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Praedicatho homélies à temps et à contretemps
Homélies du dimanche, homilies, homilieën, homilias. "C'est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient" 1 Co 1,21

Père Thomas Philippe, Fidélité au Saint Esprit: Une ruse du démon

Walter Covens #la vache qui rumine (Années B - C)
Une ruse du démon

    Une des ruses les plus subtiles du démon actuellement est de vouloir opposer la disponibilité entière à l'Esprit Saint, qui est invisible, avec les exigences de la foi objective et les moyens de salut et d'espérance que Jésus nous a donnés dans son Église.

    Certaines personnes qui ont reçu des grâces d'oraison sentent que la vie intérieure demande une disponibilité entière au Saint-Esprit; et facilement, elles consièrent les dogmes ou les formules du Credo comme des entraves: "Moi, je suis donné au Saint-esprit, je n'ai pas besoin de toutes ces déternminations... je préfère une prière toute spontanée". On les verra alors prier beaucoup pendant les premiers mois de leur conversion, prier même des heures et des heures consécutives, mais au bout de six mois ou d'un an, tout abandonner. Il y avait un très beau départ, mais c'était un feu de paille. Il y aviat bien eu de véritables grâces données par Dieu, mais elles avaient été reçues sans aucun équilibre.

    C'est un danger extrêmement subtil à notre époque: un certain esprit philosophique se plaît à mettre toujours en opposition ce qu'on appellera l'Église invisible avec 'l'Église institution". Ce phénomène qui a peut-être commencé avec le protestantisme est plus fort que jamais. Sous prétexte de liberté, on n'a par exemple aucun respect dans la liturgie pour les règles de l'Église, sans se rendre d'ailleurs compte qu'on en établit d'autres. On ne distingue même pas les institutions divines, voulues par Notre Seigneur, des institutions humaines.

    Non seulement cette oppsition s'attaque à l'institution, mais elle va contre toute parole, en tant qu'elle est précise. La Réforme avait maintenu très fort l'autorité de la Bible comme livre. Mais plus tard on en est venu presque naturellement à penser qu'on peut interpréter la Bible comme on veut, et même à dire: "La parole n'a aucune importance; ce qui compte avant tout, c'est le sentiment intérieur." Après tou, je peux tout aussi bien lire Tagore, ou Rilke, puisque "cela me fait du bien". On en reste alors à une soi-disant fidélité à l'Esprit Saint, en tant que l'Esprit Saint est invisible, mais sans aucune sécurité.

    On voit aussi des personnes qui après avoir reçu des grâces très fortes, abanadonnent tout. Un changement de circonstances, les épreuves qui surviennent nécessairement..., et, avec une espèce de révolte, elles considèrent que ce qu'elles ont vécu n'était qu'illusion... C'est un fait que les grâces du bon Dieu ne s'inscrivent pas dans notre imagination ou notre mémoire, et quand le bon Dieu les suspend, nous avons facilement la tentation de croire qu'elles étaient dans l'illusion.

Père Thomas Philippe, Fidélité au Saint Esprit, Éd. des Béatitudes 1988, p. 27-28
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