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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 13:05
- Publié dans : La vache qui rumine B 2009 - Communauté : Praedicatho.com



Depuis près d’un siècle, le silence s’est fait dans l’Église catholique sur la fin du monde. Les théologiens et les prédicateurs n’ont plus osé en parler. Tant de récits effrayants avaient été donnés en chaire par les anciens curés du
xixe siècle, que ce genre de thème prêtait plus à la suspicion qu’à l’intérêt. Une autre peur, celle de paraître ridicule, ou pire, sectaire, paralysait les docteurs. La recherche n’était autorisée que dans un seul sens qui visait à relativiser les textes, à leur donner une signification purement symbolique.

     La peur n’est pas évangélique. Ce silence a eu de graves conséquences. Il a laissé une grande place aux sectes politiques ou religieuses. Beaucoup de fidèles en ont été réduits à mettre leur espoir, non dans la venue certaine du Royaume de Dieu, mais dans la construction sociale du monde d’ici-bas. Hegel, Marx ne sont pas autre chose que des théologiens politiques de la fin de l’histoire, de l’arrivée du paradis sur terre. L’espérance marxiste a causé de manière directe la mort d’au moins cent millions de personnes. Pour les plus religieux, les propositions théologiques des sectes fondamentalistes les ont détournés de cette foi qui, loin de répandre la peur, est source d’une paix profonde. Les sectes apocalyptiques chrétiennes ont causé pour le moment relativement peu de morts en comparaison des idéologies politiques. Mais elles transforment de manière hideuse en fanatisme illuminé ce qui devrait rayonner d’amour et d’humilité.

 

Une autre conséquence touche le cœur même de la vie spirituelle, à savoir l’espérance théologale. Depuis deux siècles, l’Église catholique vit une crise. En Occident, elle perd des fidèles. D’anciennes nations chrétiennes sont au bord d’apostasier* tout rapport à la foi. Des chrétiens perdent espoir. Ils ne comprennent plus. Le Christ n’avait-il pas annoncé que les portes de l’enfer ne l’emporteraient jamais ?


Or le Christ parle explicitement dans les évangiles d’événements difficiles. Il annonce même, de façon mystérieuse, « l’abomination de la désolation dans le Temple saint ». Ce texte ne peut annoncer quelque chose de positif. Pourtant, dans un passage parallèle, parlant de la venue de ces malheurs, Jésus dit : « Quand tout cela commencera d’arriver, réjouissez-vous et relevez la tête car votre rédemption est proche ».

 

Comment Jésus peut-il demander de se réjouir d’un malheur ? Qui peut, parmi les lecteurs de ce livre, répondre maintenant pour lui-même de manière claire à cette question ? La plupart sont dans l’ignorance de ces sujets. Si le Christ, Maître et Seigneur de notre foi, en a parlé, ce n’était certainement pas pour que nous mettions un boisseau d’obscurité sur ses paroles.

 

     Il est donc nécessaire, plus que jamais, de raconter l’espérance catholique pour la fin du monde. Lorsqu’on découvre qu’il ne s’agit pas seulement d’un traité théorique mais d’une vie qui de plus se raconte comme une histoire, avec une fin de lumière et d’amour, on ne peut qu’en être enthousiasmé.

 

(à  suivre)

 

 


 

[1]. Sans compter l’islamisme wahhabite qui est une secte apocalyptique et un cancer de l’islam.

 

[2]. Marc 13, 14.

 

[3]. Luc 21, 28.

 

[4]. Une remarque faite à propos de ce livre : « Au moment de mourir, le Christ dit sept paroles puis il se tait. Il invite au silence sur les mystères qui lui appartiennent seuls. » Pourquoi, dans ce cas, a-t-il prononcé juste avant de mourir les discours eschatologiques (Matthieu 24, Marc 13, Luc 21), allant jusqu’à insister : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Luc 21, 33) ? Pourquoi saint Pierre, saint Paul et saint Jean ont-ils laissé de nombreux enseignements sur la fin du monde ? Tout cela n’est-il que spéculation ?

 

[5]. Ce livre n’est pas une thèse de Théologie. Il aurait été trop lourd de rappeler, à chaque étape, le niveau d’autorité dogmatique de chaque source utilisée. Elles sont multiples, selon la méthode d’ouverture de Thomas d’Aquin. Mais ce travail a été fait. Voir, du même auteur, Le Traité des Fins dernières, Paris, 1992, sur le site Internet http://docteurangelique.free.fr. Tout au long de cet ouvrage, des notes rappelleront la nécessité de cette prudence critique.

 

[6]. Arnaud Dumouch, L’heure de la mort, éditions Docteur angélique, 2006.

Arnaud Dumouch, La Fin du Monde, © Éditions Docteur angélique, 2007

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