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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Card. Alfonso Lopez Trujillo, Paternité et famille

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
    Bien que, dans l'imitation du vrai modèle, qui vient de Dieu, il ne faille pas oublier, comme l'enseigne le Catéchisme que Dieu « transcende aussi la paternité et la maternité humaines, tout en en étant l'origine et la mesure : personne n'est père comme l’est Dieu» (CEC n. 239). D’un autre côté, le Catéchisme de l'Eglise catholique indique opportunément que « le langage de la foi puise ainsi dans l'expérience humaine des parents qui, d'une certaine manière, sont les premiers représentants de Dieu pour l'homme. »

    La psychologie montre l'importance qu'a le dialogue amoureux approprié qui s'établit entre parents et enfants, dans le développement de la personnalité de l'enfant, surtout dans les premières années de l'existence. C'est un dialogue, spécialement en relation avec la mère, qui commence avant même la naissance, avec un langage spécial, non articulé, mais qui exprime et transmet un message. Paul Ricœur, parlant de la « dimension de la tendresse », l'appelle « langage sans parole ... en tant qu'expression ». La situation de la famille, le tissu familial, a une importance sans pareille dans le développement harmonieux de la personnalité dans la croissance de la foi de l'enfant. Celle-ci, d'une manière, doit s'incarner et se nourrir dans l'expérience que l'enfant acquiert peu à peu, et très particulièrement dans la paternité qu'il ressent.

    La rencontre de l'enfant avec ses parents représente aussi la rencontre avec lui-même comme un « moi », la découverte progressive de sa personnalité et la formation du monde de sa conscience avec les principes fondamentaux de caractère moral. Le dialogue interpersonnel est dialectique, en ce sens que, en découvrant l'autre, nous nous découvrons aussi nous-mêmes. Dans l'expérience même de l'amour de ses parents, l'enfant se rend nettement compte de sa valeur comme personne. S'il est au centre des regards dans le foyer et s'il grandit au centre des projets familiaux, comme cela doit être normalement le cas, la prise de conscience de sa propre dignité est aussi le fruit de la reconnaissance que d'autres ont de celle-ci.

    Quand les enfants et les adolescents n'occupent pas la place à laquelle ils ont droit dans le foyer, on vit des drames extrêmement graves: c'est là le premier maillon d'une chaîne de situations pénibles dans lesquelles celui qui se sent abandonné interprète le désintérêt des autres envers sa personne, comme une sorte de mépris de lui-même. C'est la sensation d'être « en trop », d'être « un poids », dans une position marginale. Les enfants et les adolescents abandonnés n'aiment pas la vie. C'est pourquoi, la tendance naturelle à la conservation semble diminuer en eux. Quand dans une atmosphère chaude et accueillante qui est comme une compensation des familles qui ne leur ont pas donné ce à quoi ils ont droit, ces enfants éprouvent de l'amour, ils découvrent, dans la tendresse, une nouvelle estime de leur propre personne. Cela jaillit comme une splendide nouveauté : c'est une aurore, c'est comme une résurrection dans la reconnaissance de leur dignité. À la racine de cette expérience, il y a le fait fondamental que Dieu le Père. nous aime toujours. La splendeur de l’amour de Dieu, à travers ceux qui l'aiment, est le début d'une conception nouvelle de la vie et d'une nouvelle qualité de vie, c'est, comme le dit Saint Cyprien, comme « la nouveauté de l'homme nouveau qui est rené ... ». C'est pourquoi la Bonne Nouvelle est fondamentale pour tout homme, en toute situation, et elle est la cause de sa renaissance permanente, conscient qu'il est d'être aimé totalement, en tant que personne, non pour ce qu'il a, pour ce qu'il possède, mais pour ce qu'il est, comme image de Dieu.

    L'Evangile fondamental est de savoir que nous sommes aimés par Dieu comme un Père, qui a envoyé son Fils pour nous donner la vie en abondance. « L'Espérance ne nous déçoit pas, car Dieu a versé son amour dans nos cœurs par l'Esprit Saint qu'il nous a donné» (Rm 5, 5). « Là où le péché s'est multiplié, la grâce a surabondé» (Rm 5, 20).

    Quelle que soit notre condition, bien portants ou malades, savants ou ignorants, pauvres ou riches, blessés par le drame de l'infidélité humaine, enveloppés même par l'atmosphère du péché, le Père nous aime et fait tout le nécessaire pour notre rachat, pour que nous puissions retrouver en toute sa splendeur notre dignité de fils de Dieu.

Paternité de Dieu et paternité dans la famille, Éd. Pierre Téqui 2000, p. XXXI-XXXIV
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