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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Dieu est pro-vie - Homélie pour la Présentation du Seigneur au Temple

dominicanus

 

Présentation au temple

 

 

Les deux rituels de la tradition juive que Marie et Joseph ont observés après la naissance de Jésus ne nous sont guère familiers. Mais leur signification profonde est toujours valable pour nous aujourd’hui. C’est pour cela que le Saint Esprit nous en a conservé la narration dans l’évangile.

 

Quelle est ce sens profond? Pour le dire simplement, voici: toute vie humaine est un don précieux que Dieu nous fait, et ce don, nous devons l’accueillir avec révérence et respect.

 

Quand saint Luc raconte que Marie et Joseph « consacrent » Jésus au Seigneur, il se réfère au premier rituel. Il consistait à offrir un don à Dieu en échange symbolique de leur enfant, pour reconnaître que les enfants sont le don de Dieu, et lui appartiennent en fin de compte. Il y a une allusion à la Pâque, quand Dieu anéantit les premier-nés des enfants d’Égypte en épargnant ceux d’Israël. 

 

Le deuxième rituel rappelle la sainteté de la maternité. Après avoir enfanté, les femmes devaient se soumettre à la loi juive qui stipulait qu’elles devaient attendre un certain temps avant de pouvoir entrer dans le Temple pour participer à une quelconque cérémonie religieuse. Une fois ce laps de temps écoulé, elles pouvaient se joindre à la prière de la communauté en offrant deux sacrifices (le couple de tourterelles). Cette prescription reflète, elle aussi, la valeur religieuse de toute vie humaine. C’était une manière de reconnaître le caractère sacré de la vie humaine.

 

Quand une femme enfante, elle participe à un mystère qui touche Dieu directement, puisqu’il il est celui qui crée la vie, en particulier la vie humaine, image et ressemblance de Dieu, et la conserve dans l’existence. Il était donc approprié que la femme soit empêchée de participer à toutes les activités ordinaires aussitôt après l’enfantement. C’était comme un signe pour exprimer qu’elle avait été impliquée en quelque chose de sacré.

 

La soumission à ces lois religieuses exprime donc le respect pour toute vie humaine. Tout enfant, toute vie humaine, est un don de Dieu, une participation au mystère de sa toute-puissance et de son amour infini. Jésus est pro-vie, car il est l’auteur et le protecteur de la vie humaine, de notre vie à chacun.

 

 

La fête de la Présentation du Seigneur au Temple n’est pas toujours célébrée un dimanche. Mais quelque soit le jour, elle est associée à une longue tradition qui commémore à cette occasion les vocations à la vie consacrée. Ce jour-là, le Pape célèbre une liturgie spéciale à la Basilique Saint-Pierre à Rome, à laquelle il invite tous les membres des ordres, des congrégations religieuses et des instituts de vie consacrée qui sont à Rome, c’est-à-dire des milliers d’hommes et de femmes.

 

La vocation à la vie consacrée est associée au passage de l’évangile de ce jour parce que, quand des hommes ou des femmes consacrent totalement leur vie au service du Seigneur et de son Église, ils s’offrent d’une manière qui s’apparente à la manière dont Marie et Joseph ont consacré Jésus. Ils se présentent eux-mêmes à Dieu, en réponse à un appel qu’ils ont perçu au plus profond de leur cœur, en lui abandonnant leur vie, promettant de vivre dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance pour toute la vie.

 

Le fait que Dieu appelle certains d’entre nous à le suivre de manière radicale constitue une preuve supplémentaire de son amour, de son respect pour toute vie humaine. Nous sommes  vraiment importants à ses yeux!

 

Peu de choses témoignent de la réalité de l’amour de Dieu pour nous autant que le témoignage de la vie consacrée, que le fait que tant d’hommes et de femmes renoncent à tout ce qui est précieux pour le monde, uniquement pour suivre Dieu de plus près.

 

 

 

Le fait que toute vie humaine est un don de Dieu, et est ainsi une réalité sacrée, a des conséquences très concrètes et pratiques. La plus importante et pratique est que nous devons prendre soin de notre vie. Nous sommes marqués d’un caractère royal, membres de la famille de Dieu, appelés à remplir une mission dans le projet de Dieu pour sauver le monde. C’est important! Et nous devons en tenir compte. Nous devons nous préserver de tout péché, en ayant fréquemment recours à la prière, à la sainte communion, à la confession. Nous devons nous garder des multiples tentations en exerçant une auto-discipline dans notre manière de disposer de notre temps, de notre argent, de nos talents… Nous devons nous rappeler que le démon « rôde autour de la maison, cherchant qui dévorer », comme le dit la Bible (1 P 5, 8). Il veut nous éloigner de Dieu, justement parce qu’il sait combien nous sommes précieux à ses yeux.

 

 

La deuxième conséquence pratique regarde ceux et celles qui nous entourent, surtout les plus proches de nous. Nous pouvons si facilement nous laisser aveugler par leurs échecs, leurs imperfections, leurs limites... que nous finissons par ne plus les apprécier pour ce qu’ils sont aux yeux de Dieu, qui les prend tous par la main, en les aimant sans condamner, sur le chemin de la rédemption. Nous sommes appelés à faire de même, et à être les messagers de Dieu, signes vivants de son amour pour notre prochain par notre attitude envers eux.

 

Dans cette eucharistie, Dieu rejoint chacun de nous, en dépit de nos manquements, péchés, et infidélités. Il va au-delà des apparences et nous regarde tels que nous sommes en vérité: créés à son image et à sa ressemblance, et destinés à sa gloire sans fin. Demandons-lui de faire comme lui.

 

Michel Baude 02/02/2014 18:12


Bonjour père,


Je voudrais vous demander, autrement que pour des questions liées à l’avortement, le devoir d’acceptation de l’autre comme il est, en quoi également « toute vie humaine est un don précieux que
Dieu nous fait », en quoi « ce don », devons-nous « l’accueillir avec révérence et respect » .


Je pense que ce rituel a aussi un autre sens. Je pensais par exemple au sujet très actuel sur la parité. Je ne veux pas être ennuyeux avec ça, mais je trouve qu’on veut le plus souvent la parité
entre l‘homme et la femme, là où elle n’serait pas possible et pas souhaitable; alors qu’on ne la veut pas entre les hommes et entre les femmes, là où elle serait possible et souhaitable.


N’en serait-il pas autrement de notre vision de la réalité et de la vie en société, si ce rituel nous éclairait non seulement dans le regard que nous devons porter sur les autres et à commencer
les plus faibles, mais aussi sur le regard que nous devons porter également sur nous-mêmes et notre rapport à Dieu?


Merci.

dominicanus 03/02/2014 17:18



Bonjour Michel. Le sujet de la partié homme-femme en tant que tel ("très actuel"), contrairement à celui du respect de la vie humaine, n'est pas à l'ordre du jour dans la culture juive d'il y a
deux mille ans. Ce serait un anachronisme que de le penser. Mais on peut relever le fait que ce sont Syméon et Anne, représentants de l'un et de l'autre sexe, que Jésus rencontre dans la maison
du père. On peut en dire autant des différentes générations : enfants, jeunes, adultes, vieillards, toutes représentées dans cette péricope évangélique.



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