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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Prier pour les morts?

dominicanus #Homélies Année B (2008-2009)


Le Purgatoire - Jérôme Bosch



L’Ecriture nous indique que les morts sont bien vivants :

 

Mt 17, 1-3 : « Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques, et Jean son frère, et les emmène, à l’écart, sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux : son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Et voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. »

 

Mc 12, 26-27 : « Quant au fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le Livre de Moïse, au passage du Buisson, comment Dieu lui a dit : Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ? Il n’est pas un Dieu de morts, mais de vivants. Vous êtes grandement dans l’erreur ! »

 

Lc 15, 7 : « C’est ainsi, je vous le dis, qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n’ont pas besoin de repentir. »

 

Lc 16, 19-20.22-24 : « Il y avait un homme riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour brillante chère. Et un pauvre, nommé Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d’ulcères. Or il advint que le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche aussi mourut, et on l’ensevelit. « Dans l’Hadès, en proie à des tortures, il lève les yeux et voit de loin Abraham, et Lazare en son sein. Alors il s’écria : «Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. »

 

Nous savons  les conséquences du péché et la nécessaire purification pour en être délivré. En 2 Co 7, 1, Paul nous dit: “purifions-nous de toute souillure de la chair et de l’esprit, achevant de nous sanctifier dans la crainte de Dieu. ». L’auteur de la lettre aux Hébreux nous exhorte à considérer nos épreuves comme venant du Père céleste « c’est pour notre bien, afin de nous faire participer à sa sainteté. » (Heb 12, 10).

 

De la communion des saints, découle le fait que nous pouvons prier pour nos frères en Christ, y compris ceux qui se trouvent dans le stade de purification du Purgatoire.

 

Cette pratique est exposée clairement dans les Ecritures.

 

2 Tim 1, 16-18 : « Que le Seigneur fasse miséricorde à la famille d’Onésiphore, car souvent il m’a réconforté, et il n’a pas rougi de mes chaînes ; au contraire, à son arrivée à Rome, il m’a recherché activement et m’a découvert. Que le Seigneur lui donne d’obtenir miséricorde auprès du Seigneur en ce Jour-là. Quant aux services qu’il m’a rendus, à Éphèse, tu les connais mieux que personne. »

 

Le fait que Paul prie pour son ami défunt entraîne deux conséquences :

 

1) Prier pour les morts est une bonne chose.

 

2) Notre prière leur apporte un bienfait.

 

Ainsi, Onésiphore est dans un stade où il peut bénéficier des prières à son égard (ce qui n’est pas possible en enfer et inutile au ciel) : il est donc au Purgatoire.

 

1 Co 15, 29:«S’il en était autrement, que gagneraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi donc se fait-on baptiser pour eux ?»

 

Ici Paul ne fait pas allusion au baptême d’eau, mais à une sorte de baptême symbolique :

 

Mc 10, 38 : « Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire et être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? »

 

Dans ce contexte, Jésus ne parle pas du baptême d’eau mais du baptême symbolique du martyre, de la souffrance, de la persécution, etc. C’est, selon les Ecritures, un autre genre de baptême que nous pouvons recevoir.

 

Ainsi la phrase de Paul s’éclaire. Il dit : « s’il n’y a pas de résurrection, pourquoi subir la souffrance, la mortification personnelle, etc., pour les morts ? ». Les versets suivants confirment cette interprétation :

 

1 Co 15, 30-32 : « Et nous-mêmes, pourquoi à toute heure nous exposer au péril ? Chaque jour je suis à la mort, aussi vrai, frères, que vous êtes pour moi un titre de gloire dans le Christ Jésus, notre Seigneur. Si c’est dans des vues humaines que j’ai livré combat contre les bêtes à Éphèse, que m’en revient-il ? Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons. » (Référence à Is 22, 12-13 où Dieu appelle le peuple à la pénitence et ce dernier répond par toutes sortes de réjouissance en disant les mêmes mots : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons »)

 

Donc Paul fait allusion à la pénitence en faveur des morts. La raison de cette pratique, c’est la résurrection des morts. C’est une référence directe à un autre passage de l’Ecriture, 2 M 12, 43-44.

 

Ainsi prier pour les morts et offrir toutes formes de pénitence pour eux est une pratique scripturaire et apostolique.

 

La plupart des liturgies des premiers siècles incluent des prières pour les morts. Sur les tombes chrétiennes du premier, deuxième et du troisième siècle qui se situent à Rome, il n’est pas rare de trouver des prières adressés en faveur des disparus (ainsi qu’un grand nombre de prières réclamant l’intercession des saints, en particulier de St Pierre et de St Paul) gravées dans la pierre.

 

Tertullien, en 211 ap JC, évoque cette pratique de prier et d’offrir des sacrifices pour les morts, comme une coutume bien établie : « Nous faisons annuellement des oblations pour les trépassés et pour les nativités des martyrs» (De la couronne du soldat, III). D’autres auteurs chrétiens, entre autres St Cyprien, St Ambroise et St Augustin, y font allusion.

 

En bref, si les Juifs, St Paul et les premiers chrétiens priaient pour les morts, cela implique qu’ils croyaient en l’existence d’un stade intermédiaire de purification, que la Tradition appelle Purgatoire. Prier pour les morts est donc une pratique sainte et bonne, pratiquée depuis la fondation de l’Eglise et même auparavant, par nos frères juifs.


 

(cathobiblique)


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