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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Congrégation pour le Clergé, Homélie pour le 6° dimanche de Pâques Année A

dominicanus #Homélies Année A 2010-2011

 

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Les lectures de ce sixième dimanche de Pâques nous permettent de proposer quelques considérations sur la « vie chrétienne » dans laquelle nous aussi, comme disciples du ressuscité, nous sommes appelés à « demeurer » (Cfr Jn 14.16).

Le passage des Actes des Apôtres nous suggère d'abord « de faire attention aux paroles » que l'Église nous annonce : il s’agit du premier pas nécessaire pour s'associer au corps mystique du Christ : c’est une action qui implique, comme on le spécifie ensuite, non seulement l’« écoute », mais surtout la vue des « signes » qui rendent évident le contenu du message chrétien (Cfr Ac 8.6). Il s’agit donc d'une « porte » qui, franchie une fois pour toutes à travers le Baptême, doit cependant être passée tous les jours, dans la « redécouverte » de ce que signifie vraiment être disciples.

C’est pour cela que Pierre et Jean décident de se diriger vers la Samarie pour imposer les mains aux disciples de Philippe, pour qu'ils puissent recevoir l'Esprit Saint (Cfr Ac 8,17), et donc cette force qui seule peut rendre l'homme capable « de proclamer la grande annonce » et « de la faire arriver jusqu’aux extrémités du monde », comme nous y invite Isaïe, dans l'antienne d'entrée (Cfr Is 48.20).

Les paroles du prophète nous introduisent, cependant, à un autre élément essentiel pour que l'existence d'un homme puisse être reconnue comme une « vie chrétienne ». L'Apôtre Pierre l'indique lorsqu’il affirme que nous devons être « prêts à répondre toujours à quiconque demande raison de l'espérance » qui est en nous (1P 3,15) « avec douceur et respect » (1Pt 3,16).

L'usage des termes « il faut » et « devoir », employés jusque-là, exige dès lors une explication : le christianisme n'est pas l'application d'une morale du devoir ! Le christianisme est, plutôt, la communion de ceux qui sont tombés amoureux du Christ : c’est en restant dans son amour, « en observant ses commandements » (Cfr Jn 14,21) que le croyant finit par accomplir des gestes qui autrement seraient inexplicables, humainement parlant.

Le chrétien, nous le comprenons très bien à la lecture de l'Évangile, ce n'est pas un homme qui doit s’efforcer de mettre en pratique des préceptes et des comportements dévots : si quelqu’un aime, alors il est porté presque naturellement à vivre ce que Jésus a indiqué. Redécouvrir son Baptême, sous la conduite de l'Esprit de vérité, signifie donc chercher à connaître chaque jour davantage la vie du Christ - à travers la lecture, la prière, les sacrements, la vie de communauté, pour qu’il soit plus facile de tomber amoureux de Lui !

De tout le parcours proposé jusqu'à présent, il ressort donc qu'aucune des objections à une telle « vie » ne résiste, même pas le fait que l’on ne peut pas voir Jésus en chair et en os. C’est encore l'Evangile de Jean qui le fait comprendre : « Encore un peu et le monde ne me verra plus ; vous par contre vous me verrez » (Jn 14,19). L'alternative entre le « vous » et le « monde » ne correspond pas à une division de type moral ou ethnique : il s'agit par contre d'une alternative qui réside dans le coeur de chacun de nous !

Si nous suivons, donc, la mentalité du monde, nous ne réussirons jamais à voir le Ressuscité ; mais si nous commençons à faire confiance en l’Église, notre mère, et à écouter ce qu’elle nous enseigne et nous suggère, alors nous découvrirons que vraiment le Seigneur est visible, et qu’il est une Présence tellement exceptionnelle et réelle qu’il suscite en nous un charme irrésistible, le seul et le vrai moteur de la « vie chrétienne ».

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