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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#homelies annee b 2011-2012

Benoît XVI au Mexique: Homélie du dimanche - Demandons au Christ qu’il règne dans nos cœurs en les rendant purs

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

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Chers frères et sœurs,

Je me réjouis d’être parmi vous, et je remercie vivement Mgr José Guadalupe Martín Rábago, Archevêque de León, pour ses aimables paroles de bienvenue. Je salue l’épiscopat mexicain, de même que Messieurs les Cardinaux et les autres Évêques ici présents, particulièrement ceux qui sont venus de l’Amérique Latine et des Caraïbes. Mon salut chaleureux va également aux autorités qui nous accompagnent, de même qu’à tous ceux qui se sont réunis pour participer à cette Sainte Messe présidée par le Successeur de Pierre.

« Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu » (Ps 50, 12), avons-nous invoqué dans le psaume responsorial. Cette exclamation montre la profondeur avec laquelle nous devons nous préparer à célébrer la semaine prochaine le grand mystère de la passion, mort et résurrection du Seigneur. Elle nous aide pareillement à regarder au plus profond du cœur humain, spécialement dans les moments à la fois de douleur et d’espérance, comme ceux que traverse actuellement le peuple mexicain et bien d’autres de l’Amérique Latine.

Le désir d’un cœur pur, sincère, humble, agréable à Dieu, était déjà très ressenti par Israël, à mesure qu’il prenait conscience de la persistance du mal et du péché en son sein, comme une puissance pratiquement implacable et impossible à dépasser. Il restait seulement à se confier à la miséricorde de Dieu tout-puissant et dans l’espérance qu’il changera de l’intérieur, au fond du cœur, une situation insupportable, obscure et sans avenir. Ainsi fut ouvert le chemin du recours à la miséricorde infinie du Seigneur, qui ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et vive (cf. Ez 33,11). Un cœur pur, un cœur nouveau, est celui qui se reconnait impuissant par lui-même, et s’en remet entre les mains de Dieu pour continuer à espérer en ses promesses. De cette manière, le psalmiste peut dire avec conviction au Seigneur : « Vers toi, reviendront les égarés » (Ps 50, 15). Et, vers la fin du psaume, il donnera une explication qui est en même temps une ferme confession de foi : « Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé » (v. 19).

L’histoire d’Israël raconte aussi des grandes prouesses et des batailles. Toutefois, au moment d’affronter son existence la plus authentique, son destin le plus décisif : le salut, il met son espérance en Dieu plus qu’en ses propres forces, en Dieu qui peut recréer un cœur nouveau, qui n’est ni insensible ni arrogant. Cela peut nous rappeler aujourd’hui, à chacun de nous et à nos peuples que, quand il s’agit de la vie personnelle et communautaire dans sa dimension la plus profonde, les stratégies humaines ne suffiront pas pour nous sauver. On doit aussi avoir recours au seul qui peut donner la vie en plénitude, parce qu’il est lui-même l’essence de la vie et son auteur, et il nous a donné d’y participer par son Fils Jésus-Christ.

L’Évangile d’aujourd’hui poursuit en nous faisant voir comment ce désir antique de vie plénière s’est accompli réellement dans le Christ. Saint Jean l’explique dans un passage où le désir de quelques grecs de voir Jésus coïncide avec le moment où le Seigneur va être glorifié. À la demande des grecs, représentants du monde païen, Jésus répond en disant : « L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié » (Jn 12, 23). Voici une réponse étrange, qui semble incohérente avec la demande des grecs. Qu’est-ce que la glorification de Jésus a à voir avec la demande de le rencontrer ? Il existe pourtant un lien. Quelqu’un pourrait penser – observe saint Augustin – que Jésus se sent glorifié parce que les gentils viennent à lui. Nous dirions aujourd’hui : quelque chose de similaire aux applaudissements de la foule qui rend « gloire » aux grands de ce monde. Il n’en est pourtant pas ainsi. « Il était convenable que la grandeur de sa glorification soit précédée par l’humiliation de sa passion » (In Joannis Ev., 51, 9 : PL 35, 1766).

La réponse de Jésus, annonçant sa passion imminente, veut dire qu’une rencontre fortuite en ces moments-là serait superflue et peut-être trompeuse. Ce que les grecs désirent voir, en réalité ils le verront quand il sera élevé sur la croix, d’où il attirera tous les hommes à lui (cf. Jn12, 32). Là commencera sa « gloire », à cause de son sacrifice d’expiation pour tous ; comme le grain de blé tombé en terre qui, en mourant, germe et porte beaucoup de fruit. Ils rencontreront celui qu’assurément ils recherchaient, sans le savoir, dans leurs cœurs, le vrai Dieu qui se rend reconnaissable à tous les peuples. Ceci est également la manière par laquelle Notre-Dame de Guadeloupe a montré son divin Fils à saint Juan Diego. Non pas comme un héros prodigieux d’une légende, mais comme le vrai Dieu, pour lequel on vit, le Créateur de toutes les personnes, dans la proximité et l’immédiateté, le Créateur du ciel et de la terre (cf. Nican Mopohua, v. 33). La Vierge fit en ce moment ce dont elle avait déjà fait l’expérience lors des Noces de Cana. Devant la gêne causée par le manque de vin, elle a indiqué clairement aux serviteurs que la voie à suivre était son Fils : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2, 5).

Chers frères, en venant ici j’ai pu m’approcher du monument dédié au Christ Roi, sur la hauteur du Cubilete. Mon vénéré prédécesseur, le bienheureux Pape Jean-Paul II, bien que l’ayant désiré ardemment, n’a pas pu visiter, ce lieu emblématique de la foi du peuple mexicain, au cours de ses voyages dans cette terre bien-aimée. Il se réjouira certainement aujourd’hui du ciel du fait que le Seigneur m’ait donné la grâce de pouvoir être maintenant avec vous, comme il bénirait aussi tant de millions de mexicains qui ont voulu vénérer récemment ses reliques partout dans le pays. Et bien, c’est le Christ Roi qui est représenté dans ce monument. Pourtant les couronnes qui l’accompagnent, l’une de souverain et l’autre d’épines, montrent que sa royauté n’est pas comme beaucoup l’avaient comprise et la comprennent. Son règne ne consiste pas dans la puissance de ses armées pour soumettre les autres par la force ou la violence. Il se fonde sur un pouvoir plus grand qui gagne les cœurs : l’amour de Dieu qu’il a apporté au monde par son sacrifice, et la vérité dont il a rendu témoignage. C’est cela sa seigneurie, que personne ne pourra lui enlever, et que personne ne doit oublier. C’est pourquoi, il est juste que, par-dessus tout, ce sanctuaire soit un lieu de pèlerinage, de prière fervente, de conversion, de réconciliation, de recherche de la vérité et de réception de la grâce. À lui, au Christ, demandons qu’il règne dans nos cœurs en les rendant purs, dociles, pleins d’espérance et courageux dans leur humilité.

Aujourd’hui aussi, depuis ce parc par lequel on veut rappeler le bicentenaire de la naissance de la nation mexicaine, qui unit en elle beaucoup de différences, mais avec un destin et une ardeur communs, demandons au Christ un cœur pur, où il puisse habiter comme prince de la paix, grâce au pouvoir de Dieu, qui est pouvoir du bien, pouvoir d’amour. Et, pour que Dieu habite en nous, il faut l’écouter ; il faut se laisser interpeler par sa Parole chaque jour, en la méditant dans son cœur, à l’exemple de Marie (cf. Lc 2, 51). Ainsi grandit notre amitié personnelle avec lui ; s’apprend ce qu’il attend de nous et se reçoit le courage pour le faire connaître aux autres.

À Aparecida, les Évêques de l’Amérique latine et des Caraïbes ont ressenti avec clairvoyance la nécessité de renforcer, de renouveler et de revitaliser la nouveauté de l’Évangile enracinée dans l’histoire de ces terres « depuis la rencontre personnelle et communautaire avec Jésus-Christ, qui suscite des disciples et des missionnaires » (Document conclusif, 11). La Mission Continentale, qui est maintenant mise en acte dans chaque diocèse de ce Continent, a précisément pour but de faire parvenir cette conviction à tous les chrétiens et aux communautés ecclésiales, pour qu’ils résistent à la tentation d’une foi superficielle et routinière, parfois fragmentaire et incohérente. Ici aussi, on doit dépasser la fatigue de la foi et récupérer « la joie d’être chrétiens, le fait d’être soutenus par le bonheur intérieur de connaître le Christ et d’appartenir à son Église. De cette joie naissent aussi les énergies pour servir le Christ dans les situations opprimantes de souffrance humaine, pour se mettre à sa disposition sans se replier sur son propre bien-être » (Discours à la Curie romaine, 22 décembre 2011). Nous le voyons très bien dans les saints, qui se sont donnés pleinement à la cause de l’Évangile avec enthousiasme et avec joie, sans épargner les sacrifices, y compris celui de leur propre vie. Leur cœur était un choix inconditionnel pour le Christ, dont ils ont appris ce que signifie aimer vraiment jusqu’au bout.

En ce sens, l’Année de la foi, à laquelle j’ai convié toute l’Église, « est une invitation à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde […] la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d’un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie » (Porta fidei, 11 octobre 2011, nn. 6,7).

Demandons à la Vierge Marie de nous aider à purifier notre cœur, particulièrement alors que s’approche la célébration des fêtes de Pâques, pour que nous puissions mieux participer au mystère du salut de son Fils, tel qu’elle l’a fait connaître sur ces terres. Et demandons-lui aussi de continuer à accompagner et à protéger ses chers enfants mexicains et latino-américains, pour que le Christ règne dans leur vie et les aide à promouvoir avec audace la paix, la concorde, la justice et la solidarité. Amen.

© Libreria Editrice Vaticana – 2012

Lectures et Homélie pour le 5e Dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

Lectures et Homélie pour le 4e Dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

Lectures et Homélie pour le 3e Dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

Lectures et Homélie pour le 2e Dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

Voici les liens vers les lectures et l'homélie du Deuxième Dimanche du Carême de l'Année B.


Vous remarquerez aussi l'apparition, en haut à droite de votre blog, l'apparition d'un bouton 'PayPal' intitulé : 'Faire un don'. Comme je le fais depuis 2006, je dois bientôt renouveler le versement annuel de 49,90 Euros pour la location du nom de domaine, et je n'ai plus les moyens d'y faire face. Votre contribution, aussi modeste soit-elle, sera la bienvenue. Il n'est pas nécessaire de disposer d'un compte 'PayPal'. Le paiement est sécurisé, et possible pour la plupart des cartes bancaires. Un grand merci !


 



Liturgie de la Parole 2° dimanche du Carême B



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Croire à la Transfiguration quand tout semble nous conduire à la mort

Benoît XVI, Le Carême de l'Église: ou la domination, ou la croix

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

Un message, une catéchèse, une homélie, une double "lectio divina". Ce sont les enseignements de Benoît XVI pour traverser le désert du monde et vaincre les tentations du pouvoir et du succès. Sera-t-il écouté? 

 

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ROME, le 25 février 2012 – À partir de demain, ce sera le Carême pour tout le monde. Selon le rite romain, il a déjà commencé le mercredi des Cendres tandis que, selon le rite ambrosien utilisé dans le diocèse de Milan, qui suit un calendrier plus ancien, ce temps fort de l'année liturgique commence le sixième dimanche avant Pâques.

Temps fort ? Dans la mentalité prédominante en Occident, le Carême s’est beaucoup affaibli. On s’intéresse davantage au Ramadan musulman.

Mais Benoît XVI tient visiblement à redonner du sens et de la force à ce temps de préparation à Pâques.

Cette année, comme il l’avait déjà fait les deux années précédentes, en plus du traditionnel message aux fidèles :

> "Le Carême nous offre..."

en plus de l’audience générale du mercredi des Cendres :

> "Au cours de cette catéchèse..."


en plus de l’homélie de la messe de ce même jour :

> "Con questo giorno di penitenza e di digiuno..."

le pape Joseph Ratzinger a également voulu ouvrir le Carême par une double "lectio divina". La première, il l’a adressée aux séminaristes de Rome :

> "Cari Seminaristi..."


Et la seconde, aux prêtres de son diocèse :

> "È per me una grande gioia..."


La "lectio divina" est une réflexion sur la Sainte Écriture que l’on fait en choisissant un passage de la Bible et en le commentant. Le pape Benoît XVI a l’habitude de les improviser, dans le style des anciens Pères de l’Église et des grands maîtres de la théologie du Moyen Âge, en restant toujours attentif aux faits et à la culture actuels.

L’esprit de fond de la "lectio divina" est celui qui fut exprimé par Jésus quand il fut tenté par le démon pendant son "Carême" dans le désert : "L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu".
 

Parmi les cinq textes cités, les plus instructifs sont certainement les deux "lectio", dont les transcriptions intégrales sont disponibles sur le site web du Vatican et qui sont en cours de traduction dans les différentes langues.

Mais on trouvera ci-dessous celui des cinq textes qui est le plus pédagogique. Benoît XVI y explique dans un langage simple ce qu’est le Carême et il enseigne comment le vivre.

C’est la catéchèse que le pape a donnée aux milliers de pèlerins qui remplissaient la salle des audiences, le matin du 22 février, mercredi des Cendres.

Sandro Magister


"L'ÉGLISE EN CHEMIN DANS LE DÉSERT DU MONDE..."

par Benoît XVI



Chers frères et sœurs, au cours de cette catéchèse, je voudrais m’arrêter brièvement sur le temps de carême. Il s’agit d’un itinéraire de quarante jours qui conduira au Triduum pascal, mémoire de la passion, de la mort et de la résurrection du Seigneur, le cœur du mystère de notre salut.

Pendant les premiers siècles de vie de l’Eglise, c’était le temps au cours duquel ceux qui avaient entendu et accueilli l’annonce du Christ commençaient, peu à peu, leur chemin de foi et de conversion pour arriver à recevoir le sacrement du Baptême. Il s’agissait d’une occasion de s’approcher du Dieu vivant, d’une initiation à la foi à accomplir graduellement, à travers un changement intérieur de la part des catéchumènes, c’est-à-dire de ceux qui désiraient devenir chrétiens et être incorporés au Christ et à l’Eglise.

Par la suite, les pénitents puis tous les fidèles furent également invités à vivre cet itinéraire de renouveau spirituel, pour conformer toujours plus leur existence à celle du Christ.

La participation de la communauté tout entière aux divers passages de l’itinéraire quadragésimal souligne une dimension importante de la spiritualité chrétienne: c’est la rédemption non pas de quelques-uns, mais de tous, qui est disponible grâce à la mort et à la résurrection du Christ. C’est pourquoi, tant ceux qui parcouraient un chemin de foi comme catéchumènes pour recevoir le baptême, que ceux qui s’étaient éloignés de Dieu et de la communauté de la foi et cherchaient la réconciliation, ou encore ceux qui vivaient la foi en pleine communion avec l’Eglise, tous ensemble savaient que le temps qui précède Pâques est un temps de metanoia, c’est-à-dire de changement intérieur, de repentir; le temps qui identifie notre vie humaine et toute notre histoire comme un processus de conversion qui se met en mouvement à présent pour rencontrer le Seigneur à la fin des temps.

A travers une expression devenue typique dans la liturgie, l’Eglise appelle la période dans laquelle nous sommes entrés aujourd’hui «quadragésimale» c’est-à-dire un temps de quarante jours et, à travers une référence claire à l’Ecriture Sainte, elle nous introduit ainsi dans un contexte spirituel précis.

Quarante est en effet le nombre symbolique par lequel l’Ancien et le Nouveau Testament représentent les moments les plus importants de l’expérience de la foi du Peuple de Dieu. Il s’agit d’un nombre qui exprime le temps de l’attente, de la purification, du retour au Seigneur, de la conscience que Dieu est fidèle à ses promesses.

Ce nombre ne représente pas un temps chronologique exact, marqué par la somme des jours. Il indique plutôt une persévérance patiente, une longue épreuve, une période suffisante pour voir les œuvres de Dieu, un temps dans les limites duquel il faut se décider à assumer ses responsabilités sans plus de retard. C’est le temps des décisions mûres.

Le nombre quarante apparaît avant tout dans l’histoire de Noé. Cet homme juste, à cause du déluge, passe quarante jours et quarante nuits dans l’arche, avec sa famille et les animaux que Dieu lui avait dit d’emporter avec lui. Il attend quarante jours, après le déluge, avant de toucher la terre ferme, sauvée de la destruction (cf. Gn 7, 4.12; 8, 6).

Puis la prochaine étape: Moïse demeure sur le mont Sinaï, en présence du Seigneur, quarante jours et quarante nuits, pour recevoir la Loi. Au cours de ce temps, il jeûne (cf. Ex 24, 18).

Quarante est le nombre d’années de voyage du peuple juif, d’Egypte à la Terre promise, un temps adapté pour faire l’expérience de la fidélité de Dieu. «Souviens-toi de tout le chemin que Yahvé ton Dieu t'a fait faire pendant 40 ans... Le vêtement que tu portais ne s'est pas usé et ton pied n'a pas enflé, au cours de ces 40 ans!» dit Moïse dans le Deutéronome à la fin de ces quarante ans de migration (Dt 8, 24).

Les années de paix dont jouit Israël sous les juges sont quarante (cf. Jg 3, 11.30), mais, passé ce temps, commence l’oubli des dons de Dieu et le retour au péché.

Le prophète Elie met quarante jours à atteindre le Horeb, le mont où il rencontre Dieu (cf. 1 R 19, 8).

Quarante est également le nombre de jours au cours desquels les citoyens de Ninive font pénitence pour obtenir le pardon de Dieu (cf. Gn 3, 4).

Quarante est également le nombre d’années de règne de Saül (cf. Ac 13, 21), de David (cf. 2 S 5, 4-5) et de Salomon (cf. 1 R 11, 41), les trois premiers rois d’Israël.

Les psaumes réfléchissent eux aussi sur la signification biblique des quarante ans, comme par exemple le Psaume 95, dont nous avons entendu un passage: «Aujourd'hui si vous écoutiez sa voix! “N'endurcissez pas vos cœurs comme à Meriba, comme au jour de Massa dans le désert, où vos pères m'éprouvaient, me tentaient, alors qu'ils me voyaient agir! 40 ans cette génération m'a dégoûté et je dis: Toujours ces cœurs errants, ces gens-là n'ont pas connu mes voies”» (vv. 7c-10).

Dans le Nouveau Testament, avant de commencer sa vie publique, Jésus se retire dans le désert pendant quarante jours, sans manger ni boire (cf. Mt 4, 2): il se nourrit de la Parole de Dieu, qu’il utilise comme une arme pour vaincre le diable. Les tentations de Jésus rappellent celles que le peuple juif affronta dans le désert, mais qu’il ne sut pas vaincre.

Quarante est le nombre de jours au cours desquels Jésus ressuscité instruit les siens, avant de monter au Ciel et d’envoyer l’Esprit Saint (cf. Ac 1, 3).

Avec ce chiffre récurrent de quarante est décrit un contexte spirituel qui reste actuel et valable, et l’Eglise, précisément au moyen des jours de la période quadragésimale, entend en conserver la valeur durable et la mettre à profit.

La liturgie chrétienne du Carême a pour but d’encourager un chemin de renouveau spirituel, à la lumière de cette longue expérience biblique et surtout d’apprendre à imiter Jésus qui, pendant les quarante jours passés dans le désert, enseigna à vaincre la tentation avec la Parole de Dieu.

Les quarante ans de la pérégrination d’Israël dans le désert présentent des attitudes et des situations ambivalentes. D’une part, ils sont la saison du premier amour avec Dieu et entre Dieu et son peuple, quand Il parlait à son cœur, en lui indiquant sans cesse la route à parcourir. Dieu avait établi, pour ainsi dire, sa demeure au milieu d’Israël, il le précédait à l’intérieur d’un nuage ou d’une colonne de feu, il pourvoyait chaque jour à sa nourriture en faisant descendre la manne et en faisant jaillir l’eau de la roche. Les années passées par Israël dans le désert peuvent donc être vues comme le temps de l’élection spéciale de Dieu et de l’adhésion du peuple à Lui: le temps du premier amour.

D’autre part, la Bible montre également une autre image de la pérégrination d’Israël dans le désert: c’est aussi le temps des tentations et des dangers les plus grands, quand Israël murmure contre son Dieu et voudrait revenir au paganisme et se construit ses propres idoles, car il ressent l’exigence de vénérer un Dieu plus proche et plus tangible. C’est également le temps de la rébellion contre le Dieu grand et invisible.

Cette ambivalence, temps de la proximité particulière de Dieu — temps du premier amour —, et temps de la tentation — la tentation du retour au paganisme —, nous la retrouvons de manière surprenante dans le chemin terrestre de Jésus, naturellement sans aucun compromis avec le péché.

Après le baptême de pénitence dans le Jourdain, lors duquel il assume le destin du Serviteur de Dieu qui renonce à lui-même et qui vit pour les autres et se place parmi les pécheurs pour prendre sur lui le péché du monde, Jésus se rend dans le désert pour y rester quarante jours en profonde union avec le Père, répétant ainsi l’histoire d’Israël, tous ces rythmes de quarante jours ou années que j’ai mentionnés. Cette dynamique est une constante dans la vie terrestre de Jésus, qui recherche toujours des moments de solitude pour prier son Père et rester en communion intime, en intime solitude avec Lui, en communion exclusive avec Lui, et ensuite revenir parmi les personnes.

Mais pendant ce temps de «désert» et de rencontre spéciale avec le Père, Jésus se trouve exposé au danger et est assailli par la tentation et par la séduction du Malin, qui lui propose une vie messianique différente, éloignée du projet de Dieu, car elle passe à travers le pouvoir, le succès, la domination et non à travers le don total sur la Croix. L’alternative est la suivante: un messianisme de pouvoir, de succès, ou un messianisme d’amour, de don de soi.

Cette situation d’ambivalence décrit également la condition de l’Eglise en chemin dans le «désert» du monde et de l’histoire.

Dans ce «désert», nous croyants avons certainement l’opportunité d’accomplir une profonde expérience de Dieu qui rend l’esprit fort, qui confirme la foi, nourrit l’espérance, anime la charité; une expérience qui nous fait participer à la victoire du Christ sur le péché et sur la mort à travers le sacrifice d’amour sur la Croix.

Mais le «désert» est également l’aspect négatif de la réalité qui nous entoure: l’aridité, la pauvreté de paroles de vie et de valeurs, le sécularisme et la culture matérialiste, qui enferment la personne dans l’horizon terrestre de l’existence en l’éloignant de toute référence à la transcendance. Tel est également le milieu où le ciel au- dessus de nous est obscur, car il est assombri par les nuages de l’égoïsme, de l’incompréhension et de la tromperie.

Malgré cela, pour l’Eglise d’aujourd’hui aussi, le temps du désert peut se transformer en temps de grâce, car nous avons la certitude que du roc le plus dur Dieu peut aussi faire jaillir l’eau vive qui désaltère et restaure.

Chers frères et sœurs, au cours de ces quarante jours qui nous conduiront à la Pâque de résurrection, nous pouvons retrouver un nouveau courage pour accepter avec patience et avec foi chaque situation de difficulté, de tristesse et d’épreuve, dans la conscience que des ténèbres le Seigneur fera naître le jour nouveau.

Et si nous avons été fidèles à Jésus, en le suivant sur la voie de la Croix, le monde clair de Dieu, le monde de la lumière, de la vérité et de la joie nous sera comme redonné: ce sera l’aube nouvelle créée par Dieu lui-même.

Bon chemin de carême à vous tous!





Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

Lectures et Homélie pour le 1er Dimanche du Carême B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

Nous voici entrés dans le Temps du Carême. Est-ce une Bonne Nouvelle? Assurément ! Car c'est le temps favorable où le Seigneur et son Eglise nous invitent à grandir dans la charité, comme nous le rappelle Benoît XVI dans son message.

Tout au long de ces quarante jours (plus les dimanches !), ne manquons pas de nous mettre à son écoute. Par lui, par son Eglise, c'est vraiment lui qui nous parle en amoureux. N'ayons peur ni du désert, ni des bêtes sauvages, ni de Satan. Si nous marchons avec Jésus, les anges nous serviront.

Voici donc les liens vers les lectures et l'homélie pour le Premier Dimanche de ce Carême :

 

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Liturgie de la Parole 1° dimanche du Carême B

 

Homélie 1 Carême B: Victoire sur la tentation du messianisme terrestre

Homélie du Pape aux nouveaux cardinaux : "l’Église a le devoir d’ouvrir au-delà d’elle-même ce monde qui tend à se fermer sur lui-même"

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

 

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En la solennité de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, Benoît XVI a célébré une messe, ce dimanche matin, dans la Basilique Saint Pierre entouré des 22 nouveaux cardinaux qu’il a créés la veille. “La nouvelle dignité qui vous a été conférée, a déclaré le Pape dans son homélie, veut manifester la reconnaissance pour votre fidèle travail dans la vigne du Seigneur, honorer les Communautés et les Nations d’où vous provenez et dont vous êtes les dignes représentants dans l’Eglise, vous investir aussi de nouvelles et plus importantes responsabilités ecclésiales, et enfin vous demander un supplément de disponibilité pour le Christ et pour la Communauté chrétienne toute entière. " “Cette disponibilité au service de l’Evangile, a encore afffirmé le Pape, est solidement fondée sur la certitude de la foi.” 

 
Après la prière de l’angélus, s’adressant aux pèlerins francophones, le Pape a exhorté à « prier pour que l’Église demeure fidèle à l’enseignement du Christ qui a choisi Pierre, pour faire paître ses brebis. » Il a par ailleurs rappelé que mercredi commencera le Carême. « Sachons profiter de ce temps de grâce et de conversion pour revenir vers Dieu, par l’aumône, la prière et le jeûne ! » Écoutez le compte-rendu de cette homélie:  MP3  RealAudio

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Traduction officielle de l’homélie en français

Messieurs les Cardinaux,
Vénérés frères dans l’Épiscopat et dans le Sacerdoce,
Chers frères et sœurs !


En la solennité de la Chaire de Saint Pierre Apôtre, nous avons la joie de nous rassembler autour de l’Autel du Seigneur avec les nouveaux Cardinaux, qu’hier j’ai agrégés au Collège cardinalice. C’est à eux avant tout que j’adresse mon cordial salut, remerciant le Cardinal Fernando Filoni pour les paroles courtoises qu’il m’a adressées au nom de tous. J’étends ma salutation aux autres Cardinaux et à tous les Prélats présents, ainsi qu’aux Autorités, à Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, aux prêtres, aux religieux et à tous les fidèles, venus des différentes parties du monde pour cette heureuse circonstance, qui revêt un caractère particulier d’universalité.


Dans la seconde lecture proclamée il y a quelques instants, l’Apôtre Pierre exhorte les « Anciens» de l’Église à être des pasteurs zélés et prévenants du troupeau du Christ (cf. 1 Pt 5, 1-2). Ces paroles sont avant tout adressées à vous, chers et vénérés Frères, qui avez déjà de nombreux mérites auprès du Peuple de Dieu pour l’œuvre généreuse et sage menée dans le Ministère pastoral dans des Diocèses importants, dans la direction des Dicastères de la Curie Romaine, ou encore dans le service ecclésial de l’étude et de l’enseignement. La nouvelle dignité qui vous a été conférée veut manifester l’estime pour votre fidèle travail dans la vigne du Seigneur, rendre honneur aux Communautés et aux Nations d’où vous venez et dont vous êtes de dignes représentants dans l’Église, vous investir de nouvelles et plus importantes responsabilités ecclésiales, et enfin vous demander un supplément de disponibilité pour le Christ et pour la Communauté chrétienne tout entière. Cette disponibilité au service de l’Évangile est solidement fondée sur la certitude de la foi. Nous savons en effet que Dieu est fidèle à ses promesses et nous attendons dans l’espérance la réalisation de ces paroles de l’apôtre Pierre : « Et quand se manifestera le berger suprême, vous remporterez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas » (1 Pt 5, 4).


Le passage évangélique d’aujourd’hui présente Pierre qui, mû par une inspiration divine, exprime sa foi solide en Jésus, le Fils de Dieu et le Messie promis. En réponse à cette profession de foi limpide, faite par Pierre mais aussi au nom des autres Apôtres, le Christ lui révèle la mission qu’il entend lui confier, autrement dit celle d’être la « pierre », le « rocher », le fondement visible sur lequel est construit tout l’édifice spirituel de l’Église. (cf. Mt 16,16-19). Cette dénomination de « rocher-pierre » ne fait pas référence au caractère de la personne, mais doit être comprise seulement à partir d’un aspect plus profond, du mystère : à travers la charge que Jésus lui confère, Simon-Pierre deviendra ce qu’il n’est pas par « la chair et le sang ». L’exégète Joachim Jeremias a montré qu’en arrière-plan se trouve le langage symbolique du « rocher saint ». A cet égard peut nous venir en aide un texte rabbinique dans lequel on affirme : « Le Seigneur dit ‘ Comment puis-je créer le monde, quand surgiront ces sans-Dieu et qu’ils se révolteront contre moi ?’. Mais quand Dieu vit qu’Abraham devait naître, il dit : ‘Regarde, j’ai trouvé un roc, sur lequel je peux construire et fonder le monde’. C’est pourquoi il appela Abraham un rocher ». Le prophète Isaïe y fait référence quand il rappelle au peuple « regardez le rocher d’où l’on vous a taillés… Abraham votre père » (51, 1-2). Abraham, le père des croyants, avec sa foi est vu comme le roc qui soutient la création. Simon, qui le premier a confessé Jésus en tant que Christ et a été le premier témoin de la résurrection, devient maintenant avec sa foi renouvelée, le roc qui s’oppose aux forces destructrices du mal.


Chers frères et sœurs ! Cet épisode évangélique que vous avons écouté trouve une explication autre et plus éloquente encore dans un élément artistique très connu qui orne cette Basilique Vaticane : l’autel de la Cathèdre. Quand on parcourt la grandiose nef centrale et, dépassant le transept, on arrive à l’abside, on se trouve devant un énorme trône de bronze, qui semble élevé dans les airs, mais qui en réalité est soutenu par les quatre statues des illustres Pères de l’Église d’Orient et d’Occident. Et au-dessus du trône, entourée par un triomphe d’anges suspendus dans les airs, resplendit dans la fenêtre ovale la gloire de l’Esprit-Saint. Que nous dit cet ensemble sculpté, dû au génie du Bernin ? Il représente une vision de l’essence de l’Église et, à l’intérieur de celle-ci, du magistère pétrinien.


La fenêtre de l’abside ouvre l’Église sur l’extérieur, vers la création tout entière, tandis que l’image de la colombe de l’Esprit-Saint montre Dieu comme la source de la lumière. Mais il y a encore un autre aspect à mettre en valeur : l’Église elle-même est en effet, comme une fenêtre, le lieu dans lequel Dieu se fait proche et va à la rencontre de notre monde. L’Église n’existe pas pour elle-même, elle n’est pas un point d’arrivée, mais elle doit renvoyer au-delà d’elle-même, vers le haut, au-dessus de nous. L’Église est vraiment elle-même dans la mesure où elle laisse transparaître l’Autre – avec un « A » majuscule – de qui elle provient et à qui elle conduit. L’Église est le lieu où Dieu « arrive » à nous, et où nous, nous « partons » vers Lui ; elle a le devoir d’ouvrir au-delà d’elle-même ce monde qui tend à se fermer sur lui-même et de lui porter la lumière qui vient d’en-haut, sans laquelle il deviendrait inhabitable.


La grande chaire de bronze renferme un siège en bois du IXè siècle, qui fut longtemps considéré comme la cathèdre de l’apôtre Pierre et fut justement placé sur cet autel monumental en raison de sa grande valeur symbolique. Il exprime en effet la présence permanente de l’Apôtre dans le magistère de ses successeurs. Le siège de saint Pierre, peut-on dire, est le trône de la Vérité, qui tire ses origines du mandat du Christ après la confession à Césarée de Philippe. Le siège magistériel renouvelle aussi en nous la mémoire des paroles adressées par le Seigneur à Pierre au Cénacle : « Moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 32).


La chaire de Pierre évoque un autre souvenir : la célèbre expression de saint Ignace d’Antioche, qui dans sa lettre aux Romains appelle l’Église de Rome « celle qui préside à la charité » (Inscr. : PG 5, 801). En effet le fait de présider dans la foi est inséparablement lié au fait de présider dans l’amour. Une foi sans amour ne serait plus une authentique foi chrétienne. Mais les paroles de saint Ignace ont encore une autre résonnance beaucoup plus concrète : le mot « charité » était aussi utilisé par l’Église des origines pour parler de l’Eucharistie. En effet, l’Eucharistie est Sacramentum caritatis Christi, par lequel Celui-ci continue à nous attirer tous à Lui, comme Il le fit du haut de la croix (cf. Jn 12, 32). Par conséquent, « présider à la charité » signifie attirer les hommes dans une étreinte eucharistique - l’étreinte du Christ -, qui vainc toute barrière et tout manque de relation, et crée la communion à partir des différences multiples. Le ministère pétrinien est donc primauté dans l’amour au sens eucharistique, autrement dit sollicitude pour la communion universelle de l’Église dans le Christ. L’Eucharistie est la forme et la mesure de cette communion et la garantie qu’elle demeure fidèle au critère de la tradition de la foi.


La grande chaire est soutenue par les Pères de l’Église. Les deux maîtres de l’Orient, saint Jean Chrysostome et saint Athanase, avec les latins, saint Ambroise et saint Augustin, représentent l’ensemble de la tradition et donc la richesse de l’expression de la vraie foi de l’unique Église. Cet élément de l’autel nous dit que l’amour s’appuie sur la foi. Il s’effrite si l’homme ne compte plus sur Dieu ni ne Lui obéit plus. Tout dans l’Église repose sur la foi : les sacrements, la liturgie, l’évangélisation, la charité. Même le droit, même l’autorité dans l’Église reposent sur la foi. L’Église ne s’auto-régule pas, elle ne se donne pas à elle-même son ordre propre, mais elle le reçoit de la Parole de Dieu, qu’elle écoute dans la foi et qu’elle cherche à comprendre et à vivre. Les Pères de l’Église ont dans la communauté ecclésiale la fonction de garants de la fidélité à la Sainte Écriture. Ceux-ci assurent une exégèse fiable, solide, capable de former avec la chaire de Pierre un ensemble stable et homogène. Les Saintes Écritures, interprétées avec autorité par le Magistère à la lumière des Pères, éclairent le chemin de l’Église dans le temps, lui assurant un fondement stable au milieu des mutations historiques.


Après avoir considéré les divers éléments de l’autel de la Chaire, jetons vers lui un regard d’ensemble. Nous voyons qu’il est traversé par un double mouvement : ascendant et descendant. C’est la réciprocité entre la foi et l’amour. La chaire est bien mise en relief en ce lieu, puisqu’ici se trouve la tombe de l’Apôtre Pierre, mais elle aussi tend vers l’amour. En effet, la foi est orientée vers l’amour. Une foi égoïste ne serait pas une foi vraie. Qui croit en Jésus-Christ et entre dans le dynamisme d’amour qui trouve sa source dans l’Eucharistie, découvre la vraie joie et devient à son tour capable de vivre selon la logique du don. La vraie foi est éclairée par l’amour et conduit à l’amour, vers le haut, comme l’autel de la Cathèdre élève vers la fenêtre lumineuse, la gloire de l’Esprit-Saint, qui constitue le vrai point focal pour le regard du pèlerin quand il franchit le seuil de la Basilique Vaticane. A cette fenêtre, le triomphe des anges et les grands rayons dorés donne le plus grand relief avec un sens de plénitude débordante qui exprime la richesse de la communion de Dieu. Dieu n’est pas solitude, mais amour glorieux et joyeux, rayonnant et lumineux.


Chers frères et sœurs, à nous, à chaque chrétien est confié le don de cet amour : un don à répandre par le témoignage de notre vie. Ceci est particulièrement votre devoir vénérés Frères Cardinaux : témoigner la joie de l’amour du Christ. A la Vierge Marie, présente dans la Communauté apostolique réunie en prière dans l’attente du Saint Esprit (cf. Ac 1, 14), nous confions à présent votre nouveau service ecclésial. Que la Mère du Verbe Incarné protège la marche de l’Église, soutienne l’œuvre des Pasteurs par son intercession et accueille sous son manteau tout le Collège cardinalice. Amen !


Paroles du Pape en français après la prière de l'angélus

J’accueille avec joie les pèlerins francophones, en particulier les pèlerins de Belgique et tous ceux qui sont venus accompagner les nouveaux Cardinaux. Je salue également les jeunes des collèges Charles-Péguy de Paris et de Bobigny. C’est aujourd’hui, au Vatican, la fête du rappel de la mission que le Christ a confiée à Pierre et à ses successeurs sur la Chaire épiscopale de Rome. Je vous invite à prier pour que l’Église demeure fidèle à l’enseignement du Christ qui a choisi Pierre, pour faire paître ses brebis. Mercredi commencera le Carême. Sachons profiter de ce temps de grâce et de conversion pour revenir vers Dieu, par l’aumône, la prière et le jeûne ! À tous, je souhaite un bon dimanche, un bon pèlerinage à Rome et une bonne entrée en Carême !


Lectures et Homélie pour le 7e Dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

Pour vous faciliter la recherche je vous indique les liens vers les lectures et l'homélie pour le Septième Dimanche du Temps Ordinaire de l'Année B. Bon Carnaval dans la joie de pouvoir commencer bientôt le Carême ! ... Et si vous ne savez pas comment faire un trou dans le toît de la maison, une illustration pour vous donner des idées.

 

Liturgie de la Parole 7° dimanche du Temps Ordinaire B

 

 

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Homélie 7 T.O.B. 2009: La place du chant grégorien selon Vatican II

 

 

Lectures et Homélie pour le 6e Dimanche du Temps Ordinaire B

dominicanus #Homélies Année B 2011-2012

Voici les liens vers les lectures du Sixième Dimanche du Temps Ordinaire, avec la peinture illustrant le psaume, ainsi que mon homélie correspondante de 2009. Bonne préparation !

 

 

Liturgie de la Parole 6° dimanche du Temps Ordinaire B

 

6-TOB-ps.jpg

 

Psaume 101 [102]

R/ N'oublie pas, Seigneur, le cri des malheureux.

Seigneur, entends ma prière :
que mon cri parvienne jusqu'à toi !
Ne me cache pas ton visage
le jour où je suis en détresse !

Mes jours s'en vont en fumée,
mes os comme un brasier sont en feu ;
mon coeur se dessèche comme l'herbe fauchée,
j'oublie de manger mon pain.

À force de crier ma plainte,
ma peau colle à mes os.
Mais toi, Seigneur, tu es là pour toujours ;
d'âge en âge on fera mémoire de toi.

Des hauteurs, son sanctuaire, le Seigneur s'est penché ;
du ciel, il regarde la terre
pour entendre la plainte des captifs
et libérer ceux qui devaient mourir.

 

Homélie 6 T.O.B 2009 - Participation du corps à la liturgie

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