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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Les trois noms du Christ - Homélie 4° dimanche de l'Avent A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

 

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Noël est très proche maintenant. La joie de la venue du Christ illumine déjà nos cœurs. Mais Notre Seigneur veut les illuminer encore davantage. Aujourd’hui il nous révèle ses trois noms. Nous avons déjà eu l’occasion de les entendre souvent, mais nous avons besoin de les méditer à nouveau pour les approfondir. Les noms dégagent une force, et les noms du Christ, si nous les comprenons réellement, ont assez d’énergie et de puissance pour élever notre relation avec Dieu à un degré radicalement nouveau.

Les parents choisissent toujours le prénom de leurs enfants avec soin. Ils veulent que ce nom ait un sens, qu’il signifie l’importance qu’ils attachent à la vie nouvelle qui leur est donnée. Dieu le Père, lui aussi, a choisi un nom pour son Fils avec beaucoup de soin. Il n’a pas permis à Marie et à Joseph de donner libre cours à leur créativité pour choisir eux-mêmes un nom pour son Fils. Il l’a choisi lui-même, et il a envoyé un ange pour faire connaître son choix à Marie et à Joseph.

Dans l’Ancien Testament, Dieu change quelquefois le nom des gens, surtout quand ils sont investis d’une mission spéciale dans l’histoire du salut, comme Abram et Jacob. Quand Dieu décide d’appeler Abram "Abraham" et Jacob "Israël", ce changement de nom signifiait un changement de rôle dans le projet de Dieu. Mais quand Dieu ordonne à Joseph d’appeler le fils de Marie "Jésus", dès avant sa naissance, cela montre que Jésus n’est pas seulement un prophète de plus. Le Père fait comprendre que Jésus est son propre Fils d’une manière tout à fait unique – si bien que Dieu le Père a le droit de choisir son nom dès le début de son existence humaine.

Et que signifie ce nom ? En hébreu, Jésus signifie "Dieu sauve". Ce nom révèle donc la mission du Christ. Contrairement aux prophètes de l’Ancien Testament, Jésus n’est pas venu dans le monde seulement pour annoncer le projet de Dieu qui consiste à sauver les hommes du péché et de tout mal ; il est venu pour mettre ce projet en œuvre, et de réaliser ce salut.

 

Mais Dieu nous révèle encore un autre nom : Emmanuel. Ce nom avait déjà été annoncé par Isaïe, et saint Matthieu applique explicitement ce nom à Jésus. "Emmanuel" en hébreu signifie : "Dieu est avec/parmi nous". Le nom de "Jésus" est une référence à la mission du Christ, ce qu’il est venu faire.  "Emmanuel" se réfère à son identité, à qui il est. Il y a évidemment un lien entre les deux. L’unique raison pour laquelle Jésus est capable de procurer le salut pour tout le genre humain est précisément qu’il est tout à la fois vrai homme et vrai Dieu. Le péché originel avait exclu la race humaine de l’amitié avec Dieu. Il a fait des hommes les esclaves du démon. Adam et Eve ont librement choisi de désobéir à Dieu et d’obéir au démon, et ainsi ils se sont mis, eux et leur descendance (c’est-à-dire chacun d’entre nous) sous le pouvoir et l’influence du démon. C’est cela, l’origine du mal dans le monde.

Nous ne pouvions pas rétablir nous-mêmes la relation d’amitié avec Dieu. Il fallait que ce soit Dieu en Personne qui prenne l’initiative. Nous avions besoin d’un Sauveur capable de réconcilier Dieu et la famille humaine. Jésus est ce Sauveur. Il réconcilie Dieu et les hommes en sa propre personne. Son Père est Dieu, et lui-même est pleinement Dieu. Sa mère est Marie, et lui-même est pleinement homme. Et ainsi, parce qu’il est "Emmanuel" (Dieu parmi nous), il peut être aussi "Jésus" (Dieu sauve).

Dieu qui se fait homme pour sauver l’humanité, voilà la plus grande histoire jamais racontée, une histoire plus fantastique que tous les contes les plus beaux qui soient, et pourtant une histoire aussi vraie que l’air que nous respirons. Voilà le vrai sens de Noël.

 

Et pourtant il y a encore un autre nom que l’Eglise nous rappelle aujourd’hui. Dans la deuxième lecture, saint Paul résume la mission extraordinaire du Christ en se réfèrant à lui comme notre "Seigneur". "Jésus" et "Emmanuel" sont des noms que Dieu seul pouvait donner, mais "Seigneur" est un nom que nous seuls pouvions donner. "Seigneur" est la traduction de l’hébreu "Adonaï", fréquemment utilisé dans l’Ancien Testament. C’est une altération grammaticale du mot "adoni", qui se rapporte aux rois, à ceux qui possédaient des esclaves, aux maîtres de maison… Tous ceux qui avaient une autorité sur d’autres personnes, et pas seulement sur des choses ou des animaux, étaient appelés "adoni". Mais Dieu seul est appelé "Adonaï". Toute autorité humaine est une autorité reçue de quelqu’un ou de quelque chose, comme, par exemple, une position sociale, une autorité supérieure ou une tradition culturelle.

Dieu, lui, ne reçoit son autorité de personne. Il est lui-même la source ultime de tout ordre, de tout pouvoir, de toute grandeur. Il est Adonaï, c’est-à-dire Seigneur par nature. Quand nous appelons Jésus "Seigneur", nous affirmons qu’il est bien plus qu’un de ces grands leaders religieux. Nous confessons, que vraiment, Jésus est le Sauveur, qu’il est vraiment Emmanuel, Dieu avec nous, et qu’il est digne de notre foi et de notre obéissance.

Quand nous appelons Jésus "Seigneur", nous prenons en fait une décision. Nous nous engageons à le suivre et à lui obéir. Dieu ne peut pas s’appeler Seigneur lui-même, car il ne peut pas se soumettre à lui-même. Il n’y a que nous qui puissions donner ce nom à Jésus, car il n’y a que nous qui puissions librement choisir de nous soumettre à son autorité, d’être ses disciples, d’être chrétiens.

Aujourd’hui, Jésus, Emmanuel, viendra à nous encore une fois dans la Sainte Communion. Au moment où il le fera, renouvelons notre foi et notre confiance en l’appelant "Seigneur". Et durant ces quelques jours qui nous restent avant Noël, gardons ces trois noms dans nos cœurs et sur nos lèvres, comme le font tous les vrais amoureux.

‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’

‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’

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