On a souvent dit que la canonisation des
saints et la reconnaissance des apparitions n’engageaient pas la foi. Précisons les choses. Il est vrai qu’une canonisation ne constitue pas un nouveau dogme, un nouvel article de la
foi ou de la morale. Tout avait été révélé à la mort du dernier des apôtres, saint Jean. Il n’est donc pas question de croire en la sainteté de Vincent de Paul comme on croit à l’existence
d’un purgatoire après la mort. Appuyé sur cela, beaucoup de théologiens s’efforcent de ramener à du secondaire les saints ou les apparitions reconnues de manière canonique. Ils ont tort et ce
pour deux raisons :
Le Cardinal Ratzinger le rappelait récemment, lorsqu’il expliquait les différents niveaux de
l’infaillibilité du Magistère : « La canonisation des saints engage l’Église eut égard aux vérités liées à la Révélation par nécessité historique. On doit les tenir pour
définitives. » Pire encore, la procédure de canonisation nécessitant un miracle reconnu comme d’origine divine, c’est Dieu lui-même qui engage son autorité. Le mépris où est tenu une
telle reconnaissance est plus qu’une erreur théologique, c’est une folie. Il est donc abusif d’affirmer que nul n’est tenu de considérer avec confiance la vérité de la sainteté de tel homme
ou la réalité d’une apparition reconnue de la Vierge Marie* (Lourdes par exemple). Nul n’est tenu d’y croire comme à un dogme de la foi. Il s’agit d’y croire comme à la manière dont,
historiquement, Dieu a incarné cette vérité dans l’histoire d’un homme ou d’une époque.
– Ensuite parce que ces deux sources, si
elles n’apportent rien de nouveau concernant le contenu de la foi, apportent vraiment du nouveau en ce qui concerne le contenu de l’espérance. Elles sont essentielles quand
il s’agit de disserter sur le concret, sur l’action de Dieu dans telle ou telle époque. Elles permettent de comprendre comment Dieu va appliquer ici et maintenant son plan général qui ne vise
qu’au salut du plus grand nombre.
Aucune apparition n’est reconnue, nul
homme ne peut être canonisé si les trois critères suivants ne sont pas réalisés :
1- La conformité de ce qui est enseigné avec la foi catholique.
2- La sainteté intérieure de l’apparition ou du saint, c’est-à-dire dans l’ordre
d’importance, le fait que transparaissent l’amour de charité, l’humilité et la droiture des vertus morales.
3- La réalisation, concrète et vérifiable,
après la mort du saint ou à la fin des apparitions, de quelque miracle remarquable. La définition du miracle est précise en théologie. Elle ne se confond pas avec le prodige
parapsychologique. Il s’agit d’un phénomène qui dépasse les lois de la nature et qui vient nécessairement de Dieu. Si Dieu manifeste qu’il bénit* de cette manière certains théologiens morts
ou telle apparition, c’est que l’enseignement qui en ressort doit être plutôt bon et vrai.
Appuyée sur ces saints qui sont ce qu’il y a de meilleur dans la
Tradition de l’Église, la théologie n’a cessé de s’approfondir. À chaque fois que cela m’a été possible, je me suis appuyé sur les saints : saint Thomas d’Aquin pour l’ensemble de la
théologie, saint Louis-Marie Grignion de Montfort* pour décrire les missionnaires des derniers temps, sainte Odile*, sainte Bernadette… À partir de 1830 (avec sainte Catherine Labouré), la
Vierge Marie n’a cessé de donner des messages à l’humanité. Plusieurs ont été officiellement reconnus et canoniquement authentifiés. Ils donnent des indications précieuses sur le futur
concret : « Voici, dit la Vierge, comment la Parole de mon Fils va se réaliser pour votre génération. » C’est pourquoi, tout en m’appuyant en premier lieu sur la foi, je n’ai
pas hésité à citer les paroles de Marie quand j’essayais d’expliquer l’application concrète de cette foi pour telle ou telle époque.
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