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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

#annee sacerdotale

Le pape "repense" le célibat du clergé. Pour le renforcer

dominicanus #Année Sacerdotale

C'est, dit-il, le signe que Dieu existe et qu'il y a des gens qui se laissent gagner par la passion pour lui. C'est pour cette raison que ce célibat constitue un grand scandale et que l'on veut le faire disparaître. La transcription intégrale de la dernière intervention de Benoît XVI à ce sujet. Et d'un étonnant discours antérieur, qu'il avait prononcé en 2006


celibat.jpg



ROME, le 15 juin 2010 – Benoît XVI a répondu à ceux qui s’attendaient à une "relecture" de la règle du célibat du clergé latin. Mais à sa façon.

Le soir du jeudi 10 juin, sur la place Saint-Pierre, au cours de la veillée de clôture de l'Année Sacerdotale, le pape Joseph Ratzinger, répondant à cinq questions posées par autant de prêtres venus des cinq continents, a consacré l’une de ses réponses à expliquer la signification de la chasteté des prêtres. Il l’a fait sous une forme originale, en s’éloignant de la littérature historique, théologique et spirituelle courante.

La transcription intégrale et authentifiée de la réponse du pape, diffusée par le Vatican deux jours plus tard et reproduite ci-dessous, permet de comprendre en profondeur son raisonnement.

Le célibat – a dit le pape – est une anticipation "du monde de la résurrection". Il est le signe "que Dieu existe, que Dieu a quelque chose à voir avec ma vie, que je peux fonder ma vie sur le Christ, sur la vie future".

C’est pourquoi – a-t-il également dit – le célibat "est un grand scandale". Pas seulement pour le monde d’aujourd’hui "dans lequel Dieu n’a rien à voir". Mais pour la chrétienté elle-même, dans laquelle "on ne pense plus à l’avenir de Dieu et dans laquelle le présent de ce monde paraît suffisant à lui seul".


***



Cela suffit à faire comprendre que ce qui constitue un fondement de ce pontificat, ce n’est pas le relâchement du célibat du clergé, mais son renforcement. En liaison étroite avec ce que Benoît XVI a plusieurs fois indiqué comme étant la "priorité" de sa mission :



"À notre époque où, dans de vastes régions de la terre, la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage [...] en Jésus Christ crucifié et ressuscité".



Le pape affirmait cela dans sa mémorable lettre ouverte aux évêques du monde entier, écrite le 10 mars 2009.

Mais encore auparavant, il y avait eu un autre discours important dans lequel Benoît XVI avait explicitement lié le célibat du clergé à la "priorité" qui est de conduire les hommes vers Dieu, et il avait expliqué le motif de ce lien.

Ce discours est celui qu’il avait adressé à la curie romaine le 22 décembre 2006 et dans lequel il commentait les voyages qu’il avait faits hors d'Italie cette année-là.

À propos de son voyage en Allemagne, trois mois plus tôt, celui du célèbre discours de Ratisbonne, le pape commençait ainsi :



"Le grand thème de mon voyage en Allemagne était Dieu. L'Église doit parler de tant de choses : de toutes les questions liées à l'être qu’est l'homme, de sa propre structure et sa propre organisation et ainsi de suite. Mais son véritable et - sous certains aspects - unique thème est 'Dieu'. Et le grand problème de l'Occident est l'oubli de Dieu : c'est un oubli qui se répand. En définitive, chaque problème particulier peut être ramené à cette question, j'en suis convaincu. C'est pourquoi, au cours de ce voyage, mon intention principale était de bien mettre en lumière le thème de 'Dieu', me rappelant aussi du fait que dans certaines parties de l'Allemagne vit une majorité de non-baptisés, pour qui le christianisme et le Dieu de la foi semblent des choses qui appartiennent au passé.

"En parlant de Dieu, nous abordons aussi précisément le thème qui, dans la prédication terrestre de Jésus, constituait son intérêt central. Le thème fondamental de cette prédication est le règne de Dieu, le 'Royaume de Dieu'. Ce qui est exprimé à travers cela, ce n’est pas quelque chose qui viendra un jour ou l'autre, dans un avenir indéfini. Ce n’est pas non plus le monde meilleur que nous cherchons à créer pas à pas, avec nos forces. Dans le terme 'Règne de Dieu' le mot 'Dieu' est un génitif subjectif. Cela signifie que Dieu n'est pas un ajout au 'Royaume' que l'on pourrait peut-être même laisser de côté. Dieu est le sujet. Royaume de Dieu signifie en réalité : Dieu règne. Il est lui-même présent et il est déterminant pour les hommes dans le monde. Il est le sujet et, là où ce sujet manque, il ne reste rien du message de Jésus. C'est pourquoi Jésus nous dit que le Royaume de Dieu ne vient pas de façon à ce que l'on puisse, pour ainsi dire, se mettre sur le côté de la route et observer son arrivée. 'Il est au milieu de vous!' (cf. Lc 17, 20 sq.). Il se développe là où est réalisée la volonté divine. Il est présent là où se trouvent des personnes qui s'ouvrent à sa venue et qui laissent ainsi entrer Dieu dans le monde. C'est pourquoi Jésus est le Royaume de Dieu en personne : l'homme dans lequel Dieu est parmi nous et à travers lequel nous pouvons toucher Dieu, nous approcher de Dieu. Là où cela se produit, le monde est sauvé".


Ayant dit cela, Benoît XVI continuait en liant à la question de Dieu justement celle du sacerdoce et du célibat sacerdotal :


"Paul appelle Timothée - et à travers lui l'évêque et en général le prêtre - 'homme de Dieu' (1 Tm 6, 11). Tel est le devoir central du prêtre : apporter Dieu aux hommes. Certes, il ne peut le faire que s’il vient lui-même de Dieu, s'il vit avec et de Dieu. Cela est exprimé de façon merveilleuse dans un verset d'un psaume sacerdotal que nous - l'ancienne génération - avons prononcé lors de notre admission à l'état clérical : 'Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort' (Ps 16 [15], 5). L'orant-prêtre de ce psaume interprète son existence à partir de la forme de la distribution du territoire établie dans le Deutéronome (cf. 10, 9). Après la prise de possession de la Terre, chaque tribu obtient par tirage au sort sa portion de la Terre sainte et prend ainsi part au don promis par le chef de lignée, Abraham. Seule la tribu de Lévi ne reçoit aucun terrain : sa terre, c’est Dieu lui-même. Cette affirmation avait certainement une signification tout à fait pratique. Les prêtres ne vivaient pas, comme les autres tribus, de la culture de la terre, mais des offrandes. Toutefois, l'affirmation va plus loin. Le véritable fondement de la vie du prêtre, le sol de son existence, la terre de sa vie, c’est Dieu lui-même. Dans cette interprétation de la vie sacerdotale par l'Ancien Testament - interprétation qui apparaît également à plusieurs reprises dans le psaume 118 [119] - l'Église a vu à juste titre l'explication de ce que signifie la mission sacerdotale à la suite des Apôtres, dans la communion avec Jésus lui-même. Aujourd'hui le prêtre peut et doit également dire avec le Lévite : 'Dominus pars hereditatis meae et calicis mei'. Dieu lui-même est ma part de terre, le fondement extérieur et intérieur de mon existence. Ce théocentrisme de l'existence sacerdotale est nécessaire précisément dans notre monde totalement fonctionnel, dans lequel tout est fondé sur des prestations qui peuvent être calculées et vérifiées. Le prêtre doit véritablement connaître Dieu de l'intérieur et l'apporter ainsi aux hommes : tel est le service prioritaire dont l'humanité a besoin aujourd'hui. Si, dans une vie sacerdotale, on perd cet aspect central de Dieu, le zèle pour l'action disparaît peu à peu. Dans l'excès des choses extérieures, il manque le centre qui donne un sens à tout et qui le reconduit à l'unité. Il y manque le fondement de la vie, la 'terre' sur laquelle tout cela peut demeurer et prospérer.

"Le célibat - qui vaut pour les évêques dans toute l'Eglise orientale et occidentale, et, selon une tradition qui remonte à une époque proche de celle des Apôtres, pour les prêtres en général dans l'Eglise latine - ne peut être compris et vécu, en définitive, que sur la base de ce fondement. Les raisons uniquement pragmatiques, la référence à la plus grande disponibilité, ne suffisent pas. Cette plus grande disponibilité de temps pourrait facilement devenir aussi une forme d'égoïsme, qui s'épargne les sacrifices et les difficultés découlant de l'exigence de s'accepter et de se supporter réciproquement contenue dans le mariage ; elle pourrait ainsi conduire à un appauvrissement spirituel ou à une dureté de cœur. Le véritable fondement du célibat ne peut être contenu que dans la phrase : 'Dominus pars' - Tu es ma terre. Il ne peut être que théocentrique. Il ne peut signifier être privés d'amour, mais il doit signifier se laisser gagner par la passion pour Dieu et apprendre ensuite, grâce à une présence plus intime à ses côtés, à servir également les hommes.

"Le célibat doit être un témoignage de foi : la foi en Dieu devient concrète dans cette forme de vie qui n’a de sens qu’à partir de Dieu. Placer ma vie en Lui, en renonçant au mariage et à la famille, signifie que j'accueille et que je fais l'expérience de Dieu comme réalité et que je peux donc l'apporter aux hommes. Notre monde devenu totalement positiviste, dans lequel Dieu entre en jeu tout au plus comme une hypothèse mais non comme une réalité concrète, a besoin de s'appuyer sur Dieu de la façon la plus concrète et la plus radicale possible. Il a besoin du témoignage de Dieu qui réside dans la décision d'accueillir Dieu comme terre sur laquelle se fonde notre existence.

"C'est pourquoi aujourd'hui le célibat est si important  dans notre monde, même si son application à notre époque est constamment menacée et remise en question. Une préparation attentive est nécessaire au cours du chemin vers cet objectif, de même qu'un accompagnement persévérant de la part de l'évêque, d'amis prêtres et de laïcs, qui soutiennent ensemble ce témoignage sacerdotal. Il faut une prière qui invoque sans cesse Dieu comme le Dieu vivant et qui s'appuie sur Lui dans les moments de confusion comme dans les moments de joie. De cette façon, contrairement à la tendance culturelle qui cherche à nous convaincre que nous ne sommes pas capables de prendre de telles décisions, ce témoignage peut être vécu et ainsi, dans notre monde, il peut remettre en jeu Dieu comme réalité".


***


Quand on relit ce discours de décembre 2006, on n’est pas étonné que Benoît XVI continue encore maintenant à consacrer autant d’efforts au clergé.

La création de l'Année Sacerdotale, la proposition de personnages exemplaires comme le saint Curé d'Ars, le renforcement du célibat font partie – aux yeux du pape – d’un dessein très cohérent qui ne fait qu’un avec "la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du successeur de Pierre à l’époque actuelle", c’est-à-dire "de conduire des hommes vers Dieu".

Cela a été confirmé le 10 juin dernier par la réponse du pape au prêtre qui l’interrogeait sur la signification du célibat, réponse intégralement transcrite ci-dessous.




EXTRAIT DU DIALOGUE DE BENOÎT XVI AVEC LES PRÊTRES

Rome, Place Saint-Pierre, le 10 juin 2010


SUR LE "SCANDALE"  DU CÉLIBAT


Q. – Très Saint Père, je m’appelle Karol Miklosko, je viens d’Europe, plus précisément de Slovaquie, et je suis missionnaire en Russie. Quand je célèbre la sainte messe, je me trouve moi-même et je comprends que c’est là que je rencontre mon identité ainsi que la racine et l’énergie de mon ministère. Le sacrifice de la croix me révèle le Bon Pasteur qui donne tout pour son troupeau, pour chacune de ses brebis, et quand je dis : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang" donné et versé en sacrifice pour vous, alors je comprends la beauté du célibat et de l’obéissance, que j’ai librement promis au moment de mon ordination. Malgré les difficultés naturelles, le célibat me semble évident, lorsque je regarde le Christ, mais je suis abasourdi quand je lis toutes les critiques profanes contre ce don. Je vous demande humblement, Très Saint Père, de nous apporter vos lumières sur la profondeur et sur la signification authentique du célibat ecclésiastique.

R. – Merci pour les deux parties de votre question. La première montre le fondement permanent et vital de notre célibat ; la seconde montre toutes les difficultés dans lesquelles nous nous trouvons à notre époque.

La première partie est importante, c’est-à-dire que la célébration quotidienne de la sainte eucharistie doit vraiment être le centre de notre vie. Ici les paroles de la consécration sont centrales : "Ceci est mon corps, ceci est mon sang" ; c’est-à-dire que nous parlons "in persona Christi". Le Christ nous permet d’employer son "je", nous parlons avec le "je" du Christ, le Christ nous "attire en lui" et nous permet de nous unir, il nous unit, à son "je". Ainsi, à travers cette action, à travers ce fait qu’il nous "attire" en lui-même, de manière à ce que notre "je" soit uni au sien, il manifeste la permanence et l’unicité de son sacerdoce ; ainsi il est vraiment toujours l’unique prêtre et pourtant il est très présent dans le monde, parce qu’il nous "attire" en lui-même, rendant ainsi présente sa mission sacerdotale. Cela veut dire que nous sommes "attirés" dans le Dieu du Christ : c’est cette union avec son "je" qui se réalise dans les paroles de la consécration.

De même, dans le "je t’absous" – parce qu’aucun d’entre nous ne pourrait absoudre quelqu’un de ses péchés – c’est le "je" du Christ, de Dieu, qui seul peut absoudre. Cette unification de son "je" et du nôtre implique que nous sommes également "attirés" dans sa réalité de Ressuscité, que nous avançons vers la vie complète de la résurrection, dont Jésus parle aux sadducéens au chapitre 22 de l’évangile de Matthieu : c’est une vie "nouvelle", dans laquelle on est déjà au-delà du mariage (cf. Mt 22, 23-32). Il est important que nous nous laissions sans cesse pénétrer par cette identification du "je" du Christ avec nous, par ce fait d’être "attirés hors de nous-mêmes" vers le monde de la résurrection.

En ce sens, le célibat est une anticipation. Nous transcendons ce temps et nous allons de l’avant, de telle sorte que nous nous "attirons" nous-mêmes ainsi que notre temps vers le monde de la résurrection, vers la nouveauté du Christ, vers la vie nouvelle et vraie. Le célibat est donc une anticipation rendue possible par la grâce du Seigneur qui nous "attire" en lui vers le monde de la résurrection ; il nous invite sans cesse à nous transcender nous-mêmes, à transcender ce présent, vers le véritable présent de l’avenir, qui devient présent aujourd’hui.

Nous arrivons ici à un point très important. Un grand problème de la chrétienté dans le monde d’aujourd’hui est que l’on ne pense plus à l’avenir de Dieu : le présent de ce monde semble suffisant à lui seul. Nous voulons seulement ce monde, vivre dans ce monde. Nous fermons ainsi les portes à la véritable grandeur de notre existence. Le sens du célibat comme anticipation de l’avenir est justement d’ouvrir ces portes, d’agrandir le monde, de montrer la réalité de l’avenir que nous vivons déjà comme présent. Vivre, donc, en témoignage de la foi : nous croyons vraiment que Dieu existe, que Dieu a quelque chose à voir dans ma vie, que je peux fonder ma vie sur le Christ, sur la vie future.

Et nous connaissons maintenant les critiques profanes dont vous avez parlé. Il est vrai que, pour le monde agnostique, pour le monde dans lequel Dieu n’a rien à voir, le célibat est un grand scandale, parce qu’il montre justement que Dieu est considéré et vécu comme une réalité. Avec la vie eschatologique du célibat, le monde futur de Dieu entre dans les réalités de notre temps. Et cela devrait disparaître !

En un certain sens, cette critique permanente du célibat peut surprendre, à une époque où il est de plus en plus à la mode de ne pas se marier. Mais ce refus du mariage diffère totalement, fondamentalement, du célibat, parce qu’il est fondé sur la volonté de ne vivre que pour soi-même, de n’accepter aucun lien définitif, de vivre à tout moment en pleine autonomie, de décider à tout moment quoi faire, que prendre de la vie ; c’est donc un "non" à ce qui lie, un "non" à ce qui est définitif, une façon d’avoir la vie pour soi seul. Le célibat, c’est justement le contraire : c’est un "oui" définitif, une façon de se laisser prendre en main par Dieu, de se mettre dans les mains du Seigneur, dans son "je", et c’est donc un acte de fidélité et de confiance, un acte qui suppose aussi la fidélité du mariage ; c’est vraiment le contraire de ce "non", de cette autonomie qui ne veut pas se donner d’obligations, qui ne veut pas entrer dans un lien ; c’est bien le "oui" définitif qui suppose, qui confirme le "oui" définitif du mariage. Et ce mariage est la forme biblique, la forme naturelle de la manière d’être homme et femme, fondement de la grande culture chrétienne, de grandes cultures du monde. Et si cela disparaît, la racine de notre culture sera détruite.

C’est pourquoi le célibat confirme le "oui" du mariage par son "oui" au monde futur et nous voulons donc aller de l’avant et rendre présent ce scandale d’une foi qui fait reposer toute l’existence sur Dieu. Nous savons qu’à côté de ce grand scandale que le monde ne veut pas voir, il y a aussi les scandales secondaires de nos insuffisances, de nos péchés, qui cachent le véritable et grand scandale et qui font penser : "Mais ils ne vivent pas vraiment en prenant Dieu pour base". Mais il y a tant de fidélité ! Le célibat – comme le montrent justement les critiques - est un grand signe de la foi, de la présence de Dieu dans le monde. Prions le Seigneur pour qu’il nous aide à nous libérer des scandales secondaires, pour qu’il rende présent le grand scandale de notre foi : la confiance, la force de notre vie, qui est fondée sur Dieu et sur Jésus-Christ !



Le soir du 10 juin 2010 sur la place Saint-Pierre, lors de cette même veillée de clôture de l'Année Sacerdotale, Benoît XVI a également répondu à d’autres questions portant sur d’autres sujets.

Voici deux de ces questions avec leurs réponses : la première porte sur l’étude de la théologie, la seconde sur la baisse des vocations.


SUR LA THÉOLOGIE "SCIENTIFIQUE"



Q. – Très Saint Père, je suis Mathias Agnero et je viens d’Afrique, plus précisément de Côte d’Ivoire. Vous êtes un pape théologien, alors que nous, quand nous y arrivons, nous lisons à peine quelques livres de théologie pour notre formation. Mais il nous semble qu’une fracture s’est créée entre la théologie et la doctrine et, plus encore, entre la théologie et la spiritualité. Nous sentons que nos études ne doivent pas être uniquement académiques mais qu’elles doivent alimenter notre spiritualité. Nous en ressentons le besoin dans l’exercice même de notre ministère pastoral. On a quelquefois l’impression que la théologie n’a pas Dieu pour centre et Jésus-Christ pour premier "lieu théologique", mais au contraire les goûts et les tendances les plus répandus ; la conséquence, c’est la prolifération d’opinions subjectives qui permettent l’introduction dans l’Église elle-même d’une pensée non catholique. Comment ne pas être désorientés dans notre vie et dans notre ministère quand c’est le monde qui juge la foi et non pas le contraire ? Nous nous sentons "décentrés" !

R. – Vous abordez là un problème très difficile et douloureux. Il y a effectivement une théologie qui veut surtout être académique, apparaître comme scientifique, et qui oublie la réalité vitale, la présence de Dieu, sa présence parmi nous, le fait qu’il nous parle aujourd’hui et pas seulement dans le passé. Déjà saint Bonaventure, en son temps, distinguait deux formes de théologie ; il disait : "Il y a une théologie qui vient de l’arrogance de la raison, qui veut tout dominer, qui fait passer Dieu de l’état de sujet à celui d’objet que nous étudions, alors qu’il devrait être le sujet qui nous parle et qui nous guide".

Il y a vraiment cet abus de la théologie, qui est arrogance de la raison et qui ne nourrit pas la foi, mais dissimule la présence de Dieu dans le monde. Et puis il y a une théologie qui veut connaître davantage, par amour de l’être aimé, qui est stimulée par l’amour et guidée par l’amour, qui veut connaître davantage l’être aimé. C’est celle-là qui est la vraie théologie, qui vient de l’amour de Dieu, du Christ, et qui veut entrer plus profondément en communion avec le Christ.

En réalité, aujourd’hui, les tentations sont grandes ; surtout on voit s’imposer ce que l’on appelle la "vision moderne du monde" (Bultmann : "modernes Weltbild"), qui devient le critère de ce qui serait possible ou impossible. Et c’est justement avec ce critère selon lequel tout est comme toujours et tous les événements historiques sont du même genre, que l’on exclut précisément la nouveauté de l’Évangile, que l’on exclut l’irruption de Dieu, la véritable nouveauté qui est la joie de notre foi.

Que faut-il faire ? Je voudrais dire avant tout aux théologiens : ayez du courage. Et je voudrais également dire un grand merci aux très nombreux théologiens qui font du bon travail. Il y a des abus, nous le savons, mais partout dans le monde il y a un très grand nombre de théologiens qui vivent véritablement de la Parole de Dieu, qui se nourrissent de la méditation, qui vivent la foi de l’Église et qui veulent contribuer à ce que la foi soit présente dans notre aujourd’hui.

Et je voudrais dire aux théologiens en général : "N’ayez pas peur de ce fantôme du caractère scientifique !". Je m’intéresse à la théologie depuis 1946 ; j’ai commencé à l’étudier en janvier 1946 et j’ai donc connu presque trois générations de théologiens. Je peux dire que les hypothèses qui, à cette époque et dans les années Soixante et Quatre-vingt, étaient les plus neuves, absolument scientifiques, presque absolument dogmatiques, ont depuis lors vieilli et perdu leur valeur ! Beaucoup d’entre elles paraissent presque ridicules. Donc, il faut avoir le courage de résister à l’apparent caractère scientifique, de ne pas se soumettre à toutes les hypothèses du moment, et de penser véritablement à partir de la grande foi de l’Église, qui est présente à toutes les époques et qui nous donne accès à la vérité. De plus, il ne faut surtout pas penser que la raison positiviste, qui exclut ce qui est transcendant – qui ne peut pas être accessible – est la véritable raison ! Cette raison faible, qui ne présente que les choses que l’on peut expérimenter, est vraiment une raison insuffisante. Nous, théologiens, devons faire usage de la grande raison, qui est ouverte à la grandeur de Dieu. Nous devons avoir le courage d’aller au-delà du positivisme, jusqu’à la question des racines de l’être.

Cela me paraît très important. Il faut donc avoir le courage de faire usage de la grande, de la vaste raison, il faut avoir l’humilité de ne pas se soumettre à toutes les hypothèses du moment, il faut vivre de la grande foi de l’Église de tous les temps. Il n’y a pas de majorité contre la majorité que constituent les saints : la vraie majorité, ce sont les saints de l’Église et c’est sur les saints que nous devons nous orienter !

Aux séminaristes et aux prêtres je dis la même chose : pensez que la Sainte Écriture n’est pas un livre isolé : elle est vivante dans la communauté vivante de l’Église, qui est le même sujet au cours des siècles et qui garantit la présence de la Parole de Dieu. Le Seigneur nous a donné l’Église comme sujet vivant, avec la structure des évêques en communion avec le pape, et ce grand ensemble des évêques du monde en communion avec le pape nous assure le témoignage de la vérité permanente. Ayons confiance en ce magistère permanent de la communion des évêques avec le pape, qui représente pour nous la présence de la Parole ; ayons confiance en la vie de l’Église.

Ensuite nous devons faire preuve d’esprit critique. Certes la formation théologique – je m’adresse ici aux séminaristes – est très importante. Aujourd’hui, il faut bien connaître la Sainte Écriture, y compris face aux attaques des sectes ; nous devons vraiment être des amis de la Parole. Nous devons également connaître les courants de pensée de notre temps pour être capables de répondre de manière raisonnable, pour pouvoir donner – comme le dit saint Pierre – "raison de notre foi". La formation est très importante. Mais nous devons aussi faire preuve d’esprit critique : le critère de la foi est le critère selon lequel il faut aussi voir les théologiens et les théologies. Le pape Jean-Paul II nous a donné un critère absolument sûr, qui est le catéchisme de l’Église catholique : nous y voyons la synthèse de notre foi et ce catéchisme est vraiment le critère qui permet de voir si une théologie est acceptable ou inacceptable. Je vous recommande donc de lire, d’étudier ce texte, pour que nous puissions aller de l’avant avec une théologie qui soit critique au sens positif de ce mot, c’est-à-dire critique contre les tendances de la mode et ouverte aux véritables nouveautés, à la profondeur inépuisable de la Parole de Dieu, qui se montre nouvelle à toutes les époques, y compris à la nôtre.


SUR LA BAISSE DES VOCATIONS



Q. – Très Saint Père, je m’appelle Anthony Denton et je viens d’Océanie, d’Australie. Ce soir, nous sommes un très grand nombre de prêtres réunis ici. Mais nous savons que nos séminaires ne sont pas pleins et qu’à l’avenir, dans plusieurs parties du monde, une baisse du nombre de prêtres nous attend, et même une baisse brutale. Que peut-on faire de vraiment efficace pour les vocations ? Comment proposer notre vie, en ce qu’elle a de grand et de beau, à un jeune homme de notre temps ?

R. – Vous posez vraiment un grand et douloureux problème de notre temps : le manque de vocations, à cause duquel des Églises locales risquent de se dessécher, parce qu’il leur manque la Parole de vie, la présence du sacrement de l’eucharistie et des autres sacrements. Que faire ? La tentation est grande de prendre nous-mêmes l’affaire en mains, de transformer le sacerdoce – le sacrement du Christ, le fait d’être choisi par lui – en une profession normale, en un "job" avec ses horaires, chacun étant son propre maître pour le reste, ce qui en ferait une vocation comme une autre et la rendrait accessible et facile.

Mais c’est une tentation qui ne résout pas le problème. Elle me fait penser à l’histoire de Saül, le roi d’Israël, qui, avant la bataille contre les Philistins, attend Samuel pour le nécessaire sacrifice à Dieu. Et comme Samuel n’est pas là au moment prévu, c’est Saül lui-même qui fait le sacrifice, bien qu’il ne soit pas prêtre (cf. 1 Sam 13) ; il croit résoudre ainsi le problème, ce qui n’est bien sûr pas le cas, parce que s’il se charge de ce qu’il ne peut pas faire, il se fait Dieu ou presque et il ne peut pas s’attendre à ce que les choses se passent vraiment comme si c’était Dieu qui les avait faites.

Nous non plus, nous ne résoudrions rien si nous nous limitions à exercer une profession comme les autres, en renonçant à la sacralité, à la nouveauté, au caractère spécial du sacrement que seul Dieu donne, qui ne peut venir que de son appel et pas de notre "action". Nous devons d’autant plus prier Dieu – comme le Seigneur nous y invite – frapper à la porte de Dieu, à son cœur, pour qu’il nous donne des vocations ; prier avec beaucoup d’insistance, de détermination, de conviction aussi, parce que Dieu ne rejette pas une prière insistante, constante, confiante, même s’il nous laisse faire, même s’il nous fait attendre, comme Saül, plus longtemps que nous ne l’avons prévu. Le premier point me paraît donc être ceci : encourager les fidèles à avoir cette humilité, cette confiance, ce courage, de prier avec insistance pour les vocations, de frapper au cœur de Dieu pour qu’il nous donne des prêtres.

En plus de cela, je voudrais peut-être indiquer trois points. Le premier est que chacun de nous devrait faire de son mieux pour vivre son sacerdoce de manière à être convaincant, de manière à ce que les jeunes puissent dire : c’est une vraie vocation, on peut vivre ainsi, de cette façon on fait quelque chose d’essentiel pour le monde. Je pense qu’aucun de nous ne serait devenu prêtre s’il n’avait pas connu de prêtres convaincants en qui brûlait le feu de l’amour du Christ. Donc, et c’est le premier point, cherchons à être nous-mêmes des prêtres convaincants.

Le second point est que nous devons inviter, comme je l’ai déjà dit, à l’initiative de la prière, à avoir cette humilité, cette confiance, de parler à Dieu avec force et décision.
   
Le troisième point est qu’il faut avoir le courage de parler avec les jeunes s’ils ont des raisons de penser que Dieu les appelle, parce qu’une parole humaine est souvent nécessaire pour que l’appel divin soit entendu ; il faut parler avec les jeunes et surtout les aider à trouver un cadre de vie dans lequel ils puissent vivre. Le monde d’aujourd’hui est tel que la maturation d’une vocation sacerdotale semble presque exclue ; les jeunes ont besoin d’environnements dans lesquels la foi est vécue, dans lesquels apparaît la beauté de la foi, dans lesquels il apparaît que c’est un modèle de vie, "le" modèle de vie. Il faut donc les aider à trouver des mouvements, ou la paroisse – la communauté paroissiale – ou d’autres environnements où ils soient vraiment entourés par la foi, par l’amour de Dieu, et où ils puissent donc être ouverts pour que l’appel de Dieu leur parvienne et les aide. Du reste, rendons grâces au Seigneur pour tous les séminaristes de notre temps, pour les jeunes prêtres, et prions. Le Seigneur nous aidera !



La transcription intégrale du dialogue entre Benoît XVI et des prêtres, le 10 juin 2010 :

> Veglia a conclusione dell'Anno Sacerdotale

Et la documentation complète, en plusieurs langues, relative à l'Année Sacerdotale, sur le site du Vatican :

> Année du Sacerdoce


Le discours adressé par le pape à la curie romaine le 22 décembre 2006 :

> "Messieurs les Cardinaux..."


L’article consacré par www.chiesa, le 28 mai 2010, à la question du célibat du clergé :

> Eunuques pour le Royaume des Cieux. Le débat sur le célibat

À ce propos il faut signaler, parmi les plus récentes études, l'excellente synthèse historique et théologique de Cesare Bonivento, missionnaire de l’Institut Pontifical des Missions Étrangères et évêque de Vanimo en Papouasie-Nouvelle Guinée :

Cesare Bonivento, "Il celibato sacerdotale. Istituzione ecclesiastica o tradizione apostolica?", San Paolo, Cinisello Balsamo, 2007, 184 pages, 14,00 euros.


Dans la seconde partie du livre, Bonivento démontre – sur la base de la tradition ininterrompue de l’Église latine – que la règle de la continence devrait également s’appliquer aux hommes mariés qui sont ordonnés diacres.


Sandro Magister

Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

Mère Julia et le Sacerdoce 2

dominicanus #Année Sacerdotale

La paternité spirituelle des prêtres

Le prêtre tient une place importante dans les écrits de Mère Julia qui témoigne de la grandeur et de la dignité de la vocation sacerdotale. Les Lettres de saint Paul étant une source d’inspiration pour la vie de Mère Julia, c’est également ce grand Apôtre qui lui dicte l’idéal du sacerdoce, lui qui voulait être un père spirituel pour les communautés qu’il avait fondées. C’est ainsi que Paul écrit aux chrétiens de Corinthe :

 

“C‘est moi qui, par l’annonce de l’Évangile, vous ai fait naître à la vie du Christ Jésus” (1 Cor 4,15).

 

Aux Chrétiens de Thessalonique il écrira :

 

“Vous savez bien que nous avons été pour chacun de vous comme un père pour ses enfants; nous vous avons exhortés et encouragés, nous vous avons suppliés d’avoir une conduite digne de Dieu, lui qui vous appelle à son Royaume et à sa gloire.” (1 Th 2,11-12).

 

On devient père en donnant la vie à un enfant. On devient père spirituel ou père dans le Christ en engendrant la vie spirituelle, c’est à dire la vie du Christ Jésus, dans le cœur des hommes. Il est de la mission du prêtre d’enfanter la foi au Christ dans les cœurs de nombreuses personnes, par sa vie, ses œuvres et tout son être sacerdotal. Par la prédication de la parole de Dieu, par la prière sacerdotale, l’administration des sacrements et le service de la direction spirituelle, le Christ “naît” dans les âmes. Mère Julia écrit :

 

Sublime et admirable est la paternité des prêtres, ces hommes de Dieu qui se vouent corps et âme au service royal et sacré du Christ !”.

 

Le prêtre qui comprend et réalise sa vocation à la paternité spirituelle, favorise la croissance de l’Église et éprouve beaucoup de bonheur et de satisfaction dans son service. Le bonheur de la paternité spirituelle vaut celui de la paternité naturelle. Les deux formes de paternité exigent les efforts et l’engagement et apportent leurs croix et leurs souffrances. Mais le Seigneur Jésus transforme les douleurs spirituelles de l’enfantement pour en faire une source toujours nouvelle de vie et de joie.


Bien souvent Mère Julia a pu voir comment le prêtre croyant peut aider de nombreuses personnes à retrouver l’amitié avec Dieu et à entrer dans la vie du Christ. Le prêtre continue la mission du Christ, il annonce et agit en son Nom, il est un guide et un appui pour arriver à vie épanouie dans ce monde et pour atteindre le bonheur éternel.

 

Le prêtre qui vit sa vocation dignement et avec fidélité a un grand rayonnement. Il est pour les hommes un appel continuel aux valeurs éternelles.” (Mère Julia).


L’image que l’on se fait de l’Église est souvent liée à des expériences concrètes vécue avec un prêtre. Si un prêtre superficiel et spirituellement pauvre peut brouiller et falsifier l’image de l’Église chez certains, le prêtre heureux et fidèle peut projeter une image positive de l’Église chez d’autres. C’est pourquoi Mère Julia dit :  

 

“Le prêtre qui vit dignement son sacerdoce donne au monde une image authentique de l’Église”.


Mère Julia savait que, dans une grande mesure, la foi du peuple de Dieu dépend du niveau spirituel et théologique des prêtres. L’Église a besoin d’hommes de Dieu saints et savants, “experts” dans les choses de Dieu. Elle a besoin d’apôtres courageux qui, comme saint Paul sont animés du respect pour le Seigneur et vont jusqu’à tout risquer pour gagner des hommes pour le Christ (cf. 2 Cor 5,11). Le peuple de Dieu peut prier pour obtenir de tels prêtres, et il doit le faire, surtout en cette “Année du Sacerdoce”.

 

“Prions afin d’obtenir de saints prêtres!  Leur vie est une offrande, leur parole attise la lumière de la foi.” (Mère Julia).

 


Famillia Spiritualis Opera (FSO)

Mère Julia et le Sacerdoce 1

dominicanus #Année Sacerdotale
 

 

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Edward Poppe


 

Je connais un immense besoin de prier et de me donner pour la sanctification des prêtres !”. Avec ces mots Mère Julia exprime son amour pour le sacerdoce et le don de sa vie pour les prêtres de l’Église.


Son désir de s’engager pour les prêtres était déjà établi dans son enfance. Comme enfant, Julia apprend à connaître la “Croisade eucharistique des Enfants”. Créé à Lourdes au cours du Congrès Eucharistique de 1914, ce mouvement est déjà répandu dans de nombreux pays, dont la Belgique. Il est le fruit des décisions du pape Pie X (1903-1914) en faveur de la communion fréquente et de la communion précoce des enfants. Le but de la Croisade eucharistique est d’éveiller dans le cœur des enfants un amour fervent envers Jésus Eucharistie et Notre-Dame, et de favoriser l’amour du sacrifice, par une catéchèse, des entretiens réguliers et la diffusion d’un périodique spécifique. A cette période, l’abbé Edward Poppe (1890-1924), qui sera béatifié par le pape Jean-Paul II le 3 octobre 1999, est l’un des instruments les plus efficaces de la Croisade eucharistique en Belgique. Julia a l’occasion de rencontrer ce fervent serviteur de l’Église lors de sa visite à l’école. Il laissera une trace indélébile dans son âme :

 

“Durant mon enfance, l’abbé Edward Poppe fut pour moi un instrument de Dieu, comme une porte par laquelle la douce lumière de l’Eucharistie a pu entrer en mon âme. C’est par la Croisade eucharistique des Enfants que je me suis sentie intérieurement attirée vers le Seigneur Eucharistique qui m’a saisie, accompagnée et nourrie de sa sainte Présence.” Ce prêtre fut aussi à l’origine de la grande estime de Mère Julia pour le sacerdoce. “Je conçus alors un immense amour pour les prêtres et pour le sacrement de l’Ordre. Ce sont les prêtres qui nous montrent le chemin de la foi. Je fus remplie d’une estime et d’un respect sacré pour eux. C’est à ce moment-là que je songeais pour la première fois à faire l’offrande de ma vie pour la sanctification des prêtres. Cela éveilla en moi en un amour et une action de grâce qui ne cessaient de croître au fur et à mesure que je les voyais être instrument de la grâce de Dieu.”.

 


Quand Mère Julia eût douze ans, Arthur Cyriel Hillewaere, prêtre du diocèse de Bruges, arriva comme vicaire à Geluwe, son village natal. Il devint son confesseur, et son directeur spirituel pour plusieurs années. Vivant son sacerdoce avec foi et avec zèle, ce prêtre fut grandement estimé et aimé. En sa personne, Mère Julia a rencontré un homme de Dieu engagé, intéressé et ouvert aux questions de son temps. Un jour, au nom de la communauté en développement, elle exprima sa reconnaissance de façon suivante :

 

Il convient de vous remercier pour tout ce que, durant tant d’années vous avez fait et vous avez été pour nous, pour le don merveilleux de votre vie et de votre ministère sacerdotal à notre égard.”.

Année sacerdotale, le témoignage de l'évêque de Luçon

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Près de 9 000 prêtres du monde entier ont pris le chemin de Rome à l’occasion de la clôture de l’année sacerdotale. Parmi eux, plus de 750 prêtres et séminaristes français sont présents pour l’évènement, accompagnés aussi de nombreux évêques.

 

Mercredi soir, une célébration pour le clergé français avait lieu en la basilique majeure de Saint-Jean-de-Latran.


 

 

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Charles-Antoine Callerot (Radio Vatican) y était. Il a notamment rencontré Mgr Alain Castet, évêque de Luçon en Vendée, qui est revenu sur les fruits de cette année particulière: >>

Cloture de l'année sacerdotale : L’Église en France mobilisée

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Événement sans précédent : neuf mille prêtres sont à Rome autour du Pape Benoît XVI pour clôturer l’année sacerdotale ! (9 au 11 juin 2010)  Parmi eux, plus de sept cent cinquante prêtres français, et de nombreux évêques. Signe de la mobilisation très grande de l’Église en France.


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C’est peu dire que l’actualité n’a pas ménagé le ministère des prêtres depuis quelques mois ! N’éludant pas la gravité des questions, Benoît XVI a témoigné d’un courage extraordinaire, entraînant à sa suite les fidèles du monde entier dans un renouvellement intérieur radical. L’année sacerdotale a indiscutablement stimulé les communautés dans un retour à l’essentiel.

 

De nombreuses initiatives ont été prises dans les diocèses de France. Bien au-delà de la sphère catholique pratiquante, la population donne des marques de profond attachement envers ses prêtres. Rappelons qu’ils sont plus de quatre cent mille sur toute la planète. Les ordinations de prêtres et de diacres se célèbrent en cette période. Plusieurs rassemblements diocésains viennent de se vivre avec dynamisme.

 

Plus de cinquante mille jeunes Français envisagent de se rendre à Madrid pour les Journées Mondiales de la Jeunesse de 2011. L’année sacerdotale porte déjà ses fruits !


Mgr Bernard Podvin
Porte-parole de la Conférence des évêques de France

Une année sacerdotale riche en souvenirs, un jeune prêtre témoigne

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9000 prêtres de 91 pays du monde prendront part, à partir de ce mercredi et jusqu’au 11 juin prochain, à la rencontre internationale qui doit clore l’année sacerdotale voulue par Benoît XVI, à l’occasion du 150e anniversaire de la mort de saint Jean Marie Vianney.


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Jeudi soir, les prêtres se rassembleront place Saint Pierre, en présence du Pape, pour une veillée. Vendredi Benoît XVI présidera une messe solennelle au cours de laquelle il proclamera le curé d’Ars patron de tous les prêtres du monde.


Pour cette occasion nous vous proposerons de découvrir les témoignages de prêtres et de séminaristes. Aujourd’hui nous rencontrons le père Pierre Poitevin, jeune prêtre du diocèse d’Arras, qui a été ordonné il y a un peu plus d’une semaine. Entré au séminaire à 18 ans, il a fait ses études au séminaire d’Ars auprès de Saint Jean-Marie Vianney. Le père Poitevin revient sur l’année sacerdotale, sur le souvenir qu’elle lui laissera, il est interrogé par Charles Antoine Callerot (Radio Vatican): >>


Card. Bagnasco, Dans le célibat, l’humanité du prêtre devient dévotion

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Le card. Bagnasco à l’assemblée plénière des évêques italiens

 

 

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ROME, Jeudi 27 mai 2010 (ZENIT.org) - A l'approche de la clôture de l'Année sacerdotale, le cardinal Angelo Bagnasco (photo), archevêque de Gênes et président de la conférence épiscopale italienne (CEI), a voulu rappeler les fondements d'une solide vocation sacerdotale. 


Dans son discours à l'ouverture, lundi, des travaux de la 61ème assemblée plénière des évêques italiens, l'archevêque a souligné que le « prêtre agit non en son nom propre mais au nom du Christ Ressuscité, qui est le chef du corps de l'Eglise, et qui devient visible par son action réellement efficace ».


« Grâce à cette présence, a-t-il ajouté, le prêtre fait ce qu'il ne pourrait pas faire tout seul, qui le dépasse et n'est pas à sa portée : consacrer le pain et le vin, pardonner les péchés. C'est pourquoi le prêtre n'est pas prêtre de lui-même ni par œuvre de la communauté, mais seulement pour le sacrement, soit prêtre de Dieu. Ce fait même de ne pas s'enraciner en soi mais en Jésus Christ devient pour lui un lien essentiel et personnel, tout comme le fait de se donner aux autres devient pour lui ‘autoréalisation' et ‘automaturation', au plan humain également ».


« Pour ces raisons mêmes, a-t-il affirmé, l'identité du prêtre - toute relative au Christ - est en somme constituée de son être intérieur et il en nourrit l'action du monde ». 


Réfléchissant sur la vocation, le président de la CEI a expliqué qu' « il faut toujours apprendre du Christ ce qui compte ; le centre de gravité personnel n'est pas la propre satisfaction humaine : la vocation est une déclaration d'amour et demande une réponse d'amour ».


« Pour cela, a-t-il ajouté, il est demandé au prêtre, par le biais d'une conversion continue, d'être avec Lui et de marcher constamment en sa présence : sans cet axe il ne résistera pas longtemps dans son ministère, en particulier aujourd'hui où la pression extérieure est si tenace ».  


Reprenant les paroles de Benoît XVI et faisant allusion aux tentations du quotidien, le cardinal Bagnasco a réaffirmé qu'il est demandé à chaque chrétien, mais tout spécialement au prêtre, d'être « dans le monde et non du monde ».


« Si nous devenons du monde, a-t-il expliqué, dans l'illusion de lui être plus proche, en réalité nous l'abandonnons et ne le servons pas. Etre du monde signifie ne plus rien avoir à dire pour son salut, et donc, au fond, ne pas l'aimer vraiment ».


Le cardinal Bagnasco a ensuite affronté un thème de grande actualité, celui du célibat des prêtres. 


« Accueillir librement le don du célibat et en parcourir le sentier, a-t-il affirmé, n'implique pas une quelconque mutilation psychologique ou spirituelle, ni ne trahit les visions inadéquates ou immatures de la sexualité humaine ».


« En réalité, a-t-il expliqué, le célibat demandé par l'Eglise latine et vécu le regard fixé sur Jésus et d'un cœur indivis pour le bien de la communauté, est une expérience d'amour épanouissante qui fait fleurir l'humanité du prêtre et la transforme en cette dévotion inconditionnelle qui, de manière décisive, contribue à la responsabilité de la communion, à la possibilité donc que les frères ‘s'agrippent à la cordée', en dernière instance à la beauté divine de l'Eglise elle-même ».Quant à promouvoir au milieu du peuple de Dieu une attitude de bâtisseurs de l'Eglise, selon l'idéal du Concile Vatican II, le président de la CEI a précisé que « ne pas se comporter en patron de la Parole de Dieu, ne pas courir derrière une fausse idée d'émancipation, fait aussi partie de cet ‘être dans l'ensemble de la cordée' ».


Le cardinal Bagnasco a souligné que « la responsabilité de l'autorité, dont le service est de favoriser la croissance des autres et, avant tout, celle des prêtres eux-mêmes, a été trop longtemps reléguée au second plan », et il a invité tous les catholiques à suivre « l'herméneutique de la continuité qui caractérise, outre l'Eglise, le sacerdoce catholique ». 


« L'Eglise qui, d'un ‘œil d'aigle' sait se propulser et saisir la lumière inaccessible du mystère divin, est encore une fois celle vécue par les gens du peuple, a-t-il ajouté. Et c'est surtout cette Eglise, dont portent témoignages les simples fidèles, qui souligne de façon très persuasive la dimension propre de l'incarnation ». 


Antonio Gaspari

Eunuques pour le Royaume des Cieux. Le débat sur le célibat

dominicanus #Année Sacerdotale

Le cardinal Schönborn propose le "réexamen" de cette obligation pour le clergé catholique. D'autres évêques font de même. Benoît XVI, au contraire, veut la renforcer. Il est soutenu par toute l'histoire de l’Église, depuis l'époque des apôtres


par Sandro Magister



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ROME, le 28 mai 2010 – Benoît XVI s’apprête à conclure l'Année Sacerdotale, voulue par lui pour redonner de la vigueur spirituelle aux prêtres catholiques, en un temps difficile pour l’Église tout entière.

Mais, au même moment, un cardinal très en vue et l’un des plus proches du pape, l'archevêque de Vienne Christoph Schönborn, continue à enfoncer le clou d’un "réexamen" de la discipline du célibat du clergé latin.

Schönborn est un homme d’une grande culture, un ancien étudiant de Joseph Ratzinger à l’époque où celui-ci était professeur de théologie. Dans les années 80, il a collaboré à la rédaction du catéchisme de l’Église catholique. Mais comme homme de gouvernement, depuis qu’il est à la tête d’une Église d’Autriche tellement perturbée, il se montre plus attentif aux pressions exercées par l’opinion publique qu’à ses devoirs de guide.

Lorsque, à la mi-mai, un autre évêque autrichien, Paul Iby, d’Eisenstadt, a déclaré que "les prêtres devraient être libres de décider s’ils veulent se marier ou non" et que "le Saint-Siège est trop timide à ce sujet", le cardinal Schönborn a tout de suite commenté : "Les préoccupations qui ont été exprimées par l’évêque Iby, nous les ressentons tous".

Et ce n’est là – pour le moment – que la dernière d’une série incessante de déclarations du même genre. Émanant de Schönborn ou d’autres cardinaux et évêques du monde entier, sans parler des représentants du clergé et des laïcs. Le "dépassement" de la discipline du célibat est depuis longtemps la basse continue de la musique des novateurs.

De cette musique, on entend et on retient habituellement deux idées.

La première, c’est que le célibat du clergé est une règle imposée dans les siècles récents au seul clergé latin.

La seconde, c’est que les prêtres catholiques devraient être autorisés à se marier "comme dans l’Église primitive".

Le problème est que ces deux idées sont l’une comme l’autre en contradiction avec l’histoire et avec la théologie.


***


À la racine de cette équivoque il y a aussi une mauvaise compréhension du concept de célibat du clergé.

En réalité, pendant tout le premier millénaire et aussi par la suite, le célibat du clergé a été compris dans l’Église au sens de "continence". C’est-à-dire comme une renonciation complète, après l'ordination, à la vie conjugale, y compris pour ceux qui étaient mariés auparavant.

L'ordination d’hommes mariés était en effet une pratique courante, mentionnée même dans le Nouveau Testament. Mais on lit dans les Évangiles que Pierre, après avoir été appelé à devenir apôtre, "quitta tout". Et Jésus a dit que, pour le Royaume de Dieu, il y a des gens qui quittent "leur femme ou leurs enfants".

Dans l’Ancien Testament, l'obligation de pureté sexuelle ne s’appliquait aux prêtres que pendant les périodes où ils étaient de service au Temple. En revanche, dans le Nouveau Testament, le fait de suivre Jésus dans le sacerdoce est un tout et implique l’être humain en totalité, toujours.

Le fait que, dès les origines de l’Église, les prêtres et les évêques étaient tenus de renoncer à la vie conjugale est confirmé par les premières règles écrites à ce sujet.

Ces règles apparaissent à partir du IVe siècle, après la fin des persécutions. Avec l'augmentation rapide du nombre de fidèles, les ordinations progressent aussi et, avec elles, les infractions à la continence.

Contre ces infractions, les conciles et les papes interviennent à de nombreuses reprises en réaffirmant la discipline qu’ils qualifient eux-mêmes de "traditionnelle". C’est ce que font le concile d’Elvire - qui, dans la première décennie du IVe siècle, sanctionne en les excluant du clergé ceux qui ne respectent pas la continence - et d’autres conciles au cours du siècle suivant, mais aussi les papes Sirice et Innocent Ier ou, plus tard encore, d’autres papes et des Pères de l’Église, de Léon le Grand à Grégoire le Grand, d’Ambroise à Augustin et à Jérôme.

Pendant bien des siècles encore, l’Église d'Occident a continué à ordonner des hommes mariés, mais toujours en exigeant qu’ils renoncent à la vie conjugale et qu’ils éloignent leur épouse, après avoir obtenu le consentement de celle-ci. Les infractions étaient punies, mais elles étaient très fréquentes et répandues. C’est aussi pour lutter contre ce phénomène que l’Église a commencé à choisir de préférence ses prêtres parmi les célibataires.

En Orient, au contraire, depuis la fin du VIIe siècle, l’Église a fermement maintenu l'obligation absolue de continence pour les seuls évêques, de plus en plus souvent choisis parmi les moines plutôt que parmi les hommes mariés. En ce qui concerne le bas clergé, elle a accepté que les hommes mariés continuent à mener leur vie conjugale, leur obligation de continence étant limitée "aux jours de service à l'autel et de célébration des saints mystères". C’est ce qu’a décidé en 691 le second concile in Trullo, concile qui n’a jamais été reconnu comme œcuménique par l’Église d’Occident.

Depuis ce moment jusqu’à aujourd’hui, c’est là la discipline en vigueur en Orient, mais aussi dans les Églises de rite oriental revenues à la communion avec l’Église de Rome après le schisme de 1054 : continence absolue pour les évêques et vie conjugale permise au bas clergé. Étant entendu que le mariage doit toujours avoir lieu avant l’ordination et jamais après.

La tolérance adoptée par les Églises d'Orient pour la vie conjugale du bas clergé a été encouragée – d’après les historiens – par l’organisation particulière de ces Églises, constituées en patriarcats et donc plus portées à prendre des décisions autonomes sur le plan disciplinaire, l'autorité politique jouant un rôle prééminent.

En Occident, au contraire, l’Église a réagi à la grande crise politique et religieuse des XIe et XIIe siècles – par la réforme dite grégorienne d’après le nom du pape Grégoire VII – justement en combattant vigoureusement les deux maux qui se répandaient dans le clergé : la simonie, c’est-à-dire le trafic des charges ecclésiastiques, et le concubinage.

La réforme grégorienne confirma pleinement la discipline de la continence. Les ordinations d’hommes célibataires furent de plus en plus préférées à celles d’hommes mariés. Quant au mariage célébré après l’ordination – totalement interdit depuis toujours aussi bien en Orient qu’en Occident – le concile de Latran II de 1139 décréta qu’il était non seulement illicite, mais invalide.

La question du célibat du clergé a également figuré au premier plan lors des crises qui ont frappé l’Église d'Occident par la suite. L’un des premiers actes de la Réforme protestante fut précisément l'abolition du célibat. Au concile de Trente, il y eut des gens pour dire qu’il fallait également dispenser les prêtres catholiques de l’obligation de célibat. Mais la décision finale fut de maintenir intégralement en vigueur la discipline traditionnelle.

Ce n’est pas tout. Le concile de Trente fit obligation à tous les diocèses de créer des séminaires pour la formation du clergé. La conséquence fut que les ordinations d’hommes mariés diminuèrent très fortement, tant et si bien qu’elles finirent par disparaître. Depuis quatre siècles, dans l’Église catholique, les prêtres et les évêques sont en quasi totalité célibataires. Les seules exceptions sont le bas clergé des Églises de rite oriental unies à Rome et les ex-pasteurs protestants ayant une famille et qui sont ordonnés prêtres, ces derniers provenant dans la plupart des cas de la Communion anglicane.

C’et à partir de la constatation que les prêtres catholiques sont tous célibataires que s’est répandue l'idée courante selon laquelle le célibat du clergé consiste à lui interdire de se marier. Et donc que le "dépassement" du célibat consiste d’une part à ordonner prêtres des hommes mariés en leur permettant de continuer à vivre leur vie conjugale et d’autre part à permettre aux prêtres célibataires de se marier.

Après le concile Vatican II ces deux demandes ont été formulées à de nombreuses reprises au sein de l’Église catholique, y compris par des évêques et des cardinaux.

Mais elles sont l’une comme l’autre en opposition flagrante avec toute la tradition de cette même Église à partir de l’âge apostolique et – en ce qui concerne la seconde demande – avec la tradition des Églises d'Orient et donc avec la démarche œcuménique.

Par ailleurs l’idée qu’un "dépassement" du célibat est le choix le plus approprié pour l’Église catholique d’aujourd’hui n’est certainement pas partagée par le pape régnant.

Si l’on s’en tient aux paroles et aux actes de Benoît XVI, celui-ci veut le contraire : non pas dépasser mais confirmer le célibat sacerdotal comme manière radicale de suivre Jésus pour le service de tous, et cela encore plus dans la phase cruciale que connaît actuellement la civilisation.

C’est justement à cela que tend l'Année Sacerdotale qu’il a ordonnée, avec comme modèle le saint Curé d’Ars : un pauvre curé de campagne qui a vécu le célibat comme une consécration totale au salut des âmes, une vie passée tout entière à l’autel et au confessionnal.



La littérature scientifique sur cette question est abondante. Elle a en particulier établi de manière définitive que le récit selon lequel, au concile de Nicée, en 325, un évêque nommé Paphnuce défendit et fit approuver la liberté, pour chaque Église, de permettre ou non la vie conjugale aux prêtres, est un faux historique. De même il a été établi que le second concile in Trullo de 691 avait falsifié les canons des conciles africains des IVe et Ve siècles qu’il avait cités en faveur de la vie conjugale des prêtres. Cette falsification avait déjà été démontrée au XVIe siècle par le savant cardinal Cesare Baronio.

Mais on ne trouve presque pas de traces de cette littérature scientifique dans le débat actuel, pas même dans les déclarations faites par des évêques et des cardinaux favorables au "dépassement" du célibat.

Une excellente synthèse historique et théologique de la question est donnée par un petit livre publié en 1993 par le cardinal autrichien Alfons Maria Stickler, mort à Rome en 2007 à l’âge de 97 ans et qui était alors préfet de la Bibliothèque Apostolique Vaticane.

La traduction italienne du livre, éditée par la Libreria Editrice Vaticana, est épuisée depuis plusieurs années. On trouve dans le commerce la version anglaise :

Alfons Maria Stickler, "The Case for Clerical Celibacy. Its Historical Development and Theological Foundations", Ignatius Press, San Francisco, 1995.


Le décret du concile Vatican II consacré au sacerdoce, avec au numéro 16 la confirmation de la discipline du célibat :

> "Presbyterorum ordinis"

L'encyclique de Paul VI du 24 juin 1967 consacrée au célibat sacerdotal :

> "Sacerdotalis cælibatus"

L'exhortation apostolique de Jean-Paul II concluant le synode des évêques de 1990 consacré au sacerdoce :

> "Pastores dabo vobis"


De l’aveu des autorités vaticanes elles-mêmes, la violation de la règle du célibat du clergé "semblerait en progression en Afrique" aujourd’hui, puisque sur ce continent "certaines Églises locales connaissent trop de cas de prêtres dont la conduite morale est scandaleuse".

C’est ce qu’a déclaré l'archevêque Robert Sarah, secrétaire de la congrégation pour l’évangélisation des peuples, dans une interview accordée à "L'Osservatore Romano" du 4 octobre 2009.

Il a ajouté :

"Benoît XVI a accordé à la congrégation pour l’évangélisation des peuples des pouvoirs spéciaux pour traiter de manière diligente et appropriée les cas scandaleux de prêtres qui vivent en désaccord avec le célibat et la chasteté sacerdotale".


A propos des évêques et du clergé d’Autriche mal guidés par le cardinal Schönborn et plusieurs fois réprimandés par Benoît XVI, voir sur www.chiesa l’article suivant :

> Autriche et Chine. Les évêques les plus mal notés (19.6.2009)

On y lit notamment, à propos de la nomination en 2009 d’un évêque devenu l’objet d’une campagne de contestation et finalement révoqué par Rome :

"L’un des chefs de la révolte contre Rome, Josef Friedl, prêtre de pointe du diocèse de Linz, a aussi révélé, tout en criant victoire, qu’il vivait avec une compagne et ne tenait aucun compte de l’obligation de célibat, avec l’approbation de ses paroissiens et d’autres prêtres autrichiens, vivant eux aussi en concubinage, et avec la tolérance des évêques".

Dans des cas semblables, lorsqu’un prêtre vit avec une femme et continue à exercer son ministère, la congrégation vaticane pour le clergé, informée par l’évêque local, a le pouvoir de le démettre de son état clérical.


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

Rencontre des prêtres à Rome : Prolongement des inscriptions

dominicanus #Année Sacerdotale

La date limite repoussée au 17 mai

 

 

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ROME, Vendredi 7 mai 2010 (ZENIT.org) - La Congrégation pour le clergé annonce que la période d'inscription à la rencontre internationale des prêtres, du 9 au 11 juin à Rome, est prolongée jusqu'au 17 mai.


Cette prorogation, précise le dicastère, a été décidée suite aux nombreuses demandes de participation à l'événement dont le point d'orgue sera la messe célébrée par Benoît XVI, le jour de la fête du Sacré Cœur de Jésus.


La rencontre, à laquelle sont invités non seulement les prêtres, mais également toutes les personnes souhaitant apporter leur soutien à la sanctification des prêtres par la prière et le sacrifice, prévoit les deux premiers jours des conférences dans la Basilique Saint-Paul-Hors-les-Murs.


Le 10 juin au soir, sur la place Saint-Pierre, en présence du pape, auront lieu des temps de témoignages, de musique, d'adoration et de bénédiction eucharistique. 


« Les inscriptions sont prolongées jusqu'au lundi 17 mai », explique le communiqué, où il est demandé à toute personne intéressée de s'inscrire le plus tôt possible en contactant l'Opera Romana Pellegrinaggi a.sacerdotalis@orpnet.org


Pour plus de détails se connecter au site : http://www.annussacerdotalis.org/ 

France : une campagne et un documentaire mettent les vocations à l’avant-scène

dominicanus #Année Sacerdotale

C’est une première en France : l’Église catholique a lancé une campagne nationale de communication sur les vocations qui va se poursuivre jusqu’au 5 mai. Une campagne qui se situe dans le cadre de l’année sacerdotale. Par ailleurs, la Journée mondiale des vocations est célébrée dimanche prochain, 25 avril.

 

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Virginie Ledoyen

 


C’est une démarche un peu nouvelle – explique le service national des vocations – elle vise sans langue de bois à revaloriser le statut et la fonction du prêtre dans notre société en osant notamment adopter le langage des jeunes. Une tâche difficile, dans un contexte médiatique peu porteur, dominé par les affaires de pédophilie, reconnaît le père Éric Poinsot, directeur du service des vocations. L’idée est de montrer que les prêtres sont des hommes bien dans leur peau et qu’ils vivent leur engagement avec joie mais aussi qu’ils doivent avec les laïcs devenir plus créatifs pour inventer des présences d’Église adaptées à la vie de leurs contemporains.

Mais comment devient-on prêtre ? La chaîne de télévision « France 4 », propose mercredi 21 avril à 22h 30 le premier documentaire de Virginie Ledoyen sur la vocation sacerdotale. L’actrice est allée à la rencontre de trois séminaristes parisiens.

 

 

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Jean-Marc Coudert


 

L’un des réalisateurs, Jean-Marc Coudert, revient sur la genèse du projet et sur ce qu’il a appris au contact de ces hommes, dont la vie est toute entière tournée vers Dieu. Une image à contre-courant du portrait caricatural trop souvent brossé ces derniers temps: >>

 

(Radio Vatican)

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