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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Fraternité de Tibériade, L’argent dans la vie d’un chrétien (2)

dominicanus #La vache qui rumine C 2010

1. L’enseignement de l’A T : Heureux les riches ! - La richesse, une épreuve

 

A. L’origine de l’argent

 

A l’origine, le troc était la règle . On échangeait du petit bétail, du blé, de l’orge, de l’huile ou du vin ou encore des produits finis tels que des vêtements. Parallèlement le métal (or, argent ou cuivre) servait comme moyen de paiement. Il était alors pesé, comme on le voit lorsque Jérémie achète un champ (Jr 32,9-12). Ce témoignage date du 6e siècle mais il faudra attendre l’époque perse (4e siècle) pour que la monnaie se répande en Palestine.

 

A l’époque du Christ coexistaient 3 types de monnaies : le dollar, l’euro et le franc :

- la monnaie grecque : drachme et didrachme

- la monnaie romaine : le denier (= prix d’une journée de travail d’un ouvrier agricole)

- les mesures de poids (= les plus anciennes) = le talent, la livre romaine et la mine.

 

B. Heureux les riches !


Dans le Pentateuque, les 5 premiers livres de la Bible, les richesses matérielles apparaissent sous un angle positif car ils contribuent au bonheur de l’humanité. La richesse est un signe de la bonté de Dieu qui veut que tous les hommes soient heureux. Dans le livre de la Genèse tous les patriarches sont des millionnaires : « Abraham était très riche en troupeaux, en argent et en or » (Gn 13,2 ; 24,35). Jacob s’enrichit énormément et il eut du bétail en quantité , des servantes et des serviteurs, des chameaux et des ânes » (Gn 30,43).De même le Livre des Rois détaille avec enthousiasme les richesses de Salomon. Il était le plus grand de tous les rois de la terre en richesse et en sagesse (1 R 10,23 ; 10,14-25).

 

Cette appréciation positive des richesses dérive de la conviction qu’elle est le signe de la bénédiction que Dieu accorde à ceux qu’il aime (cfr Gn 26,12-14). Faut-il conclure que l’homme n’a aucune responsabilité dans la réception ou la privation des biens matériels ? Non, répondent certains auteurs bibliques : le bonheur et le malheur sont la conséquence de la fidélité ou de la non-fidélité à l’Alliance conclue au Sinaï.

 

 

« Si tu écoutes vraiment la voix du Seigneur ton Dieu en veillant à mettre en pratique tous ces commandements que je te donne aujourd’hui, alors le Seigneur Dieu te rendra supérieur à toutes les nations du pays : et voici toutes les bénédictions qui viendront sur toi et qui t’atteindront puisque tu auras écouté la voix du Seigneur sur toi et qui t’atteindront puisque tu auras écouté la voix du Seigneur ton Dieu : Béni seras-tu dans la ville, béni seras-tu dans les champs. Béni sera le fruit de ton sein, de ton sol et de tes bêtes ainsi que les vaches pleines et tes brebis mères. Bénis seront ton panier et ta huche. Bénis seras-tu dans tes allées et venues. (Dt 28,1-6 ; Dt 7,12-13) ».

 

 

Inversement, pour celui qui se montrera infidèle à l’Alliance, l’avertissement est radical : Dt 28,15-19.

 

Cette théologie n’est pas propre au Deutéronome car on la retrouve dans tout l’Ancien Testament ou le bien être matériel est interprété comme le signe de la fidélité de l’homme à l’observance des commandements2. Dans une telle perspective, bien que les richesses restent un don elles semblent dépendre du comportement religieux et moral de l’homme : « La bénédiction du Seigneur est la récompense de l’homme pieux, en un instant, il fait fleurir sa bénédiction » (Si 11,22 ; Pr 29,25b).

 

Une telle conception s’explique par le fait que n’existait pas de croyance en un « après la mort » (qui n’émergera qu’au 2e siècle). Tout se joue alors ici-bas, durant l’existence terrestre, en attendant le jour où Dieu reprendre par la mort, ce qu’il a donné :

 

« Nu je suis sorti du sein maternel, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : que le nom du Seigneur soit béni » (Jb 1,21).

 

Dans une telle conception, il était normal de considérer les richesses et les misères des hommes comme récompense et punition de leur comportement religieux ou moral. Le grand danger consiste à n’apprécier la qualité de la relation des hommes avec Dieu qu’à partir de leur situation économique : tout riche est un juste et le pauvre est maudit.

 

Job et Qohélet s’insurgent contre une telle conception. Job est bien placé pour le savoir : alors qu’il est juste, il a tout perdu. En affirmant que le riche n’est pas nécessairement un juste, il reconnaît que les biens matériels ne peuvent pas être interprétés uniquement comme des signes de bénédiction. Eux aussi peuvent conduire au péché ou en être le signe.

 

 

2 Ps 112,1-3 ; Ps 1,1-3 ; Ps 127, 128 et 144,12-15

 

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