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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Jésus ne fait rien tout seul - Homélie 3° dimanche du Temps Ordinaire A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

3 TOA 1ev

 

 

L’arrestation de Jean Baptiste, mentionnée au début du passage de l’évangile de ce dimanche, a été pour Jésus un moment de transition. Avant cela, Jésus avait commencé à rassembler ses Apôtres et à prêcher, mais seulement à temps partiel. Tant que Jean pouvait continuer à prêcher et à baptiser, Jésus était resté effacé. Mais l’arrestation de Jean était pour lui un signe. Le dernier des prophètes avait été réduit au silence, et l’heure était venue pour Jésus, le Messie annoncé par tous les prophètes, d’apparaître au centre de la scène.


Saint Matthieu nous dit que dès ce moment-là, Jésus s’est établi à Capharnaüm, une ville plus cosmopolite que Nazareth. C’est là, à Capharnaüm, qu’il appelle ses premiers Apôtres. Pierre, André, Jacques et Jean avaient déjà rencontré Jésus auparavant, quand ils étaient encore disciples de Jean Baptiste. Ils avaient passé du temps avec lui. Ils avaient été là, à Cana, quand Jésus a accompli le premier des signes, changeant l’eau en vin pour les invités de la noce. Ils avaient commencé à faire sa connaissance. L’évangile de Jean nous dit même qu’ils avaient commencé à croire qu’il était le Messie.


Mais pour Jésus, cela ne suffit pas. Il voulait leur montrer davantage, et leur demander davantage. Et c’est ainsi qu’à ce moment crucial, quand il est prêt pour commencer son ministère à plein temps, que Jésus va à la rencontre de ces pêcheurs qui étaient en train de jeter leurs filets dans la Mer de Galilée, qu’il les appelle chacun par leur nom, et qu’il les invite à le seconder pour construire son Royaume.


Jésus n’a pas commencé sa mission tout seul, et il ne la poursuit pas tout seul. Il établit son Eglise, et il commence son œuvre de salut avec l’aide de ces apôtres qu’il choisit. Aujourd’hui il continue sa mission de la même manière, en appelant des pêcheurs normaux, des gens comme vous et moi, à devenir ses apôtres.


 

Le fait que Dieu ne veut rien faire tout seul est très révélateur de ce qu’est la nature humaine. Nous sommes à la fois dépendants et autonomes. Les autres créatures visibles de Dieu sont seulement dépendants. Les objets inanimés dépendent totalement des lois de la physique et de la chimie. Les plantes et les animaux dépendent aussi des lois de la biologie. Les animaux dépendent en outre de leur instinct. Dans tous ces cas, la dépendance est totale. Le comportement de ces créatures est entièrement déterminé par leur Créateur.


Les êtres humains, eux, ne sont que partiellement dépendants des lois de la physique, de la chimie, de la biologie et de l’instinct, parce que Dieu nous a donné quelque chose qu’il n’a donné à aucune de ses créatures visibles : une âme spirituelle.


Cela veut dire d’abord que nous sommes conscients de ce que nous faisons ; nous sommes capables de réfléchir à la réalité qui nous entoure et à notre expérience. Il n’y a que les êtres humains qui tiennent des journaux intimes. C’est parce que nous avons cette conscience de nous-mêmes que nous avons également dans une grande mesure la capacité de nous autodéterminer. C’est ce qu’on appelle le libre arbitre. C’est là qu’intervient notre autonomie.


Les oiseaux agissent par instinct, automatiquement. Les êtres humains, en analysant les pulsions qu’ils ressentent, peuvent choisir leur manière de réagir, en les suivant, en les rejetant, ou en les canalisant. Ce n’est qu’en vertu de la conscience que nous avons de nous-mêmes et de notre capacité à l’autodétermination que nous sommes capables de nous connaître et d’aimer Dieu et le prochain profondément. C’est pour cela qu’il est écrit que Dieu nous a faits à son image et à sa ressemblance.


Le péché originel a obscurci cette ressemblance. Quand le Christ l’a restaurée, il a été logique. Il nous a créés avec la capacité de l’autodétermination, et il ne nous l’a pas enlevée pour nous sauver. Non ! Il requiert notre coopération. En nous invitant à collaborer avec lui à la mission de l’Eglise de sauver le monde, au lieu de tout faire tout seul, il nous montre la dignité de notre nature, en même temps que son désir de notre amitié.


 

Jésus appelle chacun, chacune à le suivre, comme nous le rappelle le Catéchisme de l’Eglise Catholique (n. 30) :


" Si l’homme peut oublier ou refuser Dieu, Dieu, Lui, ne cesse d’appeler tout homme à Le chercher pour qu’il vive et trouve le bonheur. Mais cette quête exige de l’homme tout l’effort de son intelligence, la rectitude de sa volonté, ‘un cœur droit’, et aussi le témoignage des autres qui lui apprennent à chercher Dieu."


Mais il appelle certaines personnes à le servir dans l’Eglise d’une manière particulière. Il appelle certains à la prêtrise, et certains hommes et femmes à la vie consacrée. Saint Jean Bosco disait souvent qu’une personne sur quatre était appelé à cette vie de prière, de sacrifice et de service héroïque. Il ne fait aucun doute que Dieu appelle certains jeunes dans notre communauté paroissiale ou autre à cette mission spéciale. Il les appelle à renoncer à leurs projets personnels et à mettre leur confiance en lui exclusivement, tout comme Pierre et André ont laissé derrière eux leurs barques, leurs filets et leurs affaires. Jésus les appelle à renoncer aux belles joies de la vie de famille pour donner leur cœur à lui entièrement, tout comme Jacques et Jean ont quitté leur père Zébédée dans la barque.


Ces vocations particulières touchent notre vie à nous tous ; l’Eglise ne peut pas s’en passer ; le Christ les désire ardemment.


Et pourtant il n’y a aucun automatisme. Le Christ ne force personne à répondre oui à son invitation. S’il vous appelle, n’ayez pas peur. Faites un pas. N’attendez pas. L”évangile nous dit que les premiers apôtres ont tout laissé « aussitôt ». Laissez derrière vous les filets, la barque, les affections : Jésus ne vous laissera jamais tomber. Il est Dieu, il mérite votre confiance.


Pour tous les autres, alors que Jésus renouvelle le don total qu’il nous fait de lui-même dans cette Eucharistie, promettez-lui de le suivre de plus près aussi, en étant ses témoins courageux là où nous vivons, en aidant les autres à entendre et à suivre son appel dans leur vie.

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