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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#la vache qui rumine (annee a)

Blaise Pascal, Trois discours sur la condition des grands (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Premier discours : Pour entrer dans la véritable connaissance de votre condition, considérez-la dans cette image.



    Un homme est jeté par la tempête dans une île inconnue, dont les habitants étaient en peine de trouver leur roi, qui s'était perdu; et, ayant beaucoup de ressemblance de corps et de visage avec ce roi, il est pris pour lui, et reconnu en cette qualité par tout ce peuple. D'abord il ne savait quel parti prendre; mais il se résolut enfin de se prêter à sa bonne fortune. Il reçut tous les respects qu'on lui voulut rendre, et il se laissa traiter de roi.

    Mais comme il ne pouvait oublier sa condition naturelle, il songeait, en même temps qu'il recevait ces respects, qu'il n'était pas ce roi que ce peuple cherchait, et que ce royaume ne lui appartenait pas. Ainsi il avait une double pensée: l¹une par laquelle il agissait en roi, l'autre par laquelle il reconnaissait son état véritable, et que ce n'était que le hasard qui l'avait mis en place où il était. Il cachait cette dernière pensée et il découvrait l'autre. C'était par la première qu'il traitait avec le peuple, et par la dernière qu'il traitait avec soi-même.

    Ne vous imaginez pas que ce soit par un moindre hasard que vous possédez les richesses dont vous vous trouvez maître, que celui par lequel cet homme se trouvait roi. Vous n'y avez aucun droit de vous-même et par votre nature, non plus que lui: et non seulement vous ne vous trouvez fils d'un duc, mais vous ne vous trouvez au monde, que par une infinité de hasards. Votre naissance dépend d'un mariage, ou plutôt de tous les mariages de ceux dont vous descendez. Mais d'où ces mariages dépendent- ils? D'une visite faite par rencontre, d'un discours en l'air, de mille occasions imprévues.

    Vous tenez, dites-vous, vos richesses de vos ancêtres, mais n'est-ce pas par mille hasards que vos ancêtres les ont acquises et qu'ils les ont conservées? Vous imaginez-vous aussi que ce soit par quelque loi naturelle que ces biens ont passé de vos ancêtres à vous? Cela n'est pas véritable. Cet ordre n'est fondé que sur la seule volonté des législateurs qui ont pu avoir de bonnes raisons, mais dont aucune n'est prise d'un droit naturel que vous ayez sur ces choses. S'il leur avait plu d'ordonner que ces biens, après avoir été possédés par les pères durant leur vie, retourneraient à la république après leur mort, vous n'auriez aucun sujet de vous en plaindre.

    Ainsi tout le titre par lequel vous possédez votre bien n'est pas un titre de nature, mais d'un établissement humain. Un autre tour d'imagination dans ceux qui ont fait les lois vous aurait rendu pauvre; et ce n'est que cette rencontre du hasard qui vous a fait naître, avec la fantaisie des lois favorables à votre égard, qui vous met en possession de tous ces biens.

    Je ne veux pas dire qu'ils ne vous appartiennent pas légitimement, et qu'il soit permis à un autre de vous les ravir; car Dieu, qui en est le maître, a permis aux sociétés de faire des lois pour les partager; et quand ces lois sont une fois établies, il est injuste de les violer. C'est ce qui vous distingue un peu de cet homme qui ne posséderait son royaume que par l'erreur du peuple, parce que Dieu n'autoriserait pas cette possession et l'obligerait à y renoncer, au lieu qu'il autorise la vôtre Mais ce qui vous est entièrement commun avec lui, c'est que ce droit que vous y avez n'est point fondé, non plus que le sien, sur quelque qualité et sur quelque mérite qui soit en vous et qui vous en rende digne. Votre âme et votre corps sont d'eux-mêmes indifférents à l'état de batelier ou à celui de duc, et il n'y a nul lien naturel qui les attache à une condition plutôt qu'à une autre.

    Que s'ensuit-il de là? Que vous devez avoir, comme cet homme dont nous avons parlé, une double pensée; et que si vous agissez extérieurement avec les hommes selon votre rang, vous devez reconnaître, par une pensée plus cachée mais plus véritable, que vous n'avez rien naturellement au-dessus d'eux. Si la pensée publique vous élève au-dessus du commun des hommes, que l'autre vous abaisse et vous tienne dans une parfaite égalité avec tous les hommes; car c'est votre état naturel.

    Le peuple qui vous admire ne connaît pas peut-être ce secret. Il croit que la noblesse est une grandeur réelle et il considère presque les grands comme étant d'une autre nature que les autres. Ne leur découvrez pas cette erreur, si vous voulez; mais n'abusez pas de cette élévation avec insolence, et surtout ne vous méconnaissez pas vous-même en croyant que votre être a quelque chose de plus élevé que celui des autres.

    Que diriez-vous de cet homme qui aurait été fait roi par l'erreur du peuple, s'il venait à oublier tellement sa condition naturelle, qu'il s'imaginât que ce royaume lui était dû, qu'il le méritait et qu'il lui appartenait de droit? Vous admireriez sa sottise et sa folie. Mais y en a-t-il moins dans les personnes de condition qui vivent dans un si étrange oubli de leur état naturel?

    Que cet avis est important! Car tous les emportements, toute la violence et toute la vanité des grands vient de ce qu'ils ne connaissent point ce qu'ils sont: étant difficile que ceux qui se regarderaient intérieurement comme égaux à tous les hommes, et qui seraient bien persuadés qu'ils n'ont rien en eux qui mérite ces petits avantages que Dieu leur a donnés au-dessus des autres, les traitassent avec insolence. Il faut s'oublier soi-même pour cela, et croire qu'on a quelque excellence réelle au-dessus d'eux, en quoi consiste cette illusion que je tâche de vous découvrir.

Journée des Vocations: L’œuvre Pontificale de Saint-Pierre Apôtre

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

VATICAN - La Journée des Vocations - L’œuvre Pontificale de Saint-Pierre Apôtre pourvoit à la formation de 83.767 séminaristes ans 962 séminaires des Jeunes Eglises



Rome (Agence Fides) - L’Oeuvre Pontificale de Saint-Pierre Apôtre, une des quatre Œuvres Pontificales Missionnaires, a été fondée à Caen en France en 1889 par Mademoiselle Jeanne Bigard et par sa Mère Stéphanie. Son but fondamental, est la fondation et l’aide spirituelle et économique pour les Séminaires et les Instituts de formation religieuse dans les territoires de Mission. Actuellement, l’Oeuvre pourvoit à la formation de 83.767 séminaristes qui étudient dans 962 séminaires des Territoires de Mission ; elle aide en outre à la formation des Novices, masculins et féminins appartenant à différentes Congrégations Religieuses.

L'Oeuvre pourvoit aux dépenses pour la formation des séminaristes et l’entretien des séminaires dans les Continents suivants : en Afrique 17.110 grands séminaristes et 213 séminaires, 34.992 petits séminaristes et 266 petits séminaires. En Asie, 9.942 grands séminaristes et 126 grands séminaires; 14.915 petits séminaristes et 200 petits séminaires. En Amérique 4.418 grands séminaristes et 90 grands séminaires, 1.307 petits séminaristes et 41 petits séminaires. En Océanie 441 grand séminaristes et 12 grands séminaires; 282 petits séminaristes, et 6 petits séminaires. En Europe, 193 grands séminaristes et 4 grands séminaires, 167 petits séminaristes et 4 petits séminaires.

Le Fonds de Solidarité Universelle de l’Oeuvre est alimenté par les offrandes des fidèles du monde entier, par l’intermédiaire des Directions Nationales des Oeuvres Pontificales Missionnaires, pour aider les vocations autochtones des jeunes Eglises, qui sont en augmentation constante. Une partie importante du Fonds est destinée aux demandes de « subsides extraordinaires » pour la construction de nouveaux séminaires, pour l’entretien général, pour l’agrandissement et la modernisation des bâtiments (plusieurs séminaires ont été construits il y a plus de 50 ans…), et pour la formation des enseignants et des responsables de la formation.

(Agence Fides, 11 avril 2008)

Benoît XVI: Tous missionnaires !

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Regina caeli du dimanche 13 avril : Journée de prière pour les vocations

Texte intégral


ROME, Dimanche 13 avril 2008 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de la méditation que le pape Benoît XVI a prononcée à l'occasion de la prière du Regina caeli, ce dimanche, en présence des pèlerins réunis place Saint-Pierre.

AVANT LE REGINA CAELI

Chers frères et sœurs,

En ce quatrième dimanche de Pâques, alors que la liturgie nous présente Jésus comme Bon Pasteur, nous célébrons la Journée mondiale de prière pour les vocations. Sur chaque continent, les communautés ecclésiales invoquent, d'une seule voix, du Seigneur, de nombreuses et saintes vocations au sacerdoce, à la vie consacrée et missionnaire et au mariage chrétien, et méditent sur le thème : « Les vocations au service de l'Eglise-mission ». Cette année, la Journée mondiale de prière pour les vocations s'insère dans la perspective de l'Année de saint Paul qui s'ouvrira le 28 juin prochain pour célébrer le bimillénaire de la naissance de l'apôtre Paul, le missionnaire par excellence.

Dans l'expérience de l'apôtre des Nations, que le Seigneur appela pour être « ministre de l'Evangile », vocation et mission sont inséparables. Il représente par conséquent un modèle pour tout chrétien, de manière particulière pour les missionnaires ad vitam, c'est-à-dire pour les hommes et les femmes qui se consacrent entièrement à annoncer le Christ à ceux qui ne le connaissent pas encore : une vocation qui conserve aujourd'hui toute sa validité. Ce sont les prêtres qui, en premier lieu, accomplissent ce service missionnaire, en dispensant la parole de Dieu et les sacrements, en manifestant, par leur charité pastorale à tous, surtout aux malades, aux plus petits et aux pauvres, la présence de Jésus Christ, qui guérit. Rendons grâce à Dieu pour ces frères qui se donnent sans réserve dans le ministère pastoral, en scellant parfois leur fidélité au Christ par le sacrifice de leur vie, comme les deux religieux tués hier en Guinée et au Kenya. Nous avons pour eux une admiration reconnaissante et prions pour eux. Prions également pour que la multitude de ceux qui décident de vivre l'Evangile de manière radicale à travers les vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, soit toujours plus grande. Ce sont des hommes et des femmes qui ont un rôle primordial dans l'évangélisation. Parmi eux, certains se consacrent à la contemplation et à la prière, d'autres à une action éducative et caritative multiforme, mais tous sont unis autour d'un même objectif : celui de témoigner de la primauté de Dieu sur tout, et de répandre son royaume dans tous les domaines de la société. Nombre d'entre eux, écrivait le serviteur de Dieu Paul VI, sont « entreprenants, et leur apostolat est marqué souvent par une originalité, un génie qui forcent l'admiration. Ils sont généreux : on les trouve souvent aux avant-postes de la mission, et ils prennent les plus grands risques pour leur santé et leur propre vie » (Exhortation ap. Evangelii nuntiandi, 69). Il ne faut pas oublier, enfin, que la vocation au mariage chrétien est aussi une vocation missionnaire : en effet, les époux sont appelés à vivre l'Evangile dans leur famille, dans leur milieu de travail, dans leur communauté paroissiale et civile. Par ailleurs, dans certains cas ils offrent leur précieuse collaboration dans la mission ad gentes.

Chers frères et soeurs, invoquons la protection maternelle de Marie sur les multiples vocations qui existent dans l'Eglise, afin qu'elles se développent avec une forte empreinte missionnaire. Je vous confie également, Mère de l'Eglise et Reine de la Paix, l'expérience missionnaire spéciale que je vivrai dans les prochains jours avec le voyage apostolique aux Etats-Unis et la visite à l'ONU, et je vous demande à tous de m'accompagner par votre prière.

 

[© Copyright du texte original plurilingue : Libreria Editrice Vaticana - Traduction réalisée par Zenit]

Benoît XVI: Les vocations au service de l'Eglise-mission (4)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
C’est seulement dans un terrain spirituellement bien cultivé que fleurissent les vocations au sacerdoce ministériel et à la vie consacrée. En effet, les communautés chrétiennes, qui vivent intensément la dimension missionnaire du mystère de l’Église, ne seront jamais portées à se replier sur elles-mêmes. La mission, comme témoignage de l’amour divin, devient particulièrement efficace quand elle est partagée d’une manière communautaire, « afin que le monde croie » (cf. Jn 17, 21). Ce don des vocations, l’Église le demande chaque jour à l’Esprit Saint. Comme à ses débuts, recueillie autour de la Vierge Marie, Reine des Apôtres, la communauté ecclésiale apprend d’elle à implorer du Seigneur la floraison de nouveaux apôtres qui sachent vivre en eux cette foi et cet amour qui sont nécessaires pour la mission.
 
Alors que je confie ces réflexions à toutes les communautés ecclésiales, afin qu’elles se les approprient et surtout qu’elles s’en inspirent pour la prière, j’encourage l’engagement de tous ceux qui agissent avec foi et générosité au service des vocations et de grand cœur j’adresse aux formateurs, aux catéchistes et à tous, spécialement aux jeunes en chemin vocationnel, une particulière Bénédiction Apostolique. (fin)
 
 
Du Vatican, le 3 décembre 2007
Benoît XVI

Benoît XVI: Les vocations au service de l'Eglise-mission (3)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Parmi les personnes qui se dévouent totalement au service de l’Évangile, on trouve en particulier les prêtres. Ils sont appelés à dispenser la Parole de Dieu, à administrer les sacrements, spécialement l’Eucharistie et la Réconciliation, dévoués au service des plus petits, des malades, de ceux qui souffrent, des pauvres et de ceux qui traversent des moments difficiles dans des régions de la terre où il y a parfois des multitudes qui, aujourd’hui encore, n’ont pas véritablement rencontré Jésus Christ. Les missionnaires leur apportent la première annonce de son amour rédempteur. Les statistiques montrent que le nombre des baptisés augmente chaque année grâce à l’activité pastorale de ces prêtres, entièrement consacrés au salut de leurs frères. Dans ce contexte, il faut remercier tout spécialement les « prêtres fidei donum, qui, avec compétence et généreux dévouement, construisent la communauté en lui annonçant la Parole de Dieu et en lui partageant le Pain de la vie, sans épargner leurs forces dans le service de la mission de l’Église. Il faut remercier Dieu pour les nombreux prêtres qui ont souffert jusqu’au sacrifice de leur vie pour servir le Christ… Il s’agit de témoignages émouvants qui peuvent inspirer beaucoup de jeunes à suivre le Christ à leur tour et à donner leur vie pour les autres, trouvant ainsi la vie véritable » (Sacramentum caritatis, n° 26). À travers ses prêtres, Jésus se rend donc présent parmi les hommes d’aujourd’hui, jusqu’aux coins les plus éloignés de la terre.
Dans l’Église, il y a aussi depuis toujours beaucoup d’hommes et de femmes qui, mus par l’action de l’Esprit Saint, choisissent de vivre l’Évangile d’une manière radicale, en professant les vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance. Cette multitude de religieux et de religieuses, appartenant à d’innombrables instituts de vie contemplative et active, a encore « une très grande part dans l’évangélisation du monde » (Ad gentes, n° 40). Par leur prière permanente et communautaire, les religieux de vie contemplative intercèdent sans cesse pour toute l’humanité ; ceux de vie active, par leurs multiples formes d’action caritative, apportent à tous le témoignage vivant de l’amour et de la miséricorde de Dieu. À propos de ces apôtres de notre temps, le serviteur de Dieu Paul VI tint à dire : « Grâce à leur consécration religieuse, ils sont par excellence volontaires et libres pour tout quitter et aller annoncer l’Évangile jusqu’aux confins du monde. Ils sont entreprenants, et leur apostolat est marqué souvent par une originalité, un génie qui forcent l’admiration. Ils sont généreux : on les trouve souvent aux avant-postes de la mission, et ils prennent les plus grands risques pour leur santé et leur propre vie. Oui, vraiment, l’Église leur doit beaucoup » (Evangelii nuntiandi, n° 69).
 
De plus, pour que l’Église puisse continuer à accomplir la mission qui lui a été confiée par le Christ et que ne manquent pas les évangélisateurs dont le monde a besoin, il est nécessaire que ne fasse jamais défaut dans les communautés chrétiennes une solide éducation à la foi des enfants et des adultes ; il est nécessaire de maintenir vivant chez les fidèles un sens actif de la responsabilité missionnaire et de la participation solidaire avec les peuples de la terre. Le don de la foi appelle tous les chrétiens à coopérer à l’évangélisation. Cette conscience est nourrie par la prédication et la catéchèse, la liturgie et une continuelle formation à la prière ; elle grandit par l’exercice de l’accueil, de la charité, de l’accompagnement spirituel, de la réflexion et du discernement, ainsi que par un projet pastoral, dont le souci des vocations est partie intégrante. (à suivre)
 

Benoît XVI: Les vocations au service de l'Eglise-mission (2)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Justement parce qu’ils sont envoyés par le Seigneur, les Douze prennent le nom d’« apôtres », destinés à parcourir les routes du monde en annonçant l’Évangile comme témoins de la mort et de la résurrection du Christ. Saint Paul écrit aux chrétiens de Corinthe : « Nous – c’est-à-dire les Apôtres – nous proclamons un Christ crucifié » (1 Co 1, 23). Dans ce processus d’évangélisation, le livre des Actes des Apôtres attribue aussi un rôle très important à d’autres disciples, dont la vocation missionnaire provient de circonstances providentielles, parfois douloureuses, comme l’expulsion de leur propre terre en tant qu’adeptes de Jésus (cf. 8, 1-4). L’Esprit Saint permet de transformer cette épreuve en occasion de grâce, et de la recevoir comme une chance pour que le nom du Seigneur soit annoncé à d’autres peuples et qu’ainsi s’élargisse le cercle de la communauté chrétienne. Il s’agit d’hommes et de femmes qui, comme l’écrit Luc dans le livre des Actes, « ont consacré leur vie à la cause de notre Seigneur Jésus Christ » (15, 26). Le premier de tous, appelé par le Seigneur lui-même à être un véritable Apôtre, est certainement Paul de Tarse. L’histoire de Paul, le plus grand missionnaire de tous les temps, fait émerger, sous de multiples points de vue, quel est le lien entre vocation et mission. Accusé par ses adversaires de ne pas être autorisé à l’apostolat, il fait maintes fois appel à la vocation qu’il a reçue directement du Seigneur (cf. Rm 1, 1 ; Ga 1, 11-12.15-17).
 
Au début, comme par la suite, c’est toujours « l’amour du Christ » qui « pousse » les Apôtres (cf. 2 Co 5, 14). En fidèles serviteurs de l’Église, dociles à l’action de l’Esprit Saint, d’innombrables missionnaires ont suivi les traces des premiers disciples au long des siècles. Le concile Vatican II observe : « Bien qu’à tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge de répandre la foi, le Christ Seigneur appelle toujours parmi ses disciples ceux qu’il veut pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer prêcher aux peuples païens (cf. Mc 3, 13-15) » (Ad gentes, n° 23). En effet, l’amour du Christ est communiqué aux frères par les exemples et les paroles, par toute la vie. « La vocation spéciale des missionnaires ad vitam – selon les paroles de mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II – conserve toute sa valeur : elle est le paradigme de l’engagement missionnaire de l’Église, qui a toujours besoin que certains se donnent radicalement et totalement, qui a toujours besoin d’élans nouveaux et audacieux » (Redemptoris missio, n° 66). (à suivre)
 

Benoît XVI: Les vocations au service de l'Eglise-mission (1)

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Chers frères et soeurs !
 
Pour la Journée mondiale de prière pour les vocations, qui sera célébrée le 13 avril 2008, j’ai choisi le thème : « Les vocations au service de l’Église-mission ». Jésus ressuscité a confié aux Apôtres le mandat : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19), en leur promettant : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). L’Église est missionnaire dans son ensemble et en chacun de ses membres. Si, en vertu des sacrements du baptême et de la confirmation, chaque chrétien est appelé à témoigner et à annoncer l’Évangile, la dimension missionnaire est spécialement et intimement liée à la vocation sacerdotale. Dans l’alliance avec Israël, Dieu confia à des hommes, choisis par avance, appelés par Lui et envoyés au peuple en son nom, la mission d’être prophètes et prêtres. Il fit ainsi, par exemple, avec Moïse : « Maintenant, va ! – lui dit Yahvé – Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple… quand tu auras fait sortir d’Égypte mon peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne » (Ex 3, 10.12). Il en fut de même avec les prophètes.
 
Les promesses faites aux Pères se réalisèrent pleinement en Jésus Christ. À ce sujet, le concile Vatican II affirme : « Ainsi le Fils vint, envoyé par le Père qui nous avait choisis en lui avant la création du monde et prédestinés à une adoption filiale… C’est pourquoi le Christ, pour accomplir la volonté du Père, inaugura le royaume des cieux sur la terre, nous révéla son mystère et, par son obéissance, effectua la Rédemption » (Lumen gentium, n° 3). Et, comme proches collaborateurs dans son ministère messianique, Jésus se choisit des disciples, déjà au cours de sa vie publique, pendant la prédication en Galilée. Par exemple, lors de la multiplication des pains, quand il dit à ses Apôtres : « Donnez-leur vous-même à manger » (Mt 14, 16), les incitant ainsi à prendre en charge le besoin des foules, auxquelles il voulait offrir la nourriture pour les rassasier, mais aussi révéler la nourriture « qui se garde jusque dans la vie éternelle » (Jn 6, 27). Il était saisi de compassion pour les hommes, parce qu’en parcourant les villes et les villages, il rencontrait des foules fatiguées et abattues, « comme des brebis sans berger » (cf. Mt 9, 36). De ce regard d’amour jaillissait son invitation aux disciples : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9, 38), et il envoya les Douze d’abord « aux brebis perdues de la maison d’Israël », avec des instructions précises. Si nous nous arrêtons pour méditer cette page de l’évangile de Matthieu, que l’on appelle habituellement « discours missionnaire », nous relevons tous ces aspects qui caractérisent l’activité missionnaire d’une communauté chrétienne, qui veut rester fidèle à l’exemple et à l’enseignement de Jésus. Correspondre à l’appel du Seigneur inclut l’affrontement, avec prudence et simplicité, de tout danger et même les persécutions, puisque « le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur » (Mt 10, 24). Devenus une seule chose avec le Maître, les disciples ne sont plus seuls à annoncer le Royaume des cieux, mais c’est Jésus lui-même qui agit en eux : « Qui vous accueille m’accueille, et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé » (Mt 10, 40). Et en outre, comme véritables témoins, « revêtus d’une force venue d’en-haut » (Lc 24, 49), ils prêchent « la conversion et le pardon des péchés » (Lc 24, 47) à toutes les nations. (à suivre)
 

Père Thomas Rosica, "Reste avec nous, Seigneur"

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)

Parmi les plus beaux souvenirs de mon enfance je compte les moments où les “anciens” de ma famille m’ont appris à prier et à louer le Seigneur.  Je garde toujours le souvenir d’être assis avec eux dans la cuisine, de voir les graines du chapelet passer silencieusement dans les mains de mon arrière grand-mère.  Elle me disait un jour: “Lorsque tu aimes quelqu’un, il suffit de répéter les mots simples… Il suffit de demander à Dieu et à ses saints de rester avec nous.”


Plus tard ce furent les Soeurs de St Joseph, mes premières institutrices et professeurs qui m’ont appris à prier avec les textes bibliques.  Une de ces soeurs m’a parlé du récit biblique des Disciples d’Emmaüs [Lc 24, 13-35] et cette belle histoire m’est restée toujours très chère.  Combien fut rassurant de découvrir que les deux disciples priaient tout simplement: “Reste avec nous, Seigneur.”

Pour manifester mon amour pour Dieu, j’aime à me tourner vers les Saintes Ecritures et de répéter certaines expressions simples et profondes.  Combien de fois je me trouve à répéter tout simplement cette prière biblique: “Reste avec nous, Seigneur.”

Le récit d’Emmaüs est devenu pour moi une école de prière dans ma vie de prêtre et j’ai choisi ce récit comme sujet de mes hautes études en Ecritures Saintes à l’Institut Biblique Pontificale à Rome et à l’Ecole Biblique de Jérusalem.  L’itinéraire des deux disciples nous offre un modèle et une consolation nous aidant à découvrir la présence de Dieu qui marche avec nous, surtout dans des moments difficiles, de désespoir, et de tristesse.

Prier avec les disciples d’Emmaüs m’invite à être attentif à ce qui se passe dans le monde autour de moi.  Combien est grande la tentation de fermer les yeux sur la souffrance, les malheurs, l’injustice ou alors d’être tellement préoccupé avec ma propre souffrance et ma détresse personnelle que je ne parviens plus à reconnaître l’autre!

Prier avec les disciples d’Emmaüs m’est une invitation à retourner vers les Écritures avec de nouvelles questions.  Jésus ouvre les Écritures aux deux disciples et il insiste sur la nécessité des souffrances du Messie, pour que celui ci entre dans sa gloire.  Est-ce que ma lecture biblique me mène vers une expérience du Seigneur Ressuscité comme cela fut le cas pour Cléophas et son compagnon?

Prier avec les disciples d’Emmaüs veut dire répéter leur prière souvent: “Reste avec nous, Seigneur”.  Par ces paroles les disciples d’Emmaüs invitèrent le Voyageur à rester avec eux, alors que parvenait à son terme le premier jour après le sabbat au cours duquel l’incroyable était arrivé.

Cette prière de l’église primitive les mène à un moment de célébration et de louange.  Leur geste d’hospitalité envers cet étranger résulte du pain béni, rompu et partagé ainsi que du fait qu’ils ont reconnu la présence de Jésus au milieu d’eux à travers la fraction du pain.  Il disparaît et devant eux reste le pain rompu, et dans leur coeur, la douceur de ses paroles.  Ils réalisent que leur coeur est brûlant et qu’ils doivent retourner vers les autres rassemblés à Jérusalem.

Prier avec les disciples d’Emmaüs m’amène à une expérience de lounge en communauté. Les disciples éprouvent un nouveau sens de l’appartenance et un nouveau courage pour témoigner de la Résurrection de Jésus.  Ils ne sont plus tristes et déçus. Ils sont lentement passés des ténèbres et du désespoir à la foi.  Ils sont eux-mêmes devenus porteurs de la bonne nouvelle et capable de louer le Dieu en Esprit et Vérité.


Seigneur, nous te remercions pour ta Parole.
Merci de ta voix qui nous parle dans les Écritures.
Que ta Parole nous transforme en témoins,
en prophètes, en hommes et femmes de l’aube.
Trace pour nous les chemins au milieu de nos déserts.
Maintiens parmi nous les signes de ta présence.
Ravive en nos familles et en nos communautés
la foi en tes promesses de vie,
et qu’au souvenir de ton amour fidèle,
nous allions aussi loin que ton Esprit nous entraîne.
À la suite des disciples d’Emmaüs,
que nos vies soient le reflet de ta vie-
Fais que plus nous étudions les Écritures,
plus nous te trouvions.
Fais que plus nous te connaissions,
plus nous nous immergions dans ta Parole
qui est vérité et vie pour tous les âges.
AMEN.

Père Thomas Rosica, c.s.b.
Président-directeur-général
Télévision Sel et Lumière
www.seletlumieretv.org


Mgr Luciano Alimandi, Jésus "marche à côté de nous"

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
Rome (Agence Fides) - Dans le récit de la rencontre avec les disciples d’Emmaüs (cf. Luc 24, 13-35), on est touché de manière toute particulière par la grande humanité qui s’y manifeste. La rencontre, comme la raconte l’Evangile de Luc, a lieu le long de la route qui, de Jérusalem, allait jusqu’à Emmaüs. Le Pape Benoît XVI, commentant ce passage évangélique, a rappelé que cette localité « n’avait pas été identifiée avec certitude… Et cela n’est pas exempt d’une suggestion de sa part, parce qu’il nous laisse penser que Emmaüs représente en réalité tous les endroits : le chemin qui y conduit est le chemin de chaque chrétien, bien plus, de chaque homme » (Benoît XVI, 6 avril 2008)

Et précisément, les cœurs éplorés et tristes des deux disciples d’Emmaüs, font penser aux difficultés que l’on peut rencontre sur le chemin de la foi, parcouru par le chrétien. Le Pape le souligne en faisant noter la force de l’expression « nous espérions », qui sort des lèvres des deux disciples quand ils sont rejoints par le mystérieux voyageur qui, seulement à la fin, révèlera qu’il est Jésus Ressuscité.

Ce verbe au passé dit tout : Nous avons cru, nous avons suivi, nous avons espéré… mais désormais, tout est fini. Même Jésus de Nazareth qui avait montré qu’il était un prophète puissant en œuvres et en paroles, a échoué, et nous sommes déçus. Ce drame des disciples d’Emmaüs apparaît comme un miroir de la situation de nombreux chrétiens de notre temps. Il semble que l’espérance ait échoué. La foi elle-même entre en crise à cause d’expériences négatives qui font que nous nous sentons abandonnés par le Seigneur. Mais ce chemin pour Emmaüs, sur lequel nous marchons, peut devenir une voie de purification et de maturation de notre foi en Dieu » (Benoît XVI, 6 avril 2008).

Comme le déclare le Saint-Père, les deux disciples croyaient que Jésus avait échoué. Ils avaient abandonné toute espérance qu’Il puisse édifier le Royaume, en vainquant le monde, comme il l’avait promis. A leurs yeux, Jésus ne pouvait plus vaincre, parce qu’il avait été vaincu par la mort. L’espérance, comme la foi, s’était éteinte dans leur cœur, elle ne brûlait plus.

Que de fois, dans la vie des chrétiens, il se passe la même chose : il suffit d’un rien, et la foi bat en retraite, en se révélant être plus faible qu’on ne le pensait. Que de fois, par exemple, la pensée va vers un passé, récent ou plus lointain, où l’on a vécu quelque chose de beau avec Dieu ou pour Dieu, alors que l’on ressent dans le cœur, avec ce souvenir, cette nostalgie typique, imprégnée de tristesse due à un présent qui n’espère plus pouvoir revivre la beauté du rapport avec Dieu. Ainsi, au lieu de déclarer « ce sera beau de nouveau », on se limite à répéter « cela a été beau », comme pour dire « cela ne le sera plus jamais ».

Combien de chemins semblables à celui d’Emmaüs nous réserve l’existence chrétienne ; mais cet Evangile, précisément, doit nous consoler : le Seigneur se fait toujours notre compagnon de voyage, comme le rappelle le Souverain Pontife, « pour rallumer dans nos cœurs la chaleur de la foi et de l’espérance, et rompre le pain de la vie éternelle… Ainsi, la rencontre avec le Christ Ressuscité, qui est possible aujourd’hui également, nous donne une foi plus profonde et plus authentique, fortifiée, si l’on peut dire, par le feu de l’événement pascal ; une foi robuste parce qu’elle se nourrit non pas d’idées humaines, mais de la Parole de Dieu et de Sa Présence Réelle dans l’Eucharistie » (Benoît XVI, 6 avril 2008).

Même si pendant un bout de chemin, on ne Le reconnaîtra pas, l’important c’est de croire que Jésus est toujours avec nous, comme il l’a promis (cf. Mathieu 28, 20), et qu’il nous accompagne le long de notre chemin, dans cette épreuve. Plus avant, quand l’épreuve aura atteint son but, qui est celui d’une foi plus pure et plus profonde en Dieu, nous Le reconnaîtrons. A un certain point, précisément grâce à la souffrance purificatrice, à l’aide de la grâce, le cœur et l’esprit seront suffisamment ouverts, et Il pourra se faire reconnaître selon des modes différents, et l’on comprendra alors que c’est Lui précisément « le Seigneur » !

Le Saint-Père nous renouvelle à tous cette exhortation de Simon Pierre à la première communauté des chrétiens : « Vous en tressaillez de joie, bien qu’il vous faille encore quelque temps être affligés par diverses épreuves, afin que la valeur de votre foi, plus précieuse que l’or périssable que l’on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la Révélation de Jésus-Christ » (1 Pierre, 1, 6-7).

Dans un temps comme le nôtre, où la foi est constamment en proie à des problèmes provenant d’une culture du doute et de l’autosuffisance, laissons-nous guider par le Seigneur Jésus qui, par la main ferme de son Vicaire en terre, indique l’objet de notre foi, le salut des âmes (cf. 1 Pierre, 1,9).

Dans les moments de l’épreuve, que ne manque jamais l’invocation confiante à la Vierge Marie :

« Dans les périls, dans les moments d’inquiétude, dans les incertitudes, pense à Marie, invoque Marie. Qu’elle ne quitte jamais tes lèvres, qu’elle ne quitte jamais ton cœur ; et, pour que tu puisses obtenir l’aide de sa prière, n’oublie jamais l’exemple de sa vie. Si tu la suis, tu ne peux dévier ; si tu la pries, tu ne peux désespérer ; si tu penses à Elle, tu ne peux te tromper. Si Elle te soutient, tu ne tombes pas ; si Elle de te protège, tu n’as rien à craindre ; si Elle te guide, tu ne te fatigues pas ; si Elle t’est favorable, tu arriveras au but… » (Saint Bernard).

(Agence Fides, 9 avril 2008)

Benoît XVI, Emmaüs représente tout lieu, la route qui y conduit est le chemin de tout chrétien

dominicanus #La vache qui rumine (Année A)
ROME, Dimanche 6 avril 2008 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de la méditation que le pape Benoît XVI a prononcée à l'occasion de la prière du Regina caeli, ce dimanche, en présence des pèlerins réunis place Saint-Pierre.

AVANT LE REGINA CAELI

Chers frères et sœurs,

L'évangile de ce dimanche - le troisième dimanche de Pâques - est le célèbre récit dit des « disciples d'Emmaüs (cf. Lc 24,13-35). Il parle de deux disciples du Christ qui, le jour après le sabbat, c'est-à-dire le troisième jour de sa mort, tristes et abattus, ont quitté Jérusalem en direction d'un village peu éloigné, appelé justement Emmaüs. Le long du chemin, Jésus ressuscité s'approcha d'eux, mais ils ne le reconnurent pas. Les sentant découragés, il leur expliqua, sur la base des Ecritures, que le Messie devait souffrir et mourir pour arriver à sa gloire. Entré avec eux dans la maison, il s'assit à table, bénit le pain, et le rompit, et à ce moment-là, ils le reconnurent, mais lui disparut de leur vue, en les laissant émerveillés devant ce pain rompu, nouveau signe de sa présence. Et immédiatement ils revinrent tous les deux à Jérusalem, et ils racontèrent ce qui était arrivé aux autres disciples.

La localité d'Emmaüs n'a pas été identifiée avec certitude. Il y a différentes hypothèses, et ce n'est pas sans être suggestif : cela nous fait penser qu'Emmaüs représente tout lieu, en réalité : la route qui y conduit est le chemin de tout chrétien, et même de tout homme. C'est sur nos routes que Jésus ressuscité se fait compagnon de voyage, pour rallumer dans nos cœurs la chaleur de la foi et de l'espérance, et rompre le pain de la vie éternelle. Dans la conversation des disciples avec le voyageur inconnu, on est frappé par l'expression que l'évangéliste Luc met sur les lèvres de l'un d'entre eux : « Nous espérions » (Lc 24, 21). Ce verbe au passé dit tout : Nous avons cru, nous avions suivi, nous avions espéré..., désormais tout est fini. Jésus de Nazareth aussi, lui qui s'était montré un prophète puissant en œuvres et en paroles, a échoué, et nous avons été déçus. Ce drame des disciples d'Emmaüs apparaît comme un reflet de la situation de nombreux chrétiens de notre temps. Il semble que l'espérance de la foi ait échoué. La foi même entre en crise à cause des expériences négatives qui font que nous nous sentons abandonnés par le Seigneur. Mais cette route d'Emmaüs, sur laquelle nous marchons, peut devenir un chemin de purification et de maturation de notre foi en Dieu. Aujourd'hui aussi, nous pouvons entrer en colloque avec Jésus et écouter sa Parole. Aujourd'hui aussi, il rompt le pain pour nous et se donne lui-même comme notre Pain. Et ainsi, la rencontre avec le Christ ressuscité qui est possible aujourd'hui aussi, nous donne une foi plus profonde et authentique, trempée, pour ainsi dire, au feu de l'événement pascal, une foi robuste parce qu'elle se nourrit non d'idées humaines, mais de la Parole de Dieu, et de sa présence réelle dans l'Eucharistie.

Cet étonnant texte évangélique contient déjà la structure de la messe : dans la première partie, l'écoute de la Parole par les Saintes Ecritures ; dans la deuxième, la liturgie eucharistique et la communion avec le Christ présent dans le sacrement de son Corps et de son Sang. En se nourrissant à cette double table, l'Eglise s'édifie sans cesse et se renouvelle de jour en jour dans la foi, dans l'espérance et dans la charité. Par l'intercession de Marie la très sainte, nous prions afin que tout chrétien et toute communauté, en revivant l'expérience des disciples d'Emmaüs, redécouvre la grâce de la rencontre transformante avec le Seigneur ressuscité.


[© Copyright du texte original plurilingue : Libreria Editrice Vaticana - Traduction réalisée par Zenit]

 

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