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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Tertullien, Le Traité "Aux Martyrs", avec le commentaire du Père S. Pinckaers 5

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

V. Mais je passe ici sous silence la gloire mondaine. Ne voit-on pas aujourd'hui des hommes fouler aux pieds avec un misérable orgueil, et par je ne sais quelle maladie de l'âme, toutes les privations et toutes les cruautés de la lutte? Que d'oisifs une brutale démence pousse au métier de gladiateur! N'est-ce pas la vaine gloire qui les expose à la dent des bêtes féroces? d'autant plus beaux, ce leur semble, qu'ils sont sillonnés de morsures et de cicatrices. Les uns se sont engagés à parcourir un certain espace sous une tunique enflammée, les autres marchent avec une fermeté stoïque sous les coups qui pleuvent sur leurs patientes épaules. Ce n'est pas en vain, bienheureux confesseurs, que Dieu a permis ces exemples dans le monde; c'est pour nous encourager aujourd'hui et nous confondre au dernier jour. Malheur à nous, si nous craignons de souffrir pour la vérité et le salut; les maux que d'autres recherchent pour la vanité et la perdition!



 

Exhortation finale

 

L'exhortation se poursuit par cette remarque que, par une sorte de maladie, certains éprouvent un attrait qui leur fait fouler aux pieds les tourments, affronter les périls, les dettes et le feu. Dieu a permis cela pour nous encourager et nous faire honte, si nous refusons de souffrir pour la vérité et le salut ce que ceux-là désirent par vanité et pour leur perte.


L'exhortation s'achève en prenant appui sur la simple considération de la condition humaine : combien de gens n'ont-ils pas péri dans des incendies, tués par des bêtes, des brigands ou des ennemis ? Ce que nous hésitons à accepter pour la cause de Dieu, il n'est pas d'hommes qui ne puissent être amenés à le souffrir pour une cause humaine, volontairement ou non. Les derniers mots du traité sont peut-être une allusion à la bataille de Lyon du 19 février 197 où Albinus, commandant en Bretagne, fut vaincu comme un concurrent de Septime Sévère pour l'empire.


Nous avons ici des considérations qui peuvent paraître terre à terre. Elles sont cependant réalistes et font prendre conscience de la fragilité des choses. Une telle réflexion prend de la force au moment où l'homme est tenté de s'accrocher désespérément à la vie. Ces thèmes, la méditation sur la fragilité de la vie et sur la mort avec l'exhortation au courage chrétien, reparaîtront dans le monachisme et les spiritualités postérieures. Notons enfin que l'œuvre se termine ex abrupto sans conclusion, ce qui permet de croire que le texte que nous possédons et incomplet.

 

 

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