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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Arnaud Dumouch, La fin du monde - A l'origine de tout, la Trinité

dominicanus #La vache qui rumine B 2009
   Il n’est pas possible de comprendre quoi que ce soit de la lecture chrétienne des événements de la fin du monde sans connaître la raison et l’origine de tout. Comment comprendre l’Oméga si l’on ne connaît pas l’Alpha? Tout dans cette espérance s’explique par un principe simple. Il s’agit d’un projet de Dieu. Il veut se montrer à l’humanité entière, face à face, ­pour la combler de bonheur. Rien, dans l’histoire de l’humanité, ne se comprend au plan chrétien sans cette lumière. Mais tout peut être compris avec elle. L’Évangile de Jésus-Christ, celui qui explique la souffrance des communautés humaines, se résume à cela :

 

Avant que le monde n’existe, depuis toute éternité, il existe un Être unique, une Personne... Il vit totalement heureux, comblé par sa propre nature. Il est mystérieux puisque, tout en étant un seul être, trois personnes s’aiment et se contemplent en lui, le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Il s’agit d’une inimaginable vie intime, faite de tendresse et de lumière inaccessibles. Deux qualités du cœur peuvent résumer la vie de Dieu, l’humilité et l’amour. Sans cesse, le Père glorifie le Fils, Le Fils glorifie le Saint-Esprit parce qu’il l’aime. Dieu est ainsi et nul ne peut le changer.

Dans son éternité, il conçut le projet suivant : faire partager ce bonheur à d’autres êtres; créer de nombreuses personnes, dotées d’intelligence et de liberté, et les introduire, si elles le veulent, au cœur des trois personnes. Ce serait comme un mariage, un acte d’amour réciproque. Mais il convient de faire ici une remarque importante. Dieu ne désirait pas créer un paradis où chaque personne, perdue dans sa contemplation, serait uniquement tournée face à lui. Il voulait créer une Église, c’est-à-dire une communauté immense vivant en Lui dans une totale communion d’humilité et d’amour. Ce serait ainsi une fête éternelle où des milliards d’êtres épousés communieraient au même pain. C’est pourquoi Dieu décida de faire de l’histoire de ses créatures spirituelles une Histoire Sainte dirigée vers ce but unique. Dieu agit. Il créa d’abord les anges, de purs esprits sans corps. Puis il créa les hommes et les femmes, êtres spirituels et physiques. Anges et hommes étaient faits pour voir Dieu face à face.

Un problème se posait pourtant. Pour que ces communautés humaines entrent auprès de Dieu et vivent comme une Église sainte du bonheur infini qui consiste à le comprendre et à l’aimer face à face, il était absolument nécessaire qu’elles deviennent au plan du cœur semblables à lui, à savoir tout humbles et toutes données à l’amour. Ici se trouve la clef de tout. ‘Nul ne peut voir Dieu sans mourir à lui-même’. À cause de la pureté et de la délicatesse de Dieu, n’importe quel amour ne suffisait pas mais seulement un amour total, dépouillé de toute recherche intéressée. Le moindre orgueil, le moindre égoïsme, et l’entrée face à Dieu devenait impossible, comparable à un viol alors qu’elle devrait être un mariage.

 

Ceci était vrai non seulement pour les individus, mais pour l’humanité dans son ensemble. C’est pourquoi, afin de laisser aux communautés humaines le temps de découvrir leur misère, il décida de les faire transiter par un devenir terrestre, par une gloire puis une décadence, par la mort enfin. Il appliqua cette loi à toutes, sans exception, y compris à celles qu’il avait voulues lui-même, celles qui portaient son nom[13] (Israël, et son Église). Tout cela constituait une série d’étapes purificatrices. Toutes étaient marquées par la souffrance. Ce temps, par tout ce qu’il était, devait servir d’école de la vie.

« Dieu abaisse les puissants et relève les humbles. » [15]


 

(à suivre)



[7]. Comprendre sous le mot « personnes » trois jaillissements de lumière et d’amour.

 

[8]. Leur vrai nom théologique est « le Non-né, le Verbe et l’Amour ».

 

[9]. « L’humilité et l’amour de Dieu, telles sont les deux révélations explicitement et exclusivement chrétiennes. Nulle autre religion n’en parle de cette manière. Le fait que le Christ soit né dans une crèche, son geste du lavement des pieds qui scandalisa tant Pierre, sa mort d’esclave révèlent que le Dieu tout puissant, le maître et Seigneur, est le plus humble. Il ne s’agit pas, bien sûr, de l’humilité propre à nous, créatures et pécheurs. Il s’agit de l’humilité de celui qui, Tout-puissant et sans péché, veut s’unir à nous comme à un égal, dans une amitié cœur à cœur. Curieusement, ce ne sont pas les théologiens catholiques qui ont le plus manifesté cette humilité de Dieu. Ce sont les musulmans, en en critiquant la présence dans « les évangiles falsifiés et hérétiques de Jésus ».

 

Le fait que le Verbe fait chair meure pour sauver des gens qui ricanent au pied de la croix révèle jusqu’où va son amour.

 

[10]. Certaines traditions ajoutent que Dieu créa des êtres intermédiaires dotés d’esprit et d’un psychisme mais dépourvus de chair. Ce sont les « djinns» de l’islam.

 

[11]. Ce que l’Écriture appelle « le baptême d’eau et d’esprit ». Dans Jean 3, 5, Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'eau et d'Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. » De même, l’eau et le sang qui sortit du côté du Christ symbolisaient ces deux qualités. Il s’agit donc d’un mystère central de la Révélation.

 

[12]. 1 Rois 19, 13.

 

[13]. D’après saint Paul 2 Thessaloniciens, 2, 4 « tout ce qui porte le nom de Dieu », par exemple le judaïsme (atteint dans son être même par la destruction du Temple), mais aussi, nous le verrons, le christianisme.

 

[14]. Mais au commencement, il n’y avait ni souffrance ni mort. Tout était utile pour préparer chacun à devenir humble, sauf la croix. J’ai rapporté au début de L’heure de la mort (op. cit.) l’histoire du monde tel que Dieu l’avait pensé au commencement et celle du péché originel.

 

[15]. Luc 1, 51-52.

 


 

Arnaud Dumouch, La Fin du Monde, © Éditions Docteur angélique, 2007

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