérance que l'homme nourrit dans un avenir ouvert sur l'éternité de Dieu. Dieu a répondu à cette espérance de l'homme en naissant dans le temps comme un petit être humain. Saint Augustin a écrit:  "En croyant que ton Verbe était beaucoup trop loin de s'unir à l'homme, nous aurions bien pu désespérer de nous, s'il ne s'était fait chair, habitant parmi nous" (Conf. X, 43, 69, op. cit. in Spe Salvi, n. 29).


    Laissons-nous alors guider par Celle qui a porté dans son cœur et dans son sein le Verbe incarné. Ô Marie, Vierge de l'attente et Mère de l'espérance, ravive dans toute l'Eglise l'esprit de l'Avent, pour que l'humanité tout entière se remette en marche vers Bethléem, où est venu, et où viendra à nouveau nous rendre visite le Soleil qui naît d'en-haut (cf. Lc 1, 78), le Christ notre Dieu. Amen.

 

© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana  

(Illustration : La Vierge de l'humilité, Fra Angelico, Musée Thyssen-Bornemisza, Barcelone)

Benoît XVI, L'Avent est par excellence le temps de l'espérance (3)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    L'homme est l'unique créature libre de dire oui ou non à l'éternité, c'est-à-dire à Dieu. L'être humain peut éteindre en lui-même l'espérance en éliminant Dieu de sa propre vie. Comment cela peut-il se produire ? Comment peut-il arriver que la créature "faite pour Dieu", intérieurement orientée vers Lui, la plus proche de l'Éternel, puisse se priver de cette richesse ? Dieu connaît le cœur de l'homme. Il sait que celui qui le refuse n'a pas connu son véritable visage, et c'est pourquoi il ne cesse de frapper à notre porte, comme un humble pèlerin qui cherche à être accueilli. Voilà pourquoi le Seigneur accorde encore du temps à l'humanité :  afin que tous puissent arriver à le connaître ! Tel est également le sens d'une nouvelle année liturgique qui commence :  c'est un don de Dieu, qui veut à nouveau se révéler dans le mystère du Christ, à travers la Parole et les Sacrements. À travers l'Église il veut parler à l'humanité et sauver les hommes d'aujourd'hui. Et il le fait en allant à leur rencontre, pour "chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 10). Dans cette perspective, la célébration de l'Avent est la réponse de l'Église Épouse à l'initiative toujours nouvelle de Dieu Époux, "qui était et qui vient" (Ap 1, 8). À l'humanité qui n'a plus de temps pour Lui, Dieu offre à nouveau du temps, un nouvel  espace  pour revenir sur elle-même, pour se remettre en marche, pour retrouver le sens de l'espérance.

    Voilà alors la découverte surprenante :  mon espérance, notre espérance est précédée par l'attente que Dieu cultive à notre égard ! Oui, Dieu nous aime et c'est précisément pour cela qu'il attend que nous revenions à Lui, que nous ouvrions notre cœur à son amour, que nous mettions notre main dans la sienne et que nous nous rappelions que nous sommes ses enfants. Cette attente de Dieu précède toujours notre espérance, exactement comme son amour nous rejoint toujours en premier (cf. 1 Jn 4, 10). C'est dans ce sens que l'espérance chrétienne est dite "théologale":  Dieu en est la source, le soutien et le terme. Quel grand réconfort dans ce mystère ! Mon Créateur a placé dans mon esprit un reflet de son désir de vie pour tous. Chaque homme est appelé à espérer en répondant à l'attente que Dieu a pour lui. Du reste, l'expérience nous démontre qu'il en est précisément ainsi. Qu'est-ce qui fait avancer le monde, sinon la confiance que Dieu a en l'homme ? C'est une confiance qui a son reflet dans le cœur des petits, des humbles, lorsque malgré les difficultés et les efforts ils s'engagent chaque jour à faire de leur mieux, à accomplir ce peu de bien qui est cependant beaucoup aux yeux de Dieu:  en famille, sur leur lieu de travail, à l'école, dans les divers milieux de la société. Dans le cœur de l'homme l'espérance est inscrite de manière indélébile, car Dieu notre Père est vie, et nous sommes faits pour la vie éternelle et bienheureuse.

Homélie pour les première vêpres de l'Avent, Basilique de Saint-Pierre, samedi 1er décembre 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

Benoît XVI, L'Avent est par excellence le temps de l'espérance (2)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
    J'ai voulu consacrer au thème de l'espérance ma deuxième Encyclique, qui a été publiée hier. Je suis heureux de l'offrir en esprit à toute l'Église en ce premier Dimanche d'Avent, afin que, durant la préparation à Noël, les communautés et chaque fidèle puissent la lire et la méditer, pour redécouvrir la beauté et la profondeur de l'espérance chrétienne. En effet, celle-ci est inséparablement liée à la connaissance de la face de Dieu, cette face que Jésus, le Fils unique, nous a révélée à travers son incarnation, sa vie terrestre et sa prédication, et surtout à travers sa sa mort et sa résurrection. L'espérance véritable et sûre est fondée sur la foi en Dieu Amour, Père miséricordieux qui "a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique" (Jn 3, 16), afin que les hommes, et avec eux toutes les créatures, puissent avoir la vie en abondance (cf. Jn 10, 10). L'Avent est donc un temps favorable à la redécouverte d'une espérance qui n'est ni vague ni illusoire, mais certaine et fiable, car elle est "ancrée" dans le Christ, Dieu fait homme, roc de notre salut.

    Dès le début, comme il ressort du Nouveau Testament et en particulier des Lettres aux Apôtres, une nouvelle espérance distingua les chrétiens de ceux qui vivaient la religiosité païenne. En écrivant aux Éphésiens, saint Paul leur rappelle qu'avant d'embrasser la foi dans le Christ, ils étaient "sans espérance, et, dans le monde, étaient sans Dieu" (cf. Ep 2, 12). Cette expression apparaît plus que jamais actuelle pour le paganisme de nos jours :  on peut en particulier l'appliquer au nihilisme contemporain, qui ronge l'espérance dans le cœur de l'homme, le poussant à penser qu'en lui et autour de lui ne règne que le néant :  le néant avant la naissance, le néant après la mort. En réalité, sans Dieu, il n'y a pas d'espérance. Toute chose perd son "épaisseur". C'est comme si venait à manquer  la dimension de la profondeur et que chaque chose s'aplatissait, privée de son relief symbolique, de son "ressaut" par rapport au pur matérialisme. Le rapport entre l'existence, ici et maintenant, et ce que nous appelons "l'au-delà" est en jeu :  il ne s'agit plus d'un lieu où nous finirons après la mort, mais c'est en revanche la réalité de Dieu, la plénitude de la vie vers laquelle, pour ainsi dire, tend chaque être humain. À cette attente de l'homme, Dieu a répondu dans le Christ avec le don de l'espérance.

Homélie pour les première vêpres de l'Avent, Basilique de Saint-Pierre, samedi 1er décembre 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

Benoît XVI, L'Avent est par excellence le temps de l'espérance (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
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    Chers frères et sœurs!

    L'Avent est, par excellence, le temps de l'espérance. Chaque année, cette attitude fondamentale de l'esprit se réveille dans le cœur des chrétiens qui, alors qu'ils se préparent à célébrer la grande fête de la naissance du Christ Sauveur, ravivent l'attente de son retour glorieux, à la fin des temps. La première partie de l'Avent insiste précisément sur la parousie, sur la dernière venue du Seigneur. Les antiennes de ces Premières Vêpres sont entièrement orientées, avec différentes nuances, dans cette perspective. La brève lecture, tirée de la Première Lettre aux Thessaloniciens (5, 23-24), fait une référence explicite à la venue finale du Christ, en utilisant précisément le terme grec de parousie (v. 23). L'Apôtre exhorte les chrétiens à être irrépréhensibles, mais il les encourage surtout à avoir confiance en Dieu, qui "est fidèle" (v. 24) et qui ne manquera pas d'opérer la sanctification chez ceux qui répondront à sa grâce.

    Toute cette liturgie des vêpres invite à l'espérance en indiquant, à l'horizon de l'histoire, la lumière du Sauveur qui vient :  "Ce jour, une grande lumière brillera" (2e antienne) ; "le Seigneur viendra dans toute sa gloire" (3e antienne) ; "sa splendeur remplit l'univers" (Antienne au Magnificat). Cette lumière, qui émane de l'avenir de Dieu, s'est déjà manifestée dans la plénitude des temps ; c'est pourquoi notre espérance n'est pas privée de fondement, mais repose sur un événement qui s'inscrit dans l'histoire et qui, dans le même temps, dépasse l'histoire :  c'est l'événement constitué par Jésus de Nazareth. L'évangéliste Jean applique à Jésus le titre de "lumière" :  c'est un titre qui appartient à Dieu. En effet, dans le Credo nous professons que Jésus Christ est "Dieu, né de Dieu, Lumière, née de la Lumière".


Homélie pour les première vêpres de l'Avent, Basilique de Saint-Pierre, samedi 1er décembre 2007
© Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

Cardinal Georges Marie Martin Cottier, O.P. et Cardinal Albert Vanhoye, S.J., Présentation de la deuxième Encyclique du Pape Benoît XVI: “Spe Salvi”

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Une Conférence de Presse qui s’est tenue le vendredi 30 novembre dans la matinée, dans la Salle Jean Paul II de la Salle de Presse du Siège, a présenté la deuxième Encyclique du Pape Benoît XVI, intitulée « Spe Salvi » : la présentation a été faite par le Cardinal Georges Marie Martin Cottier, O.P., Pro-Théologien émérite de la Maison Pontificale, et par le Cardinal Albert Vanhoye, S.J., Professeur émérite d’Exégèse du Nouveau Testament, à l’Institut Biblique de Rome.


georges-joseph.jpg« Dans cette nouvelle Encyclique, nous retrouvons le Pape profond théologien, et en même temps Pasteur attentif aux besoins de son troupeau, a déclaré le Cardinal Cottier. À côté de réflexions très approfondies sur les rapports de l’espérance chrétienne et de la foi chrétienne, ainsi que sur l’évolution de la mentalité moderne vis-à-vis de l’espérance chrétienne, nous trouvons des pages émouvantes sur les grands témoins de l’espérance, à commencer par Saint Augustin, qui vivant à une époque dramatique et, jusqu’aux temps plus récents, celui de sainte Joséphine Bakhita, une africaine du 19° siècle, esclave à 19 ans, et maltraitée par des patrons cruels, mais finalement libérée et qui est née à l’espérance grâce à la rencontre avec le Dieu des Chrétiens, Sauveur plein d’amour ». Le Saint-Père cite aussi longuement une lettre extraordinaire d’un martyr vietnamien du 19° siècle, Paul Le Bao-Thin, qui subit « des supplices cruels de toutes sortes », mais qui restait « plein de joie », parce qu’il n’était pas seul. Le Christ était avec lui ; il écrivait : « Alors que fait fureur la tempête, je jette l’ancre jusqu’au trône de Dieu : espérance vivante qui est dans mon cœur… ». À notre époque, l’Encyclique rapporte le cas de « l’inoubliable Cardinal Nguyen Van Thuan » qui, « de 13 années de prison, dont neuf en isolement… nous a laissé un précieux livret : Prières d’espérance. Pendant 13 ans de prison, dans une situation de désespoir apparemment total, l’écoute de Dieu, pouvoir lui parler, devint pour lui une force croissante d’espérance ». Ces cas exceptionnels manifestent bien le dynamisme intense de l’expérience chrétienne ».

card-vanhhoye.JPGLe Cardinal Vanhoye a souligné « l’ampleur de la méditation sur l’espérance comme dimension essentielle de l’existence chrétienne, avec sa beauté et sa force de libération, qu’offre l’Encyclique ‘Spe Salvi’ ; elle contient aussi une invitation à réfléchir en profondeur sur la situation spirituelle de notre temps, en interrogeant plusieurs grands témoins de la pensée moderne et de la conscience de la crise. Nous devons noter que, s’agissant de l’espérance, l’Encyclique parle de même de la foi. En effet, la Lettre aux Hébreux, de laquelle part la réflexion, présente « une sorte de définition de la foi qui lie étroitement cette vertu avec l’espérance. Sur les sarcophages des premiers siècles chrétiens, le Christ est représenté sous la figure de l’authentique philosophe. C’est Lui qui nous guide sur la voie droite de l’existence, vers la plénitude de la vraie vie, au-delà de la mort. L’évocation de cette image suggestive nous fait comprendre pourquoi l’espérance chrétienne est décisive pour la culture et pour l’humanisme authentique ».

(Agence Fides, 30 novembre 2007)

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